Embed
Email

Adolf Hitler[724]

Document Sample
Adolf Hitler[724]
Adolf Hitler



Mein Kampf

(Mon combat)









BeQ

Adolf Hitler



Mein Kampf

(Mon combat)



traduction intégrale

par J. Gaudefroy-Demombynes et A. Calmettes





(Paris : Nouvelles éditions latines, 192_?)





Tome deuxième









La Bibliothèque électronique du Québec

Collection Polémique et propagande

Volume 3 : version 1.1

Mon combat

(Mein Kampf)



II

Tome II



Le mouvement national-socialiste

Chapitre premier



Opinion philosophique et parti.



Le 24 février 1920 eut lieu le premier grand meeting

de notre jeune mouvement. Dans la salle des fêtes du

Hofbraühaus, à Munich, les vingt-cinq points de notre

programme furent exposés à une foule de près de deux

mille hommes, et chacun de ces points reçut une

approbation enthousiaste. Ainsi furent livrés au public,

pour la première fois, les principes et les directives du

combat qui devait nous débarrasser d’un véritable fatras

d’idées et d’opinions périmées de tendances obscures

ou même nuisibles. Il fallait qu’une puissance nouvelle

se manifestât dans le paresseux et lâche monde

bourgeois, comme devant la triomphante vague

marxiste, pour arrêter au dernier moment le char du

destin.

Il était évident que le nouveau mouvement ne

pouvait espérer acquérir l’importance et la force

nécessaires à cette lutte gigantesque, que s’il réussissait

dès le premier jour à éveiller dans le cœur de ses

adhérents la conviction sacrée que la vie politique n’en

recevrait pas simplement une formule électorale

nouvelle, mais qu’elle se trouverait en présence d’une

conception philosophique nouvelle d’une importance

fondamentale.

Il faut se représenter le misérable ramassis d’idées

qui sert normalement à bâcler ce qu’on appelle le

« programme d’un parti », puis comment, de temps en

temps, celui-ci est fignolé et léché. On doit surtout

regarder à la loupe les mobiles des commissions de

programme bourgeoises, pour pouvoir estimer à leur

valeur ces accouchements programmatiques :

Un souci unique détermine immanquablement, soit

l’établissement d’un programme nouveau, soit la

modification du précédent : le souci du résultat des

prochaines élections. Aussitôt que commence à poindre

dans la cervelle de ces artistes de la politique

parlementaire le soupçon que le bon peuple veut se

révolter et s’échapper des harnais du vieux char des

partis, voici qu’ils se mettent à en repeindre le timon.

Alors surviennent les observateurs d’étoiles et

astrologues des partis, les « gens expérimentés » et les

« experts », le plus souvent de vieux parlementaires

susceptibles de se remémorer des cas analogues du

« temps riche en enseignements de leur apprentissage

politique », des cas où la patience de la masse avait

rompu les traits ; ils sentent à nouveau se rapprocher de

son attelage une menace analogue. Alors ils ont recours

aux vieilles recettes, ils constituent une « commission »,

écoutent partout dans le bon peuple, flairent les articles

de presse et reniflent longtemps pour savoir ce

qu’aimerait le cher grand public, ce qui lui déplaît et ce

qu’il espère. On étudie avec le plus grand soin tout

groupe professionnel, toute classe d’employés et on

scrute leurs désirs les plus intimes. Alors aussi les

« formules » de la dangereuse opposition deviennent

d’un coup mûres pour un sérieux examen, et le plus

souvent d’ailleurs cette parcelle du trésor de science des

vieux partis se révèle tout à fait pitoyable, au grand

étonnement de ceux qui l’ont découverte et propagée.

Et les commissions se réunissent, procèdent à la

révision de l’ancien programme (et ces messieurs

changent de convictions tout à fait comme les soldats

en campagne changent leurs chemises, quand la

précédente est partie en morceaux).

Ils en créent un nouveau dans lequel on donne à

chacun ce qui lui revient. Au paysan, on garantit la

protection de son agriculture ; à l’industriel, la

protection de ses produits ; au consommateur, la

protection de ce qu’il achète ; les traitements des

instituteurs sont augmentés, les pensions des

fonctionnaires sont améliorées, l’État doit faire dans

une large mesure des situations aux veuves et orphelins,

le trafic doit être favorisé, les tarifs abaissés et même

les impôts doivent être, sinon totalement, du moins en

grande partie supprimés. Souvent il arrive que l’on a

oublié une corporation ou que l’on n’a pas eu

connaissance d’une exigence ayant cours dans le

peuple. Alors, en toute hâte, on rajoute encore des

pièces jusqu’à ce que l’on puisse à bon droit espérer

que l’on a de nouveau calmé et pleinement contenté

l’armée des petits bourgeois « moyens » et de leurs

épouses. Ainsi réconforté, on peut commencer, confiant

en Dieu et en l’inébranlable sottise du citoyen électeur,

la lutte pour la « réforme » de l’État, comme on dit.

Quand le jour des élections est passé et que les

parlementaires ont tenu la dernière de leurs réunions

populaires pour cinq ans, de ce dressage de la plèbe ils

passent à l’accomplissement de leurs devoirs plus

élevés et plus agréables.

La commission du programme se dissout et la lutte

pour la forme nouvelle des choses reprend la forme de

la lutte pour le bon pain quotidien : c’est-à-dire, pour un

député, l’indemnité parlementaire.

Tous les matins, M. le représentant du peuple se

rend dans la grande maison et, sinon tout à fait dans

l’intérieur, tout au moins dans l’antichambre où se

trouvent les listes de présence. Au service du peuple, il

y porte son nom, et il reçoit le juste salaire d’une petite

indemnité pour ces continuels et harassants efforts.

Après quatre ans, ou bien au cours de semaines

critiques, lorsque la dissolution des corporations

parlementaires devient de plus en plus menaçante, une

irrépressible et impétueuse tendance se manifeste chez

ces messieurs. De même que le ver blanc ne peut que se

changer en hanneton, de même ces chrysalides

parlementaires abandonnent leur grand phalanstère et

s’envolent sur leurs ailes neuves vers le bon peuple. Ils

parlent de nouveau à leurs électeurs, leur racontent

leurs énormes travaux et l’obstination mal intentionnée

des autres ; souvent l’inintelligente masse, au lieu d’une

reconnaissante approbation, leur lance à la figure des

paroles hostiles.

Lorsque cette ingratitude du peuple arrive à un

certain degré, un seul moyen peut y remédier : il faut

raviver le brillant du parti, le programme a besoin d’être

amélioré. La commission renaît et la duperie

recommence comme précédemment. Vu la bêtise aussi

dure que le granit de notre humanité, il n’y a pas à

s’étonner du résultat. Sous la conduite de sa presse,

ébloui par le nouveau et séduisant programme, le bétail

à voter « bourgeois », aussi bien que prolétarien, revient

à l’étable commune et élit à nouveau celui qui l’a déjà

trompé.

Ainsi l’homme populaire et candidat des classes

laborieuses redevient la chenille parlementaire. Il

continue à manger sur la branche de la vie publique, y

devient gros et gras, et, quatre ans après, se transforme

de nouveau en un brillant papillon.

Il n’y a rien de plus déprimant que d’observer tous

ces agissements dans la prosaïque vérité et d’être obligé

d’assister à cette tromperie perpétuellement renouvelée.

Avec un pareil fond de pourriture intellectuelle, on ne

peut vraiment pas trouver, dans le camp bourgeois, la

force nécessaire pour mener le combat contre la

puissance organisée du marxisme.

D’ailleurs, ces messieurs n’y songent pas

sérieusement. Si bornés et si imbéciles que l’on doive

reconnaître ces médicastres parlementaires de la race

blanche, on ne peut admettre qu’ils songent

sérieusement à entrer en lutte, par le moyen d’une

démocratie occidentale, contre les théories marxistes.

Pour cette théorie en effet, tout le système

démocratique n’est, en mettant les choses au mieux,

qu’un moyen d’arriver à ses fins : elle l’utilise pour

paralyser l’adversaire et se faire le champ libre. Et

lorsqu’une partie du marxisme tente présentement,

d’ailleurs fort adroitement, de donner l’illusion de son

indissoluble attachement aux principes de la

démocratie, il convient de ne pas oublier qu’à l’heure

critique, ces messieurs ne se souciaient pas plus que

d’un fifrelin d’une décision de la majorité selon la

conception occidentale de la démocratie.

Aux jours où les parlementaires bourgeois voyaient

la garantie de la sécurité du pays dans la monumentale

inintelligence du nombre prépondérant, le marxisme,

avec une troupe de rôdeurs de bas quartiers, de

déserteurs, de bonzes de partis et de littérateurs juifs,

s’empara en un tour de main du pouvoir, donnant un

soufflet retentissant à cette même démocratie. C’est

pourquoi il faut la crédulité d’un des chamanes

parlementaires de notre démocratie bourgeoise pour

s’imaginer que jamais la brutale résolution des

profiteurs ou des suppôts de cette peste mondiale puisse

être conjurée par les formules d’exorcisme du

parlementarisme occidental.

Le marxisme marchera avec la démocratie aussi

longtemps qu’il n’aura pas réussi à se gagner,

poursuivant indirectement ses desseins destructeurs, la

faveur de l’esprit national qu’il a voué à

l’extermination. Mais si, il arrivait à la conviction que,

dans le chaudron de sorcières de notre démocratie

parlementaire, peut se cuisiner soudainement, quand ce

ne serait que dans le corps législatif, une majorité qui

s’attaque sérieusement au marxisme, alors le jeu de

prestidigitation parlementaire serait bientôt fini. Les

porte-drapeaux de l’internationale rouge adresseraient

alors, au lieu d’une invocation à la conscience

démocratique, un appel enflammé aux masses

prolétariennes, et le combat serait d’un seul coup

transplanté, de l’atmosphère croupissante des salles de

séances des parlements, dans les usines et dans la rue.

Ainsi la démocratie serait immédiatement liquidée ; et

ce que n’a pu réaliser dans les parlements la souplesse

d’esprit de ces apôtres populaires, réussirait avec la

rapidité de l’éclair aux pinces et marteaux de forge des

masses prolétariennes surexcitées ; exactement comme

en automne 1918, elles montreraient d’une façon

frappante au monde bourgeois comme il est insensé de

penser arrêter la conquête mondiale juive avec les

moyens dont dispose la démocratie occidentale.

Comme nous l’avons dit, il faut un esprit crédule

pour se lier, en présence d’un tel partenaire, à des règles

qui, pour le dernier, ne sont que bluffs, ou ne servent

qu’à lui, et qui seront jetées par-dessus bord aussitôt

qu’elles ne lui assureront plus d’avantages.

Dans tous les partis bourgeois, la lutte politique se

résume en fait à une dispute pour quelques sièges au

Parlement, lutte où les principes sont, en cas de besoin,

jetés par-dessus bord comme un sac de lest, et leurs

programmes s’en ressentent, tout comme leur puissance

propre. Il leur manque cette forte attraction magnétique

qui ne peut s’exercer sur la masse que par l’emprise de

grandes idées, cette force de conviction que donne,

seule, la foi absolue en ses principes et la résolution

fanatique de les faire triompher. Mais au moment où

l’un des partis, muni de toutes les armes d’une

conception philosophique, fût-elle mille fois criminelle,

marche à l’assaut contre un ordre établi, l’autre en est

réduit à la résistance, s’il ne prend la forme d’un

nouveau dogme, dogme politique dans le cas présent, et

ne remplace les faibles et lâches paroles de défense par

le cri de guerre d’une attaque courageuse et brutale.

Aussi quand d’aucuns, tout particulièrement les

ministres soi-disant nationaux des postes bourgeois, ou

le centre bavarois, adressent à notre mouvement

l’astucieux reproche de travailler pour une révolution,

nous ne pouvons faire qu’une réponse à cette

conception politique de quatre sous : certainement, nous

tâchons de regagner ce que vous avez, dans votre

criminelle bêtise, laissé échapper. Vous avez contribué,

par votre maquignonnage parlementaire, à entraîner la

nation vers l’abîme ; mais nous allons, par

l’établissement d’une nouvelle conception

philosophique et l’inébranlable et fanatique défense de

ses principes, construire pour notre peuple les degrés

par lesquels il pourra un jour s’élever de nouveau vers

le temple de la liberté.

Ainsi notre premier soin, au temps de la fondation

de notre mouvement, devait être toujours de veiller

qu’une troupe formée par les soldats d’une sublime

conviction ne devienne une association pour favoriser

les intérêts parlementaires.

La première des mesures préventives fut la création

d’un programme qui, systématiquement, accusait des

tendances de nature, par leur ampleur même, à tenir à

distance les esprits débiles et mesquins de nos partis

politiques d’aujourd’hui. Combien nous avions raison

de juger nécessaires des buts aussi fortement marqués

pour notre programme, on le comprend avec évidence

au spectacle de la fatale faiblesse qui finit par amener

l’écroulement de l’Allemagne.

La connaissance de ces faits devait conduire à une

nouvelle conception de l’État, laquelle, à son tour,

constitue une partie essentielle de notre nouvelle

conception du monde.





***





Je me suis déjà, dans le premier volume, expliqué

sur le mot völkisch, lorsque j’ai dû poser en fait que ce

terme n’a pas une signification assez précise pour qu’on

puisse en faire la base d’une communauté d’action et de

lutte. Tout ce que l’on peut imaginer de plus

essentiellement différent se groupe aujourd’hui sous le

pavillon du mot völkisch. Avant donc que de passer aux

problèmes et aux buts du Parti ouvrier allemand

national-socialiste, je voudrais préciser le sens du mot

völkisch, et les rapports qu’il a avec notre mouvement.

Le terme völkisch apparaît aussi peu clairement

défini, il peut être interprété d’autant de façons, et

servir dans la pratique à des usages presque aussi

nombreux que le mot « religieux ». On ne peut guère

non plus attacher à ce qualificatif une acception

absolument précise, qu’il s’agisse de définition

théorique ou d’acception usuelle. Le terme « religieux »

ne peut être conçu qu’en rapport avec une forme bien

déterminée des réalisations qui sont les siennes. C’est

une très belle appréciation, le plus souvent aussi fondée,

quand on qualifie la nature d’un homme de

« profondément religieuse ». Sans aucun doute,

d’aucuns seront-ils satisfaits d’une appréciation aussi

universelle ; pour certains même, elle pourra évoquer

l’image plus ou moins nette d’un certain état d’âme.

Mais la grande masse ne se compose pas seulement des

philosophes et des saints. Une pareille idée religieuse

tout à fait générale ne fera le plus souvent que rendre à

chacun sa liberté de pensée et d’action. Elle ne sera

nullement mobile d’actions, comme le devient le

sentiment religieux profond, au moment où un dogme

précis prend forme dans le monde indéterminé de la

métaphysique pure. Certes ce dogme n’est pas un but

« en soi », mais un moyen ; mais moyen inévitablement

nécessaire pour atteindre le but. Ce but cependant n’est

pas purement idéal ; tout au contraire, au fond, il est

éminemment pratique. Il faut, en effet, se rendre

compte que les idéals les plus hauts correspondent

toujours à de profondes nécessités vitales ; tout comme

les canons de la beauté la plus parfaite découlent

logiquement, en dernière analyse, de l’utilité.

En même temps que la foi aide à élever l’homme

au-dessus du niveau d’une vie animale et paisible, elle

contribue à raffermir et à assurer son existence. Que

l’on enlève à l’humanité actuelle les principes religieux,

confirmés par l’éducation, qui sont pratiquement des

principes de moralité et de bonnes mœurs ; que l’on

supprime cette éducation religieuse sans la remplacer

par quelque chose d’équivalent, et on en verra le

résultat sous la forme d’un profond ébranlement des

bases de sa propre existence. On peut donc poser en

axiome que non seulement l’homme vit pour servir

l’idéal le plus élevé, mais aussi que cet idéal parfait

constitue à son tour pour l’homme une condition de son

existence. Ainsi se ferme le cercle.

Naturellement, dans la définition tout à fait générale

du mot « religieux » sont incluses des notions ou des

convictions fondamentales, par exemple celles de

l’immortalité de l’âme, la vie éternelle, l’existence d’un

être supérieur, etc. Mais toutes ces pensées, quelque

persuasion qu’elles exercent sur l’individu, demeurent

soumises à son examen critique et à des alternatives

d’acceptations et de refus, jusqu’au jour ou la foi

apodictique prend force de loi sur le sentiment et sur la

raison. La foi est l’instrument qui bat la brèche et fraie

le chemin à la reconnaissance des conceptions

religieuses fondamentales.

Sans un dogme précis, la religiosité, avec ses mille

formes mal définies, non seulement serait sans valeur

pour la vie humaine, mais, en outre, contribuerait sans

doute au délabrement général.

Il en est de même du qualificatif völkisch que du

terme « religieux ». Lui aussi contient diverses notions

fondamentales. Mais bien que de la plus haute

importance, elles sont sous une forme si mal définie

qu’elles ne s’élèveront pas au-dessus de la valeur d’une

simple opinion admise, tant qu’elles ne seront pas

envisagées comme principes fondamentaux dans le

cadre d’un parti politique. Car la réalisation d’un idéal

théorique et de ses conséquences logiques résulte aussi

peu du simple sentiment ou du seul fait d’une volonté

intérieure des hommes, que la conquête de la liberté ne

provient de l’aspiration universelle vers cet état. Non,

ce n’est que quand la poussée idéale vers

l’indépendance reçoit l’organisation de combat et une

puissance militaire que l’ardent désir d’un peuple peut

se changer en une magnifique réalité.

Une opinion philosophique a beau être mille fois

juste et viser un plus grand bien de l’humanité, elle

demeurera sans valeur pratique pour la vie d’un

peuple, aussi longtemps que ses principes ne sont pas

devenus la bannière d’un mouvement agissant. À son

tour, ce mouvement restera simple parti, tant que son

action n’aura pas abouti à la victoire de ses idées, et

que ses dogmes de parti ne seront pas devenus pour un

peuple les lois de base de sa communauté.

Mais lorsqu’une conception abstraite de caractère

général doit servir de base à une évolution à venir, alors

la condition première est de faire toute lumière sur la

nature et sa portée. Ce n’est que sur une telle base que

l’on peut créer un mouvement puisant la force

nécessaire à la lutte dans l’unité de ses convictions.

C’est à partir de concepts généraux que l’on doit bâtir

un programme politique et c’est sur la base d’un

système philosophique que l’on doit appuyer un dogme

politique déterminé. Ce dernier ne doit pas viser un but

inaccessible, et s’attacher exclusivement aux idées,

mais aussi tenir compte des moyens de lutte qui existent

et que l’on peut mettre en œuvre pour leur victoire. À

une conception spirituelle théoriquement juste, et qu’il

appartient à celui qui trace le programme de mettre en

avant, doit donc se joindre la science pratique de

l’homme politique.

Ainsi un idéal éternel doit malheureusement, pour

servir d’étoile conductrice à l’humanité, accepter les

faiblesses de cette même humanité pour ne pas faire

naufrage dès le départ à cause de l’imperfection

humaine. À celui qui a reçu la révélation, il faut

adjoindre celui qui connaît l’âme du peuple, qui extraira

du domaine de l’éternelle vérité et de l’idéal ce qui est

accessible aux humbles mortels et qui lui fera prendre

corps.

Cette transmutation d’un système philosophique

idéalement vrai en une communauté politique de foi et

de combat nettement définis, organisée rigidement,

animée d’une seule croyance et d’une même volonté,

voilà le problème essentiel ; toutes les chances de

victoire d’une idée reposent entièrement sur l’heureuse

solution de ce problème. C’est alors que, de cette armée

de millions d’hommes, tous plus ou moins clairement

pénétrés de ces vérités, certains même allant peut-être

jusqu’à la comprendre en partie, un homme doit sortir

qu’anime une puissance d’apôtre. Des idées nébuleuses

de grand public, il extrait des principes fermes comme

le granit, il mène la lutte pour la vérité unique qu’ils

contiennent ; jusqu’à ce que, des vagues agitées du libre

monde des idées, émerge le roc solide de l’union de

ceux qui communient dans une même croyance et une

même volonté.

D’un point de vue universel, la nécessité justifie le

droit d’agir ainsi ; le succès justifie le droit de

l’individu.





***





Si nous essayons de sortir du mot völkisch le sens le

plus intime, nous arriverons à la constatation suivante :

La conception philosophique courante aujourd’hui

consiste généralement, au point de vue politique, à

attribuer à l’État lui-même une force créatrice et

civilisatrice. Mais il n’y aurait que faire des conditions

préalables de race ; l’État résulterait plutôt des

nécessités économiques ou, dans le meilleur cas, du jeu

des forces politiques. Cette conception fondamentale

conduit logiquement à une méconnaissance des forces

primitives liées à la race, et à sous-estimer la valeur de

l’individu. Celui qui nie la différence entre les races, en

ce qui concerne leur aptitude à engendrer des

civilisations, est forcé de se tromper aussi quand il juge

les individus. Accepter l’égalité des races entraîne à

juger pareillement les peuples et les hommes. Le

marxisme international n’est lui-même que la

transformation, par le Juif Karl Marx, en une doctrine

politique précise d’une conception philosophique

générale déjà existante. Sans cet empoisonnement

préalable, le succès politique extraordinaire de cette

doctrine n’eût pas été possible. Karl Marx fut

simplement le seul, dans le marécage d’un monde

pourri, à reconnaître avec la sûreté de coup d’œil d’un

prophète les matières les plus spécifiquement toxiques ;

il s’en empara, et, comme un adepte de la magie noire,

les employa à dose massive pour anéantir l’existence

indépendante des libres nations de ce monde. T’out ceci

d’ailleurs au profit de sa race.

Ainsi la doctrine marxiste est, en résumé, l’essence

même du système philosophique aujourd’hui

généralement admis. Pour ce motif déjà, toute lutte

contre lui de ce que l’on appelle le monde bourgeois est

impossible, et même ridicule, car ce monde bourgeois

est essentiellement imprégné de ces poisons et rend

hommage à une conception philosophique qui, d’une

façon générale, ne se distingue de la conception

marxiste que par des nuances ou des questions de

personnes. Le monde bourgeois est marxiste, mais croit

possible la domination de groupes déterminés

d’hommes (la bourgeoisie), cependant que le marxisme

lui-même vise délibérément à remettre ce monde dans

la main des Juifs.

Au contraire, la conception « raciste »1 fait place à

la valeur des diverses races primitives de l’humanité.

En principe, elle ne voit dans l’État qu’un but qui est le

maintien de l’existence des races humaines. Elle ne

croit nullement à leur égalité, mais reconnaît au

contraire et leur diversité, et leur valeur plus ou moins

élevée. Cette connaissance lui confère l’obligation,

suivant la volonté éternelle qui gouverne ce monde, de

favoriser la victoire du meilleur et du plus fort, d’exiger

la subordination des mauvais et des faibles. Elle rend

ainsi hommage au principe aristocratique de la nature et

croit en la valeur de cette loi jusqu’au dernier degré de

l’échelle des êtres. Elle voit non seulement la différence

de valeurs des races, mais aussi la diversité de valeurs

des individus. De la masse se dévoile pour elle la valeur

de la personne, et par cela elle agit comme une

puissance organisatrice en présence du marxisme

destructeur. Elle croit nécessaire de donner un idéal à

l’humanité, car cela lui paraît constituer la condition

première pour l’existence de cette humanité. Mais elle

ne peut reconnaître le droit d’existence à une éthique

quelconque, quand celle-ci présente un danger pour la

survie de la race qui défend une éthique plus haute ; car,

dans un monde métissé et envahi par la descendance de



1

Nous traduisons ici, et traduisons désormais, en principe, völkisch

par raciste.

nègres, toutes les conceptions humaines de beauté et de

noblesse, de même que toutes les espérances en un

avenir idéal de notre humanité, seraient perdues à

jamais.

La culture et la civilisation humaines sont sur ce

continent indissolublement liées à l’existence de

l’Aryen. Sa disparition ou son amoindrissement feraient

descendre sur cette terre les voiles sombres d’une

époque de barbarie.

Mais saper l’existence de la civilisation humaine en

exterminant ceux qui la détiennent, apparaît comme le

plus exécrable des crimes. Celui qui ose porter la main

sur la propre image du Seigneur dans sa forme la plus

haute, injurie le Créateur et aide à faire perdre le

paradis.

La conception raciste répond à la volonté la plus

profonde de la nature, quand elle rétablit ce libre jeu

des forces qui doit amener le progrès par la sélection.

Un jour, ainsi, une humanité meilleure, ayant conquis

ce monde, verra s’ouvrir librement à elle tous les

domaines de l’activité.

Nous sentons tous que, dans un avenir éloigné, les

hommes rencontreront des problèmes que, seul, pourra

être appelé à résoudre un maître-peuple de la plus haute

race, disposant de tous les moyens et de toutes les

ressources du monde entier.

***





Bien évidemment, un examen aussi général du

contenu abstrait d’une conception philosophique raciste

peut mener à mille interprétations. En fait, il n’est pas

une de nos jeunes créations politiques qui ne se réclame

sur quelque point de cette théorie. Cependant, leur

existence simultanée prouve justement la diversité de

leurs conceptions. Ainsi, à la philosophie marxiste,

dirigée par une organisation centralisée, s’oppose un

ramassis de conceptions que l’on peut d’ores et déjà

juger peu efficaces en présence du front serré ennemi.

On ne remporte pas de victoires avec des armes aussi

faibles. C’est seulement quand s’opposera à la

conception philosophique internationaliste – dirigée

politiquement par le marxisme organisé – le front

unique d’une conception philosophique raciste qu’une

égale énergie au combat fera se ranger le succès du côté

de l’éternelle vérité.

Mais, pour organiser la mise en application d’une

conception philosophique, il est tout d’abord

indispensable d’en poser une définition précise ; ce que

les dogmes représentent pour la foi, les principes

fondamentaux du parti le représentent pour un parti

politique en formation.

Il faut donc assurer à la conception raciste un

instrument de combat, de même que l’organisation de

parti marxiste fait le champ libre pour

l’internationalisme.

C’est ce but que poursuit le Parti national-socialiste

allemand.

Fixer ainsi pour le parti la doctrine raciste est la

condition préalable du succès des conceptions racistes.

La meilleure preuve en est donnée indirectement par les

propres adversaires de ce regroupement du parti. Ceux-

là même qui ne se lassent pas d’affirmer que les

conceptions racistes ne sont nullement l’apanage d’un

seul, mais, au contraire, qu’elles sommeillent ou

« vivent » au cœur de Dieu sait combien de millions

d’hommes, que ceux-là vérifient donc que la présence

effective de ces conceptions n’a jamais pu justement

s’opposer en rien au triomphe des conceptions adverses,

défendues par un parti politique classique. S’il en était

autrement, le peuple allemand aurait déjà

nécessairement remporté aujourd’hui une gigantesque

victoire, et il ne serait pas sur le bord de l’abîme. Ce qui

a assuré le succès des conceptions internationalistes,

c’est leur défense par un parti organisé sous forme de

sections d’assaut (Sturmabteilung : S. A.). Si les

conceptions opposées ont succombé, c’est faute d’un

front unique de défense. Ce n’est pas en développant

sans limites une théorie générale, mais dans la forme

limitée et ramassée d’une organisation politique qu’une

conception philosophique peut combattre et triompher.

J’ai donc considéré que ma propre tâche était de

dégager de la riche et informe substance d’une

conception philosophique générale les idées

essentielles, de les mettre sous une forme plus ou moins

dogmatique. Ainsi élaguées et clarifiées, elles pourront

grouper ceux des hommes qui voudront s’y astreindre.

Autrement dit : le Parti national-socialiste des

travailleurs allemands tire les caractères essentiels

d’une conception raciste de l’univers, il en fait, compte

tenu des réalités pratiques de l’époque, du matériel

humain et de ses faiblesses, un ensemble doctrinal

politique, qui pose dès lors lui-même, en une

organisation aussi rigide que possible des grandes

masses humaines, les bases du triomphe final de cette

conception philosophique.

Chapitre II



L’État.



Dès 1920 et 1921 les milieux, survivance de ce

monde bourgeois dont le règne est maintenant fini,

reprochaient constamment à notre jeune parti d’avoir

pris position contre la forme actuelle de l’État ; et les

coupe-jarrets au service des partis politiques de toutes

nuances en tiraient la conclusion qu’il était permis de

mener par tous les moyens une lutte d’extermination

contre ces jeunes importuns, protagonistes d’une

nouvelle conception du monde. À vrai dire on se gardait

bien de reconnaître que la bourgeoisie actuelle est

incapable de concevoir une notion cohérente sous le

mot État, mot dont il n’existe pas, dont il ne peut pas

exister de définition cohérente. Et, le plus souvent, ceux

qui détiennent les chaires de notre enseignement

supérieur officiel parlent en professeurs de droit public,

qui doivent surtout trouver des explications et des

interprétations justifiant l’existence plus ou moins

heureuse des gouvernements qui leur donnent leur pain.

Plus un État est constitué de façon illogique, et plus

obscures, artificielles et incompréhensibles sont les

définitions que l’on donne de sa raison d’être. Que

pouvait par exemple dire autrefois un professeur

d’Université impériale et royale sur la signification et

les buts de l’État, dans un pays dont la constitution

politique était le monstre le plus informe du vingtième

siècle ? Lourde tâche si l’on considère que, de nos

jours, un professeur de droit public est moins tenu de

dire la vérité qu’obligé de servir un but précis. Ce but,

c’est de défendre à tous prix l’existence du monstrueux

mécanisme humain dont il est question et qu’on nomme

actuellement un État. Qu’on ne s’étonne donc pas si, en

discutant ce problème, on évite le plus possible de

considérer les faits pour se retrancher dans un fatras de

principes « éthiques », « moraux », « moralisants » et

de valeurs, tâches et buts imaginaires.

Dans l’ensemble, on peut distinguer trois systèmes :

a) Il y a ceux qui voient simplement dans l’État un

groupement plus ou moins volontaire d’hommes soumis

à l’autorité d’un gouvernement.

Ce sont les plus nombreux. Parmi eux se trouvent

les adorateurs contemporains du principe de légitimité,

aux yeux desquels la volonté des hommes n’a aucun

rôle à jouer dans l’affaire. Pour eux, le fait qu’un État

existe suffit à le rendre inviolable et sacré. Pour

protéger de toute atteinte cette conception de cerveaux

déments, on prône l’adoration servile de ce qu’on

appelle l’autorité de l’État. Dans la cervelle de ces

gens-là, le moyen devient en un tournemain le but

définitif. L’État n’est plus fait pour servir les hommes,

mais ceux-ci sont là pour adorer une autorité de l’État,

dont participe le plus modeste des fonctionnaires,

quelles que soient ses fonctions. Pour que cette

adoration silencieuse et extatique ne se transforme pas

en désordre, l’autorité de l’État, de son côté, n’existe

que pour maintenir le calme et le bon ordre. Elle n’est

donc plus finalement ni un but ni un moyen. L’État doit

veiller au maintien du calme et du bon ordre et,

réciproquement, le calme et le bon ordre doivent

permettre à l’État d’exister. C’est entre ces deux pôles

que la vie de la communauté doit tourner en rond.

En Bavière, cette conception est surtout représentée

par les artistes politiques du Centre bavarois, qu’on

appelle le Parti populaire bavarois ; en Autriche,

c’étaient les légitimistes noir-jaune. Dans le Reich lui-

même, ce sont malheureusement les éléments dits

conservateurs qui agissent d’après de pareilles

conceptions de l’État.

b) D’autres théoriciens, moins nombreux, mettent au

moins à l’existence de l’État certaines conditions. Ils

veulent qu’il y ait non seulement une même

administration, mais aussi une même langue, quand ce

ne serait que pour des considérations techniques

d’administration en général. L’autorité de l’État n’est

plus la raison d’être unique et exclusive de l’État ;

celui-ci doit, en outre, contribuer au bien-être des

sujets. Des idées de « liberté », mais la plupart du temps

mal comprises, se glissent dans la conception de cette

école. La forme de gouvernement ne paraît plus

inviolable du seul fait de son existence ; on examine

aussi l’utilité qu’elle peut avoir. Le respect du passé ne

la protège pas contre la critique du présent. En résumé,

cette école attend avant tout de l’État qu’il donne à la

vie économique une forme favorable à l’individu ; elle

le juge du point de vue pratique et d’après des

conceptions générales d’économie politique, sur sa

rentabilité. On rencontre les principaux représentants de

cette opinion dans les milieux de notre bourgeoisie

allemande moyenne, particulièrement dans ceux de la

démocratie libérale.

c) Le troisième groupe est le plus faible au point de

vue numérique.

Il voit dans l’État un moyen de réaliser des

tendances impérialistes exposées la plupart du temps de

façon obscure ; il veut arriver à la fondation d’un État

populaire fortement uni et auquel une langue commune

donne un caractère nettement accusé. S’il veut une

langue unique, ce n’est pas seulement dans l’espoir de

donner ainsi à cet État une base solide qui lui permette

d’accroître sa puissance à l’extérieur, mais aussi et

surtout dans l’opinion – d’ailleurs radicalement fausse –

que l’unification de la langue le mettrait à même de

mener à bien une nationalisation orientée dans un

certain sens.

Il est lamentable de voir comment, au cours du

dernier siècle, et très souvent en toute bonne foi, on a

fait un usage frivole du mot : « germaniser ». Je me

rappelle encore combien, au temps de ma jeunesse, ce

terme suggérait d’idées incroyablement fausses. On

entendait alors exprimer jusque dans les milieux

pangermanistes l’opinion que les Allemands d’Autriche

pourraient très bien, avec le concours du gouvernement,

germaniser les Slaves d’Autriche ; on ne se rendait pas

compte que la germanisation ne s’applique qu’au sol,

jamais aux hommes. Ce qu’on entendait en général par

ce mot, c’était l’usage de la langue allemande, imposé

de force et publiquement pratiqué. C’est commettre une

inconcevable faute de raisonnement que d’imaginer

qu’il serait possible de faire un Allemand, disons d’un

nègre ou d’un Chinois, en lui enseignant l’allemand et

en obtenant qu’il parle désormais notre langue, peut-

être même qu’il vote pour un parti politique allemand.

Nos bourgeois nationaux ne voyaient pas que ce genre

de germanisation était, en réalité, une dégermanisation.

Car, si les différences existant entre les peuples, et qui

jusqu’à présent sont évidentes et sautent aux yeux,

pouvaient être atténuées et finalement effacées, en

imposant par le fait du prince l’emploi d’une langue

commune, cette mesure amènerait le métissage et, dans

notre cas, non pas une germanisation, mais bien

l’anéantissement de l’élément germanique. Il arrive, et

le cas n’est que trop fréquent dans l’histoire, qu’un

peuple conquérant réussisse, par des moyens de

contrainte extérieure, à imposer sa langue aux vaincus,

mais, au bout de mille ans, cette langue est parlée par

un peuple nouveau et les vainqueurs sont ainsi devenus

à proprement parler les vaincus.

Comme la nationalité, ou, pour mieux dire, la race

ne dépend pas de la langue, mais du sang, on n’aurait le

droit de parler de germanisation que si, par tel procédé,

on parvenait à changer le sang du vaincu. Mais cela est

impossible. Y arriverait-on, ce serait par un mélange

des sangs, qui abaisserait le niveau de la race

supérieure. Le résultat final d’un tel processus serait la

disparition des qualités qui ont autrefois rendu le peuple

conquérant capable de vaincre. Ce sont particulièrement

les énergies civilisatrices que ferait disparaître le

métissage avec une race inférieure, le peuple issu de ce

mélange parlerait-il mille fois la langue de l’ancienne

race supérieure. Il se produirait encore, pendant un

certain temps, une sorte de lutte entre les esprits

différents et le peuple, voué à une décadence

irrémédiable, pourrait, dans un dernier sursaut, mettre

au jour les chefs-d’œuvre d’une surprenante

civilisation. Leurs auteurs ne seraient que des

représentants isolés de la race supérieure ou encore des

métis issus d’un premier croisement, chez lesquels le

meilleur sang continue à l’emporter et cherche à se

frayer passage, ils ne seraient jamais les produits

ultimes du métissage. Ce dernier s’accompagnera

toujours d’un recul de la civilisation.

Nous devons nous estimer heureux aujourd’hui

qu’une germanisation, telle que Joseph II l’avait

conçue, n’ait pas réussi en Autriche. Son succès aurait

eu vraisemblablement pour effet de maintenir en vie

l’État autrichien, mais aussi d’amener, par la

communauté de la langue, un abaissement du niveau

ethnique de la nation allemande. Au cours des siècles,

un certain instinct grégaire aurait pu prendre corps,

mais le troupeau même aurait perdu de sa valeur. Il

serait peut-être né un peuple résultant d’une

communauté d’État, mais un peuple résultant d’une

communauté de culture aurait disparu.

Il a mieux valu, pour la nation allemande, que ce

métissage n’ait pas lieu, bien qu’on y ait renoncé non

pour des raisons intelligentes et élevées, mais parce que

les Habsbourg étaient des souverains bornés. S’il en

avait été autrement, c’est à peine si l’on pourrait appeler

encore aujourd’hui le peuple allemand un facteur de la

civilisation.

Mais ce n’est pas seulement en Autriche, c’est aussi

en Allemagne que les milieux dits nationaux furent et

sont encore poussés par des raisonnements tout aussi

faux. La politique polonaise réclamée par tant

d’Allemands et qui tendait à la germanisation de l’Est,

reposait malheureusement presque toujours sur un

pareil sophisme. Là aussi on croyait réussir à

germaniser les éléments polonais, en leur imposant

simplement la langue allemande. Là aussi le résultat

aurait été funeste : un peuple de race étrangère

exprimant en langue allemande ses idées étrangères et

portant atteinte à la noblesse et à la dignité de notre

nation par sa nature inférieure.

N’est-ce pas déjà une pensée assez effrayante que

celle du tort fait à notre race germanique, lorsque

l’ignorance des Américains met à son débit les sales

Juifs qui débarquent chez eux, parce qu’ils jargonnent

leur allemand de youpins. Il ne viendra pourtant à

l’esprit de personne que le fait purement accidentel que

ces immigrants pouilleux, venus de l’Est, parlent le plus

souvent allemand, prouve qu’ils sont d’origine

allemande et font vraiment partie de notre peuple.

Ce qui, au cours de l’histoire, a pu être germanisé

avec profit, ce fut le sol conquis par nos aïeux l’épée à

la main et colonisé par les paysans allemands. Dans la

mesure où ils ont, en même temps, introduit un sang

étranger dans le corps de notre peuple, ils ont

contribué à faire naître le funeste émiettement de notre

caractère ethnique, qui se manifeste par cet

individualisme hypertrophié propre aux Allemands et

dont, malheureusement, on va souvent jusqu’à faire

l’éloge.

Pour cette troisième école, l’État est aussi, dans un

certain sens, une fin en soi et la conservation de l’État

devient la principale tâche de la vie humaine.

En résumé, on peut établir que toutes ces théories ne

plongent pas leurs racines dans l’intelligence de ce fait

que les forces créatrices de civilisation et de valeurs ont

pour base la race, et que l’État doit logiquement

considérer comme sa tâche principale la conservation et

l’amélioration de cette même race, condition

fondamentale de tout progrès humain.

La conséquence extrême de ces conceptions et

opinions erronées sur la nature et la raison d’être de

l’État put être ensuite tirée par le Juif Marx : en

séparant la notion de l’État des obligations envers la

race, sans pouvoir formuler une autre définition admise

au même degré, la bourgeoisie a frayé la voie à une

doctrine qui nie l’État en soi.

C’est pourquoi la lutte que mène la bourgeoisie

contre le marxisme international court, sur ce terrain, à

un échec certain. La bourgeoisie a, depuis longtemps,

fait bon marché des fondations dont son système

politique ne pouvait se passer. Son adroit adversaire a

découvert les points faibles de l’édifice qu’elle avait

élevé et l’attaque avec les armes qu’elle lui a

involontairement fournies.

Le premier devoir du nouveau parti qui se place sur

le terrain des conceptions racistes, est donc de formuler

clairement la conception qu’on doit avoir de la nature et

de la raison d’être de l’État.

La notion fondamentale, c’est que l’État n’est pas

un but, mais un moyen. Il est bien la condition

préalable mise à la formation d’une civilisation

humaine de valeur supérieure, mais il n’en est pas la

cause directe. Celle-ci réside exclusivement dans

l’existence d’une race apte à la civilisation. Même s’il

se trouvait sur la terre des centaines d’États modèles, au

cas où l’Aryen, qui est le pilier de la civilisation,

viendrait à disparaître, il n’y aurait plus de civilisation

correspondant, dans l’ordre spirituel, au degré qu’ont

atteint les peuples de race supérieure. On peut aller

encore plus loin et dire que l’existence d’États humains

n’exclurait pas l’éventualité de l’anéantissement

définitif de la race humaine, puisque la disparition du

représentant de la race civilisatrice amènerait la perte

des facultés intellectuelles supérieures de résistance et

d’adaptation.

Si, par exemple, un séisme venait à bouleverser

l’écorce terrestre et qu’un nouvel Himalaya surgisse des

flots de l’océan, la civilisation humaine serait anéantie

par cet épouvantable cataclysme. Il n’y aurait plus un

seul État, tous les liens qui maintiennent l’ordre seraient

rompus, les créations d’une civilisation millénaire

seraient ruinées, la surface de la terre ne serait plus

qu’un cimetière recouvert d’eau et de vase. Mais il

suffirait que quelques hommes, appartenant à une race

civilisatrice, aient survécu dans ce chaos d’épouvante

pour que, fût-ce au bout de mille ans, la terre, revenue

au calme, recommence à porter des témoignages de la

force créatrice de l’homme. Seul, l’anéantissement des

derniers représentants de la race supérieure ferait

définitivement de la terre un désert. Inversement, des

exemples tirés du temps présent prouvent que des États,

dont les bases avaient été jetées par les représentants de

races dénuées des capacités politiques indispensables,

n’ont pu, en dépit de toutes les mesures prises par leurs

gouvernements, échapper à la ruine. De même que les

espèces de grands animaux des temps préhistoriques

ont dû céder la place à d’autres et s’éteindre, de même

devront céder le pas les races humaines privées d’une

certaine force intellectuelle, qui, seule, peut leur faire

trouver les armes nécessaires à leur conservation.

Ce n’est pas l’État qui fait naître un certain niveau

de culture ; il ne peut que conserver la race, cause

première de l’élévation de ce niveau. Dans le cas

contraire, l’État peut continuer à exister pendant des

siècles sans changement apparent, alors que, par suite

du mélange des races qu’il n’a pas empêché, la capacité

civilisatrice, et l’histoire même de ce peuple, qui en est

le reflet, ont commencé depuis longtemps à subir de

profondes altérations. Par exemple, notre État actuel,

mécanisme fonctionnant à vide, peut, plus ou moins

longtemps, faire encore illusion et sembler vivre, et

pourtant l’empoisonnement de la race, dont souffre le

corps de notre peuple, amène une déchéance de sa

civilisation qui se manifeste déjà d’une façon

effrayante.

La condition préalable mise à l’existence durable

d’une humanité supérieure n’est donc pas l’État, mais

la race qui possède les facultés requises.

Il faut savoir que ces facultés existent toujours, et

qu’il leur suffit d’être mises en éveil par des

circonstances extérieures pour se manifester. Les

nations, ou plutôt les races civilisatrices, possèdent ces

facultés bienfaisantes à l’état latent quand bien même

les circonstances extérieures défavorables ne leur

permettent pas d’agir. Aussi est-ce une incroyable

injustice que de présenter les Germains des temps

antérieurs au christianisme comme des hommes « sans

civilisation », comme des barbares. Ils ne l’ont jamais

été. C’était seulement la dureté du climat de leur habitat

septentrional qui leur imposait un genre de vie qui

s’opposait au développement de leurs forces créatrices.

S’ils étaient, sans le monde antique, arrivés dans les

régions plus clémentes du Sud et s’ils y avaient trouvé,

dans le matériel humain fourni par des races inférieures,

les premiers moyens techniques, la capacité à créer une

civilisation qui sommeillait en eux, aurait produit une

floraison aussi éclatante que celle des Hellènes. Mais

qu’on n’attribue pas uniquement au fait qu’ils vivaient

dans un climat septentrional cette force primitive qui

engendre la civilisation. Un Lapon, transporté dans le

Sud, contribuerait aussi peu au développement de la

civilisation que pourrait le faire un Esquimau. Non,

cette splendide faculté de créer et de modeler a été

justement conférée à l’Aryen, qu’elle soit latente en lui

ou qu’il en fasse don à la vie qui s’éveille, suivant que

des circonstances favorables le lui permettent ou qu’une

nature inhospitalière l’en empêche.

On peut en déduire la notion suivante :

L’État est un moyen de parvenir à un but. Son but

est de maintenir et de favoriser le développement d’une

communauté d’êtres qui, au physique et au moral, sont

de la même espèce. Il doit maintenir, en premier lieu,

les caractères essentiels de la race, condition du libre

développement de toutes les facultés latentes de celle-

ci. De ces facultés, une partie servira toujours à

l’entretien de la vie physique et une autre partie à

favoriser les progrès intellectuels. Mais, en fait, le

premier est toujours la condition nécessaire du second.

Les États qui ne visent pas à ce but sont des

organismes défectueux, des créations avortées. Le fait

qu’ils existent n’y change rien, pas plus que les succès

obtenus par une association de flibustiers ne justifient

la piraterie.

Nous autres nationaux-socialistes, qui combattons

pour une autre conception du monde, nous ne nous

plaçons pas sur le célèbre « terrain des faits », d’ailleurs

controuvés. Nous ne serions plus alors les champions

d’une grande idée neuve, mais les coolies du mensonge

qui règne de nos jours. Nous devons faire une

distinction bien tranchée entre l’État qui n’est qu’un

contenant et la race qui en est le contenu. Ce contenant

n’a de raison d’être que lorsqu’il est capable de

conserver et de protéger son contenu ; sinon il n’a

aucune valeur.

Par suite, le but suprême de l’État raciste doit être

de veiller à la conservation des représentants de la race

primitive, dispensateurs de la civilisation, qui font la

beauté et la valeur morale d’une humanité supérieure.

Nous, en tant qu’Aryens, ne pouvons nous représenter

un État que comme l’organisme vivant que constitue un

peuple, organisme qui non seulement assure l’existence

de ce peuple, mais encore, développant ses facultés

morales et intellectuelles, la fait parvenir au plus haut

degré de liberté.

Ce qu’on cherche aujourd’hui à nous imposer

comme État est le produit monstrueux de l’erreur

humaine la plus profonde, suivie d’un cortège

d’indicibles souffrances.

Nous autres nationaux-socialistes savons que le

monde actuel considérera cette conception comme

révolutionnaire et qu’elle nous flétrira de ce nom. Mais

nos opinions et nos actes ne doivent pas résulter de

l’approbation ou de la désapprobation de notre époque,

mais de l’obligation impérieuse de servir la vérité dont

nous avons conscience. Nous pouvons être convaincus

que l’intelligence plus ouverte de la postérité non

seulement comprendra les raisons de notre entreprise,

mais encore en reconnaîtra l’utilité et lui rendra

hommage.





***





Ce qui précède nous donne, à nous nationaux-

socialistes, la mesure de la valeur d’un État. Cette

valeur n’est que relative, jugée du point de vue

particulier de chaque nation ; elle sera absolue si l’on

s’élève au point de vue de l’humanité en soi. Autrement

dit :

On ne peut pas apprécier l’utilité d’un État en

prenant pour critère le niveau de civilisation auquel il

est parvenu, ou l’importance que lui donne sa

puissance dans le monde ; on peut le faire

exclusivement d’après l’utilité que peut avoir cet

organisme pour chaque peuple considéré.

Un État peut être tenu pour idéal, si non seulement il

répond aux conditions d’existence du peuple qu’il doit

représenter, mais encore si son existence assure

pratiquement celle de ce peuple, quelque importance

culturelle que puisse du reste avoir dans le monde la

forme de cet État. Car la tâche de l’État n’est pas de

créer, mais de frayer la route aux forces en puissance.

Un État peut donc être qualifié de mauvais si, tout en

ayant atteint le degré le plus élevé de civilisation, il

voue à la ruine l’homogénéité raciale des représentants

de cette civilisation.

Car il ne respecte pas alors pratiquement la

condition préalable de l’existence d’une culture, qui

n’est pas son fait, mais le produit d’un peuple

civilisateur affermi par la vivante synthèse de l’État.

L’État ne représente pas une substance, mais une forme.

Le degré de civilisation auquel est parvenu un peuple

donné ne permet donc pas de doser l’utilité de l’État

dans lequel il vit. On conçoit facilement qu’un peuple,

hautement doué pour la civilisation, offre un aspect

préférable à celui d’une tribu nègre ; pourtant

l’organisme créé par le premier sous la forme d’État

peut être, par la façon dont il remplit son but, pire que

celui du nègre. Bien que l’État le meilleur et la

meilleure constitution politique soient incapables de

tirer d’un peuple des facultés qui lui manquent

actuellement et qu’il n’a jamais eues, une forme

mauvaise d’État amènera fatalement, dans la suite des

temps, en permettant ou même en occasionnant la

disparition des représentants de la race civilisatrice, la

perte des facultés que celle-ci possédait primitivement

en puissance.

Par suite, le jugement qu’on portera sur la valeur

d’un État sera tout d’abord déterminé par l’utilité qu’il

peut avoir pour un peuple donné, et nullement par

l’importance propre de son rôle dans l’histoire du

monde.

À ce dernier point de vue, qui est tout relatif, on

peut se faire rapidement une opinion exacte ; mais il est

difficile de porter un jugement sur la valeur absolue

d’un État, parce que ce jugement définitif ne dépend

pas simplement de l’État lui-même, mais bien plutôt de

la valeur et du niveau du peuple envisagé.

Quand on parle de la haute mission de l’État, on ne

doit donc jamais oublier que cette haute mission

incombe essentiellement au peuple, dont l’État n’a

d’autre rôle que de rendre possible le libre

développement, grâce à la puissance organique de son

existence.

Si nous nous demandons alors comment doit être

constitué l’État qui nous est nécessaire, à nous autres

Allemands, nous devons d’abord préciser deux points :

quelle sorte d’hommes cet État doit réunir, et quelles

fins il doit poursuivre.

Notre peuple allemand n’a malheureusement plus

pour base une race homogène. Et la fusion des éléments

primitifs n’a pas fait de tels progrès qu’on puisse parler

d’une race nouvelle sortie de cette fusion. En réalité, les

contaminations successives qui, notamment depuis la

guerre de Trente Ans, ont altéré le sang de notre peuple,

ne l’ont pas décomposé seul, elles ont aussi agi sur

notre âme. Les frontières ouvertes de notre patrie, le

contact avec des corps politiques non-allemands le long

des régions frontières, surtout le fort afflux de sang

étranger dans l’intérieur du Reich ne laissait pas, par

son renouvellement constant, le temps nécessaire pour

arriver à une fusion complète. Il ne sortit pas de cette

pot-bouille une race nouvelle ; les éléments ethniques

restèrent juxtaposés et le résultat en fut que, dans les

moments critiques, où un troupeau se rassemble

d’ordinaire, le peuple allemand se dispersa dans toutes

les directions. Non seulement la répartition territoriale

des éléments constitutifs de la race intéresse des régions

différentes, mais ils coexistent à l’intérieur d’une même

région. Les hommes du Nord sont près de ceux de l’Est,

près de ceux-ci, les Dalmates, près des deux, des

hommes de l’Occident ; sans compter les mélanges. Cet

état de choses a, par certains côtés, de grands

inconvénients : il manque aux Allemands le puissant

instinct grégaire, effet de l’identité du sang, qui,

particulièrement impérieux aux heures du danger,

prévient la ruine des nations, effaçant instantanément

chez les peuples qui en sont doués toutes les différences

secondaires et leur faisant opposer à l’ennemi commun

le front uni d’un troupeau homogène. Ce qu’on désigne

chez nous par hyperindividualisme provient de ce que

les éléments fondamentaux de notre race, dont chacun a

ses caractères particuliers, ont pris l’habitude de vivre à

côté les uns des autres, sans arriver à se mêler. En

temps de paix, il peut avoir souvent ses avantages,

mais, à tout prendre, il nous a coûté la domination du

monde. Si le peuple allemand avait possédé ; au cours

de son histoire, cette unité grégaire qui a été si utile à

d’autres peuples, le Reich allemand serait aujourd’hui

le maître du globe. L’histoire du monde aurait pris un

autre cours et personne n’est à même de décider si

l’humanité n’aurait pas, en suivant cette route, atteint le

but auquel tant de pacifistes aveuglés espèrent

aujourd’hui parvenir par leurs piailleries et leurs

pleurnicheries : Une paix non pas assurée par les

rameaux d’olivier qu’agitent, la larme facile, des

pleureuses pacifistes, mais garantie par l’épée

victorieuse d’un peuple de maîtres qui met le monde

entier au service d’une civilisation supérieure.

Le fait que notre peuple manque de la cohésion que

donne un sang commun et resté pur, nous a causé des

maux indicibles. Il a donné des capitales à une foule de

petits potentats allemands, mais il a privé le peuple

allemand de ses droits seigneuriaux.

Aujourd’hui encore, le peuple allemand souffre des

suites de ce défaut de cohésion intime ; mais ce qui fit

notre malheur, dans le passé et dans le présent, peut

être, dans l’avenir, une source de bénédictions. Car, si

funeste qu’aient été l’absence d’une fusion absolue des

éléments qui composaient primitivement notre race, et

l’impossibilité où nous nous sommes par suite trouvés

de former un corps de peuple homogène, il est heureux,

par contre, qu’une partie au moins de ce qu’il y a de

meilleur dans notre sang soit restée pure, et ait échappé

à la décadence qui a frappé le reste de notre race.

Il est certain qu’un amalgame complet des éléments

primitifs de notre race aurait donné naissance à un

peuple constituant un organisme achevé ; mais il aurait

été, comme toute race hybride, doué d’une capacité de

faire progresser la civilisation moindre que celle dont

jouissait originairement le plus noble de ses éléments.

C’est donc un bienfait que cette absence d’un mélange

intégral : nous possédons encore aujourd’hui dans notre

peuple allemand de grandes réserves d’hommes de la

race germanique du Nord, dont le sang est resté sans

mélange et que nous pouvons considérer comme le

trésor le plus précieux pour notre avenir. Aux tristes

époques où les lois de la race étaient inconnues, quand

on voyait en tout homme, pris en soi, un être tout pareil

à ses semblables, on n’apercevait pas les différences de

valeur existant entre les divers éléments primitifs. Nous

savons aujourd’hui qu’un amalgame complet des

éléments constitutifs du corps de notre peuple et la

cohésion qui en serait résultée nous auraient rendus

peut-être extérieurement puissants, mais que le but

suprême où doit tendre l’humanité nous serait demeuré

inaccessible : la seule espèce d’hommes que le destin a

visiblement choisie pour mener l’œuvre à bonne fin

aurait été noyée dans la bouillie de races que forme un

peuple unifié.

Mais ce qui a été empêché par le destin bienveillant,

sans que nous y soyons pour quelque chose, il faut

qu’aujourd’hui, forts d’une notion nouvellement

acquise, nous l’examinions attentivement et en tirions

parti.

Celui qui parle d’une mission donnée au peuple

allemand sur cette terre doit savoir qu’elle consiste

uniquement à former un État qui considère comme son

but suprême de conserver et de défendre les plus nobles

éléments de notre peuple, restés inaltérés, et qui sont

aussi ceux de l’humanité entière.

Par là, l’État connaît, pour la première fois, un but

intérieur élevé. En face du mot d’ordre ridicule qui lui

donnait pour rôle de veiller au calme et au bon ordre,

afin de permettre aux citoyens de se duper

mutuellement tout à leur aise, la tâche qui consiste à

conserver et à défendre une espèce humaine supérieure,

dont la bonté du Tout-Puissant a gratifié cette terre,

apparaît une mission vraiment noble.

Le mécanisme sans âme, qui prétend avoir sa raison

d’être en lui-même, doit être transformé en un

organisme vivant dont le but exclusif est de servir une

idée supérieure.

Le Reich, en tant qu’État, doit comprendre tous les

Allemands, et se donner pour tâche non seulement de

réunir et de conserver les réserves précieuses que ce

peuple possède en éléments primitifs de sa race, mais

de les faire arriver lentement et sûrement à une

situation prédominante.





***





À une période, qui est, si l’on va au fond des choses,

celle de l’engourdissement et de la stagnation,

succédera une période de lutte. Mais, comme toujours,

le dicton : « Qui se repose, se rouille », trouve ici son

application, et aussi celui qui professe que, seule,

l’attaque donne la victoire. Plus le but de notre combat

est élevé et plus la masse est incapable actuellement de

le comprendre, plus immenses seront le succès –

l’histoire nous l’apprend – et l’importance de ce

succès ; il nous suffit de voir nettement le but où nous

devons tendre et de mener la lutte avec une constance

inébranlable.

Beaucoup des fonctionnaires qui dirigent

actuellement notre État peuvent trouver moins

hasardeux de travailler au maintien de l’état de choses

existant que de lutter pour ce qui sera demain. Il leur

paraît plus commode de voir dans l’État un mécanisme,

dont la seule raison d’être est de se maintenir en vie, de

même que leur vie « appartient à l’État », ainsi qu’ils

ont l’habitude de le dire. Comme si ce qui a ses racines

dans le peuple pouvait logiquement servir un autre

maître que le peuple ; comme si l’homme pouvait

travailler pour autre chose que pour l’homme. Il est

naturellement, comme je l’ai dit, commode de ne voir

dans l’autorité de l’État que le mécanisme purement

automatique d’une organisation, plutôt que de la

considérer comme l’incarnation souveraine de

l’instinct de conservation d’un peuple. En effet, dans le

premier cas, l’État, et l’autorité de l’État, sont pour ces

esprits faibles des buts en soi ; dans le second cas, ils

sont des armes puissantes au service du grand et éternel

combat mené pour l’existence, et non pas machine

aveugle, mais l’expression de la volonté unanime d’une

communauté qui veut vivre.

Aussi, pour le combat livré en faveur de notre

nouvelle conception de l’État – conception qui répond

entièrement au sens primitif des choses – trouverons-

nous bien peu de compagnons de lutte au sein d’une

société vieillie physiquement, trop souvent aussi dans

son intelligence et son courage. Dans ces couches de la

population, nous ne ferons que par exception des

recrues, vieillards dont le cœur a gardé sa jeunesse et

l’esprit sa fraîcheur ; mais nous ne verrons jamais venir

à nous ceux qui considèrent comme la tâche essentielle

de leur vie de maintenir un état de chose existant.

Nous avons en face de nous bien moins ceux qui

sont volontairement méchants que l’armée innombrable

des indifférents par paresse intellectuelle, et surtout des

hommes intéressés au maintien de l’État actuel. Mais

c’est précisément le fait que cette âpre lutte paraît sans

espoir, qui donne à notre tâche sa grandeur et constitue

notre meilleure chance de succès. Le cri de guerre qui

dès l’abord effraie, ou bientôt décourage les âmes

faibles sera le signal du rassemblement des natures

réellement combatives. Et il faut qu’on s’en rende

compte : quand, au sein d’un peuple, s’unissent, pour

poursuivre un seul but, un certain nombre d’hommes

doués au plus haut degré d’énergie et de force active, et

qu’ils sont ainsi définitivement dégagés de la paresse

où s’engourdissent les masses, ces quelques hommes

deviennent les maîtres de l’ensemble du peuple.

L’histoire du monde est faite par les minorités, chaque

fois que les minorités de nombre incarnent la majorité

de la volonté et de la décision.

C’est pourquoi ce qui peut paraître aujourd’hui à

beaucoup une aggravation de notre tâche, est, en

réalité, la condition nécessaire de notre victoire. C’est

précisément parce que la tâche est grande et pénible

que nous trouverons vraisemblablement les meilleurs

champions pour mener notre combat. Cette élite nous

garantit le succès.





***

La nature corrige d’ordinaire par des dispositions

appropriées l’effet des mélanges qui altèrent la pureté

des races humaines. Elle se montre peu favorable aux

métis. Les premiers produits de ces croisements ont

durement à souffrir, parfois jusqu’à la troisième,

quatrième et cinquième génération. Ce qui faisait la

valeur de l’élément primitif supérieur participant au

croisement, leur est refusé ; en outre, le défaut d’unité

de sang implique la discordance des volontés et des

énergies vitales. Dans tous les moments critiques où

l’homme de race pure prend des décisions sages et

cohérentes, le sang-mêlé perd la tête ou ne prend que

des demi-mesures. Le résultat, c’est que ce dernier se

laisse dominer par l’homme de sang pur et que, dans la

pratique, il est exposé à une disparition plus rapide.

Dans des circonstances où la race résiste

victorieusement, le métis succombe ; on pourrait citer

de ce fait d’innombrables exemples. C’est là que l’on

peut voir la correction apportée par la nature. Mais il lui

arrive souvent d’aller encore plus loin ; elle met des

limites à la reproduction ; elle rend stériles les

croisements multipliés et les fait ainsi disparaître.

Si, par exemple, un individu de race donnée

s’unissait au représentant d’une race inférieure, le

résultat du croisement serait un abaissement du niveau

en soi et, en outre, une descendance plus faible que les

individus de race demeurée pure au milieu desquels elle

devrait vivre. Au cas où tout nouvel apport du sang de

la race supérieure serait empêché, les continuels

croisements donneraient naissance à des métis que leur

force de résistance, sagement amoindrie par la nature,

condamnerait à une prompte disparition ; ou bien il se

formerait, au cours de millénaires, un nouvel amalgame

dans lequel les éléments primitifs, radicalement

mélangés par des croisements multiples, ne seraient

plus reconnaissables ; il se constituerait ainsi un

nouveau peuple doué d’une certaine capacité de

résistance grégaire, mais dont la valeur intellectuelle et

artistique serait très inférieure à celle de la race

supérieure ayant participé au premier croisement. Mais

même dans ce dernier cas, ce produit hybride

succomberait dans la lutte pour la vie, contre une race

supérieure dont le sang serait resté pur. La solidarité

grégaire, développée au cours de milliers d’années, et

qui assurerait la cohésion de ce nouveau peuple serait –

si grande soit-elle, par suite de l’abaissement du niveau

de la race et de l’amoindrissement de la faculté

d’adaptation et des capacités créatrices – incapable de

permettre une résistance victorieuse aux attaques d’une

race pure, unie elle aussi, et supérieure en

développement intellectuel et en civilisation.

On peut donc énoncer le principe suivant :

Tout croisement de race amène fatalement, tôt ou

tard, la disparition des hybrides qui en résultent, tant

qu’ils se trouvent en présence de l’élément supérieur

ayant participé au croisement et qui a conservé l’unité

que confère la pureté du sang. Le danger pour

l’hybride ne cesse qu’avec le métissage du dernier

élément individuel de la race supérieure.

Telle est la source de la régénération progressive,

bien que lente, effectuée par la nature, qui élimine peu à

peu les produits de l’altération des races, pourvu qu’il

existe encore une souche de race pure et qu’il ne se

produise plus de nouveaux métissages.

Ce phénomène peut se manifester de lui-même chez

des êtres doués d’un puissant instinct de race, que des

circonstances particulières ou quelque contrainte

spéciale ont rejeté hors de la voie normale de

multiplication maintenant la pureté de la race. Sitôt que

cesse la contrainte, l’élément resté pur tend

immédiatement à revenir à l’accouplement entre égaux,

ce qui met un terme à tout croisement ultérieur. Les

produits du métissage se retirent alors d’eux-mêmes à

l’arrière-plan, à moins que leur nombre soit devenu si

grand que les éléments de race pure ne puissent songer

à leur résister.

L’homme, devenu sourd aux suggestions de

l’instinct et méconnaissant les obligations que lui a

imposées la nature, ne doit pas compter sur les

corrections qu’elle apporte, tant qu’il n’aura pas

remplacé par les clartés de l’intelligence les suggestions

de l’instinct perdu ; c’est donc à l’intelligence

d’accomplir le travail de régénération nécessaire. Mais

il est fort à craindre que l’homme, une fois aveuglé, ne

continue à abattre les barrières qui séparent les races,

jusqu’à ce que soit définitivement perdu ce qu’il y avait

de meilleur en lui. Il ne restera alors qu’une sorte de

bouillie unitaire dont les fameux réformateurs que nous

entendons aujourd’hui font leur idéal ; mais ce mélange

informe signifierait la mort de tout idéal en ce monde.

Je le reconnais : on pourrait ainsi former un grand

troupeau, on pourrait fabriquer par cette pot-bouille un

animal grégaire, mais d’un semblable mélange ne

sortira jamais un homme qui soit un pilier de la

civilisation ou mieux encore un fondateur et un

créateur de civilisation. On pourrait estimer alors que

l’humanité a définitivement failli à sa mission.

Si l’on ne veut pas que la Terre tombe dans cet état,

on doit se rallier à l’idée que la mission des États

germaniques est, avant tout, de veiller à ce que cesse

absolument tout nouveau métissage.

La génération des pleutres qui se sont signalés à

l’attention de nos contemporains, va naturellement

pousser des cris à l’énoncé de cette thèse et se plaindre,

en gémissant, de ce que je porte la main sur les sacro-

saints droits de l’homme. Non, l’homme n’a qu’un droit

sacré et ce droit est en même temps le plus saint des

devoirs, c’est de veiller à ce que son sang reste pur,

pour que la conservation de ce qu’il y a de meilleur

dans l’humanité rende possible un développement plus

parfait de ces êtres privilégiés.

Un État raciste doit donc, avant tout, faire sortir le

mariage de l’abaissement où l’a plongé une continuelle

adultération de la race et lui rendre la sainteté d’une

institution, destinée à créer des êtres à l’image du

Seigneur et non des monstres qui tiennent le milieu

entre l’homme et le singe.

Les protestations que, pour des raisons dites

d’humanité, on peut élever contre ma thèse, sont

diablement peu justifiées à une époque qui, d’une part,

offre à tous les dégénérés la possibilité de se multiplier

– et impose ainsi à leurs descendants ainsi qu’aux

contemporains des souffrances indicibles – pendant

qu’on peut acheter dans toutes les drogueries, et même

aux colporteurs, des préparations permettant, même aux

parents les plus sains, de ne pas avoir d’enfants. Dans

l’État qui, de nos jours, assure le calme et le bon ordre,

à ce que croient ses défenseurs, les braves nationaux-

bourgeois, ce serait un crime de retirer la faculté de

procréer aux syphilitiques, tuberculeux, aux êtres

atteints de tares héréditaires, ou contrefaits, aux crétins ;

par contre, enlever à des millions d’êtres des plus sains

la faculté de procréer n’est pas considéré comme une

mauvaise action et ne choque pas les bonnes mœurs de

cette société hypocrite, mais flatte même sa myopie et

sa paresse intellectuelles. Car autrement on devrait se

torturer le cerveau pour trouver le moyen de faire

subsister et de conserver les individus qui sont la santé

de notre peuple et de qui naîtra la génération future.

Comme tout ce système actuel manque d’idéal et de

noblesse ! On ne s’inquiète plus d’élever les meilleurs

dans l’intérêt de la postérité ; on laisse les choses suivre

leur cours. Il est tout à fait conforme à la ligne de

conduite actuelle de nos Églises qu’elles pèchent contre

le respect dû à l’homme, image du Seigneur,

ressemblance sur laquelle elles insistent tant ; elles

parlent toujours de l’Esprit et laissent déchoir au rang

de prolétaire dégénéré le réceptacle de l’Esprit. Puis on

s’étonne avec un air stupide du peu d’influence qu’a la

foi chrétienne dans son propre pays, de l’épouvantable

« irréligion » de cette misérable canaille dégradée

physiquement et dont le moral est naturellement tout

aussi gâté ; et l’on se dédommage en prêchant avec

succès la doctrine évangélique aux Hottentots et aux

Cafres. Tandis que nos peuples d’Europe, à la plus

grande louange et gloire de Dieu, sont rongés d’une

lèpre morale et physique, le pieux missionnaire s’en va

dans l’Afrique centrale et fonde des missions pour les

nègres, jusqu’à ce que notre « civilisation supérieure »

ait fait de ces hommes sains, bien que primitifs et

arriérés, une engeance de mulâtres fainéants.

Nos deux confessions chrétiennes répondraient bien

mieux aux plus nobles aspirations humaines si, au lieu

d’importuner les nègres avec des missions dont ils ne

souhaitent ni ne peuvent comprendre l’enseignement,

elles voulaient bien faire comprendre très sérieusement

aux habitants de l’Europe que les ménages de mauvaise

santé feraient une œuvre bien plus agréable à Dieu, s’ils

avaient pitié d’un pauvre petit orphelin sain et robuste

et lui tenaient lieu de père et de mère, au lieu de donner

la vie à un enfant maladif qui sera pour lui-même et

pour les autres une cause de malheur et d’affliction.

L’État raciste aura à réparer les dommages causés

par tout ce qu’on néglige de faire aujourd’hui dans ce

domaine. Il devra faire de la race le centre de la vie de

la communauté ; veiller à ce qu’elle reste pure ;

déclarer que l’enfant est le bien le plus précieux d’un

peuple. Il devra prendre soin que, seul, l’individu sain

procrée des enfants ; il dira qu’il n’y a qu’un acte

honteux : mettre au monde des enfants quand on est

maladif et qu’on a des tares, et que l’acte le plus

honorable est alors d’y renoncer. Inversement, il

professera que refuser à la nation des enfants robustes

est un acte répréhensible. L’État doit intervenir comme

ayant le dépôt d’un avenir de milliers d’années au prix

duquel les désirs et l’égoïsme de l’individu sont tenus

pour rien et devant lequel ils doivent s’incliner ; il doit

utiliser les ressources de la médecine la plus moderne

pour éclairer sa religion ; il doit déclarer que tout

individu notoirement malade ou atteint de tares

héréditaires, donc transmissibles à ses rejetons, n’a pas

le droit de se reproduire et il doit lui en enlever

matériellement la faculté. Inversement, il doit veiller à

ce que la fécondité de la femme saine ne soit pas limitée

par l’infecte politique financière d’un système de

gouvernement qui fait, de ce don du ciel qu’est une

nombreuse postérité, une malédiction pour les parents.

Il doit mettre un terme à cette indifférence paresseuse,

et même criminelle, qu’on témoigne aujourd’hui pour

des conditions sociales permettant la formation de

familles prolifiques, et se sentir le protecteur suprême

de ce bien inappréciable pour un peuple. Son attention

doit se porter sur l’enfant plus que sur l’adulte.

Celui qui n’est pas sain, physiquement et

moralement, et par conséquent n’a pas de valeur au

point de vue social, ne doit pas perpétuer ses maux

dans le corps de ses enfants. L’État raciste a une tâche

énorme à accomplir au point de vue de l’éducation.

Mais cette tâche paraîtra plus tard quelque chose de

plus grand que des guerres victorieuses de notre

époque bourgeoise actuelle. L’État doit faire

comprendre à l’individu, par l’éducation, que ce n’est

pas une honte, mais un malheur digne de pitié, d’être

maladif et faible, mais que c’est un crime par contre, et

une honte, de déshonorer ce malheur par son égoïsme

en le faisant retomber sur un être innocent : que, par

ailleurs, c’est témoigner d’une disposition d’esprit

vraiment noble et des sentiments humains les plus

admirables, quand l’individu, souffrant d’une maladie

dont il n’est pas responsable, renonce à avoir des

enfants et reporte son affection et sa tendresse sur un

jeune rejeton indigent de sa race, dont l’état de santé

fait prévoir qu’il sera un jour un membre robuste d’une

communauté vigoureuse. En accomplissant cette tâche

éducatrice, l’État prolonge, au point de vue moral, son

activité pratique. Il ne s’inquiétera pas de savoir s’il est

compris ou non, approuvé ou blâmé, pour agir suivant

ces principes.

Si, pendant six cents ans, les individus dégénérés

physiquement ou souffrant de maladies mentales étaient

mis hors d’état d’engendrer, l’humanité serait délivrée

de maux d’une gravité incommensurable ; elle jouirait

d’une santé dont on peut aujourd’hui se faire

difficilement une idée. En favorisant consciemment et

systématiquement la fécondité des éléments les plus

robustes de notre peuple, on obtiendra une race dont le

rôle sera, du moins tout d’abord, d’éliminer les germes

de la décadence physique et, par suite, morale, dont

nous souffrons aujourd’hui.

Car, lorsqu’un peuple et un État se seront engagés

dans cette voie, on se préoccupera tout naturellement de

développer la valeur de ce qui constitue la moelle la

plus précieuse de la race et d’augmenter sa fécondité

pour qu’enfin toute la nation participe à ce bien

suprême : une race obtenue selon les règles de

l’eugénisme.

Pour y parvenir, il faut avant tout qu’un État

n’abandonne pas au hasard le soin de coloniser les

régions nouvellement acquises, mais qu’il soumette

cette colonisation à des règles déterminées. Des

commissions de race, constituées spécialement, doivent

délivrer aux individus un permis de colonisation ; une

pureté de race définie, et dont il faudra donner des

preuves, sera la condition posée à l’obtention de ce

permis. C’est ainsi que pourront être fondées peu à peu

des colonies marginales dont les colons seront

exclusivement des représentants de la race la plus pure

et doués, par conséquent, des facultés les plus

éminentes de cette race. Ces colonies seront, pour toute

la nation, un précieux trésor national ; leur

développement remplira de fierté et de joyeuse

assurance tout membre de la communauté, puisqu’elles

contiendront le germe d’un heureux développement

futur du peuple lui-même et aussi de l’humanité.

Il appartiendra aux conceptions racistes mises en

œuvre dans l’État raciste de faire naître cet âge

meilleur : les hommes ne s’attacheront plus alors à

améliorer par l’élevage les espèces canines, chevalines

ou félines ; ils chercheront à améliorer la race

humaine ; à cette époque de l’histoire de l’humanité,

les uns, ayant reconnu la vérité, sauront faire

abnégation en silence, les autres feront le don joyeux

d’eux-mêmes.

Que cet état d’esprit soit possible, on ne peut le nier

dans un monde où des centaines de milliers d’hommes

s’imposent volontairement le célibat, sans y être

contraints et obligés autrement que par une loi

religieuse.

Pourquoi un semblable renoncement serait-il

impossible si, à la place d’un commandement de

l’Église, intervenait un avertissement solennel invitant

les hommes à mettre enfin un terme au vrai péché

originel, aux conséquences si durables, et à donner au

Créateur tout-puissant des êtres tels que lui-même les a

d’abord créés ?

Certes, le lamentable troupeau des petits bourgeois

d’aujourd’hui ne pourra jamais comprendre cela. Ils

riront ou lèveront leurs épaules mal faites, et ils

répéteront en soupirant l’excuse qu’ils donnent

toujours : « Ce serait très beau en principe, mais c’est

impossible ! » Avec eux c’est, en effet, impossible ;

leur monde n’est pas fait pour cela. Ils n’ont qu’un

souci : leur propre vie ; et qu’un Dieu : leur argent !

Seulement, ce n’est pas à eux que nous nous adressons,

c’est à la grande armée de ceux qui sont trop pauvres

pour que leur propre vie leur paraisse le plus grand

bonheur qu’il y ait au monde, à ceux qui ne regardent

pas l’or comme le maître qui règle leur existence, mais

qui croient à d’autres dieux. Nous nous adressons avant

tout à la puissante armée de notre jeunesse allemande.

Elle grandit à une époque qui est un grand tournant de

l’histoire, et la paresse et l’indifférence de leurs pères la

forcent à combattre. Les jeunes Allemands seront un

jour les architectes d’un nouvel État raciste ou bien ils

seront les derniers témoins d’un complet effondrement,

de la mort du monde bourgeois.

Car, lorsqu’une génération souffre de défauts qu’elle

reconnaît et auxquels elle se résigne même, se bornant,

comme le fait aujourd’hui notre monde bourgeois, de

l’excuse facile qu’il n’y a rien à faire pour y remédier,

un pareil monde est voué à la ruine. Ce qui caractérise

notre société bourgeoise, c’est qu’elle ne peut plus nier

ces défauts. Elle est forcée d’avouer qu’il y a beaucoup

de choses pourries et mauvaises, mais elle n’est plus

capable de se décider à réagir contre le mal ; elle n’a

plus la force de mobiliser un peuple de soixante ou

soixante-dix millions d’hommes et de lui inspirer

l’énergie désespérée avec laquelle il devrait faire les

derniers efforts pour parer au danger. Bien au

contraire : quand une telle campagne est entreprise dans

un autre pays, elle ne lui inspire que des commentaires

imbéciles et on cherche à montrer que, théoriquement,

la tentative ne saurait réussir, que son succès est

proprement inconcevable. Il n’y a pas d’arguments,

aussi idiots qu’ils puissent être, qui ne soient mis en

avant pour justifier la passivité de ces nains et leur

faiblesse intellectuelle et morale. Lorsque, par exemple,

tout un continent déclare enfin la guerre à l’intoxication

par l’alcool, pour arracher tout un peuple à ce vice

dévastateur, le monde bourgeois en Europe n’a d’autre

réflexe que d’ouvrir de grands yeux stupides, de

secouer la tête d’un air de doute, ou de trouver d’un air

supérieur que tout cela est ridicule – opinion qui va

particulièrement bien à cette ridicule société. Mais

quand toutes ces simagrées n’ont pas d’effet et que,

quelque part dans le monde, on s’attaque à la noble et

inviolable routine, et même avec succès, nos petits

bourgeois s’efforcent, nous l’avons déjà dit, de mettre

au moins en doute ce succès et d’en diminuer

l’importance, sans craindre même d’invoquer les

principes de la morale bourgeoise contre une campagne

qui cherche à débarrasser le monde de la pire

immoralité.

Non, nous devons tous ne nous faire aucune illusion

sur ce point : notre bourgeoisie actuelle ne peut d’ores

et déjà servir à rien pour aucune des nobles tâches qui

incombent à l’humanité ; sans le moindre fond, elle est

aussi par trop vile, moins – à mon avis – par

méchanceté que par une incroyable indolence et par

tout de ce qui en résulte. C’est pourquoi ces clubs

politiques qui vivotent sous la dénomination de « partis

bourgeois », ne sont plus, depuis longtemps, que des

associations d’intérêts formées par certains

groupements professionnels et certaines classes ; et leur

but principal est de défendre le mieux possible les

intérêts les plus égoïstes. Il est évident qu’une pareille

corporation de « bourgeois » politiciens est rien moins

que capable de mener un combat, surtout quand

l’adversaire se recrute non pas parmi de prudents sacs

d’écus, mais dans ces masses prolétariennes, poussées à

la révolte par les excitations les plus violentes et

décidées à tout.





***





Si nous nous rendons compte de ce fait : le premier

devoir de l’État, qui est au service du peuple et n’a en

vue que le bien de celui-ci, est de conserver les

meilleurs éléments de la race, d’en avoir soin et de

favoriser leur développement, alors nous conclurons

logiquement que sa tâche ne se borne pas à faire naître

des rejetons dignes du peuple et de la race, mais qu’il

doit encore leur donner une éducation qui en fera plus

tard des membres utiles de la communauté et capables

de contribuer à son accroissement.

Comme, dans l’ensemble, le rendement intellectuel

des individus est directement fonction des qualités de

race du matériel humain donné, l’éducation de chacun

doit avoir pour tout premier but l’entretien et le

développement de la santé physique. Car, dans la

majorité des cas, un esprit sain et énergique ne se

trouve que dans un corps sain et vigoureux. Le fait que

des hommes de génie sont parfois d’une constitution

peu robuste, ou même maladive, n’infirme pas ce

principe. Il s’agit alors d’exceptions qui, comme

partout, confirment la règle. Mais quand un peuple se

compose en majorité d’hommes physiquement

dégénérés, il est extrêmement rare qu’un esprit

vraiment grand surgisse de ce marécage. Son influence

ne connaîtra, en tous cas, jamais un grand succès. Ou

bien cette plèbe de dégénérés sera incapable de le

comprendre, ou bien sa force de volonté sera trop

affaiblie pour qu’elle puisse suivre cet aigle dans son

essor.

L’État raciste, conscient de cette vérité, ne croira

pas que sa tâche éducatrice se borne à faire entrer dans

les cerveaux la science à coups de pompe ; il

s’attachera à obtenir, par un élevage approprié, des

corps foncièrement sains. La culture des facultés

intellectuelles ne viendra qu’en seconde ligne. Mais ici

même le but principal sera la formation du caractère,

notamment le développement de la force de volonté et

de la capacité de décision ; on habituera en même

temps les jeunes gens à prendre avec joie la

responsabilité de leurs actes. L’instruction proprement

dite ne viendra qu’en dernier lieu.

L’État raciste doit partir du principe qu’un homme

dont la culture scientifique est rudimentaire, mais de

corps sain, de caractère honnête et ferme, aimant à

prendre une décision, et doué de force de volonté, est

un membre plus utile à la communauté nationale qu’un

infirme, quels que soient ses dons intellectuels. Un

peuple de savants dégénérés physiquement, de volonté

faible, et professant un lâche pacifisme, ne pourra

jamais conquérir le ciel ; il ne sera même pas capable

d’assurer son existence sur cette terre. Il est rare que,

dans le dur combat que nous impose le destin, ce soit le

moins savant qui succombe ; le vaincu est toujours

celui qui tire de son savoir les décisions les moins

viriles et qui les met en pratique de la façon la plus

pitoyable. Enfin une certaine harmonie doit exister

entre le physique et le moral. Un corps gangrené n’est

pas le moins du monde rendu plus beau par le

rayonnement de l’esprit, et même il serait injuste de

donner la formation intellectuelle la plus complète à des

hommes mal venus ou estropiés, dont le manque

d’énergie et de caractère ferait des êtres indécis et

lâches. Ce qui rend immortel l’idéal de beauté conçu

par les Grecs, c’est la merveilleuse alliance de la plus

splendide beauté physique avec l’éclat de l’esprit et la

noblesse de l’âme.

Si le mot de Moltke est vrai : « La chance ne suit

que le mérite », certainement aussi pour les rapports du

corps et de l’esprit : un esprit sain n’habite en général à

demeure qu’un corps sain.

Rendre les corps robustes n’est donc pas, dans un

État raciste, l’affaire des individus ; ce n’est pas non

plus une question qui regarde en premier lieu les

parents, et en deuxième ou troisième lieu seulement

l’ensemble des citoyens : c’est une nécessité de la

conservation du peuple que représente et protège l’État.

De même qu’en ce qui touche l’instruction, l’État

empiète déjà sur le droit de libre détermination de

l’individu, et lui oppose le droit de la collectivité,

soumettant l’enfant à l’instruction obligatoire, sans tenir

compte da la volonté des parents – l’État raciste doit,

dans une plus grande mesure encore, faire triompher

son autorité contre l’ignorance ou l’incompréhension

des individus dans les questions qui intéressent la

sauvegarde de la nation. Il lui faut organiser son action

éducatrice de telle sorte que le corps des jeunes gens

soit traité dès la plus tendre enfance en vue du but

poursuivi et reçoive la trempe dont il aura besoin plus

tard. Il doit particulièrement veiller à ne pas former une

génération élevée en serre chaude.

C’est d’abord près des jeunes mères que doit

s’exercer cette œuvre d’éducation et d’hygiène.

Quelques dizaines d’années d’efforts ont bien obtenu ce

résultat de rendre les accouchements complètement

aseptiques et les cas de fièvre puerpérale extrêmement

rares ; il doit être et sera possible, en faisant à fond

l’éducation des gardes et des mères elles-mêmes, de

parvenir à donner aux enfants, dès leurs premières

années, des soins tels que leur croissance ultérieure se

fasse dans les meilleures conditions.

Dans un État raciste, l’école consacrera infiniment

plus de temps aux exercices physiques. Il ne convient

pas de surcharger les jeunes cerveaux d’un bagage

inutile ; l’expérience nous apprend qu’ils n’en

conservent que des fragments et, en outre, qu’il leur en

reste non pas l’essentiel, mais des détails secondaires et

inutilisables ; un jeune enfant est, en effet, incapable de

faire un tri raisonné des matières qu’on lui a comme

entonnées. Consacrer, comme on le fait actuellement,

deux courtes heures du programme hebdomadaire des

écoles secondaires à la gymnastique et, par-dessus le

marché, rendre la présence des élèves facultative, c’est

commettre une lourde erreur, même au point de vue de

la formation purement intellectuelle. Il ne devrait pas se

passer de jour où le jeune homme ne se livre, au moins

une heure matin et soir, à des exercices physiques, dans

tous les genres de sport et de gymnastique. Il ne faut

pas notamment négliger un sport, la boxe, qui, aux yeux

de très nombreux soi-disant « racistes », est brutal et

vulgaire. On ne saurait croire combien d’opinions

fausses sont répandues à cet égard dans les milieux

« cultivés ». Que le jeune homme apprenne l’escrime,

puis passe son temps à se battre en duel, voilà qui passe

pour tout naturel et respectable, mais la boxe, c’est

forcément brutal ! Pourquoi ? Il n’y a pas de sport qui,

autant que celui-là, développe l’esprit combatif, exige

des décisions rapides comme l’éclair et donne au corps

la souplesse et la trempe de l’acier. Il n’est pas plus

brutal, pour deux jeunes gens, de vider à coups de poing

une querelle née d’une divergence d’opinions que de le

faire avec une lame bien aiguisée. Il n’est pas plus vil,

pour un homme attaqué, de repousser son agresseur

avec ses poings que de prendre la fuite en appelant la

police à son secours. Mais, avant tout, le garçon jeune

et sain de corps doit apprendre à supporter les coups.

Ce principe paraîtra naturellement, à nos champions de

l’esprit, digne d’un sauvage. Mais l’État raciste n’a pas

précisément pour rôle de faire l’éducation d’une colonie

d’esthètes pacifistes et d’hommes physiquement

dégénérés. L’image idéale qu’il se fait de l’humanité

n’a pas pour types l’honorable petit bourgeois et la

vieille fille vertueuse, mais bien des hommes doués

d’une énergie virile et hautaine, et des femmes capables

de mettre au monde de vrais hommes.

Ainsi le sport n’est pas destiné seulement à rendre

l’individu fort, adroit et hardi, mais il doit aussi

l’endurcir et lui apprendre à supporter épreuves et

revers.

Si toute la classe supérieure de nos intellectuels

n’avait pas été exclusivement instruite de ce qui est

convenable et distingué, si, en revanche, elle avait

appris la boxe, une révolution allemande, faite par des

souteneurs, des déserteurs et autres pareilles crapules,

n’aurait pas été possible ; car cette révolution a dû son

succès non pas à la hardiesse et au courage de ses

auteurs, mais à la lâche et lamentable indécision de

ceux qui gouvernaient l’État et qui en étaient les chefs

responsables. C’est que tous ceux qui nous dirigeaient

intellectuellement n’avaient reçu qu’une formation

« intellectuelle » et se trouvèrent désarmés au moment

où la partie adverse employa, au lieu d’armes

intellectuelles, de solides barres de fer. Tout cela fut

possible seulement parce que nos écoles supérieures

avaient pour principe de former non pas des hommes,

mais des fonctionnaires, des ingénieurs, des

techniciens, des chimistes, des juristes, des littérateurs

et, pour que cette intellectualité ne mourût pas, des

professeurs.

Au point de vue intellectuel, nos dirigeants ont

obtenu des résultats éblouissants, mais quand il a fallu

faire preuve de volonté ils se sont révélés au-dessous de

tout.

Il est sûr que l’éducation est incapable de faire un

homme courageux d’un homme foncièrement lâche,

mais il est également sûr qu’un homme, même doué par

la nature de quelque courage, ne pourra développer ses

facultés, si les défauts de son éducation l’ont mis en état

d’infériorité en ce qui concerne sa force et son adresse

corporelles. C’est à l’armée qu’on peut voir à quel point

la conscience de ses ressources physiques peut

développer chez un homme le courage et même l’esprit

combatif. On n’y trouve pas que des héros : le type

moyen y est largement représenté. Pourtant l’excellent

entraînement du soldat allemand pendant le temps de

paix inocula à tout ce gigantesque organisme une

confiance en soi dont nos adversaires n’avaient pas

soupçonné la force. Les preuves immortelles de

bravoure et d’allant que les armées allemandes

donnèrent pendant toute la fin de l’été et tout l’automne

de 1914, au cours de leur marche en avant, quand elles

balayaient tout devant elles, furent le résultat de cette

éducation infatigablement poursuivie. Pendant les

interminables années de paix, elle avait habitué des

corps souvent peu robustes aux performances les plus

incroyables et avait donné aux soldats cette confiance

en soi que les épouvantes des plus terribles batailles ne

pouvaient détruire.

Notre peuple allemand, aujourd’hui brisé et gisant,

et livré sans défense aux coups de pied du reste du

monde, a justement besoin de cette force, née de

l’autosuggestion, que donne la confiance en soi. Mais

cette confiance en soi doit être donnée aux enfants de

notre peuple par l’éducation dès leurs premières

années. Tout le système d’éducation et de culture doit

viser à leur donner la conviction qu’ils sont absolument

supérieurs aux autres peuples. La force et l’adresse

corporelles doivent leur rendre la foi en l’invincibilité

du peuple auquel ils appartiennent. Ce qui a conduit

autrefois l’armée allemande à la victoire, c’était la

somme de confiance que chaque soldat avait en lui-

même et que tous avaient en ceux qui les

commandaient. Ce qui remettra debout le peuple

allemand, ce sera la conviction de pouvoir reconquérir

sa liberté. Mais cette conviction ne sera que le résultat

d’une conviction identique chez des millions

d’individus.

Qu’on ne se fasse pas, ici non plus, d’illusions :

Énorme a été l’effondrement de notre peuple ;

énormes aussi devront être nos efforts pour mettre

terme un jour à sa détresse. Celui qui croit que l’actuel

travail d’éducation bourgeois pratiqué sur notre peuple

en vue du calme et du bon ordre, lui donnera la force de

faire cesser un jour l’état de choses actuel, cause de

notre ruine, et de lancer au visage de nos adversaires

nos chaînes d’esclaves, celui-là se trompe amèrement.

Ce n’est que par un excès d’énergie nationale, de soif

de liberté et d’ardeur passionnée que nous

compenserons tout ce qui nous manquait.





***





L’habillement des jeunes gens doit aussi être adapté

au but poursuivi. Il est vraiment lamentable de voir

notre jeunesse sacrifier à une mode stupide qui donne

un sens péjoratif au vieux proverbe : « L’habit fait le

moine ».

Justement chez les jeunes gens, l’habillement doit

être mis au service de l’éducation. Le jeune homme qui,

en été, se promène en pantalons longs, dans un

vêtement fermé jusqu’au cou, est de ce fait peu enclin à

se livrer à un exercice physique. Car, disons-le

ouvertement, il faut aussi faire appel, non seulement à

l’ambition, mais aussi à la vanité ; non pas à la vanité

d’avoir de beaux vêtements que tout le monde ne peut

pas s’acheter, mais à l’orgueil d’un beau corps bien fait,

ce à quoi chacun peut travailler.

Cette considération jouera aussi plus tard son rôle.

La jeune fille doit connaître son cavalier. Si la beauté

corporelle n’était pas de nos jours si complètement

reléguée au second plan par la niaiserie de la mode, des

centaines de milliers de jeunes filles ne se laisseraient

pas séduire par de repoussants bâtards juifs aux jambes

torses. Il est aussi de l’intérêt de la nation que se

trouvent les plus beaux corps pour faire don à la race

d’une nouvelle beauté.

C’est aujourd’hui une nécessité des plus urgentes,

parce que l’instruction militaire fait défaut et qu’ainsi a

été supprimée la seule institution qui, en temps de paix,

réparait en partie les négligences de notre mode

d’éducation. Ses avantages ne se bornaient pas à la

formation de l’individu même, mais exerçaient aussi

une heureuse influence sur les rapports des deux sexes.

La jeune fille préférait le soldat à celui qui n’entrait pas

dans l’armée.

L’État raciste n’a pas seulement à veiller au

développement des forces corporelles pendant les

années d’école, il doit aussi s’en occuper pendant la

période postscolaire, tant que les jeunes gens n’ont pas

achevé leur croissance, afin que celle-ci se fasse dans

d’heureuses conditions. Il est absurde de croire que le

droit de surveillance sur ses jeunes citoyens cesse pour

l’État au moment où ils quittent l’école, pour ne rentrer

en vigueur qu’au moment où ils font leur service

militaire. Ce droit est, en réalité, un devoir permanent.

L’État actuel, qui se soucie peu d’avoir des citoyens en

bonne santé, a négligé ce devoir d’une façon criminelle.

Il laisse aujourd’hui la jeunesse se dépraver dans les

rues et les lieux de débauche, au lieu de la tenir en main

et de prendre soin de sa formation physique jusqu’au

moment où il aura obtenu des adultes sains et robustes.

La question de savoir sous quelle forme précise

l’État organisera l’éducation postscolaire est, pour le

moment, sans importance ; l’essentiel est qu’il le fasse ;

il en cherchera les voies et moyens. L’État raciste doit

tenir le développement physique des jeunes gens, dans

la période postscolaire, pour une de ses attributions, au

même titre que leur développement intellectuel, et il

doit l’assurer par des institutions d’État. L’éducation

physique pourra être, dans ses grandes lignes, une

préparation au service militaire. L’armée n’aura plus

alors besoin, comme autrefois, d’apprendre au jeune

homme les rudiments du règlement de manœuvre ; elle

ne recevra plus des recrues dans le sens actuel du

terme ; elle n’aura plus qu’à transformer en soldat un

jeune homme ayant déjà reçu une préparation physique

parfaite.

Dans l’État raciste, l’armée ne sera donc plus

obligée d’apprendre à l’individu à marcher et à se tenir

au port d’armes ; elle sera une école supérieure

d’éducation patriotique. La jeune recrue recevra au

régiment l’instruction militaire nécessaire, mais on

continuera en même temps à la préparer au rôle qu’elle

aura à remplir plus tard dans la vie. Le principal

objectif de l’éducation militaire doit rester pourtant ce

qu’il était déjà dans l’ancienne armée et ce qui faisait la

plus grande valeur de cette dernière : cette école doit

faire du jeune garçon un homme ; elle ne doit pas lui

apprendre seulement à obéir, mais le rendre capable de

commander un jour ; il apprendra à se taire, non

seulement quand il reçoit un blâme justifié, mais aussi à

supporter l’injustice en silence.

Il doit, en outre, confiant en sa propre force,

conquis, comme chacun, par l’esprit de corps, se

convaincre que son peuple est invincible.

Le soldat ayant accompli son temps de service

recevra deux documents : un diplôme de citoyen, c’est-

à-dire une pièce légale lui permettant d’exercer un

emploi public, et un certificat de bonne santé, attestant

qu’il est physiquement apte au mariage.

Comme il le fait pour les garçons, l’État raciste

dirigera l’éducation des filles, et d’après les mêmes

principes. Là aussi l’importance principale doit être

attachée à la formation physique ; après seulement

viendra l’éducation du caractère, enfin, en dernier lieu,

le développement des dons intellectuels. Il ne faut

jamais perdre de vue que le but de l’éducation féminine

doit être de préparer à son rôle la mère future.





***





C’est en deuxième lieu seulement que l’État raciste

devra favoriser, sous toutes ses formes, la formation du

caractère.

Il est incontestable que les traits essentiels du

caractère de chacun sont arrêtés d’avance : un égoïste

l’est et le restera toujours, de même qu’un idéaliste sera

toujours foncièrement idéaliste. Mais, entre ces types

extrêmes de caractères frappés sans bavures, se trouvent

des millions d’exemplaires dont l’empreinte est floue et

difficile à déchiffrer. Le criminel né restera un

criminel ; mais beaucoup d’hommes qui ne révèlent

qu’une certaine propension à des actes criminels,

peuvent, par une éducation appropriée, devenir des

membres utiles de la communauté ; inversement des

caractères indécis et chancelants peuvent devenir de

mauvais éléments, si leur éducation a été défectueuse.

Combien de fois s’est-on plaint pendant la guerre du

peu de discrétion de notre peuple ! Quelles difficultés

n’a-t-on pas eues, par suite de ce défaut, pour soustraire

à la connaissance de l’ennemi des secrets même

importants ! Mais posons-nous la question : En quoi

l’éducation donnée au peuple allemand, avant la guerre,

pouvait-elle le rendre discret ? Est-ce que, dès l’école,

le petit rapporteur n’était pas souvent préféré à ses

camarades moins bavards ? Est-ce que la dénonciation

n’était pas, et n’est pas encore, considérée comme de la

« franchise », et la discrétion comme un honteux

entêtement ? S’est-on donné la peine de présenter aux

enfants la discrétion comme une vertu précieuse et

virile ? Non, car aux yeux de nos pédagogues modernes

tout cela n’est que bagatelles. Mais ces bagatelles

coûtent à l’État d’innombrables millions en frais de

justice, puisque 90 pour 100 des procès pour

diffamation ou motifs analogues résultent de ce manque

de discrétion. Des propos tenus sans qu’on en prenne la

responsabilité sont répétés aussi légèrement ; les

intérêts économiques de notre peuple sont

continuellement lésés, parce qu’on révèle étourdiment

d’importants procédés de fabrication, etc. ; même les

préparatifs secrets pour la défense du pays sont rendus

vains, parce que notre peuple n’a pas appris à se taire,

et répète tout ce qu’il a entendu dire. En temps de

guerre, cette manie du bavardage peut faire perdre des

batailles et porter presque tout le poids de l’issue

malheureuse de la lutte. On doit être persuadé, en cette

matière, que l’on ne peut remédier, dans l’âge mûr, à

l’absence d’une formation précoce. Un maître ne doit

pas, par exemple, chercher par principe à connaître les

mauvais tours de ses élèves, en encourageant les pires

habitudes de dénonciation. La jeunesse forme un État à

part, elle oppose à l’adulte une sorte de front solidaire,

et cela est tout naturel. L’union que l’enfant de dix ans

contracte avec les camarades de son âge est plus

naturelle et plus forte que celle qui pourrait exister entre

lui et l’adulte. L’enfant qui dénonce un camarade

commet une trahison et manifeste ainsi une disposition

d’esprit qui, qualifiée brutalement et transportée sur un

terrain plus vaste, correspond à celle de l’homme

coupable de haute trahison. Un tel enfant ne peut être

considéré comme un brave et honnête garçon, mais

comme un caractère peu estimable. Il peut être

commode pour le maître de se servir de semblables

défauts pour affermir son autorité, mais, ce faisant, il

dépose dans de jeunes cœurs le germe d’une disposition

d’esprit qui peut avoir plus tard des conséquences

funestes. Il est arrivé plus d’une fois qu’un petit

rapporteur devint une grande canaille.

Cela doit servir d’exemple à bien des gens.

Aujourd’hui le développement voulu de la noblesse de

caractère joue à l’école un rôle quasi-nul. Il faudra

qu’un jour on y attache une tout autre importance.

Loyauté, abnégation, discrétion sont des vertus

absolument nécessaires pour un grand peuple ; les

développer et les porter à leur point de perfection par

l’éducation donnée à l’école, a plus d’importance que

bien des matières qui, de nos jours, remplissent nos

plans d’études. Faire perdre aux enfants l’habitude des

plaintes larmoyantes et des hurlements de douleur fait

aussi partie de ce programme d’éducation. Quand les

pédagogues oublient qu’ils doivent inculquer à l’enfant,

et dès son plus jeune âge, l’habitude de supporter en

silence souffrances et injustices, il ne faut pas s’étonner

que plus tard, aux heures critiques – quand, par

exemple, un homme est au front – la poste soit

uniquement occupée à transmettre des lamentations et

des piailleries réciproques. Si les écoles primaires

avaient entonné dans le cerveau de notre jeunesse un

peu moins de savoir, mais, en revanche, plus de

maîtrise de soi-même, nous en aurions été largement

récompensés de 1915 à 1918.

Ainsi l’État raciste doit, pour remplir sa tâche

d’éducateur, attacher le plus grand prix à former les

caractères en même temps que les corps. Beaucoup des

défauts actuels de notre peuple peuvent être, sinon

supprimés, du moins très atténués, par une telle

méthode d’éducation.





***





Il est de la plus haute importance de développer la

force de volonté et la capacité de décision, ainsi que la

propension à assumer avec plaisir une responsabilité.

L’on admettait autrefois dans l’armée le principe

qu’il vaut toujours mieux donner un ordre quelconque

que de n’en pas donner du tout : il faut faire

comprendre aux jeunes gens qu’une réponse

quelconque vaut toujours mieux que pas de réponse du

tout. La peur de donner une réponse fausse est plus

infamante que l’erreur dans la réponse. On doit se

fonder sur cet axiome pour habituer les jeunes gens à

avoir le courage de leurs actions.

On s’est souvent plaint de ce qu’aux mois de

novembre et décembre 1918 toutes les autorités aient

perdu courage, que, du souverain au dernier

divisionnaire, personne n’ait plus trouvé la force de

prendre une décision de sa propre initiative. Ce terrible

exemple doit être un solennel avertissement pour le

nouveau système d’éducation, car cette catastrophe a

seulement fait ressortir dans des proportions énormes ce

qui existait partout à plus petite échelle. C’est le

manque de volonté, et non le manque d’armes, qui nous

rend aujourd’hui incapables d’une résistance sérieuse.

Ce défaut d’énergie est ancré dans tout notre peuple, il

le rend incapable de prendre toute décision comportant

des risques ; comme si ce qui fait la grandeur d’un acte

n’est pas précisément la part de risque qu’il renferme.

Sans s’en douter, un général allemand a trouvé une

formule classique pour exprimer cette lamentable

absence de volonté : « Je n’agis, disait-il, que lorsque

j’ai calculé avoir cinquante et une chances sur cent de

réussir. » Ce « cinquante et un pour cent » explique le

cas tragique de l’effondrement allemand ; celui qui

demande au destin de lui garantir le succès, renonce par

là même à faire acte d’héroïsme. Car ce dernier

consiste, alors qu’on est convaincu qu’une situation

représente un péril mortel, à faire la tentative qui peut

conduire au succès. Un cancéreux en danger de mort

n’a pas besoin de cinquante et une chances sur cent

pour risquer l’opération. Même si celle-ci ne promet

qu’un demi pour cent de chances de guérison, un

homme courageux en courra le risque, sinon il n’a pas

le droit de gémir sur sa mort prochaine.

Tout compte fait, cette lâche incapacité de vouloir et

de prendre une décision, qui est la peste de notre

époque, est surtout la conséquence de l’éducation

radicalement fausse donnée à la jeunesse ; son influence

néfaste persiste jusque chez l’adulte et trouve son point

culminant dans le défaut de courage civil observé chez

les hommes d’État au pouvoir.

On peut en dire autant de la peur des responsabilités

qui sévit actuellement. Ce vice, dont l’éducation de la

jeunesse est encore responsable, se manifeste dans toute

la vie publique et atteint son immortelle apogée dans le

régime parlementaire.

À l’école, on attache plus de prix à un aveu

« repentant » et à un « acte de contrition » qu’à un aveu

libre et franc. Ce dernier, aux yeux de maint éducateur,

est le signe manifeste d’une incurable dépravation et, si

incroyable que cela paraisse, on prédit l’échafaud à plus

d’un enfant, témoignant de dispositions qui seraient

d’une inappréciable valeur, si elles étaient l’apanage de

tout un peuple.

De même que l’État raciste devra un jour apporter

toute son attention à l’éducation de la volonté et de

l’esprit de décision, de même il lui faudra graver dans

le cœur des jeunes gens, dès leur plus tendre enfance, le

goût des responsabilités librement consenties, et le

courage de leurs actions. Ce n’est que s’il conçoit

l’importance et la nécessité de cette tâche que l’État

raciste arrivera, après des siècles de cette éducation, à

créer enfin un peuple affranchi des faiblesses qui ont

contribué d’une manière aussi néfaste à notre

décadence actuelle.

***





L’État raciste n’aura que quelques légères

modifications à apporter à l’instruction donnée par

l’école, instruction qui résume tout ce que l’État fait

aujourd’hui pour l’éducation du peuple. Ces

modifications seront de trois sortes.

Tout d’abord le cerveau des jeunes gens ne doit pas

être surchargé de connaissances qui leur sont inutiles

dans la proportion de quatre-vingt-quinze pour cent et

qu’en conséquence ils oublieront bientôt. Les

programmes des écoles primaires et secondaires,

particulièrement, sont de nos jours un absurde fatras ;

dans la plupart des cas, la pléthore des matières

enseignées est telle que le cerveau des élèves n’en peut

garder que des fragments et que, seul encore, un

fragment de cette masse de connaissances peut trouver

son emploi ; d’autre part, elles restent insuffisantes pour

celui qui embrasse une profession déterminée et est

obligé de gagner son pain. Adressez-vous, par exemple,

à un fonctionnaire du type courant, qui a subi avec

succès l’examen de sortie d’un lycée ou d’une école

primaire supérieure et qui a maintenant trente-cinq à

quarante ans ; voyez ce qu’il a gardé des connaissances

que l’école lui a péniblement fourrées dans la tête. Qu’il

reste donc peu de chose de tout ce qu’on lui a autrefois

entonné ! On vous répondra, il est vrai : « Mais c’est

que la masse des connaissances alors acquises n’avait

pas seulement pour but de mettre l’élève en possession

d’une érudition étendue et variée ; on voulait aussi

exercer en lui la capacité d’assimilation, l’aptitude à

penser et surtout l’esprit d’observation. » Réponse juste

en partie ; mais on court alors le danger de submerger

sous un afflux d’impressions un jeune cerveau qui ne

parviendra que très rarement à s’en rendre maître, à les

trier et à les classer selon leur plus ou moins grande

importance ; et il arrivera, la plupart du temps, que

l’essentiel sera sacrifié à l’accidentel et complètement

oublié. Le but principal de cette instruction massive ne

sera donc pas atteint, car il ne peut être de rendre le

cerveau capable d’apprendre en le bourrant de notions ;

ce but doit être, au contraire, de fournir à chacun le

trésor de connaissances qui lui sera utile plus tard et

dont il fera profiter la communauté. Mais cette tentative

est vaine, lorsque la surabondance des notions qu’on a

fait entrer de force dans un jeune cerveau les lui fait

complètement oublier ou lui fait oublier ce qu’elles

avaient d’essentiel. On ne comprend pas, par exemple,

pour quelle raison des millions d’hommes doivent,

pendant des années, apprendre deux ou trois langues

étrangères. Un nombre infime d’entre eux pourra seul

en tirer parti et, pour cette raison, la plupart les

oublieront complètement ; ainsi, sur cent mille élèves,

qui apprennent le français, deux mille à peine se

serviront plus tard sérieusement de cette langue, tandis

que les quatre-vingt-dix-huit mille autres n’auront

jamais, de toute leur vie, l’occasion d’utiliser dans la

pratique ce qu’ils auront appris dans leur jeunesse. Ils

auront ainsi consacré des milliers d’heures à une étude

sans valeur pour eux. L’argument en vertu duquel

l’étude des langues concourt à la culture générale ne

tient pas ; il n’aurait de force que si les hommes

continuaient à disposer pendant toute leur vie de ce

qu’ils ont appris à l’école. Ainsi, pour les deux mille

auxquels la connaissance de cette langue peut être utile,

il y en aura quatre-vingt-dix huit mille qui se donneront

du mal pour rien et sacrifieront un temps précieux.

Il s’agit, en outre, dans le cas présent, d’une langue

dont on ne peut même pas dire qu’elle enseigne à

penser d’une façon rigoureusement logique, comme il

en est du latin. Il serait donc plus opportun de ne faire

connaître au jeune élève que les grandes lignes d’une

pareille langue, ou, plus exactement, de lui présenter un

schéma de son mécanisme intérieur ; on signalerait ses

caractères les plus saillants, on initierait l’élève aux

éléments de sa grammaire, on exposerait, à l’aide

d’exemples typiques, les règles de sa prononciation, de

sa construction, etc. Cette méthode suffirait pour la

masse des élèves et – fournissant une vue d’ensemble

plus claire et plus facile à retenir – elle serait plus utile

que la méthode usitée aujourd’hui : celle-ci prétend

faire entrer de force toute la langue dans la mémoire,

alors que l’élève n’arrive jamais à s’en rendre maître et

l’oublie ensuite. En même temps, on ne courrait pas le

risque que cette écrasante abondance de notions ne

laisse dans la mémoire que des fragments incohérents,

retenus au hasard ; en effet, le jeune homme n’aurait à

apprendre que ce qui est le plus digne d’attention et on

aurait fait pour lui le tri entre l’essentiel et le

secondaire.

Un enseignement fondé sur ces principes généraux

suffirait à la majorité des élèves pour le reste de leur

vie. Ceux qui auraient plus tard à pratiquer réellement

cette langue disposeraient d’une base suffisante qu’ils

auraient le loisir d’élargir en vue d’une étude

approfondie.

Les programmes feraient une économie de temps et

pourraient, plus facilement, faire leur part aux exercices

physiques et au développement du caractère dont il a

été parlé plus haut.

Une réforme particulièrement importante est celle

des méthodes actuelles d’enseignement de l’histoire.

Peu de peuples, plus que les Allemands, ont besoin des

leçons que donne l’histoire ; mais il y en a peu qui en

aient tiré moins de profit. Si la politique est la matière

de l’histoire future, l’enseignement qu’on nous donne

de l’histoire est jugé, et condamné, par la façon dont

nous menons notre politique. Et il ne s’agit pas ici de se

lamenter sur les pitoyables résultats de notre politique,

si l’on n’est pas résolu à mieux éduquer notre peuple

dans cette matière. Le bilan de l’enseignement de

l’histoire, tel qu’il est donné actuellement, est ridicule

dans quatre-vingt-dix-neuf cas sur cent. On n’en

conserve que quelques millésimes, quelques dates de

naissance et quelques noms ; les grandes lignes font

complètement défaut. Les idées fondamentales, qui sont

pourtant l’essentiel, ne sont pas exposées ; on laisse à

l’intelligence plus ou moins développée des élèves le

soin d’extraire de l’océan des dates et de la simple suite

des événements, l’intelligence des causes profondes. On

peut se révolter contre cette amère constatation autant

qu’on le voudra ; qu’on lise seulement avec quelque

attention les discours que, pendant une seule session,

messieurs nos parlementaires ont prononcés sur la

politique, notamment sur la politique extérieure ; qu’on

réfléchisse en même temps qu’il s’agit ici – on le dit du

moins – de l’élite de la nation allemande et, en tous cas,

qu’une grande partie de ces gens ont usé leurs culottes

sur les bancs des écoles secondaires, voire des facultés :

on se rendra compte de l’absolue insuffisance des

connaissances de ces hommes en histoire. S’ils ne

l’avaient pas étudiée du tout, et s’ils possédaient

seulement un instinct juste, cela n’en vaudrait que

mieux pour la nation.

C’est surtout dans l’enseignement de l’histoire qu’il

faut alléger les programmes. La principale utilité de

cette étude est de faire discerner les lois qui régissent le

cours des événements. Si l’enseignement se limite à

cette tâche, on est fondé à espérer que chaque élève

tirera plus tard profit de ce qu’il a appris, et la somme

de ces gains s’inscrira à l’actif de la communauté. Car

on n’apprend pas l’histoire pour savoir ce que fut le

passé ; on l’apprend pour qu’elle vous enseigne la

conduite que l’on devra tenir dans l’avenir pour assurer

l’existence de son propre peuple. Tel est le but ; et

l’histoire n’est qu’un des moyens de l’atteindre. Mais,

aujourd’hui, le moyen est ici encore devenu un but et le

but s’éloigne complètement. Qu’on ne vienne pas dire

qu’une étude approfondie de l’histoire exige qu’on

s’occupe de fixer le plus possible de dates, puisque

c’est par elles seules qu’on peut tracer les grandes

lignes. Ceci est l’affaire des historiens de profession.

L’individu courant n’est pas un professeur. L’histoire

n’a d’autre raison d’être que de lui donner l’intelligence

des faits historiques, qui lui permettra de se faire une

opinion sur les questions politiques qui intéressent sa

nation. Celui qui veut devenir professeur d’histoire

pourra, plus tard, se consacrer de la façon la plus

approfondie à cette étude. Il aura naturellement à

s’occuper de tous les détails, même les plus

insignifiants. L’enseignement de l’histoire, tel qu’il est

donné actuellement, ne lui suffirait du reste pas, car s’il

est trop vaste pour la moyenne des élèves, il est trop

limité pour les spécialistes.

Au reste, la tâche de l’État raciste est de veiller à ce

que soit écrite enfin une histoire universelle dans

laquelle la question de race sera mise au premier rang.





***





Résumons-nous : l’État raciste devra donner à

l’enseignement des connaissances générales une forme

abrégée, ne contenant que l’essentiel. Cet enseignement

doit fournir à l’élève la possibilité d’aller plus loin,

d’acquérir une culture et des connaissances plus

approfondies. Il suffit que l’individu acquière des

notions générales, des grandes lignes, qui serviront de

base à son activité intellectuelle ; il ne recevra un

enseignement approfondi, spécialisé et détaillé que pour

les connaissances qui lui seront plus tard nécessaires

dans sa sphère. La culture générale sera obligatoire

dans toutes les disciplines ; la culture particulière sera

laissée au choix de chacun.

L’allégement des programmes et la diminution des

heures de classe que procurera cette réforme seront

portés au crédit des exercices destinés à fortifier le

corps, à former le caractère, à développer la volonté et

l’esprit de décision.

Le peu d’utilité, au point de vue de la profession à

venir, de l’enseignement donné actuellement dans nos

écoles, notamment dans les écoles secondaires, est

clairement prouvé par le fait que des hommes, sortant

de trois écoles d’un genre absolument différent, peuvent

aujourd’hui parvenir à la même situation.

Ce qui est réellement décisif, c’est la culture

générale et non pas les connaissances spéciales dont on

a bourré un cerveau. D’ailleurs si des connaissances

spéciales sont nécessaires, les programmes de nos

écoles secondaires sont – nous l’avons déjà dit –

incapables de les donner.

Il faudra que l’État raciste mette fin quelque jour à

ces demi-mesures.





***





La seconde modification que l’État raciste devra

apporter aux plans d’étude est la suivante :

C’est un trait caractéristique de notre époque

matérialiste que notre enseignement se tourne toujours

plus exclusivement vers les disciplines utilitaires :

mathématiques, physique, chimie, etc. Certes, ces

connaissances sont utiles à une époque où règnent la

technique et la chimie, et où la vie quotidienne en

fournit les preuves les plus évidentes. Il y aurait

pourtant danger à ce que la culture générale d’une

nation repose toujours exclusivement sur elles. Au

contraire, cette culture doit toujours tenir compte d’un

idéal. Elle doit avoir pour base les « humanités » et

fournir seulement les points de départ nécessaires plus

tard pour une culture professionnelle plus développée.

Sinon l’on fait bon marché de forces qui auront toujours

plus d’importance pour l’existence de la nation que

toutes connaissances techniques et autres. En

particulier, l’enseignement de l’histoire ne doit pas

délaisser l’étude de l’antiquité. L’histoire romaine, si on

en possède exactement les grandes lignes, sera toujours

le meilleur guide pour le temps présent et pour tous les

temps. Nous devons conserver aussi dans toute sa

beauté l’idéal grec de civilisation. Les différences entre

chaque peuple ne doivent pas nous empêcher de voir la

communauté de race qui les unit, et dont l’importance

est beaucoup plus grande. La lutte qui fait rage

actuellement a de grands objectifs : une civilisation

lutte pour son existence et cette civilisation a duré des

milliers d’années, elle embrasse l’hellénisme et le

germanisme.

Il faut faire une distinction très nette entre la culture

générale et les connaissances professionnelles. Celles-ci

menacent précisément de nos jours de plus en plus de

tomber au service du seul Mammon, et la culture

générale doit être conservée pour leur faire contre-

poids, par son caractère plus idéaliste. Il faut ici encore

s’imprégner profondément de ce principe qu’industrie

et technique, commerce et métiers ne sont florissants

qu’aussi longtemps qu’une communauté nationale,

soutenue par un idéal, leur assure les conditions

préalables et nécessaires de développement. Ces

conditions ne dépendent pas d’un égoïsme attaché à la

matière, mais d’un esprit de sacrifice qui trouve

satisfaction dans le renoncement.





***





La formation donnée aujourd’hui à un jeune homme

consiste en général d’abord à mettre à coups de pompe

dans son esprit les connaissances dont il aura besoin

plus tard pour réussir dans sa carrière. On dit : « Il faut

que ce garçon soit un jour un membre utile de la société

humaine. » On entend par là sa capacité à gagner plus

tard son pain quotidien d’une manière honnête.

L’éducation civique superficielle qui va de pair avec ce

genre d’instruction, a des pieds d’argile. Comme l’État

n’est en lui-même qu’une simple forme, il est très

difficile d’éduquer des hommes qui soient utiles à cette

forme, et surtout de leur imposer des devoirs envers

elle. Une forme peut trop facilement se briser. La

notion « d’État » n’a pas actuellement, nous l’avons vu,

un sens clair. Il ne reste donc rien que l’éducation

« patriotique » courante. Dans l’ancienne Allemagne,

elle consistait surtout à diviniser d’une façon

inintelligente et très plate les moindres petits

souverains, dont la foule nous empêchait d’apprécier à

sa juste valeur l’importance de notre peuple. Le résultat

de cette adoration était que la masse du peuple ne

possédait qu’une idée très insuffisante de l’histoire

allemande. Ici encore les grandes lignes faisaient

défaut.

Il est évident que ce n’est pas ainsi qu’on pouvait

faire naître un véritable enthousiasme national. Notre

système d’éducation ignorait l’art de mettre en relief

des noms choisis dans l’histoire de notre peuple, et d’en

faire le bien commun de tous les Allemands. Pour toute

la nation, ces connaissances communes et ce même

enthousiasme auraient été un lien indestructible entre

ses fils. On n’a pas su présenter aux yeux de la

génération présente les vrais grands hommes comme

des héros ; on n’a pas su concentrer sur eux l’attention

de tous et faire naître ainsi un esprit national

parfaitement homogène. On se montrait incapable, dans

les différentes branches de l’enseignement, de faire

connaître aux élèves ce qui est à la gloire de notre

nation, de s’élever au-dessus du niveau d’un froid

exposé des faits et d’enflammer la fierté nationale en

citant ces exemples éclatants ; on aurait alors qualifié

cette façon de faire de chauvinisme et elle eut été très

impopulaire. Le patriotisme dynastique et petit

bourgeois paraissait plus acceptable et plus facile à

supporter que l’ardente passion, fruit du plus haut

orgueil national. Le premier était toujours prêt à obéir,

l’autre pouvait un jour vouloir dominer. Le patriotisme

monarchique trouvait son aboutissement dans les

associations de vétérans ; il aurait été difficile

d’aiguiller sur cette voie la passion nationale : c’est un

pur-sang qui ne supporte pas n’importe quelle selle ; il

n’était pas étonnant qu’on préférât éviter ce danger.

Personne ne croyait possible qu’un jour éclatât une

guerre où les bombardements à feu roulant et les vagues

de gaz mettraient à une épreuve décisive la solidité

foncière du patriotisme. Mais, lorsqu’elle se déchaîna,

nous fûmes cruellement punis du manque de cette

ardente passion patriotique. Les hommes n’avaient

guère envie de mourir pour leurs souverains impériaux

ou royaux ; et, par ailleurs, la plupart ignoraient ce que

c’était que la « nation ».

Depuis que la révolution a fait son entrée en

Allemagne et que, par suite, le patriotisme monarchique

s’est éteint de lui-même, le but de l’enseignement de

l’histoire n’est plus que l’acquisition de simples

connaissances. Cet État n’a que faire d’un enthousiasme

patriotique et, ce qu’il voudrait obtenir, il ne l’aura

jamais : car, si le patriotisme dynastique ne pouvait

donner au soldat, à une époque où domine le principe

des nationalités, la force de tenir jusqu’au bout,

l’enthousiasme républicain en est encore moins

capable. Il est hors de doute que le mot d’ordre : « Pour

la république », ne ferait pas rester pendant quatre ans

et demi le peuple allemand sur le champ de bataille ; et

ceux-là mêmes qui ont inventé ce merveilleux mirage y

sont restés le moins longtemps.

En fait, on n’a laissé cette république tranquille que

parce qu’elle a toujours été prête à acquitter

volontairement tous les tributs qui lui seraient imposés

et à signer toutes les renonciations de territoires qu’on

exigerait d’elle. Elle a la sympathie du reste du monde,

de même que tout être faible est préféré, par ceux qui se

servent de lui, à un homme de caractère difficile. Il est

vrai que la sympathie témoignée par nos ennemis à

cette forme de gouvernement est sa condamnation

absolue. On aime la république allemande et on lui

permet de vivre, parce qu’on ne pourrait trouver un

meilleur allié pour tenir notre peuple en esclavage.

C’est à cette seule raison que cette splendide création

doit d’exister encore. Aussi peut-elle renoncer à tout

système d’éducation vraiment nationale et se contenter

des hourras des héros de la Bannière du Reich qui

d’ailleurs, s’il s’agissait de verser leur sang pour ce

drapeau, se sauveraient comme des lièvres.

L’État raciste devra lutter pour son existence. Il ne

pourra pas la sauver par la vertu du plan Dawes. Il aura

précisément besoin, pour vivre et assurer sa sécurité, de

ce qu’il croit pouvoir abandonner aujourd’hui. Plus la

forme qu’il prendra, plus l’esprit dont il sera animé

auront de valeur et prouveront leur incomparable

supériorité, plus fortes seront la jalousie et l’opposition

de ses adversaires. Il ne trouvera pas alors ses meilleurs

moyens de défense dans ses armes, mais dans ses

citoyens ; ce ne seront pas les fossés des forteresses qui

le protégeront le mieux, mais le mur vivant que

formeront des hommes et des femmes pleins du plus

ardent patriotisme et d’un enthousiasme national

fanatique.

Le troisième point à considérer en ce qui concerne

l’instruction publique, est le suivant :

L’enseignement doit aussi fournir à l’État raciste le

moyen de développer la fierté nationale. C’est de ce

point de vue que doit partir l’enseignement de l’histoire

universelle, et de l’histoire générale de la civilisation.

Un inventeur ne devra pas paraître grand uniquement

comme inventeur ; il devra paraître encore plus grand

comme représentant de son peuple. L’admiration qu’on

porte à toute grande action doit tourner en orgueil pour

l’heureux enfant de la race qui l’a accomplie. Il faut

choisir dans la foule des grands noms de l’histoire

allemande ceux qui sont les plus grands, les mettre

particulièrement en lumière et appeler sur eux

l’attention de la jeunesse avec assez d’insistance pour

qu’ils deviennent les piliers d’un inébranlable

sentiment national.

L’enseignement doit être organisé systématiquement

d’après ce point de vue, et de même l’éducation, de

sorte que le jeune homme ne soit pas en quittant son

école, un demi-pacifiste, un demi-démocrate ou quelque

chose de ce genre, mais bien un Allemand intégral.

Afin que ce sentiment national soit, dès le début,

sincère, et pas un faux-semblant, il faut enfoncer dans

les jeunes cerveaux encore malléables ce principe

d’airain : Qui aime son peuple, ne prouve son amour

que par les sacrifices qu’il est prêt à s’imposer pour

lui. Un sentiment national qui n’ait en vue que l’intérêt,

cela n’existe pas. Un nationalisme qui embrasse

seulement des classes sociales, cela n’existe pas

davantage. Pousser des hourras ne prouve rien et ne

donne pas le droit de se dire patriote ; il faut derrière le

noble souci passionné de défendre l’existence et la

pureté de la race tout entière. On n’a le droit d’être fier

de son peuple que lorsqu’on n’a plus à avoir honte

d’aucune de ses classes. Mais quand une moitié de ce

peuple est misérable, minée par les soucis ou même

dépravée, il offre un si fâcheux spectacle que personne

ne doit être fier d’en faire partie. C’est seulement

quand un peuple est, dans tous ses membres, sain de

corps et d’esprit, que la joie de lui appartenir peut

s’élever à bon droit chez tous les citoyens à ce degré

supérieur qui a nom de fierté nationale. Mais cet

orgueil suprême ne peut être éprouvé que par celui qui

a conscience de la grandeur de son peuple.

Il faut implanter dans les jeunes cœurs l’union

intime du nationalisme et du sentiment de la justice

sociale. Alors naîtra un jour un peuple de citoyens, uni

et amalgamé par un commun amour et une commune

fierté, inébranlable et invincible à jamais.

La crainte qu’inspire le chauvinisme à notre époque

est la marque de son impuissance. Toute énergie

débordante lui fait défaut, lui est même importune : le

destin ne l’appellera plus à accomplir de grandes

choses. Car les plus grands bouleversements qui se sont

produits sur cette terre auraient été inconcevables si

leurs ressorts avaient été, au lieu de passions

fanatiques et même hystériques, les vertus bourgeoises

qui prisent le calme et le bon ordre.

Il est sûr que notre monde s’achemine vers une

révolution radicale. Toute la question est de savoir si

elle se fera pour le salut de l’humanité aryenne ou pour

le profit de l’éternel Juif.

L’État raciste devra, par une éducation appropriée

de la jeunesse, veiller à la conservation de la race, qui

devra être mûre pour supporter cette suprême et

décisive épreuve.

Mais c’est au peuple qui s’engagera le premier sur

cette voie que reviendra la victoire.





***





L’État raciste aura atteint son but suprême

d’instructeur et d’éducateur quand il aura gravé dans

le cœur de la jeunesse à lui confiée, l’esprit et le

sentiment de la race. Il ne faut pas qu’un seul garçon

ou une seule fille vienne à quitter l’école sans avoir été

amené à la parfaite connaissance de ce que sont la

pureté du sang et sa nécessité. On aura ainsi satisfait à

la condition préalable : conservation de la race,

fondement de notre peuple et assuré par là le

développement ultérieur de la civilisation.

Car toute éducation physique et intellectuelle

devrait, en dernière analyse, demeurer vaine, si elle ne

profitait pas à une entité tout à fait capable de se

conserver avec ses caractères originaux, et qui y soit par

ailleurs bien résolue.

Sinon il se produirait ce dont nous autres Allemands

nous plaignons déjà en général, bien que toute la portée

de cette tragique calamité n’ait peut-être pas été jusqu’à

présent bien comprise : nous resterons encore dans

l’avenir le fumier de la civilisation – non pas dans le

sens étroit que donne à cette expression la façon de voir

de notre bourgeoisie, qui dans la perte d’un frère de

race ne voit que celle d’un concitoyen – mais dans le

sens qu’on lui donne avec douleur quand on a su voir

qu’en dépit de toute notre science et de toutes nos

facultés, notre sang est condamné à s’avilir. En nous

unissant continuellement à d’autres races, nous les

élevons bien à un degré supérieur de civilisation, mais

nous sommes à jamais déchus du faîte que nous avions

atteint.

D’ailleurs, l’éducation, en ce qui concerne la race,

trouvera son achèvement définitif dans le service

militaire. Ce temps de service doit être considéré

comme le dernier stade de l’éducation normale donnée

à l’Allemand moyen.

***





Si important que soit dans l’État raciste le système

d’éducation physique et intellectuelle, la formation

d’une élite n’en joue pas moins dans cet État un rôle

capital. Aujourd’hui, on en prend à son aise sur ce

point. En général, ce sont les enfants de parents

occupant un rang ou des situations élevés que l’on tient

pour dignes de faire des études supérieures. La question

des dispositions personnelles ne vient qu’après. Un petit

paysan peut être beaucoup mieux doué que l’enfant né

dans une famille jouissant, depuis plusieurs générations,

d’une haute situation sociale, même si les

connaissances générales du premier sont inférieures à

celles du bourgeois. La supériorité de celui-ci, à ce

point de vue, n’a rien à faire avec ses dispositions

naturelles, elle provient de la somme plus considérable

d’impressions qu’il reçoit d’une façon ininterrompue en

raison d’une instruction plus développée et de la culture

des personnes qui l’entourent. Si le petit paysan bien

doué avait, dès ses premières années, grandi lui aussi

dans un milieu semblable, ses facultés intellectuelles

seraient tout autres. Il n’y a peut-être aujourd’hui qu’un

seul domaine où l’origine décide vraiment moins que

les dons innés : celui de l’art. Là, il ne s’agit pas

seulement « d’apprendre » ; tout doit se trouver de

naissance à l’état latent, et ne fait que se développer

plus ou moins plus tard dans la mesure où les

dispositions naturelles sont intelligemment cultivées :

l’argent et la situation des parents ne jouent presque

aucun rôle. Ce fait prouve manifestement que le génie

est indépendant de la situation sociale et même de la

fortune. Il n’est pas rare que les plus grands artistes

sortent des plus pauvres familles. Et plus d’un petit

villageois est devenu un maître illustre.

Que de pareils exemples n’aient pas eu d’influence

bienfaisante sur l’ensemble de la vie intellectuelle, c’est

là une constatation qui ne parle pas en faveur de la

puissance de raisonnement de notre époque. On prétend

que ce qui est indéniable pour l’art n’est plus vrai pour

les sciences appliquées. On peut, certes, donner à un

homme, par l’éducation, une certaine dextérité

mécanique, de même qu’un habile dresseur peut faire

exécuter les tours les plus incroyables par un caniche

docile. Mais ce dressage n’amène pas l’animal à

exécuter ses exercices en usant de son intelligence ; il

en est de même chez l’homme. On peut, sans avoir

égard aux dispositions particulières d’un homme, le

rendre capable d’exécuter certains tours de force

scientifiques, mais la façon dont il procède alors est,

tout comme chez l’animal, purement machinale et

indépendante de l’activité intellectuelle. On peut, au

moyen d’un dressage intellectuel déterminé, faire entrer

de force dans le cerveau d’un homme moyen des

connaissances supérieures à la moyenne ; mais ce n’est

qu’une science morte et, tout compte fait, stérile. Il en

résulte un homme, qui peut être un dictionnaire vivant,

et qui pourtant, dans les situations délicates et dans les

moments décisifs, se conduit d’une façon lamentable ;

il faut qu’on le dresse toujours d’avance à répondre à ce

que chaque circonstance, même la plus insignifiante,

exigera de lui, mais il est incapable de contribuer par

ses propres forces aux progrès de l’humanité. Une telle

science mécanique, enseignée par dressage, rend tout au

plus capable de remplir les fonctions d’État telles

qu’elles sont exercées de nos jours.

Il va de soi qu’on peut trouver parmi tous les

individus qui composent un peuple des talents aptes à

s’exercer dans tous les domaines imaginables de la vie

quotidienne. Tout naturellement aussi la valeur du

savoir sera d’autant plus grande que le talent de

l’individu donnera plus de vie à ce qui n’est en soi que

matière morte. Les vraies créations sont filles du

mariage de la capacité et du savoir.

À quel point l’humanité fait en ce moment fausse

route en cette matière, c’est ce que prouve l’exemple

suivant. De temps en temps, les journaux illustrés

mettent sous les yeux de nos bons bourgeois allemands

le portrait d’un nègre qui, en tel ou tel endroit, est

devenu avocat, professeur, ou pasteur, ou même ténor

tenant les premiers rôles ou quelque chose de ce genre.

Pendant que nos bourgeois imbéciles admirent les effets

miraculeux de ce dressage et sont pénétrés de respect

pour les résultats qu’obtient la pédagogie moderne, le

Juif rusé y découvre un nouvel argument à l’appui de la

théorie qu’il veut enfoncer dans l’esprit des peuples et

qui proclame l’égalité des hommes. Cette bourgeoisie

en décadence n’a pas le plus léger soupçon du péché

qu’on commet ainsi contre la raison ; car c’est une folie

criminelle que de dresser un être, qui est par son origine

un demi-singe, jusqu’à ce qu’on le prenne pour un

avocat, alors que des millions de représentants de la

race la plus civilisée doivent végéter dans des situations

indignes d’eux. On pèche contre la volonté du Créateur

quand on laisse les hommes les mieux doués étouffer

par centaines de milliers dans le marais du prolétariat

actuel, tandis qu’on dresse des Hottentots et des Cafres

à exercer des professions libérales. Car il ne s’agit là

que d’un dressage, comme pour un caniche, et non

d’une « culture » scientifique. Si l’on consacrait les

mêmes efforts et les mêmes soins aux races douées

d’intelligence, n’importe lequel de leurs représentants

serait mille fois plus capable d’obtenir des résultats

pareils.

Si intolérable qu’aurait été cet état de choses, s’il

s’était agi là d’autre chose que de cas exceptionnels, la

situation actuelle ne l’est pas moins, puisque ni le

talent, ni les dons naturels ne désignent d’une façon

décisive ceux qui doivent recevoir une culture

supérieure. Certes, il est insupportable de penser que,

chaque année, des centaines de milliers d’hommes,

complètement dénués de dispositions, sont jugés dignes

de recevoir une culture supérieure, tandis que des

centaines de milliers d’autres, très bien doués, sont

privés de leur côté de toute culture analogue. Ce que la

nation perd ainsi est incalculable. Si, pendant les

dernières dizaines d’années, le nombre des inventions

de grande portée a considérablement augmenté, surtout

dans l’Amérique du Nord, c’est en grande partie parce

que les hommes de la plus humble extraction, pourvu

qu’ils soient bien doués, y trouvent plus facilement, que

ce n’est le cas en Europe l’occasion de recevoir une

culture supérieure.

C’est que le don d’invention ne provient pas d’un

savoir qui n’est qu’une compilation ; il faut que les

dispositions naturelles donnent la vie à ce savoir. Mais

chez nous on n’y a, jusqu’à présent attaché aucune

valeur ; la bonne note est seule à décider.

Là encore, le système d’éducation adopté par l’État

raciste devra intervenir. L’État raciste n’est pas chargé

de maintenir une classe sociale en possession de

l’influence prédominante qu’elle a exercée

jusqu’alors ; sa tâche est d’aller chercher, parmi tous

les membres de la communauté, les meilleures têtes, et

de leur conférer les emplois et les dignités. Son rôle

n’est pas seulement de donner, à l’école primaire, une

certaine éducation à tous les enfants ; il a aussi le devoir

d’aiguiller le talent sur la voie qui lui convient. Il doit

surtout considérer cela comme sa tâche la plus haute,

d’ouvrir les portes des établissements d’État

d’instruction supérieure à tous les sujets bien doués,

quelle que soit leur origine. C’est là du reste une

nécessité impérieuse, car ainsi seulement sortiront

d’une classe de représentants de la science morte les

chefs de génie de la nation.

Il y a aussi une autre raison pour que l’État prenne

des mesures dans ce sens : les milieux intellectuels sont

chez nous si fermés et pétrifiés que toute liaison vivante

avec les classes inférieures leur fait défaut. Cet

exclusivisme est néfaste à deux points de vue : d’abord

ces milieux restent étrangers aux idées et aux

sentiments qui animent la masse populaire. Ils ont

depuis trop longtemps perdu le contact avec elle pour

pouvoir encore comprendre la psychologie du peuple.

Ils lui sont devenus complètement étrangers. En second

lieu ; ces classes supérieures n’ont pas la force de

volonté requise. Car celle-ci est toujours, dans ces

milieux auxquels la culture de l’intelligence a donné le

caractère d’une caste fermée, plus faible que dans la

masse du peuple restée inculte. La culture scientifique

ne nous a, Dieu le sait, jamais manqué à nous autres

Allemands ; nous n’en sommes que plus démunis de

force de volonté et de capacité à prendre une décision.

Par exemple, plus nos hommes d’État ont brillé par

leurs dons intellectuels, plus leur action pratique a été

insignifiante. La préparation politique aussi bien que

l’équipement technique au temps de la guerre mondiale

ont été insuffisants, non pas que le cerveau de ceux qui

nous gouvernaient fût trop peu cultivé, mais, bien au

contraire, parce que nos chefs étaient des hommes

hypercultivés, bourrés jusqu’à la bonde de savoir et

d’intelligence, mais dénués de sain instinct et privés de

toute énergie et de toute audace. Ce fut une fatalité pour

notre peuple d’être condamné à livrer un combat dont

son existence était l’enjeu, au moment où le chancelier

du Reich était un philosophe et une mazette. Si, au lieu

d’un Bethmann-Hollweg, nous avions eu pour chef un

homme du peuple plus énergique, le sang héroïque de

l’humble grenadier n’aurait pas coulé en vain. De

même l’instruction supérieure, exclusivement et

exagérément intellectuelle, qu’avaient reçue nos chefs

fut le meilleur allié des canailles qui ont fait la

révolution de novembre. En gardant en réserve de la

façon la plus honteuse le trésor national qui lui avait été

confié, au lieu de le mettre tout entier en jeu, cette

classe intellectuelle a réalisé les conditions nécessaires

au triomphe des autres.

Sur ce point, l’Église catholique peut servir

d’exemple et de modèle. Le célibat de ses prêtres la

force, puisqu’elle ne peut pas recruter son clergé dans

ses propres rangs, à puiser continuellement dans la

masse du peuple. Beaucoup méconnaissent

l’importance du célibat à cet égard. C’est à lui qu’il faut

attribuer l’incroyable vigueur dont est douée cette

institution si ancienne. Car, recrutant sans interruption

l’immense armée de ses dignitaires ecclésiastiques dans

les dernières couches du peuple, l’Église ne maintient

pas seulement sa liaison d’instinct avec l’atmosphère

des sentiments populaires ; elle s’assure aussi la somme

de vigueur et d’énergie qui se trouvera éternellement à

ce degré dans la masse populaire. De là seule

l’étonnante jeunesse de ce gigantesque organisme, sa

souplesse intellectuelle et sa volonté d’acier.

Le système d’enseignement adopté par l’État raciste

devra veiller à ce que les classes cultivées soient

continuellement renouvelées par un apport de sang

frais provenant des classes inférieures. L’État a le

devoir d’opérer une sélection faite avec le plus grand

soin et la dernière minutie dans l’ensemble de la

population, pour en tirer le matériel humain visiblement

doué par la nature et le mettre au service de la

communauté tout entière. La raison d’être de l’État et

des offices d’État n’est pas de fournir des revenus à

certaines classes, mais de remplir les tâches qui leur

incombent. Mais cela ne leur est possible que si l’État

forme systématiquement des personnalités capables et

énergiques pour remplir ces charges. Ce principe ne

vaut pas seulement pour tous les emplois publics ; il

s’applique aussi à la direction morale qui doit être, dans

tous les domaines, donnée à la nation. La grandeur d’un

peuple est fonction de la réussite de ce plan : former les

cerveaux les plus capables dans tous les domaines de

l’activé humaine et les mettre au service de la

communauté. Quand deux peuples, dont les dons

naturels sont de valeur égale, se trouvent en

concurrence, celui-là emportera la victoire chez lequel

les hommes les mieux doués exercent la direction

générale et morale, et celui-là devra succomber dont le

gouvernement n’est que le râtelier commun pour

certaines classes, sans qu’il soit tenu compte des

capacités innées de chacun de leurs membres.

Il est vrai qu’une pareille réforme semble tout

d’abord impossible dans notre société actuelle. On nous

objectera immédiatement qu’on ne saurait exiger du fils

chéri d’un haut fonctionnaire qu’il devienne, disons

qu’ouvrier manuel, parce que quelque autre, dont les

parents sont eux-mêmes des ouvriers, aura plus de

dispositions que le premier. Cette objection peut être

fondée en raison de l’opinion qu’on a actuellement sur

la valeur du travail manuel. C’est pourquoi l’État

raciste doit partir d’un tout autre principe pour

apprécier l’idée de travail. Il lui faut, quand même il

devrait consacrer des siècles à son œuvre d’éducation,

mettre fin à l’injustice qui consiste à mépriser le travail

corporel. Il devra avoir pour principe de juger

l’individu non pas d’après son genre de travail, mais

suivant la qualité de ce qu’il produit. Ce principe

pourra paraître monstrueux à une époque où le plus

stupide écrivain à la ligne est plus prisé que le plus

intelligent des ouvriers mécaniciens qualifiés,

simplement parce que le premier travaille avec une

plume. Cette fausse appréciation ne vient pas, nous

l’avons dit, de la nature des choses ; c’est un produit

artificiel de l’éducation, qui n’existait pas autrefois.

L’état contre nature dans lequel nous nous trouvons

actuellement fait partie de ces phénomènes morbides

généraux qui caractérisent la décadence matérialiste de

notre temps.

Par essence, la valeur de tout travail est double :

purement matérielle et idéale. La valeur matérielle

dépend de l’importance, et de l’importance pratique,

que peut avoir un travail pour la vie sociale. Plus grand

est le nombre des citoyens auxquels le produit d’un

travail quelconque sera, directement ou indirectement,

utile, plus on devra attacher de prix à sa valeur

matérielle. Cette appréciation trouve son expression

tangible dans le salaire matériel que l’individu reçoit

pour son travail. À cette valeur purement matérielle

s’oppose la valeur idéale. Celle-ci ne dépend pas de

l’importance de produit du travail, estimée au point de

vue matériel, mais de sa nécessité intrinsèque. Il est sûr

que l’utilité matérielle d’une invention peut être

supérieure à celle que présente la besogne quotidienne

d’un manœuvre ; il n’est pas moins sûr que les humbles

services rendus par le manœuvre à la communauté lui

sont aussi indispensables que ceux beaucoup plus

frappants que lui rend une invention. Au point de vue

matériel, elle peut faire une différence entre la valeur

que représente pour la communauté le travail d’un

individu et exprimer cette différence par le taux du

salaire ; mais elle doit, au point de vue idéal, mettre sur

le même plan les travaux que chacun des travailleurs,

quel que soit son métier, exécute de son mieux. C’est

d’après ce principe qu’on doit apprécier la valeur d’un

homme, et non d’après le salaire qu’il reçoit.

Dans un État où règne la raison, on doit avoir soin

d’assigner à l’individu le genre d’activité qui convient à

ses capacités, ou, en d’autres termes, de donner aux

divers dons l’éducation correspondant aux tâches qui

les attendent ; comme la capacité n’est pas un produit

de l’éducation, mais existe chez l’individu à l’état inné,

qu’elle est donc un don de la nature et ne constitue pas

un mérite pour celui qui la possède, le jugement que

porte en général la bourgeoisie sur la valeur du travail

ne peut donc s’appuyer sur la nature de la tâche qui a

été jusqu’à un certain point imposée à l’individu. Car

cette tâche dépend de sa naissance et de l’éducation

qu’il a reçue en conséquence et qui lui a été dispensée

par la communauté. L’appréciation de la valeur d’un

homme doit être fondée sur la façon dont il s’acquitte

de la tâche que lui a confiée la communauté. Car

l’activité que déploie l’individu n’est pas le but de son

existence, mais le moyen de l’assurer. Il doit, en outre,

continuer à développer et à ennoblir sa valeur comme

homme, mais il ne peut le faire que dans le cadre de sa

communauté de culture, qui doit forcément toujours

s’appuyer sur la base d’un État. Il doit contribuer à

maintenir cette base. La nature détermine la forme de

cette contribution ; le devoir de l’individu est de

restituer à la communauté nationale, par son zèle et son

honnêteté, ce qu’il a reçu d’elle. Celui qui agit ainsi

mérite la plus grande estime et la plus haute

considération. Le salaire matériel accordé à un individu

peut correspondre à l’utilité que le produit de son

travail présente pour la communauté ; mais le salaire

idéal doit être l’estime à laquelle peut prétendre tout

homme qui consacre au service de son peuple les

capacités que lui a données la nature et que la

communauté a complètement développées. Il n’y a plus

de honte alors à être un bon ouvrier, mais il est honteux

d’être un fonctionnaire incapable qui vole le temps de

Dieu et le pain quotidien du bon peuple. Alors on

trouvera aussi tout naturel qu’on n’assigne pas une

tâche à un homme qui est, en principe, incapable de la

remplir.

D’ailleurs, une activité semblable à celle dont il

vient d’être question fournit le seul critérium pour

décider si un individu a le droit de prendre part, au

même titre que les autres citoyens, à la vie de la

communauté.

L’époque actuelle se démolit elle-même : elle

introduit dans l’État le suffrage universel, émet forces

niaiseries sur l’égalité des droits, mais sans rien trouver

sur quoi les fonder. Elle voit dans le salaire matériel

l’expression de la valeur d’un homme et détruit ainsi les

bases de la plus noble égalité qui puisse exister. Car

l’égalité n’a pas, et ne peut pas avoir pour base le

produit du travail de l’individu, estimé d’après sa valeur

intrinsèque ; elle n’est possible qu’en tenant compte de

la façon dont chaque citoyen remplit ses devoirs

particuliers. C’est seulement ainsi qu’on peut éliminer

la part du hasard représentée par les dons naturels,

quand on veut juger la valeur d’un homme, et que

l’individu est lui-même l’artisan de son importance

sociale.

À l’époque actuelle, où des groupes d’hommes ne

savent réciproquement apprécier leur valeur que d’après

les taux de salaire qui les répartissent en classes

différentes, on ne comprend pas, comme il a déjà été

dit, de pareils principes. Mais il n’y a pas de raison pour

que cette inintelligence nous fasse renoncer à défendre

nos idées. Tout au contraire : celui qui veut guérir une

époque intérieurement malade et pourrie doit avoir

d’abord le courage de mettre en lumière les causes du

mal. Le premier soin du mouvement national socialiste

doit être, en passant par-dessus la tête de tous les petits

bourgeois et en puisant dans la masse du peuple, de

rassembler et de coordonner toutes les énergies

capables de lutter pour une nouvelle conception du

monde.





***





On ne manquera pas certes d’objecter qu’il est en

général difficile de dissocier valeur matérielle et valeur

idéale et que si l’on prise peu les travaux matériels, cela

provient de leurs moindres salaires. On prétendra que

cette diminution des salaires amène à son tour une

diminution de la part prise par chacun aux bienfaits de

la civilisation. On dira encore que cet état de choses fait

tort à la culture morale de l’homme, culture qui n’a rien

à faire avec son activité elle-même ; que c’est là la

raison de la crainte qu’inspirent les travaux matériels,

parce que, plus mal rétribués, le degré de culture du

travailleur manuel s’en trouve fatalement abaissé, ce

qui justifie l’estime moindre qu’on lui accorde en

général.

Il y a beaucoup de vrai dans ces objections. C’est

précisément ce qui fait qu’on devra, à l’avenir, éviter

des différences trop sensibles entre les taux des salaires.

Qu’on ne vienne pas dire qu’on diminuera par là le

rendement du travail. Ce serait, à la charge d’une

époque, un des plus tristes signes de décadence si des

salaires plus élevés étaient la seule considération qui

puisse déterminer les hommes à développer leurs

facultés intellectuelles. Si cette conception l’avait

jusqu’à nos jours emporté dans ce monde, l’humanité

n’aurait jamais bénéficié des biens inestimables qu’elle

doit à la science et à la civilisation. Car les plus grandes

inventions, les plus grandes découvertes, les travaux qui

ont le plus profondément révolutionné la science, les

monuments les plus splendides de la civilisation

humaine ne sont pas des cadeaux qu’aurait faits au

monde la poursuite de gains matériels. Tout au

contraire, s’ils ont vu le jour, ce fut souvent parce que

leurs auteurs avaient renoncé au bonheur matériel que

procure la richesse.

Il se peut qu’aujourd’hui l’or soit le dominateur

exclusif de la vie ; pourtant il viendra un jour où

l’homme rendra hommage à des dieux plus nobles.

Bien des choses peuvent devoir aujourd’hui leur

existence à la soif de l’argent et de la fortune, mais il en

est peu parmi elles dont l’absence rendrait l’humanité

plus pauvre.

C’est aussi une des tâches de notre mouvement

d’annoncer dès maintenant la venue de temps où

l’individu recevra ce dont il a besoin pour vivre ; et

nous devons, en même temps, maintenir le principe que

l’homme ne vit pas uniquement pour des jouissances

purement matérielles. Ce principe trouvera un jour son

expression dans un sage échelonnement des salaires

qui, dans tous les cas, permettra aux plus humbles des

travailleurs honnêtes de mener la vie honorée et décente

qu’exige sa qualité de membre de la communauté

populaire et sa qualité d’homme.

Qu’on ne dise pas que ce serait là un état de choses

idéal que ce monde ne pourrait supporter dans la

pratique et auquel il est incapable de parvenir.

Nous ne sommes pas assez simples pour croire

qu’on pourra jamais arriver à faire naître une époque

où tout serait parfait. Mais cela ne nous dispense pas

de l’obligation de combattre les défauts dont nous

avons constaté l’existence, de surmonter nos faiblesses

et de tendre vers l’idéal. La dure réalité n’apportera

que trop de bornes à nos conquêtes. Mais c’est

précisément pourquoi l’homme doit tenter de

progresser vers le but final et les échecs ne doivent pas

le faire renoncer à son entreprise, pas plus qu’on ne

fait supprimer les tribunaux, parce qu’il leur arrive de

commettre des erreurs, ou condamner la médecine,

parce qu’il y aura toujours des maladies.

Il faut se garder de sous-estimer la puissance d’un

idéal. À ceux qui manqueraient aujourd’hui de courage

à cet égard, je voudrais rappeler, s’ils ont été autrefois

soldats, un temps dont l’héroïsme a montré de la façon

la plus convaincante quelle force possèdent des raisons

d’agir inspirées par un idéal. Car, si des hommes se

faisaient tuer, ce n’était pas par souci du pain quotidien,

mais pour l’amour de la patrie, pour la foi en sa

grandeur, pour le sentiment que l’honneur de la nation

était en jeu. Et ce fut seulement quand le peuple

allemand abandonna cet idéal, pour se laisser séduire

par les promesses de bonheur matériel que lui faisait la

révolution, quand il jeta ses armes pour prendre son

havresac, qu’au lieu d’entrer dans le paradis terrestre, il

fut plongé dans le purgatoire du mépris universel et

aussi de la misère universelle.

C’est pourquoi il faut absolument opposer aux

calculateurs de la république réaliste actuelle la foi en

l’avènement d’un Reich idéaliste.

Chapitre III



Sujets de l’État et citoyens.



En général, la formation politique à laquelle on

donne aujourd’hui abusivement le nom d’État, ne

connaît que deux sortes d’hommes : les citoyens et les

étrangers. Les citoyens sont ceux qui, en vertu de leur

naissance ou d’un acte de naturalisation, possèdent les

droits civils, les étrangers, tous ceux qui jouissent des

mêmes droits au sein d’un autre État. Entre ces deux

catégories fixes se trouvent, à l’état sporadique, ceux

qu’on appelle heimatlos. Ce sont des gens qui n’ont pas

l’honneur d’appartenir à l’un des États existant

actuellement et qui, par conséquent, ne possèdent nulle

part de droits civils.

Pour posséder ceux-ci, il faut tout d’abord, comme il

a été dit plus haut, être né à l’intérieur des frontières

d’un État. La race ou la consanguinité ethnique ne joue

aucun rôle dans l’affaire. Un nègre, qui vivait autrefois

dans un protectorat allemand et qui réside maintenant

en Allemagne, met ainsi au monde un enfant qui est

« citoyen allemand ». Dans les mêmes conditions,

l’enfant de tout Juif, Polonais, Africain ou Asiatique

peut être, sans autre forme de procès, déclaré citoyen

allemand.

Outre la naturalisation conférée par le lieu de

naissance, il existe une naturalisation qui peut être

obtenue par la suite. Elle est soumise à différentes

conditions préalables ; par exemple, le candidat ne doit

être, autant que possible, ni un cambrioleur ni un

souteneur ; il ne doit pas être suspect au point de vue

politique – c’est-à-dire qu’il doit être un crétin

inoffensif à cet égard – il ne doit pas, enfin, tomber à la

charge de l’État dont il devient citoyen. Ceci s’entend

naturellement, à notre époque réaliste, des charges

pécuniaires qu’il pourrait imposer à sa nouvelle patrie.

Si même le candidat paraît devoir être un contribuable

d’excellent rapport, c’est là une recommandation très

utile et qui lui permet aujourd’hui d’obtenir plus

rapidement la naturalisation.

Dans tout cela, la question de race n’a rien à voir.

La marche à suivre pour acquérir le droit de cité

dans un État n’est pas très différente de celle qu’on doit

observer pour être admis, par exemple, dans un club

d’automobilistes. Le candidat présente sa requête, qui

est examinée et sur laquelle on donne avis favorable ;

puis il reçoit un jour un billet l’avisant qu’il est devenu

citoyen. Cet avis lui est, par-dessus le marché, donné

sous une forme vraiment humoristique : on dit, en effet,

à ce candidat, qui peut avoir été jusque-là un Cafre :

« En vertu de quoi vous êtes dorénavant un

Allemand ! »

Ce coup de baguette magique est donné par le chef

de l’État. Une transformation qu’un dieu serait

incapable d’accomplir est opérée en un tournemain par

ce Paracelse fonctionnaire. D’un coup de plumeau un

misérable Slave, venu de Mongolie, est changé en

« Allemand » authentique.

Non seulement on ne s’inquiète pas de savoir à

quelle race appartient un tel nouveau citoyen ; on ne

s’occupe même pas d’examiner son état de santé

physique. Cet individu aura beau être rongé par la

syphilis, il n’en sera pas moins le bienvenu comme

citoyen dans un État moderne, à condition, ainsi que

nous l’avons déjà dit, qu’il ne constitue pas une charge

au point de vue financier ou un danger par ses opinions

politiques.

C’est ainsi que les formations politiques, qui portent

le nom d’États, s’assimilent des toxines dont elles ont

ensuite peine à venir à bout.

Ce qui distingue encore le citoyen d’un étranger,

c’est que le premier peut accéder librement à toutes les

fonctions publiques, qu’il doit éventuellement satisfaire

au service militaire et peut, en revanche, prendre part,

activement et passivement, aux élections. Ce sont là, en

tout et pour tout, ses privilèges. Car, en ce qui concerne

les droits individuels et la liberté personnelle, l’étranger

jouit de la même protection, et même souvent d’une

protection plus efficace ; c’est, en tous cas, ce qui arrive

dans la république allemande actuelle.

Je sais bien que l’on n’aime pas à entendre dire tout

cela. Pourtant il est difficile de trouver quelque chose

de plus illogique et même de plus complètement fou

que notre droit civil contemporain. Il y a, à notre

époque, un pays où l’on peut observer au moins de

timides tentatives inspirées par une meilleure

conception du rôle de l’État. Ce n’est pas,

naturellement, notre république allemande modèle ; ce

sont les États-Unis d’Amérique qui s’efforcent d’obéir,

du moins en partie, aux conseils de la raison. En

refusant l’accès de leur territoire aux immigrants dont la

santé est mauvaise, en excluant du droit à la

naturalisation les représentants de certaines races, ils se

rapprochent un peu de la conception raciste du rôle de

l’État.

L’État raciste distribue ses habitants en trois

classes : citoyens, sujets de l’État (ou bien

ressortissants) et étrangers.

En principe, la naissance ne confère que la qualité

de ressortissant. Cette qualité ne donne pas le droit, à

elle seule, d’accéder à une fonction publique, ni de

prendre part à l’activité politique, par exemple aux

élections. Pour tout ressortissant, il est essentiel

d’établir exactement sa race et sa nationalité. Il lui est,

en tout temps, loisible de renoncer à sa qualité de

ressortissant et de devenir citoyen dans le pays dont les

habitants sont de la même nationalité que lui. La seule

distinction entre un étranger et un ressortissant vient de

ce que le premier est le sujet d’un autre État.

Le jeune ressortissant de nationalité allemande est

obligé de parcourir le cycle d’éducation et d’instruction

scolaires imposé à tout Allemand. Il se soumet ainsi à

l’éducation qui fera de lui un membre de la

communauté conscient de sa race et pénétré de l’esprit

national. Il devra ensuite satisfaire à toutes les autres

prescriptions de l’État en ce qui concerne les exercices

physiques et il sera finalement incorporé dans l’armée.

L’éducation donnée par l’armée est une éducation

générale ; elle doit être donnée à tous les Allemands et

exercer chacun d’eux à occuper convenablement dans

l’armée le poste pour lequel ses aptitudes physiques et

intellectuelles pourront le désigner. Le titre de citoyen,

avec les droits qu’il confère, sera accordé de la façon la

plus solennelle au jeune homme de bonne santé et de

bonne réputation, quand il aura accompli son service

militaire. Le diplôme qui lui sera remis sera le

document le plus important pour toute son existence. Il

lui permettra d’exercer tous les droits du citoyen et de

jouir de tous les privilèges attachés à ce titre. Car l’État

doit faire une profonde différence entre les citoyens,

soutiens et défenseurs de son existence et de sa

grandeur, et ceux qui se sont fixés à l’intérieur des

frontières d’un État pour y jouer seulement le rôle

« d’utilités ».

La remise du diplôme de citoyen sera accompagnée

de la prestation solennelle d’un serment par lequel le

nouveau citoyen jurera fidélité à la communauté et à

l’État. Ce diplôme constitue un lien unissant tous les

membres de la communauté ; il comble le fossé

séparant les différentes classes sociales. Un balayeur

des rues doit se sentir plus honoré d’être citoyen de ce

Reich que s’il était roi d’un État étranger.

Les droits du citoyen l’emportent sur ceux de

l’étranger. Il est le maître et seigneur du Reich. Mais

un rang plus élevé impose aussi des devoirs. L’homme

sans honneur ou sans caractère, le criminel de droit

commun, le traître à son pays, etc., peuvent en tout

temps être dépouillés de cette dignité. Ils retombent

alors au rang de ressortissants.

La jeune Allemande est « ressortissant » et ne

devient citoyenne qu’en se mariant. Pourtant le droit de

cité peut aussi lui être accordé si elle est Allemande et

gagne sa vie par son travail.

Chapitre IV



La personnalité et la conception

raciste de l’État.



Si l’État raciste national-socialiste a pour but

principal l’éducation et le maintien de ceux qui sont les

soutiens de l’État, il ne doit pas se borner à favoriser les

éléments de race comme tels, à les élever, à les former

enfin pour la vie pratique : il est aussi indispensable

qu’il mette son organisation en harmonie avec cette

tâche.

Mais ce serait une absurdité de vouloir estimer la

valeur des hommes d’après leur race et par suite de

déclarer la guerre au point de vue marxiste : « Un

homme en vaut un autre », sans être décidé à pousser

jusqu’aux dernières conséquences. Reconnaître

l’importance de la race, reconnaître le principe racial

dans son universalité, amène logiquement à tenir

compte de la valeur propre de l’individu. De même que

je suis obligé d’apprécier diversement les hommes

d’après la race à laquelle ils appartiennent, de même

faut-il procéder à l’intérieur de la communauté à l’égard

de l’individu.

Un peuple n’est pas identique à un autre peuple et, à

l’intérieur d’une communauté, une tête ne peut pas non

plus être identique à une autre tête ; les éléments

constitutifs appartiennent au même sang, mais ils

offrent dans le détail mille différences subtiles.

Admettre ce postulat incite d’abord, sans chercher

de finesses, à favoriser dans la communauté les

éléments reconnus supérieurs, et à s’occuper d’accroître

particulièrement leur nombre.

C’est le problème le plus facile, car il peut être posé

et résolu presque mécaniquement. Il est plus difficile de

reconnaître dans la multitude les têtes qui ont

réellement la plus grande valeur intellectuelle, et de leur

faire la part qui revient de droit aux esprits supérieurs,

et surtout celle qui sera la plus profitable à la nation. Ce

choix de valeurs et de capacité ne relève plus de

moyens mécaniques ; il ne peut être mené à bien sans

un effort continuel de chaque jour.

Une doctrine qui, écartant l’idée démocratique de la

masse, tend à donner cette terre au meilleur peuple,

c’est-à-dire aux individus supérieurs, doit logiquement

se conformer au même principe aristocratique à

l’intérieur de ce peuple et conserver aux meilleures

têtes le commandement et l’influence. Au lieu d’édifier

sur l’idée de majorité, cette doctrine se fonde ainsi sur

la personnalité.

Celui qui croit aujourd’hui qu’un État raciste

national-socialiste ne doit guère présenter, avec les

autres États, que la différence purement matérielle

d’une meilleure organisation économique, soit par un

plus juste équilibre entre richesse et pauvreté, ou bien

par un droit de regard plus étendu des classes

inférieures dans le processus économique, ou bien par

des salaires plus équitables ou mieux répartis, celui-là

est le dernier des retardataires et il n’a pas la moindre

idée de notre doctrine. Tout ce que nous venons de

mentionner ne présente aucun caractère de permanence

ou de grandeur. Un peuple qui en demeurerait à des

réformes d’un caractère aussi superficiel, n’aurait pas la

moindre chance de triompher dans la mêlée universelle

des peuples. Un mouvement qui ne verrait pas dans sa

mission autre chose que ces réformes égalitaires,

d’ailleurs équitables, ne possèderait plus puissance ni

efficacité quand il s’agirait de réformer profondément

un milieu. Toute son action demeurerait, en définitive,

limitée à des objets superficiels ; il ne donnerait pas au

peuple cette armature morale qui l’assure de triompher

– je dirais presque malgré lui – des faiblesses dont nous

souffrons aujourd’hui.

Pour le mieux comprendre, peut-être est-il utile de

jeter encore un coup d’œil sur les origines et les causes

réelles du développement de la culture humaine.

Le premier pas qui l’éloigna visiblement de l’animal

fut celui que l’homme fit vers l’invention. Celle-ci

consista, à l’origine, dans la découverte de ruses et

détours, dont l’emploi devait rendre plus aisée, ou

même simplement possible, la lutte pour la vie.

Ces inventions premières très primitives peuvent ne

pas mettre nettement en évidence la part de l’individu,

car, pour les générations suivantes, et à plus forte raison

pour l’homme d’aujourd’hui, elles n’apparaissent que

comme des manifestations de l’intelligence collective,

de même certaines ruses et finesses, que l’homme peut

observer chez l’animal, ne se présentent plus à ses yeux

que comme un fait acquis ; incapable d’en établir les

causes premières, il se contente de les qualifier de

procédés « instinctifs ».

Dans notre cas, ce dernier mot ne veut rien dire.

Quiconque croit à une évolution améliorant les êtres

vivants, doit convenir que toutes les formes et

manifestations de leur activité n’ont pas toujours existé

sous leur forme actuelle ; il a bien fallu qu’un sujet

donné fît le premier le geste, qui fut ensuite répété de

plus en plus souvent par des individus de plus en plus

nombreux, jusqu’à passer dans le subconscient de

chacun des représentants de l’espèce et se manifester

alors comme instinct.

On comprendra et on admettra ce mécanisme plus

facilement chez l’homme. Les premières ruses dans la

lutte contre les autres animaux ont été sans nul doute, à

l’origine, le fait de sujets particulièrement doués. La

personnalité fut ici encore, sans conteste, à la base des

décisions et des réalisations qui, plus tard, furent

adoptées comme évidentes par l’humanité entière. Tout

comme quelque principe militaire évident, qui

aujourd’hui constitue pour nous le fondement même de

toute stratégie, a forcément dû, à l’origine, sa

conception à une tête bien déterminée, et ce n’est

qu’après des années, voire des millénaires, qu’il a fini

par être admis par tous comme parfaitement évident.

L’homme ajoute une deuxième invention à la

première : il apprend à mettre à son service d’autres

objets et même d’autres êtres vivants et alors l’activité

créatrice propre de l’homme commence à se manifester,

telle que nous la voyons aujourd’hui ; l’emploi de la

pierre taillée, la domestication des animaux, la

découverte du feu, etc. ; chacune de ces inventions,

jusques et y compris toutes celles qui nous émerveillent

de nos jours, révèle nettement, à la base, le travail

créateur de l’individu ; ceci nous apparaît d’autant

mieux qu’elles sont plus récentes, plus importantes ou

d’un caractère plus surprenant. Nous savons donc, en

tout état de cause, que ce que nous voyons autour de

nous d’inventions matérielles est entièrement le produit

de la force créatrice et des aptitudes de l’individu isolé.

Et toutes ces créations contribuent, en définitive, à

élever de plus en plus l’homme au-dessus de l’animal

jusqu’à l’en distinguer radicalement. Ainsi elles sont la

base même des progrès constants de l’espèce humaine.

Et cette même ruse primitive qui permit jadis au

chasseur de la forêt préhistorique de défendre son

existence, aide encore les hommes dans leur existence

d’aujourd’hui, sous la forme des plus merveilleuses

conquêtes scientifiques, et elle leur permet de forger

des armures pour les luttes de l’avenir. Toute réflexion,

toute invention humaine facilite, en définitive, les luttes

de l’homme sur cette planète, même si l’on ne peut

voir, sur l’instant, l’utilité pratique d’une invention,

d’une découverte ou d’un profond aperçu scientifique.

Et tout cela contribue à élever l’homme au-dessus des

êtres vivants qui l’entourent, et renforce et consolide sa

situation au point d’en faire sous tous les rapports la

créature reine sur cette terre.

On voit que toutes les inventions sont le résultat de

la puissance créatrice d’individus isolés. Ces derniers

sont ainsi à quelque degré, qu’ils l’aient voulu ou non,

des bienfaiteurs de l’humanité. Leur action met dans la

main de millions et même de milliards d’êtres humains

des moyens qui leur rendront plus aisée la lutte pour la

vie.

À l’origine de la civilisation matérielle de nos jours,

nous trouvons donc toujours la personnalité

d’inventeurs qui se complètent et se prolongent

mutuellement. Il en est exactement de même lors de la

mise en œuvre et de l’application pratique des

inventions ou des découvertes. Car l’ensemble des

méthodes de production relève encore du travail

d’invention et par suite de l’individu.

Enfin le travail intellectuel purement théorique, qui

échappe à toute mesure, mais qui constitue la condition

première de toute invention technique ultérieure,

apparaît aussi comme le produit exclusif de la

personnalité.

Ce n’est pas la masse qui crée ni la majorité qui

organise ou réfléchit, mais toujours et partout l’individu

isolé.

Une communauté d’hommes apparaît comme bien

organisée alors seulement qu’elle facilite au maximum

le travail de ces forces créatrices et qu’elle les utilise au

mieux des intérêts de la communauté. Ce qui a le plus

de prix pour l’invention, qu’elle se rapporte au monde

matériel ou au monde de la pensée, c’est d’abord la

personne de l’inventeur. Le premier et suprême devoir

dans l’organisation d’une communauté est de l’utiliser

au profit de tous.

En vérité, l’organisation elle-même ne doit pas

perdre de vue un seul instant l’application de ce

principe. Ainsi seulement elle sera libérée de la

malédiction du mécanisme et deviendra un organisme

vivant. Elle doit elle-même personnifier la tendance à

placer les têtes au-dessus de la masse et

réciproquement à mettre celle-ci sous leurs ordres.

Par suite, non seulement une organisation n’a pas le

droit d’empêcher les têtes de « sortir » de la masse,

mais, au contraire, la nature même de son action doit le

permettre et le faciliter au plus haut point. En cela elle

doit partir du principe que la providence de l’humanité

n’a jamais été dans la masse, mais dans ses cerveaux

créateurs, qui sont vraiment les bienfaiteurs de la race

humaine. C’est l’intérêt de tous de leur assurer une

influence déterminante et de faciliter leur action. Car ce

n’est certes ni la domination des imbéciles ou des

incapables, ni, en aucun cas, le culte de la masse qui

servira cet intérêt de tous ; il faudra nécessairement que

des individus supérieurement doués prennent la chose

en mains.

La recherche des têtes se fait surtout, nous l’avons

dit, par la dure sélection de la lutte pour la vie.

Beaucoup sont brisés et périssent, montrant ainsi qu’ils

ne sont pas désignés, et bien peu apparaissent

finalement comme élus. Dans le domaine de la pensée,

de la création artistique, voire de l’économie, ce

processus de sélection se manifeste encore aujourd’hui,

bien que grevé de lourdes charges dans ce dernier

domaine. Le gouvernement de l’État et la puissance

qu’incarne l’organisation militaire, sont également

dominés par cette idée de la personnalité : on la

retrouve partout sous la forme de l’autorité absolue sur

les subordonnés, de la responsabilité complète à l’égard

des chefs. Seule, la vie politique échappe aujourd’hui

complètement à cette obligation naturelle. Toute la

civilisation humaine résulte de l’activité créatrice de

l’individu ; et pourtant le principe majoritaire l’emporte

dans tout le gouvernement, surtout dans ses plus hautes

sphères, et de là il empoisonne peu à peu toute la vie du

pays, la décompose véritablement. Il faut aussi, au fond,

imputer l’action destructrice du judaïsme à ses

constants efforts pour miner, chez les peuples qui l’ont

accueilli, l’influence de la personnalité et lui substituer

celle de la masse. Le principe constructif des peuples

aryens fait place au principe destructeur des Juifs.

Ceux-ci deviennent les « ferments de décomposition »

des peuples et des races, et, au sens le plus large, ils

désagrègent la civilisation humaine. Quant au

marxisme, il représente en somme comme l’effort du

Juif dans le domaine de la civilisation pure pour exclure

de toutes les formes de l’activité humaine la

prépondérance de la personnalité et pour la remplacer

par celle du nombre. À cette doctrine correspond, au

point de vue politique, la forme parlementaire dont

nous voyons les effets néfastes depuis l’infime cellule

de la commune jusqu’au sommet de la nation ; dans le

domaine économique, il provoque l’agitation

syndicaliste qui, d’ailleurs, ne sert nullement les intérêts

véritables des ouvriers, mais rien que les vues

destructrices de la juiverie internationale. Exactement

dans la mesure où l’économie est soustraite au principe

de la personnalité et où elle se trouve livrée aux

influences et à l’action de la masse, elle doit perdre sa

précieuse puissance créatrice et marquer une inévitable

régression. Toutes les organisations consultatives

professionnelles qui, au lieu de prendre vraiment les

intérêts des employés, s’efforcent d’acquérir une

influence sur la production elle-même, servent le même

but destructeur. Elles font du tort à la production

générale, et par là même à l’individu.

Car ce n’est pas avec des phrases et des théories que

l’on peut satisfaire les besoins des ressortissants d’un

peuple ; c’est grâce à la portion des biens collectifs qui

échoit chaque jour à chacun, et lui prouve que la

communauté sert les intérêts de l’individu grâce au

travail de tous.

La question n’est pas de savoir si le marxisme, en se

basant sur sa théorie des masses, serait capable de

prendre et de continuer la charge de l’économie

actuelle. La discussion sur la justesse ou la fausseté de

ce principe ne serait point tranchée par la preuve de son

aptitude à gérer dans l’avenir l’état de chose existant ;

elle ne pourrait l’être que par la preuve de sa capacité à

créer une civilisation semblable. Le marxisme aurait

beau reprendre mille fois l’économie actuelle et

continuer d’en diriger le fonctionnement, quel que soit

le succès de cette activité, ce succès n’aurait pas la

moindre portée vis-à-vis du fait positif que le marxisme

ne pourrait jamais, par l’application de ses propres

principes, créer ce dont il aurait ainsi hérité.

Et, de fait, le marxisme en a fourni lui-même la

preuve. Non seulement il n’a jamais créé la moindre

civilisation, le moindre système économique, mais il

n’a même pas été capable d’utiliser, avec ses principes,

les organismes qui lui furent confiés ; après un très

court laps de temps, il a dû céder, et faire des

concessions au principe de la personnalité, preuve que

son organisation elle-même ne peut échapper à cette loi.

Ce qui doit distinguer foncièrement nos conceptions

racistes et celles des marxistes, c’est que les premières

reconnaissent non seulement la valeur de la race, mais

aussi l’importance de la personnalité et qu’elles en font

la base de toute construction positive. Ce sont les

facteurs essentiels de leur philosophie.

Si, par hasard, le mouvement national-socialiste

n’avait pas compris l’importance fondamentale de cette

notion essentielle, s’il se bornait à rapetasser tant bien

que mal notre état actuel et admettait le règne des

majorités, il ne serait, en réalité, qu’un parti concurrent

du marxisme ; il n’aurait dès lors plus le droit de se

considérer comme une doctrine philosophique.

Si le programme social du mouvement se bornait à

éliminer la personnalité et à mettre à sa place la

majorité, alors le national-socialisme apparaîtrait à son

tour rongé par le poison du marxisme comme le sont

actuellement les partis bourgeois.

L’État raciste doit veiller au bien-être de ses

citoyens, en reconnaissant en toutes circonstances

l’importance de la personnalité : il augmentera ainsi la

capacité de production de tous et par là même le bien-

être de chacun.

Ainsi l’État raciste doit libérer entièrement tous les

milieux dirigeants et plus particulièrement les milieux

politiques du principe parlementaire de la majorité,

c’est-à-dire de la décision de la masse ; il doit leur

substituer sans réserve le droit de la personnalité.

Il en résulte que :

La meilleure constitution et la meilleure forme de

l’État est celle qui assurera naturellement aux

meilleurs éléments de la communauté l’importance du

guide et l’influence du maître.

Dans la vie économique les plus capables ne

peuvent être désignés d’en haut, mais doivent se mettre

en évidence par eux-mêmes : l’instruction se recueille à

tous les échelons, de la plus humble boutique à la plus

énorme entreprise, et l’existence seule continue à faire

passer des examens ; de même il est évident que les

chefs politiques ne peuvent se « trouver » en un jour.

Les génies d’une trempe extraordinaire ne sont pas

soumis aux mêmes règles que l’humanité courante.

Toute l’organisation de l’État doit découler du

principe de la personnalité, depuis la plus petite cellule

que constitue la commune jusqu’au gouvernement

suprême de l’ensemble du pays.

Il n’y a pas de décisions de la majorité, mais

seulement des chefs responsables et le mot « conseil »

doit reprendre sa signification primitive. Chaque

homme peut bien avoir à son côté des conseillers, mais

la décision est le fait d’un seul.

Il faut transposer le principe qui fit autrefois de

l’armée prussienne le plus admirable instrument du

peuple allemand et l’établir à la base même de notre

système politique : la pleine autorité de chaque chef sur

ses subordonnés et sa responsabilité entière envers ses

supérieurs.

Même à ce moment nous ne pourrons pas nous

passer de ces corporations que l’on appelle parlements.

Seulement, toutes leurs délibérations deviendront

réellement des conseils et un seul homme pourra et

devra être investi de la responsabilité, ensemble avec

l’autorité et le droit de commandement.

Les parlements sont par eux-mêmes nécessaires, car,

avant tout, ils constituent un milieu où pourra se faire

petit à petit l’éducation des chefs à qui l’on pourra un

jour confier des responsabilités.

Et nous pouvons tracer alors le tableau suivant :

L’État raciste, depuis la commune jusqu’au

gouvernement du Reich, ne possédera aucun corps

représentatif qui décide quoi que ce soit par voie de

majorité, mais seulement des corps consultatifs qui se

trouveront sans cesse aux côtés du chef et qui recevront

leur tâche de lui ; parfois même ils pourront, au besoin,

dans certains domaines, prendre des responsabilités

entières comme ce fut toujours le cas pour tous les

chefs ou présidents des corporations.

L’État raciste ne peut tolérer que l’on demande avis

ou décision sur des problèmes particuliers – par

exemple sur des questions économiques – à des gens

qui, par leur formation et leur activité, sont

complètement incompétents. En conséquence, il

divisera ses corps représentatifs en chambres politiques

et chambres corporatives.

Pour rendre leur coopération féconde, on placera

toujours au-dessus d’elles un corps choisi : le sénat.

Ni dans les chambres ni dans le sénat, il n’y aura

jamais un vote quelconque. Ce sont des organismes de

travail et non des machines à voter. Chacun de leurs

membres possède une voix consultative, mais aucun

droit de décision. Celle-ci appartient exclusivement au

président qui en garde la responsabilité.

Ce principe : associer sans restriction la

responsabilité absolue avec l’autorité absolue

déterminera peu à peu une élite de chefs (telle qu’on ne

saurait se l’imaginer aujourd’hui) à notre époque

d’irresponsabilité parlementaire.

Ainsi la constitution de l’État sera mise en harmonie

avec le principe auquel il doit déjà sa grandeur dans le

domaine économique et celui de la civilisation.





***





« En ce qui concerne la possibilité de réaliser ces

conceptions, qu’on n’oublie pas que le principe

parlementaire de décision par majorité n’a nullement

régi le monde de toute éternité, mais, tout au contraire,

qu’on n’en trouve trace dans l’histoire qu’en des

périodes très courtes ; et ces périodes correspondent

toujours à la ruine des peuples et des États ! »

Il ne faudrait pourtant pas croire que des mesures

purement théoriques prises, d’en haut, puissent amener

un tel changement qui, logiquement, ne doit pas se

limiter à la constitution de l’État, mais intéresser la

législation, pénétrer toute la vie publique de chacun.

Une pareille révolution ne peut se produire et ne se

produira que sous l’influence d’un parti nourri de ces

idées et portant en lui le germe de l’État futur.

Aussi le parti national-socialiste doit-il, aujourd’hui,

se pénétrer de ces pensées ; il doit orienter son

organisation intérieure vers l’action pratique, pour

pouvoir non seulement donner un jour à l’État des

directives, mais pour pouvoir lui fournir le corps

constitué de son propre État.

Chapitre V



Conception philosophique et organisation.



L’État raciste, dont j’ai voulu donner un tableau

d’ensemble, ne se trouve pas réalisé du seul fait que

l’on connaît les conditions indispensables à son

existence. Il ne suffit pas de savoir comment sera un

État raciste ; il faut d’abord le créer. On ne peut pas

s’attendre à ce que les partis actuels, qui avant tout

tirent profit de l’État tel qu’il est, arrivent d’eux-mêmes

à un changement radical et transforment spontanément

leur attitude. D’autant que leurs dirigeants sont toujours

des Juifs et encore des Juifs. L’évolution que nous

sommes en train de subir, si elle n’était enrayée, nous

mettrait un jour devant la prophétie panjuive : « Le Juif

dévorera effectivement les peuples de la terre et

deviendra leur seigneur. »

Ainsi, vis-à-vis de millions de « bourgeois » ou de

« prolétaires » allemands, qui, pour la plupart, courent à

leur perte par paresse et sottise, doublées de lâcheté, le

Juif, pleinement conscient du but qu’il poursuit, ne

rencontre aucune résistance sur sa route. Un parti dirigé

par lui ne peut lutter pour rien d’autre que pour les

intérêts juifs, et ces intérêts n’ont rien de commun avec

les aspirations essentielles des peuples aryens.

Veut-on donc transposer l’État raciste du domaine

idéal dans la réalité, il faut tout d’abord chercher, en

dehors de toutes les puissances actuelles de la vie

publique, une force neuve qui ait la volonté et les

moyens de mener le combat pour un tel idéal. Car il

s’agit bien ici d’un combat : notre première tâche n’est

pas de créer une forme d’État raciste, mais de détruire

l’État juif actuel. Comme l’histoire le montre bien

souvent, la principale difficulté n’est pas d’instituer un

nouvel état de choses, mais bien de lui faire la place

libre. Préjugés et intérêts s’entremêlent en une phalange

serrée et tentent d’empêcher, par tous les moyens, la

victoire d’une idée qui leur est désagréable ou leur

paraît menaçante.

Aussi le soldat de notre nouvel idéal doit-il, malgré

tout son enthousiasme positif, mener d’abord une lutte

négative pour se défaire de l’état actuel.

Une jeune et noble doctrine, aux principes neufs et

d’une importance essentielle, devra, si désagréable que

cela puisse être à chacun, manier d’abord sans

ménagement l’arme de la critique.

Nous entendons aujourd’hui les soi-disant Racistes

répéter à tout propos – et ceci prouve bien le peu de

profondeur de leurs vues en matière historique – qu’ils

refusent de se vouer à une critique négative, pour

consacrer toute leur activité à un travail constructif ;

balbutiement puéril et stupide, authentiquement

« raciste » en un mot ; preuve enfin que l’histoire de

leur propre époque n’a pas laissé la moindre trace dans

ces têtes-là. Le marxisme aussi avait un but, et lui aussi

connaît un travail constructif (s’il ne s’agit ici que

d’instaurer le despotisme de la juiverie internationale et

de la finance cosmopolite !), mais il n’en a pas moins

commencé par la critique durant soixante-dix ans ;

critique destructive et dissolvante, et critique encore et

toujours, jusqu’à ce que cet acide corrosif ait rongé le

vieil État et l’ait fait tout mûr pour l’écroulement. Alors

seulement a commencé la prétendue « construction ».

C’était évident, juste et logique. Un état de choses

existant ne peut s’effacer simplement devant les

prophètes et les avocats d’un état futur. On ne peut

admettre que les partisans du premier, ou même ceux

qui lui portent simplement quelque intérêt, seront tout à

fait convertis par la seule constatation d’une nécessité et

gagnés ainsi à l’idée d’un régime nouveau. Trop

souvent, au contraire, les deux régimes continueront à

exister simultanément et la prétendue doctrine

philosophique s’enfermera à jamais dans le cadre étroit

d’un parti. Car une doctrine n’est pas tolérante ; elle ne

peut être « un parti parmi les autres » ; elle exige

impérieusement la reconnaissance exclusive et totale de

ses conceptions, qui doivent transformer toute la vie

publique. Elle ne peut tolérer près d’elle aucun vestige

de l’ancien régime.

C’est la même chose pour les religions.

Le christianisme non plus n’a pas pu se contenter

d’élever ses propres autels, il lui fallait procéder à la

destruction des autels païens. Seule, cette intolérance

fanatique devait créer la foi apodictique ; elle en était

une condition première absolue.

On peut objecter, à juste titre, que ces deux

précédents historiques sont spécifiquement juifs – et

même que ce genre d’intolérance et de fanatisme sont

foncièrement juifs. Ceci peut être mille fois vrai et on

peut aussi le déplorer profondément ; on peut constater,

avec une inquiétude qui n’est que trop justifiée, que

l’apparition de cette doctrine dans l’histoire de

l’humanité y introduisait quelque chose que l’on ne

connaissait pas encore ; mais cela ne sert de rien et il

s’agit maintenant d’un état de fait. Les hommes qui

veulent sortir notre peuple allemand de sa situation

actuelle, n’ont pas à se casser la tête pour imaginer

combien ce serait beau si telle ou telle chose n’existait

pas ; ils doivent rechercher et déterminer comment on

peut supprimer ce qui en fait est donné. Mais une

doctrine pleine de la plus infernale intolérance ne sera

brisée que par la doctrine qui lui opposera le même

esprit, qui luttera avec la même âpre volonté et qui, par

surcroît, portera en elle-même une pensée nouvelle pure

et absolument conforme à la vérité.

Chacun peut aujourd’hui constater à regret que, dans

le monde antique, beaucoup plus libre que le nôtre, le

christianisme a introduit avec lui la première terreur

spirituelle ; mais il ne peut rien au fait que, depuis cette

époque, le monde vit sous le signe et sous la

domination de cette contrainte. Et on ne brise la

contrainte que par la contrainte, la terreur par la terreur.

C’est alors seulement que l’on peut instituer un

nouveau régime. Les partis politiques sont enclins à des

compromissions ; les doctrines philosophiques, jamais.

Les partis politiques composent même avec leurs

adversaires, les doctrines philosophiques se proclament

infaillibles. Les partis politiques, eux aussi, ont presque

toujours, à l’origine, l’intention d’arriver à une

domination despotique et exclusive ; ils marquent

presque toujours une certaine inclination vers telle ou

telle doctrine philosophique. Mais déjà l’étroitesse de

leur programme leur enlève l’héroïsme qu’exige la

défense d’une véritable doctrine philosophique. Leur

conciliant vouloir groupe autour d’eux les esprits petits

et faibles, avec qui l’on ne saurait mener une croisade.

Et ils en demeurent ainsi le plus souvent confinés de

bonne heure dans leur pitoyable petitesse. Abandonnant

la lutte pour un système, ils s’efforcent alors de gagner

le plus promptement possible, grâce à une soi-disant

« collaboration positive », une petite place au râtelier

des institutions existantes et d’y rester le plus

longtemps possible. Ils bornent là leurs efforts. Et si

jamais ils sont écartés de la mangeoire par un

concurrent d’allures un peu brutales, alors ils n’ont plus

qu’une seule idée : par force ou par ruse, se remettre au

premier rang des « moi aussi j’ai faim », pour pouvoir

de nouveau, même au prix de leurs plus sacrées

convictions, participer à cette manne précieuse. Chacals

de la politique !

Une doctrine philosophique ne saurait être prête à

composer avec une autre ; elle ne saurait non plus

accepter de collaborer à un état de fait qu’elle

condamne ; au contraire, elle sent l’obligation de

combattre ce régime et tout le monde moral adverse, en

un mot de préparer leur ruine.

Ce combat purement destructif – dont tout le danger

est aussitôt senti par les autres et qui se heurte à un

front uni de résistance – tout comme le combat positif

mené pour consacrer le succès de la nouvelle

conception idéale du monde, exige des combattants

résolus. Ainsi donc une doctrine ne fera triompher ses

idées que si elle groupe sous sa bannière les éléments

les plus courageux et actifs de son époque et de son

peuple, en une organisation puissante de combat. Il faut

en outre que, tenant compte de ces éléments, elle

choisisse, dans l’ensemble de sa philosophie, un certain

nombre d’idées, et qu’elle leur donne la forme précise

et lapidaire, pouvant servir d’article de foi à un nouveau

groupement d’hommes. Tandis que le programme d’un

simple parti politique n’est qu’une recette pour l’issue

favorable des prochaines élections, le programme d’une

doctrine philosophique a la valeur d’une déclaration de

guerre contre l’ordre établi, contre un état de choses

existant, contre une conception pratique de l’existence.

Il n’est d’ailleurs pas nécessaire que chacun de ceux

qui combattent pour la doctrine soit complètement mis

au courant ni qu’il connaisse exactement chacune des

pensées du chef du mouvement. L’essentiel est qu’il

soit clairement instruit de quelques principes

fondamentaux, peu nombreux, mais très importants.

Dès lors, il sera à tout jamais pénétré de ces principes,

convaincu aussi de la nécessité de la victoire de son

parti et de sa doctrine. Le soldat non plus n’est pas

immiscé dans les plans des grands chefs. De même

qu’il vaut mieux le former à une discipline rigide, à la

conviction que sa cause est juste et doit triompher et

qu’il doit s’y vouer tout entier, de même doit-il en être

de chaque partisan d’un mouvement de grande

envergure, appelé au plus grand avenir, soutenu par la

volonté la plus ferme.

Que pourrait-on faire d’une armée dont tous les

soldats seraient des généraux, en eussent-ils les dons et

les capacités ? De même, de quelle utilité serait, pour la

défense d’une doctrine, un parti qui ne serait qu’un

réceptacle de gens « éminents ». Non, il faut aussi le

simple soldat, sans quoi on ne peut obtenir une

discipline intérieure.

De par sa nature même, une organisation ne peut

subsister qu’avec un haut commandement intelligent,

servi par une masse que guide plutôt le sentiment. Une

compagnie de deux cents hommes intelligents autant

que capables deviendrait, à la longue, plus difficile à

mener que si elle contenait cent quatre-vingt-dix

hommes moins bien doués et dix autres ayant une

formation supérieure.

La Social-Démocratie a tiré de ce fait le plus grand

profit. Elle a étendu sa domination sur les innombrables

représentants des couches populaires, à peine libérés de

l’armée et qui y avaient été dressés à la discipline ; elle

leur a imposé une discipline du parti aussi rigide que la

première. Là aussi, l’organisation comporte des

officiers et des soldats. En quittant le service militaire,

l’ouvrier allemand devenait le soldat, l’intellectuel juif

devenait l’officier ; les employés des syndicats

formaient à peu près l’équivalent des sous-officiers. Ce

qui faisait toujours hocher la tête à votre bourgeoisie –

c’est-à-dire le fait que seules les masses dites ignorantes

adhèrent au marxisme – était, en réalité, la condition

première du succès marxiste. Tandis que les partis

bourgeois, dans leur uniforme intellectualité,

constituaient une masse indisciplinée et incapable

d’agir, le marxisme constituait, avec un matériel

humain moins intelligent, une armée de militants qui

obéissaient aussi aveuglément au dirigeant juif qu’ils

avaient obéi autrefois à leur officier allemand. La

bourgeoisie allemande, qui ne s’est jamais préoccupée

sérieusement des problèmes de psychologie, se jugeant

bien au-dessus de ces choses-là, ne trouva pas

nécessaire, cette fois non plus, de réfléchir assez

longtemps pour reconnaître le sens profond et le danger

intime de cette situation de fait. On croyait, au

contraire, qu’un mouvement politique qui se recrute

uniquement dans les milieux « intellectuels », possède

par là même plus de valeur et qu’il a des prétentions

mieux fondées, et de meilleures chances que la masse

inculte, de parvenir au pouvoir. On n’avait jamais

compris que la force d’un parti politique ne réside

nullement dans l’intelligence et l’indépendance d’esprit

de chacun de ses membres, mais bien plutôt dans

l’obéissance et l’esprit de discipline avec lesquels ceux-

ci suivent le commandement spirituel. Ce qui est

décisif, ce sont les chefs eux-mêmes. Quand deux

troupes s’affrontent, la victoire n’appartient pas à celle

dont chaque soldat a reçu l’instruction stratégique la

plus poussée, mais à celle qui possède le meilleur

commandement et la troupe la mieux disciplinée, la

plus aveuglément obéissante et la mieux entraînée.

Ceci est une notion fondamentale que nous ne

devons jamais perdre de vue, lorsque nous examinerons

la possibilité de transposer dans la réalité un système

philosophique.

Si donc, pour mener nos conceptions à la victoire,

nous devons les transformer en un parti de combat, il

faut logiquement que le programme de ce dernier tienne

compte du matériel humain dont on dispose. Autant les

objectifs et les idées conductrices doivent être

inébranlables, autant le programme de propagande doit

être ajusté avec intelligence et avec une juste

psychologie aux âmes de ceux sans l’aide desquels la

plus belle des idées ne demeurera éternellement qu’une

idée.

Si l’idée raciste, aujourd’hui obscure velléité, veut

obtenir un brillant succès, il faut qu’elle tire de tout son

système idéal un certain nombre de principes

directeurs, dont la forme et le fond puissent s’imposer à

une grande masse d’hommes et à celle-là même qui est

la seule garantie de succès pour le combat doctrinal de

cette idée, j’ai nommé la classe ouvrière allemande.

C’est pourquoi le programme du nouveau parti fut

condensé en quelques principes fondamentaux, vingt-

cinq points en tout. Ils sont destinés à donner en

premier lieu à l’homme du peuple une image grossière

des aspirations du mouvement. Ils constituent, dans une

certaine mesure, une profession de foi politique qui

gagne des gens à la cause, et, qui, en outre, concrétant

une obligation commune, unit et amalgame ensemble

les nouveaux adhérents.

En tout cela, nous ne devons jamais perdre de vue

que le programme du parti, d’une absolue justesse dans

ses objectifs, a dû tenir compte, dans sa rédaction, de

certaines considérations psychologiquement

importantes ; et l’on peut très bien se persuader, avec le

temps, qu’un certain nombre des principes directeurs

pourraient être énoncés différemment, rédigés sous une

forme plus heureuse. Mais toute tentative de ce genre

serait d’un effet désastreux. L’on abandonne ainsi à la

discussion une chose qui doit demeurer tout à fait

inébranlable ; or, dès qu’un point isolé se trouve séparé

du dogme, la discussion n’aboutit pas simplement à un

énoncé nouveau meilleur et surtout à un énoncé

renforçant l’homogénéité du dogme, mais elle mène

bien plutôt à d’interminables débats et à une universelle

confusion. En pareil cas, il faut toujours considérer avec

soin ce qui est préférable : une rédaction nouvelle, qui

occasionne une dissociation à l’intérieur du

mouvement, ou une forme qui, pour le moment, n’est

peut-être pas la meilleure de toutes, mais qui constitue

un organisme autonome, solide et d’une parfaite unité

intérieure. Et tout examen démontrera que cette

dernière solution est la seule à retenir. Car les

modifications ne portant jamais que sur la forme

extérieure à donner, il apparaîtra toujours de pareilles

modifications possibles ou désirables. Mais le gros

danger est que le caractère superficiel des hommes leur

fasse voir la tâche essentielle du mouvement dans cette

question de pure forme de la rédaction d’un

programme. Dans ces conditions, la volonté et la force

de combattre pour une idée s’effacent et l’activité qui

devait se tourner vers le dehors s’use dans des querelles

intérieures de programme. Pour une doctrine dont la

justesse des grandes lignes n’est pas en cause, il est

moins nuisible de conserver un énoncé – ne

correspondrait-il pas tout à fait à la réalité – que de

vouloir l’améliorer et de livrer ainsi à la discussion

générale le dogme du parti, jusque-là aussi ferme que

du granit. Ceci est particulièrement impossible tant que

le parti combat encore pour assurer son triomphe. Car,

comment vouloir emplir des hommes d’une aveugle

confiance dans la justesse d’une doctrine, quand on

propage le doute et l’incertitude par de continuelles

modifications de sa structure extérieure.

On ne doit donc jamais chercher l’essentiel dans la

forme extérieure, mais seulement dans le sens profond.

Celui-ci est immuable ; et dans son intérêt même, on ne

peut que souhaiter que le mouvement conserve la

puissance nécessaire pour le faire triompher, en écartant

toutes les causes d’hésitation ou de division.

Ici encore, il nous faut prendre des leçons de

l’Église catholique. Bien que son édifice doctrinal, sur

plus d’un point – et souvent d’ailleurs d’une manière

surtout apparente – heurte la science exacte et

l’observation, elle se refuse pourtant à sacrifier la plus

petite syllabe des termes de sa doctrine. Elle a reconnu

très justement que sa force de résistance ne réside pas

dans un accord plus ou moins parfait avec les résultats

scientifiques du moment, résultats d’ailleurs jamais

définitifs, mais dans son attachement inébranlable à des

dogmes établis une fois pour toutes, et qui seuls

confèrent à l’ensemble le caractère d’une foi. Aussi se

maintient-elle aujourd’hui plus fermement que jamais.

On peut même prophétiser que dans la mesure où les

phénomènes insaisissables défient et continueront à

défier la poursuite des lois scientifiques sans cesse

modifiées, elle sera de plus en plus le pôle de

tranquillité vers lequel ira aveuglément l’attachement

d’innombrables humains.

Quiconque souhaite donc réellement et sérieusement

la victoire des idées racistes, doit se pénétrer de l’idée

que ce triomphe exige d’abord nécessairement

l’intervention d’un parti de combat ; ensuite, qu’un tel

parti ne saurait subsister sans recevoir la base

inébranlable, condition de toute sûreté et de toute

solidité, que constitue son programme. Le parti n’a pas

le droit de faire des concessions à l’esprit de l’époque

pour la rédaction de ce programme ; au contraire, une

fois celle-ci arrêtée au mieux, il doit s’y tenir sinon à

jamais, et en tous cas tant que la victoire n’a pas

couronné ses efforts. Avant ce terme, toute tentative

d’ouvrir des discussions sur l’opportunité de tel ou tel

point du programme brisera l’unité du parti, et affaiblira

l’esprit de lutte de tous ceux de ses partisans qui y

auront été mêlés. Ceci ne veut point dire d’ailleurs

qu’une telle « amélioration » une fois effectuée

échapperait demain à un nouvel examen critique, et

qu’elle ne devrait pas après-demain céder la place à une

forme meilleure. Quiconque renverse ici les barrières

édifiées ouvre une voie dont on voit bien le

commencement, mais dont l’aboutissement se perd

dans l’infini.

Le jeune parti national-socialiste ne devait pas

perdre de vue la portée pratique de ces enseignements.

Le parti ouvrier allemand national-socialiste a reçu

avec son programme de vingt-cinq points une base qui

doit demeurer immuable. Il n’appartient pas à ses

membres actuels et futurs de les critiquer et de les

changer ; ce sont eux qui leur tracent leur devoir. Sans

quoi la prochaine génération aura le même droit de

dissiper à nouveau ses forces dans un travail de pure

forme à l’intérieur du parti, au lieu de lui amener la

force nouvelle de nouveaux adhérents. Pour la majorité

des partisans, l’essentiel du mouvement ne sera donc

pas tant dans la lettre de nos principes directeurs que

dans l’esprit dont nous pouvons les animer.

C’est à ces considérations que notre jeune

mouvement dut autrefois son nom, et plus tard son

programme ; c’est sur elles que se base encore notre

mode de propagande. Pour aider les idées racistes à

triompher, il a fallu créer un parti populaire, parti ne

comprenant pas seulement un état-major

d’intellectuels, mais aussi des travailleurs manuels.

Toute tentative de donner corps aux théories

racistes sans une pareille organisation de combat

demeurerait vaine aujourd’hui comme par le passé, et

comme dans un avenir quelconque. C’est pourquoi le

mouvement a non seulement le droit, mais le devoir de

se considérer comme le champion et le représentant des

idées racistes. Autant les idées qui sont à la base du

mouvement national-socialiste sont racistes, autant, de

leur côté, les idées racistes appartiennent au national-

socialisme. Et si ce dernier veut l’emporter, il lui faut se

rallier sans réserves et d’une manière exclusive à ce

point de vue. Ici encore, il a non seulement le droit,

mais le devoir de bien faire ressortir que toute tentative

de représenter les idées racistes hors du national-

socialisme doit avorter, et d’ailleurs, dans la plupart des

cas, manque de sincérité.

Quand quelqu’un reproche aujourd’hui à notre

mouvement d’avoir « pris à bail » l’idée raciste, il n’y a

qu’une réponse à lui faire :

Pas seulement pris à bail, mais rendu utilisable.

Car ce que l’on entendait auparavant par ce vocable

n’était pas le moins du monde capable d’avoir quelque

influence sur le destin de notre peuple. Il manquait à

ces idées une forme claire et cohérente. Le plus

souvent, il ne s’agissait que de notions isolées sans

rapport entre elles, plus ou moins exactes – qui

n’étaient pas sans se contredire parfois – en tous cas,

sans la moindre liaison intime. Et celle-ci eût-elle

existé, elle eût été trop faible pour fonder et construire

dessus un parti.

Seul, le parti national-socialiste a mené à bien cette

tâche.





***

Si aujourd’hui toutes les associations, tous les

groupes, grands et petits – et, à mon avis, même de

« grands partis » – revendiquent le mot « raciste », c’est

la conséquence de l’action du parti national-socialiste.

Sans son travail, il ne serait même pas venu à l’idée

d’une de ces organisations de prononcer seulement le

mot « raciste » ; ce vocable n’aurait rien représenté

pour eux, et leurs dirigeants surtout n’auraient jamais

eu le moindre rapport d’aucune sorte avec lui. Seule,

l’action du N. S. D. A. P. a donné à ce mot une

signification substantielle, et l’a mis dans la bouche de

tout le monde. Avant tout le parti a montré, par le

succès de sa propre propagande, la force de l’idée

raciste, et l’appât du gain a poussé les autres à en

vouloir autant, tout au moins en paroles.

De même que, jusqu’alors, ils avaient tout mis au

service de leurs mesquines spéculations électorales, de

même ces partis ne voient aujourd’hui dans le mot

« raciste » qu’une formule vaine et creuse, avec laquelle

ils tentent de neutraliser la force d’attraction qu’exerce

sur leurs propres membres le parti national-socialiste.

Car, seul, le souci de leur propre existence et leur

inquiétude devant les succès grandissants de la doctrine

de notre parti – dont ils pressentent aussi bien

l’importance universelle que la dangereuse

intransigeance – leur mettent ce mot à la bouche : ils

l’ignoraient il y a huit ans ; ils s’en gaussaient il y a sept

ans ; il y a six ans, ils le combattaient ; l’année suivante,

ce fut de la haine, et il y a trois ans, la persécution ;

enfin, il y a deux ans, ils se l’annexaient, pour s’en

servir comme de cri de guerre dans la lutte, de pair avec

le reste de leur vocabulaire.

Et il convient aujourd’hui encore de faire remarquer

que tous ces partis n’ont pas la moindre idée de ce qui

fait besoin à notre peuple allemand. Il suffit de voir

avec quelle légèreté leurs gueules prononcent ce mot de

« raciste ».

Non moins dangereux, tous ces semble-racistes qui

ne cessent de tourner, échafaudant des plans

fantastiques, qui ne s’appuient le plus souvent que sur

une idée fixe, juste peut-être en elle-même, mais qui ne

saurait, considérée toute seule, avoir la moindre valeur

pour la formation d’une communauté de combat, et, en

tous cas, pour en édifier une. Tous ces gens qui brassent

un programme composé moitié de leurs propres

pensées, moitié du fruit de leurs lectures, sont souvent

plus dangereux que les ennemis déclarés de l’idée

raciste. Ce sont, dans les conditions les plus favorables,

des théoriciens stériles, mais souvent aussi de néfastes

hâbleurs qui, avec leur barbe de fleuve, et en jouant les

Teutons, s’imaginent masquer le vide de leur activité et

de leur savoir.

Aussi est-il bon d’opposer à toutes ces tentatives

impuissantes le souvenir de l’époque où le jeune

mouvement national-socialiste entrait dans l’arène.

Chapitre VI



Lutte des premiers temps. –

L’importance de la parole.



La première grande réunion du 24 février 1920 dans

la salle des fêtes du Hofbräuhaus1 vibrait encore en

nous, quand il fallut se mettre à préparer la seconde.

Tandis que jusqu’alors il nous avait paru douteux que

l’on pût organiser tous les mois ou tous les quinze jours

une petite réunion dans une ville comme Munich, il

fallait maintenant que tous les huit jours, c’est-à-dire

une fois par semaine, une grande réunion populaire eût

lieu. Je n’ai pas besoin de souligner qu’un seul et même

souci nous tourmentait : les gens viendraient-ils et nous

écouteraient-ils ? À vrai dire, j’avais quant à moi cette

conviction inébranlable : une fois que les gens seraient

là, ils resteraient et ils écouteraient nos discours.

En ces temps-là la salle des fêtes du Hofbräuhaus de

Munich prit une importance presque sacramentelle pour



1

Maison de la Brasserie de la Cour, nom d’une grande brasserie de

Munich.

nous, les nationaux-socialistes. Chaque semaine, une

réunion, presque toujours dans cette même salle, et

chaque fois la salle mieux remplie et les auditeurs plus

fervents ! On parla de presque tout ce qui avait quelque

importance pour la propagande ou ce qui était

nécessaire au point de vue idéologique, en commençant

par la question des « responsabilités de guerre », ce

dont personne ne se souciait à cette époque, et des

traités de paix. Que de choses le jeune mouvement a

prédites alors, sans relâche, aux grandes masses, et

comme presque tout s’est réalisé jusqu’à présent !

Aujourd’hui, il est plus facile de parler ou d’écrire sur

ces choses. Mais alors on considérait qu’une grande

réunion publique, à l’adresse non pas des bourgeois

cossus, mais des prolétaires égarés, sur « Le Traité de

Versailles », était une attaque contre la république et le

symptôme d’une mentalité réactionnaire, voire

monarchiste. Dès la première phrase contenant une

critique du traité de Versailles, on vous jetait à la tête la

réplique stéréotypée : « Et Brest-Litowsk ? Brest-

Litowsk ! » Les masses hurlaient cela à perte de souffle

ou jusqu’à l’enrouement, ou bien jusqu’à ce que le

conférencier renonçât finalement à sa tentative de les

persuader. On aurait voulu se casser la tête contre le

mur par désespoir devant un pareil peuple ! Il ne voulait

ni entendre, ni comprendre, que Versailles était une

honte et un opprobre, ni même que ce Diktat signifiait

une spoliation inouïe de notre peuple. Le travail

destructeur des marxistes et le poison de la propagande

ennemie avaient privé ces gens de toute raison. Et on

n’avait même pas le droit de s’en plaindre. La

bourgeoisie, qu’a-t-elle fait pour arrêter cette

dissolution terrible, pour s’y opposer, pour ouvrir la

voie à la vérité en éclairant mieux et plus nettement la

situation ? Rien, trois fois rien ! Je ne les ai vus alors

nulle part, ces grands apôtres racistes d’aujourd’hui.

Peut-être ont-ils parlé dans de petits cercles, dans des

salons de thé, ou dans des milieux professant les mêmes

opinions ; mais ils ne se trouvèrent pas là où ils auraient

dû être, au milieu des loups ; là, ils n’osaient paraître,

sauf dans les occasions où ils pouvaient hurler avec

eux.

Il m’était clair alors que pour les premiers militants

dont se composait au début notre mouvement, il fallait

vider à fond la question des responsabilités de guerre, et

de la vider dans le sens de la vérité historique. La

condition préalable du succès de notre mouvement était

qu’il apportât aux grandes masses la connaissance du

traité de paix. À cette époque, où tous voyaient encore

dans cette paix une victoire de la démocratie, on devait

faire front contre cette idée, et nous graver pour

toujours dans la cervelle des hommes comme les

ennemis de ce traité, afin que, par la suite, quand

l’amère réalité aurait déchiré ces oripeaux mensongers

et mis à nu leur essence de haine, le souvenir de notre

attitude dans cette question nous amène la confiance

des masses.

Dès cette époque, j’ai toujours insisté pour que, dans

les grandes questions de principe, sur lesquelles toute

l’opinion publique prenait une attitude erronée, nous

nous élevions contre elle sans craindre l’impopularité ni

la haine. Le parti ouvrier national-socialiste ne devait

pas servir de gendarme à l’opinion publique, il devait la

dominer. Il ne doit pas être le valet, mais le maître des

masses !

Il existe naturellement, surtout pour tout mouvement

encore faible, une grande tentation dans les moments où

un adversaire bien plus puissant a réussi, par son art

séducteur, à suggérer au peuple une résolution insensée

ou une fausse position : c’est la tentation de marcher et

de crier avec les autres, surtout quand quelques

arguments – encore qu’illusoires – amènent à conclure

dans le même sens que le propre point de vue du jeune

mouvement. La lâcheté humaine recherchera en ce cas

de tels arguments avec d’autant plus de ferveur qu’elle

trouve presque toujours quelque chose qui lui donne

l’ombre d’un droit, à son « propre point de vue », à

prendre part à un pareil crime. J’ai fait plusieurs

expériences pareilles où le maximum d’énergie fut

nécessaire pour empêcher le navire de notre

mouvement de se lancer dans le courant général

artificiellement provoqué, ou plutôt de se laisser

entraîner par ce courant. La dernière fois que cela

arriva, ce fut quand notre presse infernale, à laquelle

l’existence du peuple allemand importe autant que

Hécube1, réussit à donner au problème du Tyrol du Sud

une importance qui pouvait devenir fatale au peuple

allemand. Sans se demander pour qui ils travaillaient de

cette manière, nombre d’hommes, de partis, de ligues

de la tendance qu’on appelle « nationale », se joignirent

à la clameur générale, par lâcheté devant l’opinion

publique façonnée par les Juifs, et contribuèrent

stupidement à appuyer la lutte contre un système que

nous, Allemands, nous devrions considérer, dans notre

position actuelle, comme la seule éclaircie dans ce

monde en décadence. Tandis que le Juif sans patrie et

international nous serre à la gorge, lentement mais

sûrement, nos soi-disant patriotes hurlent contre

l’homme et le système qui ont osé, fût-ce sur un seul

point du globe, se libérer de l’étreinte judéo-

maçonnique, et opposer une résistance nationaliste à ce

poison de l’idéologie internationale et universelle. Mais

ce fut trop séduisant pour les caractères faibles

d’amener simplement les voiles devant la tempête et de

capituler devant les cris de l’opinion publique. Car il



1

Épouse de Priam (Iliade).

s’agit ici d’une capitulation. Les hommes, dans leur

fausseté et leur vilenie intérieures, peuvent ne pas

l’admettre, même dans leur for intérieur, mais il reste

vrai que, seules, leur lâcheté et leur peur d’une

excitation populaire, provoquée par les Juifs, les

poussèrent à marcher avec les autres. Tous les autres

motifs ne sont que subterfuges pitoyables de petits

pécheurs conscients de leurs fautes.

Il fallut alors renverser la vapeur avec une poigne de

fer pour que le mouvement ne perdît pas sa direction.

Toute tentative dans ce sens au moment où l’opinion

publique, attisée, s’élançait comme une flamme, ne

pouvait être populaire ; elle pouvait même être un

danger mortel pour l’audacieux qui l’entreprenait. Mais,

dans l’histoire, les hommes sont nombreux qui ont été

lapidés dans de pareils moments pour des actions qui

leur valurent ensuite la reconnaissance émue de la

postérité.

C’est là-dessus que doit compter un mouvement, et

non sur l’approbation éphémère du présent. Il peut

arriver à ces moments-là que l’un ou l’autre ait peur en

son for intérieur ; mais qu’il n’oublie jamais qu’après

une telle heure, viendra aussi la libération et qu’un

mouvement qui veut régénérer un monde doit servir

l’avenir et non le présent.

On peut établir ici que les succès les plus grands et

les plus durables dans l’histoire sont généralement ceux

qui restent à leur début les moins compris, parce qu’ils

se trouvent en opposition violente avec l’opinion

publique courante, avec ses vues et ses désirs.

Nous avons pu nous en rendre compte dès notre

première réunion publique. Nous n’avons vraiment,

jamais, « flatté les passions des masses », nous nous

sommes partout opposés à la folie populaire. Presque

toujours, pendant ces années-là, je m’adressais à des

hommes qui croyaient le contraire de ce que j’allais leur

dire et qui voulaient le contraire de ce que je croyais

nécessaire. La tâche était donc celle-ci : en deux heures,

détruire les convictions de deux à trois mille hommes,

saper, coup après coup, les fondements de leurs

opinions, et les conduire enfin sur le terrain de notre

conviction et de notre conception des choses.

Dans un bref espace de temps, j’appris quelque

chose d’essentiel : qu’il fallait tout d’abord arracher des

mains de l’ennemi l’arme de sa riposte. On remarqua

bientôt que nos adversaires, surtout leurs orateurs qui

portaient la contradiction dans nos réunions,

discouraient toujours suivant le même « répertoire », en

élevant contre nos assertions des objections qui

revenaient toujours, de sorte que la régularité de ce

phénomène nous fit conclure qu’il s’agissait d’une

éducation uniforme et orientée vers le même but. En

effet, tel était le cas. Nous pûmes mesurer, à cette

occasion, à quel point la propagande de nos adversaires

était remarquablement disciplinée, et c’est encore

aujourd’hui un sujet d’orgueil pour moi d’avoir trouvé

le moyen non seulement de neutraliser cette

« propagande » mais de battre ses auteurs avec leurs

propres armes. Deux ans plus tard, j’étais passé maître

dans cet art.

Il était essentiel de prévoir avant chaque discours la

nature probable et la forme des objections qui lui

seraient opposées dans la discussion et de les éplucher

complètement à l’avance dans ce même discours. Il faut

exposer, dès le début, les objections possibles, et

prouver qu’elles sont peu fondées ; l’auditeur, qui est

venu bourré d’objections qu’on lui avait inculquées,

mais qui reste de bonne foi, se laisse gagner plus

facilement en entendant réfuter les arguments qu’on a

imprimés dans sa mémoire. Ce qu’on lui avait appris

s’élimine de soi-même, et son attention est de plus en

plus attirée par la conférence.

Ce fut pour cette cause qu’après ma première

conférence sur « le traité de Versailles », que j’avais

tenue en qualité « d’instructeur », déjà devant la troupe,

je changeai son contenu, et je parlai dorénavant des

« traités de paix de Brest-Litowsk et de Versailles ».

Car, dans l’espace de temps le plus bref, je pus

constater, au cours de la discussion, que les gens ne

savaient en réalité rien du traité de Brest-Litowsk, mais

qu’une adroite propagande de parti était parvenue à le

représenter comme un des actes de violence les plus

condamnables de l’histoire. Cette insistance à présenter

aux grandes masses toujours ce même mensonge

explique pourquoi des millions d’Allemands voyaient,

dans le traité de Versailles, une juste expiation du crime

que nous avions commis à Brest-Litowsk ; ils

considéraient en conséquence que toute lutte contre le

traité de Versailles était injuste, et elle provoquait en

eux une indignation tout à fait sincère. Ce fut aussi une

des causes qui permirent au mot de « réparation »,

terme aussi monstrueux qu’insolent, de prendre droit de

cité en Allemagne. Cette formule hypocrite et

mensongère parut à des millions de nos compatriotes

égarés l’arrêt d’une justice supérieure. C’est là une

chose épouvantable, mais tel fut le cas. La meilleure

preuve en est le succès de la propagande contre le traité

de Versailles, que je faisais précéder par des

éclaircissements sur le traité de Brest-Litowsk. Je

mettais les deux traités vis-à-vis l’un de l’autre, je les

comparais point par point, je démontrais que l’un de ces

traités paraissait d’une humanité sans bornes en

comparaison de la cruauté inhumaine de l’autre, et le

résultat fut frappant. Je parlai sur ce thème dans des

réunions de deux mille hommes où, parfois, les regards

de trois mille six cents yeux hostiles se concentraient

sur moi. Et trois heures plus tard, j’avais devant moi

une masse palpitante, pleine de l’indignation la plus

sacrée et animée d’une fureur sans bornes. Encore une

fois, un grand mensonge avait été arraché du cœur et du

cerveau d’une masse comptant des milliers d’hommes,

et une vérité était plantée à sa place.

Je considérai alors que ces deux conférences : « Les

vraies causes de la guerre mondiale » et « Les traités de

paix de Brest-Litowsk et de Versailles », étaient les plus

essentielles, et je les répétai encore et toujours des

douzaines de fois sous une forme sans cesse

renouvelée, jusqu’à ce qu’une conception claire et

uniforme s’établît, au moins sur ce point, entre les

hommes parmi lesquels notre mouvement recruta ses

premiers membres.

Ces réunions eurent aussi cet avantage pour moi-

même : je m’adaptais lentement au rôle d’orateur pour

grandes réunions populaires, j’acquis l’élan pathétique

et j’appris les gestes que réclame une grande salle

contenant des milliers d’hommes.

Je n’ai pas constaté, à cette époque, de la part des

partis qui se flattent aujourd’hui d’avoir provoqué le

revirement de l’opinion publique, aucun effort pour

ouvrir au peuple les yeux dans cette direction,

abstraction faite des petits cénacles déjà mentionnés.

Quand un politicien soi-disant national faisait une

conférence dans ce sens, c’était toujours dans un milieu

qui partageait déjà ses convictions, et que ces

arguments pouvaient, tout au plus, confirmer dans ses

opinions. Mais ce n’était pas ce qui importait ;

l’essentiel, c’était uniquement de gagner, par

l’instruction et la propagande, ceux qui appartenaient

jusqu’à présent par leur éducation et leurs convictions

au camp ennemi.

Pour ouvrir les yeux au peuple, nous nous sommes

aussi servis de proclamations. Étant encore dans la

troupe, j’avais composé une proclamation mettant en

regard les traités de Brest-Litowsk et de Versailles ; elle

eut un tirage considérable et connut une grande

diffusion. Plus tard, je la fis réimprimer par le parti, et

son action fut de nouveau très efficace. Les premières

réunions furent caractérisées par le fait que toutes les

tables étaient jonchées de proclamations, de journaux,

de brochures, etc. Mais nous mettions l’essentiel de

notre effort dans la parole.

En effet, cette dernière seule est capable de

provoquer les révolutions véritablement grandes, et cela

pour des causes psychologiques générales.

J’ai déjà exposé, dans le premier volume, que tous

les grands événements qui retournent le monde entier,

ont été provoqués par la parole et non par des écrits.

Une discussion assez longue s’engagea à ce sujet dans

une partie de la presse, et, naturellement, cette idée

rencontra la plus forte opposition, surtout de la part de

nos renards bourgeois. Mais la raison même de cette

attitude confond les sceptiques. Les intellectuels

bourgeois protestent contre cette opinion uniquement

parce que la force, et le don d’influence sur les masses

par la parole, leur font manifestement défaut, car ils se

sont toujours adonnés à l’activité par la plume, en

renonçant à l’action véritablement propagandiste de la

parole. Une telle habitude entraîne inévitablement les

qualités qui caractérisent aujourd’hui notre bourgeoisie,

c’est-à-dire la perte de l’instinct psychologique

nécessaire pour agir sur les masses et les influencer.

Tandis que l’orateur ne cesse de recevoir du sein de

la masse même, au cours de sa conférence, les

rectifications nécessaires, en mesurant par l’expression

des auditeurs jusqu’à quel point ils peuvent suivre et

comprendre son exposé, et si l’impression et l’action de

ses paroles conduisent au but désiré, l’écrivain ne

connaît point du tout ses lecteurs. En conséquence, il ne

pourra pas s’orienter sur un auditoire vivant, sur une

foule qui est précisément là, devant ses yeux ; il devra

donner à son exposition un caractère plus général. Par

là, il perd, jusqu’à un certain degré, en finesse

psychologique et, par conséquent, en souplesse. Un

orateur brillant pourra donc, en général, toujours mieux

écrire qu’un écrivain brillant ne pourra parler, sauf le

cas où il s’exerce longtemps dans cet art. Il faut y

ajouter que l’homme en masse est généralement

paresseux, qu’il reste enfoncé dans l’ornière de ses

anciennes habitudes, et qu’il n’aime pas à prendre en

mains les écrits qui ne correspondent pas à ce qu’il croit

et qui ne lui apportent pas ce qu’il en attend. Un écrit

d’une tendance quelconque a le plus de chances à être

lu par ceux qui appartiennent déjà à cette même

tendance. Une proclamation ou une affiche, seules, ont

un peu plus de chances, parce qu’elles sont plus

courtes, d’attirer l’attention momentanée d’un

adversaire. L’image sous toutes ses formes, jusqu’au

film, a encore plus de pouvoir sous ce rapport. Là,

l’homme doit encore moins faire intervenir sa raison ; il

lui suffit de regarder, et de lire, tout au plus, les textes

les plus courts ; et bien nombreux sont ceux qui seront

plutôt prêts à s’assimiler une démonstration par l’image

qu’à lire un écrit plus ou moins long. L’image apporte à

l’homme dans un temps beaucoup plus court, je

voudrais presque dire d’un seul coup, la démonstration

qu’il ne pourrait retirer d’un écrit que par une lecture

fatigante.

Mais ce qui est l’essentiel, c’est qu’on ne sait

jamais, à propos d’un écrit, dans quelles mains il va

tomber ; et pourtant il doit garder toujours la même

forme. Son action, en général, sera plus ou moins

considérable dans la mesure où sa rédaction correspond

au niveau intellectuel et aux particularités du milieu de

ceux qui seront ses lecteurs. Un livre destiné aux

grandes masses doit, dès l’abord, essayer d’agir par son

style et son niveau, d’une autre façon qu’un ouvrage

destiné à des couches intellectuelles supérieures.

Ce n’est que par une telle adaptation que l’écrit peut

se rapprocher de la parole. L’orateur peut, autant qu’il

veut, traiter le même sujet que le livre ; s’il est un grand

orateur populaire, un orateur de génie, il ne traitera

jamais le même plan et le même sujet deux fois de la

même façon. Il se laissera toujours porter par la grande

masse, de sorte qu’instinctivement il trouvera toujours

les paroles nécessaires pour arriver droit au cœur de ses

auditeurs actuels. S’il commet l’erreur la plus légère, il

en trouvera la correction vivante devant lui. Comme je

l’ai déjà dit, il peut lire sur les visages de ses auditeurs :

primo, s’ils comprennent ce qu’il dit ; secundo, s’ils

peuvent suivre son exposition générale ; tertio, jusqu’à

quel point il les a convaincus qu’il a raison. S’il voit,

primo qu’ils ne le comprennent pas, il s’expliquera

d’une façon si primitive et si claire que le dernier de ses

auditeurs le comprendra ; s’il sent – secundo – qu’ils ne

peuvent pas le suivre, il va échelonner son exposition

d’une façon si lente et progressive, que le plus faible

d’entre eux ne restera pas en arrière ; et – tertio – s’il

lui paraît qu’ils ne sont pas encore convaincus du bien-

fondé de ses assertions, il les répétera encore et

toujours, avec de nouveaux exemples à l’appui, il

exposera lui-même les objections inexprimées qu’il

pressent chez eux, et il les réfutera et les pourfendra

jusqu’à ce que les derniers groupes d’opposants

finissent par avouer, par leur attitude et l’expression de

leurs visages, qu’ils ont capitulé devant son

argumentation.

Il s’agit là, bien souvent, de vaincre chez les

hommes des préventions qui ne sont pas fondées sur la

raison, mais qui sont pour la plupart inconscientes, et

ancrées seulement dans le sentiment. Surmonter cette

barrière d’antipathie instinctive, de haine passionnée, de

prévention hostile, est mille fois plus difficile que de

corriger une opinion scientifique défectueuse ou

erronée. On peut éliminer les fausses conceptions et

l’insuffisance du savoir en instruisant, mais on ne

vaincra pas ainsi la résistance du sentiment. Seul, un

appel à ces forces mystérieuses peut avoir de l’effet ; et

ce n’est presque jamais l’écrivain, c’est presque

uniquement l’orateur qui en est capable.

La preuve la plus éclatante de cette assertion, la

voici : bien que la presse bourgeoise, souvent très

habilement « faite », fût répandue dans notre peuple à je

ne sais combien de millions d’exemplaires, cette presse

n’a pas empêché la grande masse du peuple de devenir

un ennemi implacable de ce monde bourgeois. Tout ce

déluge de journaux, et tous les livres produits, année

par année, par les intellectuels, glissent sur les millions

d’hommes qui forment les couches inférieures du

peuple, comme l’eau sur un cuir huileux. Cela ne peut

s’expliquer que de deux manières : ou bien le contenu

de toute cette production littéraire de notre monde

bourgeois ne vaut rien, ou bien il est impossible

d’atteindre jusqu’au cœur des masses par l’écrit seul.

Ceci est évidemment d’autant plus vrai que la littérature

en question fera montre de moins de psychologie, ce

qui était ici le cas.

Surtout qu’on ne vienne pas nous répondre (comme

l’a fait un journal nationaliste de Berlin) que le

marxisme lui-même, par sa littérature, et surtout par

l’influence de l’œuvre fondamentale de Karl Marx,

prouve le contraire de cette assertion. Jamais argument

plus superficiel n’a été fourni à l’appui d’une thèse

fausse. Ce qui a donné au marxisme son influence

étonnante sur les masses populaires, ce n’est

aucunement le produit formel, exprimé par écrit, des

efforts de la pensée juive, mais c’est au contraire la

prodigieuse vague de propagande orale qui s’est

emparée, au cours des ans, des masses ouvrières. Sur

cent mille ouvriers allemands, en moyenne, on n’en

trouvera pas cent qui connaissent cette œuvre, qui est

étudiée mille fois plus par les intellectuels et surtout par

les Juifs que par les véritables adeptes de ce

mouvement dans la foule des prolétaires.

En effet, cet ouvrage n’a jamais été écrit pour les

grandes masses, mais exclusivement pour l’équipe

dirigeante de la machine juive à conquérir le monde ;

elle fut ensuite chauffée par un tout autre combustible :

par la presse. Car voilà ce qui distingue la presse

marxiste de notre presse bourgeoise : dans la presse

marxiste écrivent des propagandistes, et la presse

bourgeoise confie sa propagande à des écrivailleurs.

L’obscur rédacteur socialiste, qui presque toujours

n’entre à la rédaction qu’au sortir d’un meeting, connaît

son monde comme nul autre. Mais le scribe bourgeois,

qui sort de son cabinet de travail pour affronter la

grande masse, se sent déjà malade à la seule odeur de

cette masse, et n’est pas moins impuissant vis-à-vis

d’elle quand il emploie le langage écrit.

Ce qui a gagné au marxisme des millions d’ouvriers,

ce ne furent pas tant les écrits des Pères de l’Église

marxiste, mais plutôt la propagande inlassable et

vraiment prodigieuse des dizaines de milliers

d’agitateurs infatigables, en commençant par le grand

apôtre de la haine, jusqu’au petit fonctionnaire syndical,

à l’homme de confiance et à l’orateur qui intervient

dans les discussions, ce furent des centaines de milliers

de réunions, où ces orateurs populaires, debout sur une

table dans une salle de brasserie pleine de fumée,

inculquaient comme à coups de marteaux leurs idées

aux masses ; de cette façon, ils gagnèrent la

connaissance parfaite de ce matériel humain, qui leur

donna les moyens de choisir les armes appropriées pour

prendre d’assaut la citadelle de l’opinion publique. Et

puis ce furent ces démonstrations gigantesques, ces

défilés de centaines de milliers d’hommes, qui

inculquaient aux petites gens miséreux la fière

conviction qu’étant de petits vers, ils étaient aussi les

membres d’un grand dragon dont l’haleine brûlante

devait incendier un jour ce monde bourgeois tant

détesté, et que la dictature du prolétariat fêterait un beau

jour sa victoire finale.

Cette propagande formait ensuite les hommes qui

étaient prêts et préparés pour lire une presse socialiste ;

mais c’est aussi une presse qui est plutôt parlée

qu’écrite. Car, tandis que, dans le camp de la

bourgeoisie, les professeurs, les littérateurs, les

théoriciens et les écrivailleurs de toute sorte essaient

parfois de parler, chez les marxistes ce sont les orateurs

qui essaient parfois d’écrire. Et justement le Juif, dont il

s’agit surtout en cette occasion, par son adresse

dialectique mensongère et sa souplesse, restera, même

comme écrivain, plutôt un orateur propagandiste qu’un

narrateur qui écrit.

Et voilà pourquoi le monde de la presse bourgeoise

(faisant abstraction du fait qu’elle-même est en grande

partie enjuivée et qu’elle n’a donc aucun intérêt à

éduquer les grandes masses) ne peut exercer aucune

influence sur l’opinion des couches les plus nombreuses

de notre peuple. Jusqu’à quel point il est difficile de

vaincre les préjugés, les états d’âme, les sensations,

etc., et de les remplacer par d’autres, de combien

d’influences et de conditions à peine prévisibles dépend

le succès, l’orateur qui a les nerfs assez sensibles peut

le mesurer au fait que même l’heure à laquelle la

conférence a lieu peut avoir une influence décisive sur

son résultat. La même conférence, le même orateur, le

même sujet produisent une impression différente à 10

heures du matin, à 3 heures de l’après-midi, et le soir.

Quand j’étais encore un débutant, je fixais quelquefois

mes réunions dans la matinée, et je me rappelle surtout

une manifestation que nous avions organisée dans la

brasserie Kindlkeller à Munich pour protester contre

« l’oppression de territoires allemands ». C’était, à

l’époque, la plus grande salle à Munich, et le risque

paraissait grand. Pour donner aux adhérents, et à tous

ceux qui voudraient venir, autant de facilités que

possible, j’organisai la réunion un dimanche, à 10

heures du matin. Le résultat fut déprimant, mais

hautement instructif : la salle était pleine, ce qui faisait

un effet prodigieux, mais l’auditoire resta froid comme

la glace ; personne ne s’échauffa, et moi-même, comme

orateur, je me sentais profondément malheureux de ne

pouvoir établir aucun lien, pas le moindre contact, avec

mes auditeurs. Je crois n’avoir pas parlé plus mal que

d’habitude ; mais l’effet parut égal à zéro. Je quittai la

réunion fort mécontent, mais plus riche d’une

expérience. Les essais du même genre que je fis plus

tard, aboutirent tous au même résultat.

On ne doit pas s’en étonner. Allez à une

représentation théâtrale, et regardez une pièce à 3

heures et la même pièce, avec les mêmes acteurs, à 8

heures du soir, vous serez surpris par la différence de

l’effet et de l’impression. Un homme aux sensations

fines, et capable de se rendre compte de ses états d’âme,

pourra établir aussitôt que la représentation de l’après-

midi produit moins d’impression que le spectacle du

soir. C’est le même cas pour le cinéma, ce qui est bien

plus probant, parce qu’au théâtre on aurait pu dire que

l’acteur ne se donne peut-être pas tant de peine l’après-

midi que le soir, mais le film n’est pas autre dans

l’après-midi qu’à 9 heures du soir. Non, l’heure exerce

une influence certaine, aussi bien que le lieu. Il y a des

locaux qui laissent froids, pour des causes qu’on ne

perçoit que difficilement, mais qui opposent une

résistance acharnée à toute tentative de créer une

atmosphère. Les souvenirs et les images traditionnelles

qui existent dans l’homme peuvent aussi exercer une

influence décisive. Une représentation du Parsifal à

Bayreuth produira toujours un tout autre effet qu’à

n’importe quel autre lieu du monde. Le charme

mystérieux de la maison sur la colline du festival, dans

la vieille ville des margraves, ne peut être remplacé, ni

même atteint, nulle part ailleurs.

Dans tous ces cas, il s’agit de l’affaiblissement du

libre arbitre de l’homme. C’est surtout le cas pour les

réunions où viennent des hommes à préjugés contraires,

et qu’il s’agit de convertir. Le matin et encore pendant

la journée, les forces de la volonté des hommes

s’opposent avec la plus grande énergie aux tentatives de

leur suggérer une volonté étrangère, une opinion

étrangère. Mais le soir, ils succombent plus facilement à

la force dominatrice d’une volonté plus puissante. Car,

en réalité, chaque réunion de ce genre est une lutte entre

deux forces opposées. Le puissant talent oratoire d’une

nature dominatrice d’apôtre réussira plus facilement à

insuffler un nouveau vouloir à des hommes qui ont déjà

subi, d’une façon naturelle, une diminution de leur

pouvoir de résistance, plutôt que s’ils étaient encore en

pleine possession de tous les ressorts de leur esprit et de

leur volonté.

Le même but est atteint par la pénombre artificielle

et pourtant mystérieuse des églises catholiques, par les

cierges allumés, l’encens, les encensoirs, etc.

Dans cette lutte de l’orateur avec les adversaires

qu’il veut convertir, il acquiert peu à peu une

compréhension merveilleuse des conditions

psychologiques de la propagande, ce qui fait presque

complètement défaut à l’écrivain. Pour cette cause, les

écrits, avec leur effet limité, ne serviront, en général,

qu’à conserver, raffermir et approfondir les conceptions

et les opinions déjà existantes. Aucune des grandes

révolutions historiques n’a été causée par la parole

écrite qui ne fit que les accompagner.

Qu’on ne pense pas que la révolution française

serait jamais sortie des théories philosophiques, si elle

n’avait pas trouvé une armée d’agitateurs, dirigée par

des démagogues de grand style, qui excitèrent les

passions du peuple qui souffrait, jusqu’à ce qu’eût lieu

la terrible éruption volcanique qui figea de terreur toute

l’Europe. De même, la plus grande convulsion

révolutionnaire des temps nouveaux, la révolution

bolchéviste en Russie fut provoquée non pas par les

écrits de Lénine, mais par l’activité oratoire haineuse

d’innombrables apôtres – petits et grands – de la

propagande parlée.

Ce peuple qui ne savait pas lire, vraiment, ne put pas

se passionner pour la révolution communiste en lisant

Karl Marx, mais il la fit, parce que des milliers

d’agitateurs – tous, il est vrai, au service d’une même

idée – lui promirent toutes les splendeurs du ciel.

Cela fut toujours ainsi, et cela restera ainsi, toujours.

Nos intellectuels allemands, avec leur manque

complet de sens pratique, croient qu’un écrivain doit

avoir nécessairement plus d’esprit qu’un orateur. Cette

opinion est illustrée de façon exquise par un article du

journal nationaliste déjà mentionné, qui déclarait qu’on

était souvent déçu en lisant le discours d’un orateur de

grand renom. Cela me rappelle une autre critique qui

me tomba sous la main pendant la guerre ; elle

examinait à la loupe les discours de Lloyd George

(alors simple ministre des munitions) pour arriver à la

conclusion spirituelle que ces discours étaient de

deuxième ordre au point de vue moral et scientifique, et

qu’il s’agissait de productions banales et triviales. Je

tins plus tard dans mes mains quelques-uns de ces

discours sous forme de brochure et je ne pus

m’empêcher de rire aux éclats à voir comment notre

chevalier de la plume allemand était resté

incompréhensif devant ces chefs-d’œuvre de

psychologie et cet art de manier l’âme des foules. Cet

homme jugeait ces discours exclusivement au point de

vue de l’impression qu’ils produisaient sur son propre

esprit blasé, tandis que le grand démagogue anglais les

avait composés dans le seul but d’exercer sur la masse

de ses auditeurs et, dans un sens plus large, sur tout le

bas peuple anglais, une influence maximum. De ce

point de vue, les discours de cet Anglais étaient un

chef-d’œuvre prodigieux, car ils portaient témoignage

d’une connaissance étonnante de l’âme des couches

profondes de la population. Aussi leur effet fut-il

immense.

Qu’on leur compare le balbutiement impuissant

d’un Bethmann-Hollweg ! En apparence, ses discours

étaient, certes, plus spirituels, mais, en réalité, ils ne

montraient que l’incapacité de cet homme à parler à son

peuple qu’il ne connaissait point. Néanmoins, en sa

cervelle de moineau, un écrivassier allemand –

infiniment instruit, comme de juste – en vint à mesurer

l’esprit du ministre anglais par l’effet que ses discours,

calculés pour une action sur les masses, produisaient

sur son âme desséchée par l’excès de savoir et à le

comparer avec l’esprit d’un homme d’État allemand,

dont le bavardage spirituel trouvait chez lui un terrain

plus propice. Que Lloyd George fut par son génie, non

seulement égal, mais mille fois supérieur à Bethmann-

Hollweg, il le prouva en donnant à ses discours la

forme et l’expression qui lui ouvrirent le cœur de son

peuple et qui firent que ce peuple obéit sans réserve à sa

volonté. Ce sont précisément la langue primitive et la

forme élémentaire de ses expressions, l’emploi

d’exemples simples et faciles à comprendre, qui

prouvent le grand talent de cet Anglais. Car il faut

mesurer le discours d’un nomme d’État à son peuple

non d’après l’impression qu’il produit sur un

professeur d’université, mais par son action sur le

peuple lui-même. Et c’est cela seulement qui donne la

mesure du génie d’un orateur.





***





Le développement étonnant de notre mouvement,

qui surgit il y a peu d’années du néant, et qui est

aujourd’hui jugé digne des persécutions de tous les

ennemis intérieurs et extérieurs de notre peuple, tient à

ce que nous avions compris cette idée et que nous

l’avons mise en pratique.

Si essentielle que soit pour un mouvement la

littérature de parti, son but sera toujours plutôt

d’achever et d’uniformiser l’éducation des chefs

supérieurs ou inférieurs que de permettre la conquête

des masses de mentalité hostile. Un social-démocrate

convaincu ou un communiste fanatique ne s’abaisseront

que dans les cas les plus rares à acheter une brochure, et

bien moins encore un livre national-socialiste, et à le

lire pour jeter un coup d’œil sur notre philosophie ou

pour étudier notre critique de la sienne. Ils ne liront

même que bien rarement un journal qui ne porte pas

d’avance l’estampille de leur parti. Ceci, du reste, ne

serait que d’une utilité bien restreinte, car le sommaire

d’un seul numéro de journal est trop fragmentaire et

trop dispersé dans son action pour qu’on puisse attendre

de lui une influence quelconque sur le lecteur

occasionnel. Et l’on ne doit pas présumer, surtout quand

il s’agit de pfennigs, que quelqu’un va s’abonner

régulièrement à un journal ennemi par pur désir

d’information objective. C’est à peine si un seul le fera

sur dix mille. Seul, celui qui est déjà gagné au

mouvement lira l’organe du parti, relatif à l’information

courante sur son mouvement.

La proclamation « parlée » est, certes, tout autre

chose ! Celle-ci, chacun sera prêt à l’accepter, surtout

s’il la reçoit gratuitement ; et il le fera d’autant plus

volontiers si son titre énonce de manière saisissante un

sujet qui est à ce moment dans toutes les bouches. En la

parcourant avec plus ou moins d’attention, il arrive

qu’on se sente attiré par cette proclamation vers de

nouveaux points de vue et vers de nouvelles opinions,

ou même que l’on s’intéresse à ce nouveau mouvement.

Mais, dans le cas le plus favorable, cela ne peut donner

qu’une légère impulsion, jamais provoquer une décision

définitive. Car la proclamation ne peut, elle non plus,

que stimuler à quelque chose ou désigner quelque

chose, et son action ne se fera sentir qu’en rapport avec

une éducation et une instruction correspondantes chez

le lecteur, dont l’opinion est déjà faite. Et le moyen

d’agir reste encore et toujours la grande réunion

populaire.

La grande réunion populaire est déjà nécessaire à

cause de ceci : en elle, l’homme qui se sentait isolé au

début dans sa qualité de partisan futur d’un jeune

mouvement, et qui cède facilement à la peur d’être seul,

reçoit pour la première fois l’image d’une plus large

communauté, ce qui produit sur la plupart des hommes

l’effet d’un encouragement et d’un réconfort. Ce même

homme aurait marché à l’attaque dans le cadre de sa

compagnie ou de son bataillon, entouré de tous ses

camarades, le cœur plus léger qu’il ne l’eût fait

abandonné à ses propres forces. Entouré des autres, il se

sent toujours un peu plus en sûreté, même si, en réalité,

mille raisons démontrent le contraire.

La communauté d’une grande manifestation ne

réconforte pas seulement l’isolé, elle provoque l’union,

elle aide à créer un esprit de corps. L’homme qui, en

qualité de premier représentant d’une doctrine nouvelle,

éprouve de grandes difficultés dans son entreprise ou

dans son atelier, ressent le besoin urgent d’un appui

qu’il trouve dans la conviction d’être un membre, un

militant d’une grande et vaste corporation.

L’impression qu’il appartient à cette corporation, il la

reçoit pour la première fois dans la grande réunion

populaire commune. Quand, venant de son petit atelier,

ou de la grande usine où il se sent si petit, il pénètre

pour la première fois dans une grande réunion

populaire, quand il se voit entouré par des milliers

d’hommes qui ont la même foi ; ou quand, s’il s’agit de

quelqu’un qui se cherche encore, il se sent entraîné par

l’action puissante de la suggestion collective et de

l’enthousiasme de trois à quatre mille hommes ; quand

le succès visible et des milliers d’approbations lui

confirment le bien-fondé de la nouvelle doctrine et,

pour la première fois, éveillent en lui des doutes sur la

vérité de ses anciennes conceptions, alors, il tombe sous

cette influence miraculeuse que nous appelons la

suggestion de la masse. La volonté, les aspirations,

mais aussi la force de milliers d’hommes s’accumulent

dans chacun d’eux. L’homme qui pénètre dans une telle

réunion encore hésitant et indécis, la quitte tout

réconforté : il est devenu le membre d’une

communauté.

Le mouvement national-socialiste ne doit jamais

oublier cela ; et surtout il ne doit pas tomber sous

l’influence de ces bourgeois vaniteux qui croient tout

savoir mais qui néanmoins ont perdu un grand État, et

leur propre existence avec la domination de leur classe.

Oui, ils sont vraiment intelligents, ils savent tout, ils

comprennent tout ; seulement, ils n’ont pas su une

chose : éviter que le peuple allemand tombe dans les

bras du marxisme. Sur ce point, ils se sont montrés

impuissants de la façon la plus misérable et la plus

piteuse, et la haute opinion qu’ils ont encore d’eux-

mêmes n’est que l’expression de leur vanité, or, celle-ci

et la sottise sont, à en croire le proverbe, le fruit du

même arbre. Si ces gens accordent aujourd’hui peu

d’importance à la parole, ils ne le font que pour s’être

rendu compte, Dieu merci ! à quel point leurs

élucubrations personnelles sont demeurées

impuissantes.

Chapitre VII



La lutte contre le front rouge.



En 1919-1920 et aussi en 1921, j’ai assisté moi-

même à des réunions qu’on appelle bourgeoises. Elles

produisirent toujours sur moi la même impression

qu’une cuillerée d’huile de foie de morue dans ma

jeunesse. On doit l’avaler, et cela est peut être très bon,

mais le goût en est abominable ! Si on pouvait ligoter le

peuple allemand avec des cordes, et le traîner de force à

ces « manifestations » bourgeoises, tenir fermées toutes

les portes jusqu’à la fin du spectacle et ne laisser sortir

personne, alors, peut-être, en quelques siècles,

arriverait-on au succès. Il est vrai que je dois avouer

ouvertement que, dans ce cas, la vie n’aurait

probablement aucun attrait pour moi, et que j’aurais

alors préféré n’être plus un Allemand. Mais comme,

Dieu merci ! il ne peut en être question, il ne faut pas

s’étonner de ce que le peuple sain et non corrompu

évite ces « réunions bourgeoises de masses » comme le

diable l’eau bénite.

J’ai appris à les connaître, ces prophètes d’une

conception bourgeoise de la vie, et je ne m’étonne

vraiment pas, mais je comprends bien pourquoi ils

n’attachent aucune importance à l’art oratoire. J’ai

fréquenté alors les réunions des démocrates, des

nationaux allemands, du parti populiste allemand et du

parti populiste bavarois (centre bavarois). Ce qui sautait

tout de suite aux yeux, c’était l’uniformité homogène

des auditeurs. Ce n’étaient presque toujours que des

membres du parti qui assistaient à la réunion. Le tout,

sans discipline aucune, ressemblait plutôt à un club où

on bâille en jouant aux cartes qu’à une réunion de gens

venant de traverser la plus grande des révolutions. Le

conférencier, de son côté, faisait tout son possible pour

maintenir cette atmosphère languissante. Les orateurs

parlaient, ou plutôt ils lisaient à haute voix leurs

discours, dans le style d’un article spirituel de journal

ou dans celui d’une dissertation scientifique, ils

évitaient toutes les expressions fortes et proféraient çà

et là une plaisanterie professorale anodine, qui faisait

rire obligeamment toute la table du vénérable bureau :

non pas aux éclats, ce qui eût été provocant, mais en

sourdine, avec réserve et distinction.

Oh ! ce bureau !

Je vis une fois une réunion dans la salle Wagner, à

Munich ; c’était une manifestation à l’occasion de

l’anniversaire de la bataille des nations à Leipzig. Le

discours fut lu par un vieux monsieur vénérable,

professeur d’une université quelconque. Sur la tribune

se tenait le bureau. Un monocle à gauche, un monocle à

droite, et au milieu un monsieur sans monocle. Tous les

trois en redingote : on avait l’impression d’un tribunal

qui venait annoncer une condamnation à mort, ou bien

d’un baptême solennel, en tout cas d’une cérémonie

plutôt religieuse. Le prétendu discours, qui, imprimé,

aurait peut-être été assez joli, produisait un effet

simplement effroyable. Après trois quarts d’heure à

peine, toute la réunion était plongée dans une sorte de

sommeil hypnotique, troublé seulement quand un

homme ou une femme sortait, ou par le bruit que

faisaient les serveuses et par les bâillements de plus en

plus fréquents des auditeurs. Trois ouvriers présents à

cette réunion, soit par curiosité, soit délégués par leur

parti, se regardaient de temps en temps avec des

sourires ironiques mal dissimulés ; ils se poussèrent

enfin du coude et quittèrent tout doucement la salle. On

pouvait voir qu’ils ne voulaient troubler la réunion à

aucun prix. Il est vrai que cela ne valait pas la peine de

discuter dans un tel milieu. Enfin la réunion parut

toucher à sa fin. Quand le professeur, dont la voix était

devenue de plus en plus faible, eut fini sa conférence, le

président de la réunion, celui qui était assis entre les

deux porteurs de monocle, se leva, et d’une voix

claironnante s’adressa aux « sœurs allemandes » et aux

« frères » qui étaient là, en proclamant son sentiment de

la plus profonde reconnaissance pour la conférence

unique et admirable que le professeur X... venait de leur

faire d’une façon aussi agréable que consciencieuse et

profonde, cette conférence ayant été un « événement

intérieur » dans le sens le plus vrai de ce mot, et même

« une action ». Ce serait une profanation de cette heure

si sublime que de livrer à la discussion ces dissertations

lumineuses ; c’est pourquoi, sûr d’être l’interprète de

tous les auditeurs, il renonçait à ouvrir une discussion,

et proposait à tous de lever la séance et de chanter en

chœur : « Nous sommes tous un peuple uni de frères »1,

etc. Enfin, en clôturant la réunion, il proposa de chanter

l’hymne national allemand. Et ils le chantèrent ; il me

parut qu’au deuxième couplet les voix devinrent moins

nombreuses, pour ne s’enfler qu’au refrain ; au

troisième, cette impression se renforça encore, de sorte

que j’eus l’impression que tous n’étaient pas tout à fait

sûrs du texte.

Mais est-ce que cela importe, quand une pareille

chanson s’élance vers le ciel pleine de ferveur, du fond

d’une âme patriote allemande ?

Et la réunion se dispersa, c’est-à-dire chacun se

pressa de sortir au plus vite, les uns pour prendre un



1

Wilhelm Tell, serment du Rütli.

bock, les autres un café, d’autres encore pour être à l’air

libre.

Eh ! oui, sortir à l’air libre, être dehors ! Tel était

aussi mon unique désir. Et c’est cela qui doit servir à

glorifier la lutte héroïque de centaines de milliers de

Prussiens et d’Allemands ? Au diable de pareilles

manifestations !

Le gouvernement, certes, peut aimer ça. Certes,

c’est une réunion « pacifique ». Ici, un ministre n’a

vraiment pas à redouter, pour l’ordre et la sécurité, que

les flots de l’enthousiasme dépassent la mesure

administrative de correction bourgeoise, il n’a pas à

redouter que des hommes, dans l’ivresse de

l’enthousiasme, s’élancent de la salle non pas pour

arriver au plus vite dans un café ou une brasserie, mais

pour parcourir, en rangs par quatre, en marchant en

cadence, et en chantant : « Honneur à l’Allemagne ! »

les rues de la ville, et causer par cela des désagréments

à la police qui a bien besoin de repos.

Non, on peut être content de ces citoyens-là !





***





Les réunions national-socialiste, au contraire,

n’étaient pas des réunions « paisibles ». Ici, les vagues

de deux conceptions de vie s’entrechoquaient, et elles

ne finissaient pas par de fades déclamations de chants

patriotiques, mais par une éruption fanatique des

passions raciste et nationale.

Il importait, dès le début, d’établir dans nos réunions

une discipline rigoureuse et d’assurer au bureau une

autorité absolue. Car nos discours n’étaient pas un

bavardage impuissant de « conférenciers » bourgeois,

ils étaient, par leur sujet et par leur forme, faits pour

provoquer la riposte de l’adversaire. Et il y eut des

adversaires dans nos réunions ! Bien souvent ils

venaient en foules compactes, encadrant quelques

démagogues, et leurs visages reflétaient cette

conviction : « Aujourd’hui, nous allons en finir avec

vous ! »

Oui, bien souvent, ils ont été amenés chez nous en

véritables colonnes, nos amis du parti communiste,

avec le mandat bien inculqué d’avance de casser ce

soir-là toute la boutique et d’en finir avec toute cette

histoire. Et combien, souvent, tout ne tint qu’à un fil, et

seule l’énergie sans bornes de notre bureau et la

combativité brutale de notre propre police de salle

purent encore une fois contrecarrer les desseins de nos

adversaires.

Et ils avaient toutes les raisons pour être excités

contre nous.

Rien que la couleur rouge de nos affiches les attirait

dans nos salles de réunions. La bourgeoisie ordinaire

fut épouvantée quand nous recourûmes au rouge des

bolcheviks, et elle vit là quelque chose de très louche.

Les nationaux allemands faisaient courir le bruit que

nous n’étions au fond qu’une variété du marxisme, que

nous n’étions que des socialistes larvés. Car ces têtes

dures n’ont pas compris jusqu’à ce jour la différence

entre le vrai socialisme et le marxisme. Surtout quand

on découvrit que nous nous adressions dans nos

réunions non pas à des « Mesdames et Messieurs »,

mais seulement à des « compatriotes », et que nous

nous traitions entre nous de camarades de parti ; alors

beaucoup d’entre nos adversaires nous prirent pour des

marxistes. Bien souvent, nous nous sommes tordus de

rire au sujet de la panique de ces stupides bourgeois en

peau de lapin, devant ce spirituel jeu de devinettes sur

notre origine, nos intentions et notre but.





***





Nous avons choisi la couleur rouge pour nos

affiches après mûre et solide réflexion, pour faire

enrager la gauche, pour provoquer son indignation, et

pour l’amener à venir à nos réunions, ne fût-ce que dans

le but de les saboter, parce que c’était la seule façon de

nous faire entendre de ces gens-là.

Ce fut réjouissant de suivre ces années-là les

changements perpétuels de la tactique de nos ennemis,

qui témoignaient qu’ils se sentaient désorientés et

impuissants. D’abord, ils enjoignirent à leurs partisans

de ne prêter aucune attention à nous et d’éviter nos

réunions.

Cette consigne, en général, fut suivie.

Mais comme, peu à peu, quelques-uns des leurs

vinrent quand même, et que leur nombre eut une

tendance à grandir, quoique lentement, et que

l’impression faite sur eux par notre doctrine était

visible, les chefs devinrent peu à peu nerveux et

inquiets, et s’arrêtèrent à la conviction qu’on ne pouvait

se borner à rester toujours spectateurs de ce

développement, mais qu’on devait en finir avec lui par

la terreur.

Ce furent alors des appels aux « prolétaires

conscients et organisés » qui devaient aller en masse à

nos réunions, afin d’asséner les coups de poing du

prolétariat à l’« agitation monarchiste et réactionnaire »

dans la personne de ses représentants.

Alors, tout d’un coup, il arriva que nos salles de

réunions furent remplies d’ouvriers trois quarts d’heure

avant l’ouverture de la séance. Elles étaient pareilles à

des barils de poudre, qui pouvaient à chaque moment

voler en l’air, la mèche étant déjà allumée. Mais il en

advint toujours autrement. Ces hommes vinrent en

ennemis, et ils partirent, sinon déjà en partisans, du

moins avec des doutes sur la valeur de leur propre

doctrine. Peu à peu j’arrivai à fondre partisans et

adversaires, après un discours de trois heures, en une

seule masse enthousiasmée. Tout signal pour briser la

réunion restait vain. Les chefs furent alors vraiment pris

de peur, et enfin prévalut l’avis de ceux qui s’étaient

déjà auparavant opposés à cette tactique de

participation aux réunions, et qui pouvaient maintenant,

avec un semblant de raison, déclarer que l’expérience

avait prouvé qu’on devait défendre aux ouvriers, par

principe, de venir à nos séances.

De nouveau, ils ne vinrent plus, ou plutôt il en vint

moins. Mais bientôt le même jeu recommença.

L’interdiction ne fut pas observée, les camarades

vinrent toujours plus nombreux, et, enfin, ce furent les

partisans d’une tactique radicale qui prirent de nouveau

le dessus. Il fallait rendre nos réunions impossibles.

Quand il s’avéra après deux, trois, souvent après

huit ou dix réunions qu’il était plus facile de les rompre

en théorie qu’en pratique, et que le résultat de chaque

réunion était l’effritement de troupes rouges de combat,

de nouveau on entendit l’autre mot d’ordre :

« Camarades, ouvriers et ouvrières, évitez les réunions

des agitateurs nationaux-socialistes ! »

Cette même hésitation dans la tactique se retrouva

aussi dans la presse rouge. Tantôt on s’efforça de nous

ensevelir dans le silence, puis, se rendant compte que

c’était inopérant, on recourut de nouveau à la méthode

contraire. On nous « mentionna » tous les jours de l’une

ou de l’autre façon, et la plupart du temps, on

démontrait à l’ouvrier à quel point toute notre activité

était ridicule. Peu à peu, ces messieurs durent enfin

sentir que cela ne nous nuisait nullement bien au

contraire, parce que beaucoup de gens commencèrent à

se demander pourquoi on consacrait tant de phrases à

notre mouvement s’il était si ridicule que cela. La

curiosité des gens s’éveilla. Alors on fit demi-tour et on

commença, pendant quelque temps, à nous représenter

comme d’épouvantables criminels devant l’humanité.

Article sur article, commentant et démontrant toujours

nos crimes, des histoires scandaleuses où tout, de A

jusqu’à Z, était inventé de toutes pièces, devaient

couronner ce travail. Mais on parut se rendre bientôt

compte que ce genre d’attaque était également sans

effet ; au fond, il n’a fait que contribuer à concentrer sur

nous l’attention générale. J’adoptais alors l’attitude

suivante : peu importe qu’ils se moquent de nous, ou

qu’ils nous injurient ; qu’ils nous représentent comme

des polichinelles ou des criminels ; l’essentiel, c’est

qu’ils parlent de nous, qu’ils s’occupent de nous, que

peu à peu nous apparaissions aux yeux des ouvriers

comme la seule force avec laquelle il s’agit de lutter. Ce

que nous étions en réalité, ce que nous voulions

vraiment, nous saurions bien le montrer un beau jour à

la meute juive de la presse.

Une des raisons pour lesquelles il n’y eut pas, à

proprement parler, de sabotage de nos réunions, ce fut

aussi la lâcheté presque inimaginable des chefs de nos

adversaires. Dans tous les cas critiques, ils

n’envoyèrent en ligne que des subalternes, et, tout au

plus, attendirent l’issue de la bagarre en dehors de la

salle.

Nous étions presque toujours très bien renseignés

sur les intentions de ces messieurs. Non seulement

parce que nous laissâmes, pour des raisons

d’opportunité, un grand nombre des nôtres dans les

formations rouges, mais parce que les indicateurs

rouges furent atteints d’un penchant au bavardage qui

nous fut très utile, mais qui, en général, se rencontre

malheureusement trop souvent chez le peuple allemand.

Ils ne pouvaient tenir la bouche close, quand ils avaient

conçu quelque plan, et dans la plupart des cas, ils se

mettaient à caqueter avant que l’œuf ne fût pondu. C’est

ainsi que, bien souvent, nous avions fait les préparatifs

les plus détaillés sans que les équipes de briseurs rouges

se doutassent le moins du monde qu’ils allaient

immédiatement être jetés dehors.

À cette époque, nous étions forcés de faire nous-

mêmes la police de nos réunions ; on ne pouvait jamais

compter sur la protection des autorités ; au contraire,

elles ne protègent que les fauteurs de troubles, ainsi que

l’expérience le prouve. Car le seul résultat réel d’une

intervention des autorités, c’est-à-dire de la police, était

la dispersion d’une réunion, c’est-à-dire sa clôture. Et

c’était le but et l’unique intention des saboteurs

ennemis.

D’ailleurs, un usage s’est établi dans la police à cet

égard, qui est le plus monstrueux et le plus contraire à

toute notion de droit qu’on puisse imaginer. Quand les

autorités apprennent de quelque manière qu’on peut

redouter une tentative de faire échouer une réunion, non

seulement elles ne font rien pour arrêter les

perturbateurs, mais elles défendent aux autres, aux

innocents, de tenir leur réunion, et un esprit normal de

policier considère encore que c’est la preuve d’une

grande sagesse. Ils appellent cela « une mesure

préventive pour empêcher une infraction aux lois ».

Le bandit résolu a donc toujours la possibilité de

rendre impossible à l’homme honnête toute action et

toute activité politique. Au nom de la sécurité et de

l’ordre, l’autorité de l’État s’incline devant le bandit, et

enjoint à l’innocent de bien vouloir ne pas le provoquer.

Ainsi, quand les nationaux-socialistes voulaient tenir

des réunions dans tel ou tel local, et que les syndicats

déclaraient que cela amènerait leurs membres à s’y

opposer par la violence, non seulement la police ne

mettait point sous les verrous ces messieurs les maîtres-

chanteurs, mais elle interdisait notre réunion. Oui, ces

représentants de la loi eurent même l’impudence

incroyable de nous faire savoir cela par écrit un nombre

incalculable de fois.

Si on voulait se protéger contre de telles

éventualités, il fallait prendre des mesures pour que

toute tentative de désordre fût rendue impossible dès le

début.

À cela s’ajoutait la considération suivante :

Toute réunion qui est protégée uniquement par la

police, discrédite ses organisateurs aux yeux de la

grande masse. Les réunions qui nécessitent la

protection d’un fort barrage de police n’exercent

aucune attraction, parce qu’un déploiement de force est

la condition préalable du succès parmi les couches

inférieures du peuple.

De même qu’un homme courageux peut conquérir

plus aisément les cœurs féminins qu’un lâche, de même

un mouvement héroïque conquiert le cœur d’un peuple

mieux qu’un mouvement pusillanime, ne se maintenant

que grâce à la protection de la police.

C’est surtout pour cette dernière raison que le jeune

parti devait prendre des mesures pour défendre son

existence lui-même et briser le terrorisme de

l’adversaire par ses propres forces.

La protection des réunions fut obtenue :

1° En les dirigeant avec énergie et avec un sens

psychologique sûr.

2° Grâce à une troupe organisée de camarades

chargés de maintenir l’ordre.

Quand nous organisions une réunion, nous en étions

les maîtres et nul autre. Et nous avons affirmé,

inlassablement et en toute occasion, ce droit à rester les

maîtres. Nos adversaires savaient parfaitement que

celui qui nous provoquait était jeté dehors sans aucune

indulgence, ne fussions-nous qu’une douzaine contre

cinq cents. Dans les réunions d’alors, surtout en dehors

de Munich, il arriva qu’il y avait quinze ou seize

nationaux-socialistes devant cinq, six, sept ou huit cents

adversaires. Mais nous n’aurions quand même pas

toléré une provocation quelconque, et ceux qui

assistaient à nos réunions savaient très bien que nous

nous serions fait assommer sur place plutôt que de

capituler. Il arriva plus d’une fois qu’une poignée de

nos camarades s’affirma héroïquement contre une

énorme masse de rouges qui hurlaient et cognaient. Il

est vrai qu’on eût pu, finalement, venir à bout de ces

quinze à vingt hommes. Mais les autres savaient

qu’auparavant au moins une quantité double ou triple

de leurs partisans aurait eu le crâne défoncé, et ils ne

s’y risquaient pas volontiers.

Nous avons essayé donc de nous instruire en

étudiant la tactique des réunions marxistes et

bourgeoises, et ces observations ont porté fruit.

Les marxistes eurent toujours une discipline

aveugle, à tel point que l’idée même de tenter de

saboter une réunion marxiste ne pouvait se poser, du

moins de la part des bourgeois. Par contre, les rouges

nourrissaient d’autant plus ces intentions-là. Ils étaient

non seulement parvenus sous ce rapport à une véritable

virtuosité, mais ils étaient arrivés à faire régner dans de

nombreuses provinces cette idée que le seul fait d’y

organiser une réunion non-marxiste était une

provocation envers le prolétariat ; surtout quand ceux

qui tiraient les ficelles chez eux pressentaient que, dans

cette réunion, on pourrait peut-être dresser la liste de

leurs crimes et dévoiler leur bassesse de menteurs

acharnés à tromper le peuple. Quand une telle réunion

était annoncée, toute la presse rouge poussait un tolle

furieux, et bien souvent ces détracteurs systématiques

des lois s’adressaient d’abord aux autorités, avec la

prière aussi instante que menaçante, d’interdire aussitôt

cette provocation du prolétariat, afin que « le pire fût

évité ». Ils conformaient leur langage à la bêtise de

l’administration, et obtenaient ainsi le succès voulu.

Mais si, par hasard, ils se trouvaient en face non pas

d’une piteuse créature indigne de ses fonctions, mais

d’un vrai fonctionnaire allemand qui repoussait leur

honteux chantage, alors on lançait l’appel bien connu

de ne pas tolérer une telle « provocation du prolétariat »

et de se trouver à telle date en masse à cette réunion,

pour « rabattre le caquet des misérables bourgeois avec

les poings noueux du prolétariat ».

Ah ! il faut avoir vu une de ces réunions

bourgeoises, avoir assisté une fois à toute la détresse et

à toute l’anxiété de son bureau ! Bien souvent, devant

de pareilles menaces, ils renonçaient à leur réunion : Ou

bien, la peur restait si grande qu’ils ne la commençaient

qu’à 8 heures trois quarts ou à 9 heures au lieu de 8

heures. Le président se donnait toutes les peines du

monde pour expliquer aux « messieurs de l’opposition »

ici présents, en leur faisant mille compliments, combien

il lui était agréable (pur mensonge !) à lui et aux autres

assistants, que des hommes qui ne partageaient pas

encore leurs convictions fussent venus ; car, seule, une

discussion contradictoire (qu’ainsi il promettait

solennellement d’avance) pouvait confronter les

opinions, faire naître la compréhension mutuelle et jeter

un pont des uns aux autres. Il assurait encore, de plus,

qu’il n’entrait aucunement dans les buts de cette

réunion de rendre qui que ce soit infidèle à son

ancienne opinion. En effet, chacun peut gagner le ciel à

sa façon1, il faut donc laisser à autrui sa liberté

d’opinion ; il prie donc qu’on permette au conférencier

d’achever son discours, qui d’ailleurs ne sera pas long,

et qu’on ne donne pas au monde, du moins dans cette

réunion, le spectacle honteux de la discorde entre frères

allemands... Pouah !

Les braves frères de gauche, pour la plupart, ne

montrèrent aucune mansuétude ; le conférencier n’avait

pas eu le temps d’entamer son discours qu’il devait déjà

plier bagages sous une pluie d’injures des plus

violentes ; et souvent on avait même l’impression qu’il

devait encore remercier le sort qui abrégeait de la sorte

son martyre. Sous une avalanche de huées, tous ces

toréadors des réunions bourgeoises quittaient l’arène, si

on ne les faisait pas descendre précipitamment par

l’escalier la tête pleine de bosses, ce qui arriva bien

souvent.

Ce fut donc pour les marxistes quelque chose de

nouveau, quand nous, les nationaux-socialistes, nous





1

Mot de Frédéric le Grand : « Ein jeder mag nach seiner Fasson selig

werden. »

organisâmes nos réunions, et surtout la façon dont nous

les organisâmes. Ils venaient chez nous, sûrs de pouvoir

naturellement répéter ce petit jeu qu’ils avaient joué

tant de fois. « Aujourd’hui, nous en finissons avec ces

gens-là ! » Bien souvent, l’un d’eux criait fièrement

cette phrase à un autre en entrant dans notre salle, mais

se trouvait mis dehors instantanément avant d’avoir pu

proférer une seconde interjection.

D’abord, nous avions une tout autre méthode pour

diriger les réunions. Chez nous, on ne mendiait pas

pour que le public ait la bonté d’écouter notre

conférence, on ne promettait pas une discussion

interminable, nous décrétions dès l’abord que nous

étions les maîtres de la réunion, et que celui qui se

permettrait, ne fût-ce qu’une seule fois, de nous

interrompre, serait impitoyablement jeté dehors. Nous

déclinions d’avance toute responsabilité pour son sort ;

si nous en avions le temps et si cela nous convenait,

nous pourrions peut-être admettre une discussion ;

sinon, il n’y en aurait pas, voilà tout ; pour le moment

M. le conférencier Untel a la parole.

Cela déjà les frappa de stupeur.

En second lieu, nous possédions une police de salle

bien organisée. Chez les partis bourgeois, ce service

d’ordre était effectué la plupart du temps par des

personnages qui croyaient que leur âge leur donnait un

certain droit à se faire obéir et respecter. Comme les

masses embrigadées par le marxisme se souciaient peu

de l’âge, de l’autorité et du respect, ce service d’ordre

bourgeois était pour ainsi dire inexistant. Dès le début

de notre campagne, j’ai jeté les fondements de

l’organisation de notre service de protection sous la

forme d’un service d’ordre, recruté exclusivement

parmi des jeunes. Pour la plupart, c’étaient des

camarades de régiment, d’autres étaient de jeunes

camarades de parti récemment inscrits, auxquels on

devait surtout apprendre ceci : que la terreur ne pouvait

être brisée que par la terreur ; que sur cette terre, seul

l’homme audacieux et résolu a toujours triomphé ; que

nous luttions pour une idée si puissante, si noble et si

élevée qu’elle méritait bien qu’on la défendît et la

protégeât au prix de la dernière goutte de son sang. Ils

étaient pénétrés de cette conviction, que quand la raison

se tait, la dernière décision appartient à la violence, et

que la meilleure arme défensive est l’attaque ; et que

notre service d’ordre devait être partout précédé de la

réputation qu’il n’était pas un club de rhéteurs, mais

une association de combat extrêmement énergique. Et

que cette jeunesse avait soif d’un tel mot d’ordre !

Que cette génération de combattants était déçue et

indignée ! Qu’elle était pleine de mépris et de répulsion

pour ces poules-mouillées de bourgeois !

On voyait clairement que la révolution n’avait pu

avoir lieu que grâce à l’anéantissement des forces vives

de notre peuple par le gouvernement bourgeois. Les

poings pour protéger le peuple allemand étaient encore

là, mais ce sont les têtes qui ont manqué pour les

diriger. Quelles lueurs je vis poindre dans les yeux de

mes gars quand je leur expliquais la nécessité de leur

mission, quand je leur assurais que la plus grande

sagesse du monde reste impuissante si aucune force ne

la sert, ne la défend, ne la protège, que la douce déesse

de la paix ne peut paraître qu’aux côtés du dieu de la

guerre, et que toute grande œuvre de paix doit être

soutenue et protégée par la force. Comme l’idée de la

conscription militaire leur parut sous une forme

nouvelle ! Non pas dans le sens où la conçoit l’esprit

pétrifié de vieux fonctionnaires ankylosés, au service de

l’autorité morte d’un État mort, mais dans la conscience

vivante du devoir de s’engager à défendre, par le

sacrifice de la vie individuelle, la vie du peuple entier,

toujours et en tout temps, à toute place et en tout lieu.

Et comme ces gars entraient alors dans la mêlée !

Comme une nuée de guêpes, ils se ruaient sur les

perturbateurs de nos réunions, sans se soucier de leur

supériorité numérique, fût-elle écrasante, sans craindre

d’être blessés et de verser leur sang, pleins de cette

grande idée unique de frayer la voie à la mission sacrée

de notre mouvement.

Dès la fin de l’été 1920, l’organisation de notre

service d’ordre acquit des statuts précis et, au printemps

1921, il fut peu à peu divisé en centuries, qui se

subdivisaient encore en groupes.

Et c’était urgent et nécessaire, car notre activité

s’était toujours accrue. Nous nous assemblions encore

assez souvent dans la salle des fêtes du Hofbräuhaus de

Munich, mais encore plus souvent dans des salles plus

grandes de cette ville. La salle des fêtes du Bürgerbräu1

et le Kindlkeller2 de Munich virent, au cours de

l’automne et de l’hiver 1920-1921, des réunions

toujours plus nombreuses et imposantes, et la même

scène se répétait toujours : l’accès aux manifestations

du parti national-socialiste allemand ouvrier devait

être fermé par la police avant même le début de la

réunion, parce que la salle était comble. L’organisation

de notre service d’ordre nous amena à résoudre une

question très essentielle. Le mouvement ne possédait

jusqu’à ce moment aucun insigne du parti, ni aucun

drapeau. L’absence de tels symboles n’avait pas

seulement des inconvénients momentanés, mais était

inadmissible pour l’avenir. Les inconvénients étaient

surtout que les camarades du parti ne possédaient aucun

signe extérieur de leur association, et, d’autre part, on



1

Brasserie bourgeoise, nom d’une grande brasserie.

2

Caveau de l’Enfant, encore une grande brasserie.

ne pouvait admettre pour l’avenir l’absence d’un

insigne, symbole du mouvement, à opposer à

l’emblème international.

Dès ma jeunesse, j’ai eu bien souvent l’occasion de

reconnaître et aussi de sentir toute l’importance

psychologique d’un pareil symbole. Je vis après la

guerre une manifestation de masses marxistes devant le

palais royal et au Lustgarten. Une mer de drapeaux

rouges, de brassards rouges, de fleurs rouges donnaient

à cette manifestation, qui réunissait près de cent vingt

mille personnes, un aspect extérieur vraiment

impressionnant. Je pouvais sentir et comprendre moi-

même combien il est aisé à un homme du peuple de se

laisser séduire par la magie suggestive d’un spectacle

aussi grandiose.

La bourgeoisie, qui ne possède ni ne représente,

comme parti politique, aucune conception

philosophique de la vie, n’avait en conséquence aucun

drapeau à elle. Composée de « patriotes », elle s’ornait

des couleurs du Reich. Si ces couleurs avaient été le

symbole d’une conception de la vie déterminée, on

aurait pu croire que les dirigeants voyaient dans ce

symbole la représentation de leur conception de la vie,

devenu, par leur activité même, le drapeau de l’État et

du Reich.

Mais tel n’était point le cas.

Le Reich avait été charpenté sans le secours de la

bourgeoisie allemande et son drapeau était né du sein

de la guerre. En conséquence, il n’était véritablement

qu’un drapeau représentatif d’un État et n’avait aucun

sens philosophique spécial.

Sur un seul point du territoire de langue allemande,

dans l’Autriche allemande, existait quelque chose

d’approchant d’un drapeau bourgeois de parti. En

adoptant les couleurs de 1848, noir-rouge-or, comme le

drapeau de son parti, une partie de la bourgeoisie

nationale autrichienne créa un symbole qui, bien que

sans signification idéologique, avait un caractère

révolutionnaire au point de vue de l’État. Les

adversaires les plus acharnés de ce drapeau noir-

rouge-or – on ne devrait jamais l’oublier de nos jours –

ont été les social-démocrates et les chrétiens-sociaux,

c’est-à-dire les cléricaux. Ce sont eux qui ont alors

injurié, souillé et sali ces couleurs, tout comme ils

jetèrent, en 1918, les couleurs noir-blanc-rouge dans la

poubelle. Il est vrai que le noir-rouge-or des partis

allemands de l’ancienne Autriche fut la couleur de

1848, c’est-à-dire celle d’une époque, peut-être pleine

d’illusions, mais qui eut pour représentants les âmes

allemandes les plus honnêtes, quoique le Juif qui tira les

ficelles se tînt invisible dans la coulisse. Donc, ce n’est

que la trahison à la patrie et le maquignonnage

impudent d’hommes allemands et de territoires

allemands qui rendirent ces drapeaux tellement

sympathiques au marxisme et au centre, au point qu’ils

l’adoptent aujourd’hui comme ce qu’ils ont de plus

sacré et qu’ils fondent des « ligues »1 à eux pour la

protection de ce drapeau sur lequel ils crachaient

auparavant.

Jusqu’à l’année 1920, ne s’opposait donc en fait au

marxisme aucun drapeau qui incarnât une conception

de la vie diamétralement opposée à celui-ci. Quoique

les partis les plus sains de la bourgeoisie allemande ne

voulussent pas, après 1918, se prêter à l’adoption du

drapeau noir-rouge-or du Reich qu’on avait découvert

tout à coup, on n’avait aucun programme d’avenir à

opposer aux tendances nouvelles, tout au plus l’idée

d’une reconstitution de l’empire disparu.

C’est à cette idée que le drapeau noir-blanc-rouge de

l’ancien Reich doit sa résurrection sous la forme du

drapeau de nos partis bourgeois soi-disant nationaux.

Il est évident que le symbole d’une situation qui

pouvait être détruite par le marxisme dans des

circonstances et avec des conséquences très peu

glorieuses, convient mal comme emblème au nom

duquel ce même marxisme doit être anéanti. Si sacrées



1

Pendant l’hiver 1923-1924, les partis républicains fondèrent la ligue

Reichsbanner (Bannière d’empire).

et si chères que doivent être ces anciennes couleurs

d’une beauté unique, dans leur jeune et frais

assemblage, à tout Allemand honnête qui a combattu

sous ce drapeau et qui a vu toutes les victimes tomber,

elles ne peuvent être le symbole d’une lutte pour

l’avenir.

J’ai toujours, différant en ceci des politiciens

bourgeois, défendu dans notre mouvement le point de

vue que c’est un vrai bonheur pour la nation allemande

d’avoir perdu son ancien drapeau. Ce que la république

fait sous son propre drapeau, cela peut nous rester

indifférent. Mais nous devons du fond de notre cœur

remercier le sort de ce qu’il fut assez clément pour

préserver le drapeau de guerre le plus glorieux de tous

les temps de l’opprobre de servir de drap de lit pour la

prostitution la plus honteuse. Le Reich actuel qui se

vend et vend ses citoyens, n’aurait jamais dû arborer le

drapeau noir-blanc-rouge de l’honneur et de l’héroïsme.

Aussi longtemps que dure la honte de novembre, le

régime actuel doit en porter la marque extérieure et n’a

pas le droit de voler l’emblème d’un passé plus

honorable. Nos politiciens bourgeois devraient se

rendre compte que quiconque revendique le drapeau

noir-blanc-rouge pour cet État-ci, commet un vol à

l’égard de notre passé. Le drapeau de jadis convenait

seulement à l’empire de jadis, et la république – Dieu

soit loué ! – a choisi pour elle celui qui lui convenait le

mieux1.

C’est ainsi que nous, les nationaux-socialistes, nous

ne considérons pas que le déploiement de l’ancien

drapeau soit un symbole expressif de notre activité, car

nous ne voulons pas ressusciter le vieil empire qui a

péri par ses propres fautes, nous voulons fonder un État

nouveau.

Le mouvement qui combat aujourd’hui dans ce sens

contre le marxisme doit exprimer aussi par son drapeau

le symbole d’un État nouveau.

La question du nouveau drapeau, c’est-à-dire celle

de son aspect, nous préoccupa alors beaucoup. De tous

côtés nous recevions des suggestions pavées de bonnes

intentions, mais dénuées de valeur pratique. Le nouveau

drapeau devait être en même temps un symbole de

notre propre lutte, être décoratif et suggestif. Celui qui a

souvent eu affaire aux masses sait que ces détails

insignifiants en apparence sont, en réalité, très

importants. Un insigne impressionnant peut, dans des

centaines de milliers de cas, éveiller le premier intérêt à

l’égard d’un mouvement.

Pour cette raison, nous devions rejeter toutes les

propositions qu’on nous faisait de différents côtés de



1

Noir-rouge-or.

symboliser notre mouvement par un drapeau blanc, ce

qui eût rappelé l’ancien État ou plutôt les partis débiles

dont le but unique était la reconstitution d’un état de

choses disparu. De plus, le blanc n’est pas une couleur

entraînante. Elle convient à de chastes sociétés de

jeunes filles, mais pas à des mouvements explosifs

d’une époque de révolutions.

Le noir nous fut aussi proposé : quoiqu’il convînt

bien à l’époque présente, on ne pouvait voir en lui

aucune indication définie sur les aspirations de notre

mouvement. Enfin, cette couleur non plus n’exerce pas

une action entraînante.

Blanc-bleu devait être éliminé, malgré son

merveilleux effet esthétique, parce que c’était la couleur

d’un État allemand particulier1 et d’une tendance

politique suspecte à cause de son étroit particularisme.

En outre, on y aurait aussi difficilement trouvé une

indication quelconque sur notre mouvement. Les

mêmes raisons firent écarter le noir-blanc2.

Pour noir-rouge-or, la question ne se posait même

pas.

Pour noir-blanc-rouge non plus, pour les raisons

déjà indiquées, du moins dans leur composition



1

Couleurs de la Bavière.

2

Couleurs de la Prusse.

actuelle. Mais cet ensemble de couleurs exerce quand

même une action bien supérieure aux autres. C’est

l’accord le plus rayonnant qui existe.

Je me prononçai toujours pour la conservation des

anciennes couleurs, non seulement parce qu’elles sont

pour moi, en tant qu’ancien soldat, ce qu’il y a de plus

sacré au monde, mais aussi parce qu’elles

correspondent le plus à mon sens esthétique.

Néanmoins je dus refuser sans exception les projets

innombrables qui me parvenaient du sein de notre jeune

mouvement, et qui, pour la plupart, traçaient la croix

gammée sur le fond de l’ancien drapeau. Moi-même,

étant le chef, je ne voulais pas imposer mon propre

projet, parce que quelqu’un pouvait m’en suggérer un

autre aussi bon ou même meilleur. En effet, un dentiste

de Starnberg me soumit un projet qui n’était pas

mauvais du tout, qui, d’ailleurs, se rapprochait du mien,

et n’avait qu’un seul défaut : la croix gammée, aux

branches caudées, se profilait sur un rond blanc. Moi-

même, après d’innombrables essais, je m’arrêtai à une

forme définitive : un rond blanc sur fond rouge, et une

croix gammée noire au milieu. Après de longs essais, je

trouvai aussi une relation définie entre la dimension du

drapeau, la grandeur du rond blanc, la forme et

l’épaisseur de la croix gammée.

Et c’est resté ainsi.

Dans le même esprit, nous commandâmes aussitôt

des brassards pour les membres de notre service

d’ordre, une bande rouge, sur laquelle se voyait un rond

blanc avec une croix gammée noire.

L’insigne du parti fut tracé suivant les mêmes

lignes : un rond blanc sur fond rouge, une croix

gammée au milieu. Un orfèvre de Munich, Füss, livra le

premier insigne valable, qui fut conservé par la suite.

À la fin de l’été 1920, notre nouveau drapeau fut

présenté pour la première fois au public. Il convenait

parfaitement à notre jeune mouvement. Il était jeune et

nouveau comme celui-ci. Personne ne l’avait encore vu,

il agit comme une torche enflammée. Nous éprouvâmes

nous-mêmes une joie presque enfantine, quand une

fidèle camarade de parti exécuta pour la première fois

le croquis et nous livra le drapeau. Peu de mois plus

tard, nous en avions déjà à Munich une demi-douzaine,

et notre service d’ordre qui grandissait toujours en

nombre contribua surtout à répandre ce nouveau

symbole du mouvement.

Car, c’est vraiment un symbole ! Non seulement

parce que les couleurs uniques, ardemment aimées de

nous tous, et qui avaient jadis acquis tant d’honneur au

peuple allemand, témoignaient de notre respect pour le

passé, c’était aussi la meilleure incarnation des

aspirations de notre mouvement. Nationaux-socialistes,

nous voyions dans notre drapeau notre programme.

Dans le rouge, nous voyions l’idée sociale du

mouvement ; dans le blanc, l’idée nationaliste ; dans la

croix gammée, la mission de la lutte pour le triomphe

de l’aryen et aussi pour le triomphe de l’idée du travail

productif, idée qui fut et restera éternellement

antisémite.

Deux ans plus tard, quand notre service d’ordre fut

devenu une troupe de combat, englobant des milliers

d’hommes, il parut nécessaire de donner à cet

organisme de combat un symbole spécial de victoire :

l’étendard. C’est moi qui l’ai tracé, et j’ai confié son

exécution à un vieux et fidèle camarade de parti, le

maître-orfèvre Gahr. Depuis, l’étendard est l’emblème

du combat national-socialiste.





***





Notre activité, qui s’intensifia sans cesse au cours de

l’année 1920, nous amena enfin à tenir parfois deux

réunions par semaine. Des foules s’assemblaient devant

nos affiches, les plus grandes salles de la ville étaient

combles, et des dizaines de milliers de marxistes égarés

ont retrouvé le sentiment de leur communauté avec leur

peuple pour devenir des pionniers du libre Reich de

l’avenir.

Le public commença à nous connaître à Munich. On

parla de nous, le mot « national-socialiste » devint

courant, et c’était déjà un programme en soi. Le nombre

de sympathisants, et même celui des membres du parti

commença à croître sans interruption, de sorte que nous

pûmes, déjà pendant l’hiver 1920-1921, paraître à

Munich comme un parti puissant.

Les partis marxistes exceptés, aucun parti, surtout

aucun parti national, ne put se prévaloir de

manifestations aussi nombreuses, aussi imposantes que

les nôtres. La salle du Kindlkeller de Munich, qui

pouvait contenir cinq mille hommes, fut plus d’une fois

pleine à craquer, et il n’y avait qu’une seule salle que

nous n’avions pas encore osé affronter, c’était celle du

cirque Krone.

Fin janvier 1921, de graves soucis assaillirent à

nouveau l’Allemagne. L’accord de Paris, sur la base

duquel l’Allemagne s’était engagée à payer la somme

insensée de cent milliards de marks-or, devait se

concréter sous la forme de l’ultimatum de Londres.

L’union des associations dites racistes, qui existait à

Munich depuis longtemps déjà, voulait organiser à cette

occasion une grande protestation en commun. Le temps

pressait beaucoup, et moi-même je devenais nerveux

devant les éternelles hésitations et les atermoiements

dans l’application des résolutions prises. On parla

d’abord d’une manifestation sur la Königsplatz, mais on

y renonça, parce qu’on avait peur d’être dispersés et

roués de coups par les rouges, et on projeta une

manifestation de protestation devant la Feldherrnhalle1.

Mais on renonça aussi à cela, et on proposa une réunion

en commun dans le Kindlkeller de Munich. Entre

temps, les jours fuyaient, les grands partis ne se

souciaient aucunement de l’extrême gravité des

événements et le comité central ne put se décider à fixer

une date précise pour la manifestation projetée.

Le mardi 1er février 1921, je réclamai d’urgence une

décision définitive. On me renvoya au mercredi. Le

mercredi, j’exigeai une réponse absolument nette : la

réunion aurait-elle lieu ? et quand ? La réponse fut de

nouveau imprécise et évasive ; on déclara que le comité

« avait l’intention » d’organiser la manifestation le

mercredi suivant.

Je fus à bout de patience, et je décidai d’organiser

seul la réunion de protestation. Mercredi à midi, je

dictai le texte de l’affiche en dix minutes, à la machine,

et je fis en même temps louer le cirque Krone pour le

lendemain, jeudi 3 février.





1

C’est au même endroit que, le 9 novembre 1923, échoua le putsch

hitlérien.

C’était alors infiniment hasardeux. Non seulement il

était douteux que nous pussions remplir l’immense

salle, mais nous courions aussi le danger d’être mis en

pièces. Notre service d’ordre était bien insuffisant pour

cette salle immense. Je n’avais non plus aucune idée

précise sur la tactique à suivre dans le cas d’une

tentative de sabotage de la réunion. Je pensai que la

réaction serait beaucoup plus difficile dans

l’amphithéâtre d’un cirque que dans une salle ordinaire.

En réalité, il s’avéra que c’était juste le contraire. Il était

plus facile de maîtriser une bande de saboteurs dans

l’espace immense d’un cirque que dans des salles

bondées.

On était sûr d’une chose : tout échec pouvait nous

rejeter dans l’ombre pour longtemps. Car un seul

sabotage réussi d’une de nos réunions eût détruit d’un

coup notre auréole et aurait encouragé nos adversaires à

répéter ce qui leur aurait réussi une fois. Cela aurait pu

conduire au sabotage de toute notre activité en fait de

réunions, et nous n’aurions pu rétablir la situation que

dans bien des mois et après les luttes les plus dures.

Nous n’avions qu’un seul jour pour afficher, ce

même jeudi. Malheureusement, il plut dans la matinée,

et l’on put redouter avec quelque raison que, dans de

telles conditions, la plupart des gens ne préfèrent rester

chez eux au lieu de courir, sous la pluie et la neige, à

une réunion où on pouvait se faire assommer.

En somme, dans la matinée, j’eus peur tout d’un

coup que la salle ne fût pas remplie (j’aurais été, dans

ce cas, compromis aux yeux du comité central), de sorte

que je dictai à la hâte plusieurs proclamations et les fis

imprimer pour les distribuer dans l’après-midi. Elles

contenaient naturellement l’invitation d’assister à la

réunion.

Deux camions, que je fis louer, furent décorés

d’autant de rouge que possible, on y planta quelques

drapeaux, et on les fit occuper par quinze à vingt

camarades du parti ; ils reçurent l’ordre de circuler

inlassablement dans les rues de la ville, en jetant les

proclamations, afin de faire de la propagande pour la

manifestation populaire du soir. Ce fut la première fois

que, dans les rues, circulèrent des camions avec

drapeaux, qui ne fussent pas occupés par des marxistes.

La bourgeoisie, bouche bée, suivait d’un regard fixe ces

camions décorés de rouge et ornés de drapeaux à croix

gammée, flottant au vent, tandis que dans les quartiers

extérieurs s’élevaient d’innombrables poings serrés,

dont les possesseurs paraissaient remplis de rage par

cette nouvelle « provocation au prolétariat ». Car le

marxisme seul avait le droit de tenir des réunions, ainsi

que celui de circuler en camion.

À 7 heures du soir, le cirque était encore peu garni.

On me renseignait par téléphone toutes les dix minutes,

et je devenais quelque peu inquiet ; car à 7 heures ou à

7 heures et quart, les autres salles avaient toujours été à

moitié pleines, sinon plus. Mais ce fait allait m’être

expliqué peu après. Je n’avais pas songé aux

dimensions gigantesques de ce nouveau local : mille

personnes suffisaient à remplir la salle du Hofbräuhaus,

tandis que le même nombre d’assistants était comme

englouti dans le cirque Krone. On les voyait à peine.

Peu de temps après arrivèrent des nouvelles plus

favorables et, à 7 heures trois quarts, on annonça que la

salle était pleine aux trois quarts, et que des masses

compactes s’amassaient encore devant les guichets. Sur

ce, je me mis en route.

J’arrivai devant le cirque à 8 heures deux minutes. Il

y avait encore foule devant l’édifice ; c’étaient, en

partie, des curieux, en partie des adversaires, qui

voulaient voir venir les événements.

Quand je pénétrai dans la salle, la même joie

s’empara de moi qu’un an auparavant à notre première

réunion dans la salle des fêtes au Hofbräuhaus. Mais

seulement après m’être frayé un chemin parmi les

murailles d’hommes, et avoir atteint l’estrade élevée, je

pus voir notre succès dans toute sa grandeur. La salle

béait devant moi comme un coquillage gigantesque,

remplie de milliers et de milliers d’hommes. Même la

piste était noire de monde. On avait vendu plus de cinq

mille six cents cartes d’entrée et, en comptant tous les

chômeurs, les étudiants pauvres et les équipes de notre

service d’ordre, on arrive à peu près au chiffre de six

mille cinq cents personnes.

« Bâtir l’avenir ou disparaître », tel était le titre de

ma conférence, et mon cœur se réjouit en voyant que

l’avenir, il était là, sous mes yeux.

Je commençai mon discours et je parlai près de deux

heures et demie ; après la première demi-heure, je sentis

que cette réunion serait un grand succès. Le contact

entre ces milliers d’hommes et moi s’était établi. Dès

cette première demi-heure, des acclamations

spontanées, éclatant de plus en plus nourries,

commencèrent à m’interrompre ; au bout de deux

heures, elles firent place à ce silence religieux qui, bien

des fois, depuis, dans cette même salle, me pénétra et

qui restera inoubliable pour tous ceux qui l’ont vécu.

On eût presque entendu un souffle dans cette foule

immense, et quand j’eus prononcé mes dernières

paroles, un flot d’acclamations déferla, puis la foule

entonna avec ferveur le chant rédempteur : Deutschland

über alles.

Je suivis encore des yeux le lent reflux de cette mer

d’hommes qui s’écoulait par le vaste passage central

pendant presque vingt minutes, tandis que la salle

géante se vidait lentement. Alors seulement, transporté

de joie, je quittai ma place pour rentrer chez moi.

De cette première réunion dans le cirque Krone

furent prises des photographies. Elles montrent mieux

que tous les mots le caractère grandiose de cette

manifestation. Les feuilles bourgeoises en publièrent

quelques reproductions, avec des notes, mais

n’indiquèrent pas que c’était une manifestation

« nationale » et passèrent consciencieusement sous

silence ses organisateurs.

Par cette manifestation, nous sortîmes pour la

première fois de la catégorie des partis sans importance.

On ne pouvait plus nous ignorer. Et, pour ne pas laisser

s’établir dans le public l’impression que le succès de

cette réunion n’était qu’éphémère, j’annonçai aussitôt,

pour la semaine suivante, une seconde manifestation

dans le même cirque, et le résultat fut le même. De

nouveau l’espace immense fut plein à craquer de

masses humaines ; de sorte que je décidai de tenir la

semaine suivante encore une réunion dans le même

genre. Pour la troisième fois, le cirque géant, de haut en

bas, fut comble.

Dans le courant de l’année 1921, j’intensifiai encore

plus notre activité à Munich en fait de réunions.

J’arrivai à tenir non seulement une réunion tous les huit

jours, mais quelquefois deux réunions dans la même

semaine, et même, en plein été et à la fin de l’automne,

il y en eut parfois trois. Nous nous assemblions toujours

dans le cirque, et nous pouvions constater, à notre

satisfaction, que toutes nos soirées remportaient le

même succès.

Il en résulta un nombre toujours croissant de

sympathisants et une grande augmentation du nombre

des membres du parti.

Devant de tels succès, nos adversaires ne restèrent

naturellement pas inactifs. Ayant hésité dans leur

tactique entre la terreur et le silence, ils ne purent,

comme ils durent le reconnaître eux-mêmes, entraver le

développement de notre mouvement. Ils se décidèrent

donc à un dernier effort, à un acte de terreur qui devait

définitivement exclure toute possibilité de poursuivre

nos réunions.

Comme prétexte apparent, on utilisa un attentat très

mystérieux contre un député de la diète, nommé Erhard

Auer1. Quelqu’un aurait fait feu, un soir, sur lui. On

n’aurait pas tiré effectivement sur lui, mais on aurait

tenté de le faire. Une présence d’esprit inouïe et le

courage proverbial de ce chef social-démocrate auraient

non seulement déjoué cet attentat criminel, mais

auraient mis en fuite les scélérats. Ils avaient fui si vite



1

Socialiste bavarois.

et si bien que la police ne put jamais en trouver la

moindre trace. Cet événement mystérieux fut utilisé par

l’organe socialiste de Munich pour commencer contre

nous une campagne d’excitation frénétique, en laissant

pressentir, avec sa verbosité accoutumée, ce qui allait

maintenant avoir lieu. De toutes façons, des mesures

allaient être prises pour que nos arbres ne s’élèvent pas

jusqu’au ciel ; il fallait que les bras prolétariens les

abattent à temps.

Quelques jours plus tard, ce fut le grand coup.

Une réunion dans la salle des fêtes du Hofbäuhaus,

dans laquelle je devais parler, fut choisie pour ce

règlement de comptes définitif.

Le 4 novembre 1921, entre 6 et 7 heures de l’après-

midi, nous reçûmes les premières communications

annonçant que notre réunion serait impitoyablement

sabotée et qu’on avait l’intention d’y envoyer dans ce

but de grandes masses d’ouvriers des usines les plus

rouges.

Il faut attribuer à une malchance que cette

communication ne nous soit pas parvenue plus tôt. Le

même jour, nous avions quitté notre vieux et vénérable

bureau de la Sterneckgasse à Munich, et nous avions

transféré notre siège dans un local nouveau ; ou plus

exactement nous avions déjà évacué l’ancien local,

mais n’avions pu nous installer dans le nouveau, parce

qu’on y travaillait encore. Comme le téléphone avait été

enlevé dans l’ancien bureau et n’avait pas encore été

installé dans le nouveau, un grand nombre de tentatives

de nous apprendre par téléphone ces projets de sabotage

restèrent vaines.

En conséquence, cette réunion ne fut protégée que

par un service d’ordre numériquement très faible,

soixante hommes environ, l’appareil pour donner

l’alarme n’était pas encore suffisamment perfectionné

pour pouvoir amener en une heure les renforts

suffisants. Signalons en outre que, souvent, des bruits

alarmants de ce genre étaient parvenus à nos oreilles et

qu’il n’était jamais rien arrivé d’anormal. Le vieux

dicton que les révolutions annoncées d’avance meurent

dans l’œuf, s’était jusqu’à présent montré vrai en ce qui

nous concernait.

Pour cette raison aussi, donc, on ne fit peut-être pas

tout ce qui pouvait être fait pour empêcher par la force

le sabotage de notre réunion. Enfin, nous avons toujours

estimé que la salle des fêtes du Hofbräuhaus de Munich

était la moins appropriée pour une tentative de

sabotage. Nous en avions plutôt redouté dans des salles

plus grandes, surtout dans le cirque. Sous ce rapport,

cette journée nous a donné une leçon précieuse. Plus

tard, nous avons étudié toutes ces questions – je puis le

dire – avec des méthodes scientifiques et nous sommes

arrivés à des conclusions aussi imprévues

qu’intéressantes ; par la suite, elles furent d’une

importance décisive pour l’organisation et la tactique de

nos sections d’assaut.

Quand je pénétrai, à 8 heures moins un quart, dans

le vestibule du Hofbräuhaus, l’intention de sabotage ne

pouvait plus faire de doutes. La salle était archi-pleine

et la police, en conséquence, en avait fermé l’accès. Les

adversaires qui étaient venus très tôt, se trouvaient dans

la salle et nos propres partisans étaient encore dehors

pour la plupart. La petite section d’assaut m’attendait

dans le vestibule. Je fis fermer les portes de la grande

salle et je dis à nos quarante-cinq ou quarante-six

hommes de se mettre au garde à vous. Je déclarai alors

à mes gars que c’était probablement la première fois

qu’ils devaient prouver leur fidélité au mouvement,

quoi qu’il arrive, aucun de nous ne devait quitter la

salle, qu’à l’état de cadavre, personnellement je

resterais dans la salle et je ne pouvais croire que nul

d’entre eux pût m’abandonner ; si j’en voyais un se

conduire en lâche, je lui arracherais moi-même son

brassard et lui enlèverais son insigne. Ensuite, je leur

enjoignis de réagir immédiatement contre toute

tentative de sabotage, et de se rappeler toujours que la

meilleure forme de la défense, c’est l’attaque.

Un Heil proféré trois fois, d’un son plus âpre et plus

rauque que d’habitude, répondit à mes paroles.

Alors j’entrai dans la salle et je pus me rendre

compte de la situation par mes propres yeux. C’était

plein et une foule innombrable me foudroyait d’un

regard de haine. Tandis que certains proféraient des

interjections très explicites avec des grimaces

ironiques : « On en finirait avec nous... Nous devions

veiller à nos tripes... On nous fermerait la gueule une

fois pour toutes » et bien d’autres expressions aussi

élégantes. Ils étaient sûrs d’être les plus forts, et se

comportaient en conséquence.

Néanmoins, la séance put être ouverte, et je

commençai à parler. Dans le Hofbräuhaus, je me tenais

toujours à un des fronts latéraux de la salle, et mon

estrade était une table de brasserie. Je me trouvais donc

au beau milieu des assistants. Peut-être cette

circonstance contribua-t-elle à créer dans cette salle un

état d’esprit tel que je n’ai retrouvé depuis rien de pareil

nulle part. Devant moi, surtout à ma gauche, se tenaient

assis et debout, exclusivement, des adversaires.

C’étaient tous des hommes ou des gars robustes pour la

plupart venant de la fabrique Maffei ou de chez

Kustermann, ou de l’usine de compteurs Isaria, etc. Le

long du mur de la salle, à gauche, ils s’étaient massés

jusqu’à ma table même, et ils commandaient sans cesse

de la bière, alignant les cruches vides sur la table devant

eux. Des batteries entières s’amoncelaient et je compris

qu’il était impossible que la soirée se passât sans

accrochage.

Après une heure et demie environ – je pus parler

tout ce temps en dépit des interruptions – on put croire

que je m’étais rendu maître de la situation. Les meneurs

de la troupe des saboteurs paraissaient le sentir aussi, ils

devenaient de plus en plus inquiets, sortaient souvent,

revenaient et parlaient à leurs hommes avec un

énervement manifeste.

Une petite erreur psychologique que je commis en

ripostant à une interruption, et dont je me rendis compte

sur-le-champ, donna le signal de la tempête.

Quelques interruptions furieuses se firent entendre

et tout d’un coup un homme sauta sur une chaise et

hurla dans la salle : Liberté ! À ce signal, les champions

de la liberté commencèrent leur tâche. En peu de

secondes, la salle fut remplie d’une masse humaine

hurlante, au-dessus de laquelle, pareilles aux décharges

des obusiers, volaient d’innombrables cruches ; tout

autour, le craquement des pieds de chaises,

l’écrasement des cruches, des hurlements, des

beuglements, des cris stridents, c’était un vacarme

infernal.

Je restai debout à ma place et je pus observer

comment mes gars remplissaient sans réserve leur

devoir.

J’aurais bien voulu voir une réunion bourgeoise en

pareil cas.

La danse n’avait pas encore commencé que mes

hommes de la section d’assaut – qui s’appelèrent ainsi

depuis ce jour-là – se lancèrent à l’attaque. Comme des

loups, ils se jetèrent sur leurs adversaires par meutes de

huit à dix, et commencèrent en effet à les chasser de la

salle en les rouant de coups. Cinq minutes après, tous

étaient couverts de sang. C’étaient des hommes !

J’appris à les connaître en cette occasion : à leur tête,

mon brave Maurice ; mon secrétaire particulier actuel,

Hess, bien d’autres qui, même grièvement atteints,

attaquaient toujours tant qu’ils pouvaient se tenir

debout. Le vacarme dura vingt minutes ; à ce moment,

les adversaires qui étaient peut-être sept à huit cents,

avaient été pour la plupart jetés hors de la salle et

chassés au bas de l’escalier par mes hommes qui

n’étaient même pas cinquante.

Mais dans le coin à gauche, au fond de la salle, se

maintenait encore un bloc considérable d’adversaires

qui nous opposaient une résistance acharnée. Tout à

coup, près de l’entrée de la salle, éclatèrent deux coups

de revolver dans la direction de l’estrade, et il s’ensuivit

une terrible fusillade. Cela faisait tressaillir le cœur

d’une sorte de jubilation, en évoquant des souvenirs de

la guerre.

De mon poste, on ne pouvait distinguer qui tirait ;

on ne pouvait établir qu’une chose : à partir de ce

moment, la fureur de mes gars ensanglantés atteignit

son paroxysme et les derniers saboteurs, vaincus, furent

enfin expulsés de la salle. Vingt-cinq minutes à peu

près s’étaient écoulées ; il semblait qu’une grenade eût

éclaté dans la salle. On pansait beaucoup de mes

partisans ; d’autres durent être emmenés en voiture,

mais nous étions les maîtres de la situation. Hermann

Esser, qui avait assumé ce soir la présidence de la

réunion, déclara : « La séance continue. La parole est au

conférencier », et je continuai mon discours. Nous

avions déjà clos notre réunion, qu’arriva en courant un

lieutenant de police, très excité, qui cria dans la salle,

en agitant les bras comme un forcené : « La réunion est

dissoute ! »

Je ne pus m’empêcher de rire à la vue de ce

retardataire, arrivant après la bataille ; voilà bien la

manière de faire l’important, si propre à la police ! Plus

ils sont petits, plus ils cherchent à paraître grands.

Ce soir-là, nous avons vraiment appris beaucoup de

choses et nos adversaires aussi n’ont plus oublié les

leçons qu’ils reçurent alors.

Jusqu’à l’automne de 1923, la Münchener Post1 ne

nous menaça plus des « poings du prolétariat ».









1

Organe socialiste de Munich.

Chapitre VIII



Le fort est plus fort quand il reste seul.



Dans le chapitre précédent, j’ai parlé d’une

communauté de travail des associations racistes

allemandes : je voudrais maintenant m’expliquer très

brièvement à ce sujet.

En général on comprend sous ce terme un

groupement d’associations qui entrent en rapports dans

le but de s’alléger mutuellement leur tâche ; qui élisent

un comité directeur commun, et poursuivent alors une

action commune. Il va de soi qu’il ne peut s’agir que

d’associations, de ligues ou de partis dont les buts et les

méthodes ne diffèrent pas trop. On croit généralement

que c’est toujours le cas. Il est agréable et rassurant,

pour l’Allemand moyen, d’apprendre que telles et telles

associations, entrant ainsi dans une communauté de

travail, ont découvert ce qui les unit et supprimé ce qui

les séparait. On s’imagine alors qu’un tel groupement

verra sa force d’action considérablement accrue, et que

les faibles petits groupes qui le composent acquièrent

ainsi brusquement de la puissance.

Mais la plupart du temps cela est faux !

À mon avis, pour mieux comprendre la question, il

est intéressant et important d’élucider ce qu’il peut

advenir de la formation d’associations prétendant

vouloir poursuivre le même but. De prime abord et

logiquement, un seul but ne devrait être poursuivi que

par une seule association, et il semble peu raisonnable

que plusieurs y concourent.

Il est hors de doute que cet objectif est choisi tout

d’abord par un groupe unique. Un homme proclame

quelque part une vérité, préconise la solution d’une

question déterminée, impose un but, crée un

mouvement qui doit aboutir à réaliser son intention.

Ainsi se fonde une association ou un parti, que son

programme soit de provoquer la suppression d’abus

existants ou de préparer certaines innovations dans

l’avenir.

Mais une fois qu’il a vu le jour, un tel mouvement

se trouve, de ce fait, posséder pratiquement un certain

droit de priorité. Il serait naturel et compréhensible que

tous ceux qui poursuivent le même but que ce

mouvement, premier en date, se rangent derrière lui et

le renforcent, au plus grand bénéfice de leurs intentions

communes. Les esprits éclairés, en particulier, ne

devraient voir, dans leur adhésion au nouveau parti, que

le meilleur moyen de faire véritablement triompher une

cause commune.

Par suite, il serait raisonnable et, dans un certain

sens, loyal (et la loyauté, je le démontrerai plus loin, a,

elle aussi, une grande importance) de ne constituer

qu’un seul mouvement poursuivant un but unique.

Lorsqu’il n’en est pas ainsi, c’est généralement pour

deux causes. La première, je suis presque tenté de la

qualifier de tragique ; la seconde, il faut misérablement

la chercher dans la faiblesse de la nature humaine.

Mais, en allant au fond des choses, je ne vois dans

ces deux causes qu’une raison de plus pour tendre sa

volonté, pour lui donner toute son intensité, pour

parvenir enfin, grâce à la mise en valeur et à

l’exaltation des forces réalisatrices de tout son être, à la

solution du problème posé.

Voici la raison tragique pour laquelle, le plus

souvent, des gens poursuivant une mission commune ne

se mettent pas à l’ouvrage dans un groupement unique :

Presque toujours toute action de grand style, en ce

monde, n’est que l’accomplissement d’un vœu inclus

depuis longtemps déjà dans le cœur des hommes, d’un

désir ardent qui y couvait en silence. Oui, il arrive que,

des siècles durant, les hommes réclament la solution

d’une question déterminée, souffrant d’une situation

intolérable, mais persistante, sans que semble se

rapprocher l’accomplissement du vœu qui leur est cher.

On ne peut que qualifier d’impotents des peuples qui, à

une semblable détresse, n’ont pas le courage de trouver

une solution. Rien n’établira mieux, au contraire, la

force vitale d’un peuple et son droit à la vie, garanti par

cette force, que s’il engendre un jour, par un bienfait du

sort, l’homme doué des grâces nécessaires pour

combler enfin ses vœux, qu’il s’agisse de le délivrer

d’une lourde servitude, ou d’écarter de lui une détresse

amère, ou de calmer les âmes tourmentées par un

sentiment d’insécurité.

Il est inhérent à certaines de ces questions de grande

envergure que des milliers d’hommes s’attachent à les

résoudre et que beaucoup se croient voués à cette tâche.

Il arrive même que le sort en présente plusieurs en

même temps au choix de leurs contemporains, et donne

enfin, dans un libre jeu des forces, la victoire au plus

fort, au plus apte, lui confiant ainsi la mission de

résoudre le problème.

Il peut ainsi arriver que, pendant des siècles, les

hommes, mécontents de leur vie religieuse, désirent en

renouveler la forme et que, comme conséquence de

cette agitation spirituelle, il surgisse de la masse

quelques douzaines d’hommes qui, se croyant voués,

par leur pénétration et leur savoir, à guérir cette détresse

religieuse, se donnent comme les prophètes d’un

enseignement nouveau, ou tout au moins comme les

adversaires déclarés de l’enseignement jusque-là

professé.

Là aussi, la loi naturelle veut que le plus fort soit

désigné pour remplir la plus haute mission. Mais les

autres hommes ne reconnaîtront le plus souvent que très

tard que cet homme, et lui seul, était l’homme

prédestiné. Au contraire, tous s’imaginent avoir autant

de droits que lui et être également désignés pour

résoudre le problème. Quant aux contemporains, ils

sont, en général, incapables de distinguer celui d’entre

eux qui, seul apte à accomplir de grandes choses,

mérite, seul, d’être soutenu par eux tous.

C’est ainsi qu’entrent en scène, dans le cours des

siècles, et souvent à la même époque, différents

hommes qui fondent des mouvements pour atteindre

des buts semblables ou supposés ou estimés tels. Le

peuple lui-même est loin d’exprimer des vœux précis ;

il a des idées d’ensemble, sans pouvoir se rendre

compte avec précision et avec clarté de l’essence même

de son idéal et de ses vœux, sans être même fixé sur la

possibilité de les satisfaire.

Ce qu’il y a de tragique là-dedans, c’est le fait que

deux hommes fassent effort, par des voies

complètement différentes, vers le même but, et cela

sans se connaître ; c’est qu’animés de la foi la plus pure

en leur mission personnelle, ils se croient tenus de

s’avancer sur leur propre route sans tenir aucun compte

des autres.

Le fait qui, à première vue, paraît tout au moins

tragique, c’est que tels mouvements politiques ou tels

groupements religieux se forment dans une totale

indépendance les uns des autres, bien que, étant issus

des tendances générales d’une époque ; ils exercent leur

activité dans le même sens. Il n’est que trop évident que

si ces forces dispersées sur des voies différentes se

ramassaient en une force unique, elles obtiendraient

plus vite et plus sûrement le succès. Mais cela n’est pas.

Car, dans sa rigoureuse logique, la nature tranche ; elle

laisse les divers groupements se faire concurrence et se

disputer les palmes de la victoire, tandis qu’elle conduit

au but le mouvement qui a choisi le chemin le plus

franc, le plus court, le plus sûr.

Comment pourra-t-on donc décider, du dehors, quel

est le bon chemin, si les forces en présence ne peuvent

pas entrer librement en jeu, si la décision suprême n’est

pas soustraite au jugement doctrinaire des hommes

infatués de leur savoir pour être remise à la

démonstration irréfutable que fournit un succès

manifeste, car c’est ce succès qui, en dernière analyse,

confirme la convenance et l’utilité d’une action !

Si donc des groupes différents marchent vers le

même but par des voies différentes, ils ne manqueront

pas, après avoir pris connaissance des efforts

semblables réalisés autour d’eux, d’examiner de plus

près ce que vaut leur chemin, de l’abréger le plus

possible, et, en tendant leur énergie au maximum,

d’atteindre le plus tôt possible leur but.

Cette rivalité a pour effet d’élever le niveau de

chaque combattant, en sorte que l’humanité doit

souvent ses progrès aux enseignements qui ressortent

de plusieurs tentatives manquées. Il faut en conclure

que la connaissance de la meilleure route à suivre

résulte finalement d’un état de choses qui nous

paraissait tout d’abord tragique, et qui est la dispersion

initiale d’éléments isolés, inconscients et

irresponsables.

Ayant étudié tous les moyens possibles de résoudre

la question allemande, l’histoire n’en retient que deux

qui auraient dû être employés simultanément. Les

tenants principaux, les champions des deux solutions

étaient l’Autriche et la Prusse : les Habsbourg et les

Hohenzollern.

Des deux côtés, on estimait devoir suivre toutes

forces réunies, soit l’une, soit l’autre de ces routes, et en

ce temps-là, on aurait plutôt pris la route sur laquelle

s’engageait l’Autriche qui était alors du plus grand

poids ; pourtant, les fins qu’elle poursuivait alors

n’étaient pas la création d’un Reich allemand.

Somme toute, les événements qui permirent la

constitution d’une unité allemande très forte furent ceux

que des millions d’Allemands déplorèrent, le cœur en

sang, comme la plus récente et la plus terrible

manifestation de nos discordes fraternelles. Car la

couronne impériale allemande fut, en vérité, forgée sur

le champ de bataille de Königgrätz et non autour de

Paris, comme on le pensa plus tard.

C’est ainsi que la fondation du Reich allemand ne

fut pas le fruit d’une volonté commune appliquée à des

voies communes, mais bien plutôt celui d’une lutte

consciente et parfois inconsciente pour l’hégémonie,

lutte dans laquelle la Prusse fut finalement victorieuse.

Et quiconque recherche la vérité sans se laisser éblouir

par la politique des partis, devra reconnaître que ce que

l’on appelle la sagesse humaine n’aurait jamais conduit

à prendre une décision aussi sage que celle que la

sagesse de la vie, c’est-à-dire le libre jeu des forces, a

laissé se transformer en une réalité. Qui donc, en effet,

dans les pays allemands, aurait bien pu croire,

sérieusement, il y a deux cents ans, que la Prusse des

Hohenzollern deviendrait un jour la cellule de base, la

fondatrice et l’éducatrice du nouveau Reich... et non

pas les Habsbourg ? Qui donc voudrait encore nier, par

contre, que le sort a beaucoup mieux fait d’en décider

ainsi ? Ou qui pourrait se représenter aujourd’hui, en

aucune façon, un Reich allemand reposant sur la base

d’une dynastie pourrie et dépravée ?

Non, force est de reconnaître que le développement

naturel des choses a mis – après des combats séculaires

– celui qui convenait le mieux à la place qui lui

revenait.

Il en sera toujours ainsi, de même que cela a

toujours été.

Aussi ne faut-il pas regretter que des hommes

différents puissent se mettre en route vers un même

but : le plus vigoureux et le plus alerte s’affirmera dans

la course et en sera le vainqueur.

Il y a une deuxième cause pour laquelle souvent,

dans la vie des peuples, des mouvements, analogues en

apparence, cherchent cependant à atteindre par des

voies différentes un but qui semble le même. Cette

cause-là n’a plus rien de tragique. Elle n’est que

pitoyable.

Elle réside dans le lamentable mélange d’envie, de

jalousie et de malhonnêteté que l’on trouve

malheureusement souvent réunies dans certains

spécimens de l’espèce humaine.

Qu’un homme se lève, renseigné à fond sur la

détresse de son peuple, et que, sachant parfaitement de

quoi il souffre, il essaie sérieusement de le soulager :

dès qu’il aura fixé le but à atteindre et choisi la voie qui

peut y conduire, aussitôt des esprits étroits et même très

étroits surveilleront attentivement et passionnément les

agissements de cet homme, qui aura attiré sur lui les

regards du public. Je comparerai ces gens-là aux

moineaux qui ont l’air de se désintéresser de tout, mais

observent, au contraire, longuement et avec la plus

grande attention le compagnon plus heureux qui a

trouvé un petit morceau de pain : et ils l’en dépouillent

tout à coup, au moment où il s’y attend le moins.

Voici un homme qui s’engage dans un chemin

nouveau : aussitôt apparaissent des flâneurs et des

fainéants à la recherche de quelque bouchée, aubaine

qu’ils espèrent bien trouver au bout de ce chemin.

Et dès qu’ils ont supputé où pourrait bien se trouver

un autre chemin, ils se mettent ardemment en marche

pour chercher celui qui les conduira, si possible, plus

rapidement au but.

Si le nouveau mouvement est fondé et s’il a arrêté

un programme bien défini, alors surviennent les

hommes de cette espèce qui prétendent combattre pour

le même but : mais qu’à Dieu ne plaise, ils se gardent

d’entrer loyalement dans les rangs du mouvement en

question et de reconnaître ainsi sa priorité : ils lui

volent, au contraire, son programme et fondent sur lui,

et pour leur propre compte, un nouveau parti.

Ils sont, en outre, assez impudents pour affirmer à

leurs contemporains mal renseignés qu’ils avaient voulu

exactement la même chose que l’autre parti, et depuis

bien plus longtemps que lui : et il n’est pas rare qu’ils

parviennent ainsi à paraître sous un jour favorable, au

lieu de succomber, comme il serait juste, sous le mépris

général.

N’est-ce pas une grande impudence que de

prétendre inscrire sur son propre drapeau la mission

qu’un autre a déjà inscrite sur le sien, d’emprunter les

directives de son programme, puis, comme si l’on était

le créateur de tout cela, de faire bande à part ?

L’impudence apparaît surtout en ceci : ces mêmes

éléments qui, en fondant un parti nouveau, ont

commencé par être cause d’une dislocation, parlent, eux

surtout (nous en avons l’expérience) de la nécessité de

l’union et de l’unité ; et cela dès qu’ils croient

remarquer que l’avance de l’adversaire ne peut plus

vraiment être rattrapée.

Voilà comment on arrive à l’émiettement raciste.

Dans tous les cas, la création de toute une série de

groupes, partis, etc., qualifiés de « racistes », avait eu

lieu, en 1918 et 1919, sans que les fondateurs en aient

la responsabilité et par le simple développement des

événements. L’un d’entre eux s’était lentement

cristallisé et avait remporté de beaux succès dès 1920 ;

c’était le Parti national, socialiste, démocratique et

travailliste (le N. S. D. A. P.)1. La loyauté foncière de

ses fondateurs ne saurait être démontrée de façon plus

éclatante que par le fait suivant : la majorité de ses

dirigeants prit cette décision, vraiment admirable, de

sacrifier leur propre mouvement, qui paraissait avoir

moins de chances de succès, au mouvement qui était le

plus fort, en dissolvant le leur et en l’incorporant sans

conditions dans l’autre.

Ceci s’applique particulièrement à Julius Streicher,

le principal militant du parti, qui, à Nuremberg,

s’appelait, alors, le Parti allemand socialiste (D. S. P.).

Le N. S. D. A. P. et le D. S. P. s’étaient formés d’une

façon complètement indépendante l’un de l’autre, mais

avec les mêmes buts. Le champion principal du D. S. P.

était, comme je viens de le dire, à Nuremberg, Julius

Streicher, professeur dans cette ville. Au début, lui

aussi, était persuadé du caractère sacré de sa mission et

de l’avenir de son mouvement.

Dès qu’il put se rendre compte de la supériorité en

force et en puissance d’expansion du N. S. D. A. P., il

cessa toute activité au profit du D. S. P. et de la





1

Initiales des cinq mots qui constituent le titre du parti (National

Socialist Deutsche Arbeiter Partei).

Werkgemeinschaft (Association ouvrière), et obligea

ses partisans à entrer dans les rangs du N. S. D. A. P.,

qui, dans sa lutte contre lui, l’avait emporté, et à

continuer à lutter dans le sens de ce nouveau parti, pour

le but commun. Cette décision, grave en soi, était aussi

profondément opportune.

Dès les débuts de notre activité comme parti, nous

n’avons plus eu à constater chez nous de traces

d’émiettement : grâce à la volonté loyale des hommes

d’alors, tout a abouti de façon non moins loyale, droite

et heureuse.

Ce que nous entendons aujourd’hui par l’expression

« émiettement raciste » ne doit son existence, comme je

l’ai déjà dit, qu’exceptionnellement à la deuxième des

causes que j’ai indiquées : des hommes ambitieux, qui

n’avaient jamais eu auparavant d’idées propres ni

encore bien moins de buts propres, se sentant tout à

coup une « vocation » au moment précis où ils

s’apercevaient que le succès du N. S. D. A. P. était

indéniable.

Soudain, surgirent des programmes qui étaient

intégralement copiés sur les nôtres ; on défendait des

idées qui nous étaient empruntées, on indiquait des buts

pour lesquels nous avions déjà lutté depuis des années,

on s’engageait sur des voies que le N. S. D. A. P.

suivait depuis longtemps. On cherchait à expliquer, par

tous les moyens possibles, pourquoi on avait été obligé

de fonder ces nouveaux partis, malgré l’existence déjà

ancienne du N. S. D. A. P. ; mais plus les motifs

invoqués étaient nobles, plus ces déclarations étaient

fausses.

En vérité, il n’y avait au fond de tout cela qu’un seul

mobile : l’ambition personnelle des fondateurs voulant

jouer un rôle à tout prix, alors que l’entrée en scène de

leur parti, parfaitement insignifiante, ne prouvait

absolument que leur audace à s’approprier les idées

d’autrui, audace que d’ordinaire, dans la vie courante,

on a coutume d’appeler « vol ».

Il n’était alors aucune conception ni aucune idée

qu’un de ces kleptomanes de la politique ne ramassât

sans retard au bénéfice de son affaire. Ce furent

d’ailleurs les mêmes qui, plus tard, déploraient

profondément et les larmes aux yeux « l’émiettement

raciste » ; qui parlaient constamment de la nécessité de

l’union, dans la douce espérance de pouvoir couvrir

suffisamment la voix des autres pour que ceux-ci,

fatigués de leurs cris et de leurs plaintes éternelles,

jettent en pâture aux voleurs, non seulement les idées

déjà volées par ceux-ci, mais aussi les mouvements

créés pour les soutenir.

Comme ils ne réussirent pas et comme ces nouvelles

entreprises (en raison de la maigre valeur intellectuelle

de leurs promoteurs) ne rendirent pas ce qu’ils en

attendaient, on les vit, communément, réduire leurs

prétentions et se contenter de pouvoir prendre pied dans

quelqu’une des « associations ouvrières ».

Tout ce qui ne pouvait pas, alors, tenir debout par

soi-même, se ralliait à ces « associations ouvrières » ;

on partait de cette croyance que huit paralytiques,

pendus les uns aux autres, forment sûrement un

gladiateur.

Il pouvait se trouver, parmi les paralytiques, un

homme vraiment sain : mais alors il n’avait pas trop de

toutes ses forces pour maintenir debout tous les autres

et il se trouvait ainsi paralysé lui-même. Nous avons

toujours considéré cette fusion avec les associations

ouvrières comme une manœuvre, mais, à ce sujet, nous

ne devons jamais oublier les importantes considérations

suivantes :

La constitution en association ouvrière ne permet

jamais de transformer des groupements faibles en

groupements forts ; par contre, un groupement fort

s’affaiblira bien souvent, par une telle collusion.

L’opinion d’après laquelle, en assemblant des groupes

faibles, on peut former un faisceau fort, est fausse : en

effet, la majorité, sous toutes ses formes et quelles que

soient les conditions premières dans lesquelles elle a été

constituée, ne représente – l’expérience le prouve – que

bêtise et lâcheté et, par suite, toute réunion de groupes

multiples, dirigée elle-même par un commandement élu

et à plusieurs têtes, est livrée à la lâcheté et à la

faiblesse. En outre, une telle concentration contrarie le

libre jeu des forces, le combat pour la sélection du

meilleur chef est supprimé et, par suite, la victoire

définitive des idées les plus saines et les plus fortes est

pour toujours compromise. De telles associations sont

ainsi les ennemies du développement naturel des

choses, car, le plus souvent, elles empêchent plutôt

qu’elles ne hâtent la solution du problème pour lequel

on combat.

Il peut arriver cependant que des considérations de

pure tactique et certaines prévisions de l’avenir

amènent la direction suprême d’un mouvement à

consentir à une union avec des groupes semblables et

peut-être à s’engager dans des démarches communes :

ce ne doit être que pour un très court délai et pour

traiter certaines questions bien déterminées.

Mais jamais cette situation ne doit se perpétuer : ce

serait, pour le mouvement, renoncer à sa mission

rédemptrice. Car, dès qu’il se serait empêtré

définitivement dans une telle union, le mouvement

perdrait la possibilité (et aussi le droit) de laisser sa

propre force se développer intégralement dans son sens

naturel ; par suite, de dominer les mouvement rivaux et

d’atteindre en vainqueur le but fixé.

Il ne faut jamais oublier que tout ce qui est, en ce

monde, véritablement grand, n’a pas été obtenu de

haute lutte par des coalitions, mais a toujours été

conquis par un vainqueur unique.

Par suite de leur origine, les succès des coalitions

portent en eux-mêmes le germe de l’émiettement futur,

et même de la perte totale des résultats atteints. Les

mouvements révolutionnaires d’ordre spirituel,

vraiment grands et susceptibles de bouleverser le

monde, ne peuvent être conçus et menés à bien que par

des combats titanesques livrés par un groupement

indépendant, jamais par des coalitions de groupements.

Ainsi, et avant tout, l’État raciste ne peut pas être

créé par la volonté – faite de compromis – d’une

assemblée ouvrière populaire, mais par la volonté

agissante d’un mouvement unique qui s’est frayé la

route à travers les autres.

Chapitre IX



Conséquences sur le sens et

l’organisation des sections d’assaut.



La force de l’ancien État reposait principalement sur

trois colonnes : sa forme monarchique, son corps de

fonctionnaires administratifs et son armée. La

révolution de 1918 a aboli la forme de l’État, a dissous

l’armée et a livré le corps des fonctionnaires à la

corruption des partis ; les appuis essentiels de ce qu’on

appelle l’autorité d’État étaient ainsi abattus.

Le premier fondement sur lequel repose l’autorité,

c’est toujours la popularité. Pourtant, une autorité qui

ne repose que sur elle est encore extrêmement faible ;

sa sécurité et sa stabilité sont incertaines. Aussi tous

ceux qui ne tiennent leur autorité que de la popularité,

doivent-ils s’efforcer d’en élargir la base et pour cela de

constituer fortement le pouvoir.

C’est donc dans le pouvoir, dans la puissance, que

nous voyons le deuxième fondement de toute autorité.

Celui-ci est déjà notablement plus stable et plus sûr

que le premier, mais il n’est nullement plus robuste.

Si la popularité et la force s’unissent, et si elles

peuvent se maintenir unies, pendant un certain temps,

alors peut se former, sur des bases encore plus solides,

une nouvelle autorité, celle de la tradition. Si enfin

popularité, force et tradition s’unissent, l’autorité qui en

dérive peut être considérée comme inébranlable.

La révolution a rendu impossible ce triple concours ;

elle a retiré toute autorité à la tradition. Avec

l’écroulement de l’ancien Empire, la mise au rancart de

l’ancienne forme de gouvernement, l’anéantissement

des anciens signes de la souveraineté et des symboles

impériaux, la tradition a été soudainement déchirée. Il

en est résulté un très grand ébranlement de l’autorité de

l’État.

Même la deuxième colonne de l’autorité de l’État

n’existait plus : d’ailleurs, pour pouvoir faire la

révolution, on avait été obligé de dissoudre ce qui était

l’incarnation de la force et de la puissance organisées

de l’État, je veux dire l’armée. Oui, il a fallu utiliser

même les débris rongés de l’armée, comme éléments

des combats révolutionnaires.

Les armées du front n’étaient peut-être pas tombées

dans une égale déliquescence : mais elles furent de plus

en plus rongées par l’acide de la désorganisation du

pays natal, à mesure qu’elles s’éloignèrent davantage

des lieux glorieux où elles avaient héroïquement

combattu pendant quatre ans et demi ; elles finirent, en

arrivant dans les centres de démobilisation, par cette

méconnaissance de l’obéissance que fut la soi-disant

obéissance volontaire aux conseils de soldats.

On ne pouvait plus, en tous cas, n’appuyer aucune

autorité sur ces mutins qui considéraient le service

militaire comme du travail à huit heures par jour. Dès

lors, le deuxième élément, celui qui garantit avant tout

la solidité de l’autorité était également éliminé, et la

révolution ne possédait plus, à proprement parler, que

l’élément originel, la popularité, sur lequel elle put

asseoir son autorité. Or ce fondement présentait

justement une extraordinaire insécurité. Sans doute, la

révolution réussit, d’un seul coup de bélier, à abattre le

vieil édifice de l’État, mais si l’on regarde au fond des

choses, on doit reconnaître que ce résultat ne fut atteint

que parce que l’équilibre normal de notre peuple et sa

structure intime avaient déjà été détruits par la guerre.

Tout peuple considéré dans son ensemble s’articule

en trois grandes classes :

D’une part, un groupe extrême, composé de l’élite

des citoyens est bon, doué de toutes les vertus, et par-

dessus tout, est remarquable par son courage et par son

esprit de sacrifice ; à l’opposé, un autre groupe extrême,

composé du pire rebut des hommes, est rendu exécrable

par la présence en son sein de tous les instincts égoïstes

et de tous les vices. Entre ces deux groupes extrêmes

est la troisième classe, la grande et large classe

moyenne, qui ne participe ni à l’héroïsme éclatant de la

première ni à la mentalité vulgaire et criminelle de la

seconde.

Les périodes d’ascension d’un corps social se

produisent, il faut le dire, exclusivement sous

l’impulsion de la classe extrême des meilleurs

citoyens.

Les périodes de développement normal et

régulier ou d’état stable, se produisent et durent

visiblement lorsque dominent les éléments moyens,

tandis que les classes extrêmes ne bougent pas ou

s’élèvent.

Les époques d’effondrement d’un corps social

sont déterminées par l’arrivée au pouvoir des pires

éléments.

Il est remarquable, à cet égard, que la grande masse,

ou classe moyenne – je la désignerai ainsi – ne peut se

manifester de façon sensible que lorsque les deux

classes extrêmes sont aux prises dans une lutte

mutuelle ; il est remarquable aussi que cette grande

masse se soumet toujours complaisamment au

vainqueur, après la victoire d’un des partis extrêmes. Si

les meilleurs ont eu le dessus, la grande masse les

suivra ; si ce sont les pires, elle ne s’opposera pas, tout

au moins, à leur action : car la masse du centre ne

combattra jamais.

Or la guerre a troublé, en ses quatre ans et demi de

durée sanglante, l’équilibre intérieur de ces trois

classes, à un point tel que – tout en reconnaissant le

nombre des victimes de la guerre dans les rangs de la

classe moyenne – il faut bien constater que cette guerre

a conduit à faire couler presque jusqu’à la dernière

goutte le sang de l’élite de la nation. Car c’est effrayant

le torrent de sang héroïque que l’Allemand a versé

pendant ces quatre ans et demi.

Que l’on additionne, en effet, les milliers et les

milliers de cas dans lesquels on faisait appel à des

volontaires : volontaires pour le front, patrouilleurs

volontaires, porteurs d’ordres volontaires, téléphonistes

volontaires, volontaires pour l’aviation, volontaires

pour les passages de rivière, volontaires pour les sous-

marins, volontaires pour les bataillons d’assaut, etc.,

toujours et toujours et encore, pendant quatre ans et

demi, en mille occasions, il fallait des volontaires et

encore des volontaires, et l’on voyait toujours le même

geste ; le jeune homme imberbe ou l’homme mûr, tous

deux brûlants de patriotisme ou remplis d’un grand

courage personnel ou de la plus haute conscience du

devoir, se présentaient.

Dix mille, cent mille cas semblables se présentaient

et peu à peu, cette réserve d’hommes se tarissait,

s’épuisait. Ce qui ne tombait pas était mutilé par les

projectiles ou s’égrenait peu à peu dans le nombre

infime des survivants. Que l’on pense donc, avant tout,

que l’année 1914 a mis sur pied des armées entières de

soi-disant volontaires, qui, par suite du criminel

manque de conscience de nos propres-à-rien de

parlementaires, n’avaient reçu, en temps de paix,

aucune instruction de quelque valeur : ils furent donc

livrés à l’ennemi comme une chair à canon sans

défense.

Les quatre cent mille hommes qui tombèrent alors,

tués ou mutilés dans les Flandres, ne purent plus être

remplacés. Leur perte n’était plus seulement numérique.

Leur mort fit rapidement pencher la balance et pas du

bon côté : plus lourds qu’auparavant pesaient les

éléments de grossièreté, d’infamie et de lâcheté, bref, la

masse extrême, la mauvaise.

Car il y avait quelque chose de plus :

C’est que, non seulement pendant quatre ans et

demi, le meilleur des groupes extrêmes avait été

atrocement décimé sur les champs de bataille, mais

encore le groupe des mauvais s’était, pendant le même

temps, merveilleusement conservé.

Alors, chacun des héros qui s’était offert comme

volontaire et qui, après le sacrifice de sa vie, était monté

au Walhalla, était remplacé par un embusqué qui avait

jusque-là très prudemment tourné le dos à la mort, pour

s’occuper plus ou moins utilement à l’intérieur de son

pays.

La fin de la guerre offrait donc le tableau suivant : la

nombreuse classe moyenne de la nation a payé

régulièrement son impôt du sang. La classe extrême des

meilleurs s’est presque intégralement sacrifiée avec un

héroïsme exemplaire.

La classe extrême des mauvais, favorisée par les lois

les plus insensées d’une part, par un insuffisant usage

du code militaire d’autre part, est malheureusement là,

intégralement.

Cette crasse bien conservée de notre corps social a

alors fait la révolution ; et elle n’a pu la faire que grâce

à ce fait que la fraction extrême des meilleurs éléments

du pays ne pouvait plus s’y opposer : elle était morte.

On ne saurait donc qualifier qu’avec beaucoup de

réserves la Révolution allemande de « populaire » : ce

n’est pas le peuple allemand lui-même qui a commis ce

crime de Caïn, c’est la canaille ténébreuse de ses

déserteurs, de ses souteneurs, etc.

L’homme du front saluait la fin de la lutte

sanglante ; il était heureux de pouvoir de nouveau

fouler le sol de son pays natal, de revoir sa femme et

ses enfants, mais il n’avait par lui-même rien de

commun avec la révolution. Il ne l’aimait pas, il aimait

encore moins ses instigateurs et ses organisateurs. Au

cours de ces quatre années et demie des plus durs

combats, il avait oublié les hyènes des partis ; tous les

gredins qui les composent lui étaient devenus étrangers.

La révolution n’avait été vraiment populaire que chez

une petite partie du peuple allemand : notamment dans

la classe de ceux qui l’avaient favorisée et qui avaient

choisi le sac tyrolien, comme signe de reconnaissance

de tous les citoyens d’honneur du nouvel État. Ils

n’aimaient pas la révolution pour elle-même, comme

tant de gens commettent encore l’erreur de le croire, ils

l’aimaient pour ses possibilités. Mais la popularité ne

semblait pas devoir suffire bien longtemps à étayer

l’autorité chez ces brigands marxistes. Et, pourtant, la

jeune République avait à tout prix besoin d’autorité, si

elle ne voulait pas, après une courte période de chaos,

se voir de nouveau enlacée subitement par une

puissance pratiquant la loi du talion et composée des

derniers éléments du parti des bons.

Ce que craignaient alors le plus les hommes qui

avaient fait la révolution, c’était de perdre

complètement pied eux-mêmes dans le tourbillon de

leur propre confusion et de se sentir soudain saisis et

transportés sur un autre terrain par une poigne d’airain,

comme il en surgit plus d’une fois dans l’histoire d’un

peuple, en de telles conjonctures. Il fallait à tout prix

que la République se consolidât.

Elle fut donc presque aussitôt forcée, par la fragilité

de sa faible popularité, de créer de nouveau une force

organisée, pour pouvoir fonder sur elle une autorité plus

solide.

Quand, aux jours de décembre, janvier et février

1918-1919, les matamores de la révolution sentirent

fléchir le sol sous leurs pieds, ils cherchèrent à la ronde

des hommes prêts à consolider, par la force des armes,

la faible garantie qu’était pour eux l’amour de leur

peuple.

La république « antimilitariste » avait besoin de

soldats, mais le premier et le seul appui de son autorité

d’État – j’entends, sa popularité – n’avait de racines que

dans une société de souteneurs, de voleurs, de

cambrioleurs, de déserteurs, d’embusqués, etc., donc

dans cette partie du peuple que nous avons appelée la

classe extrême des mauvais : dans ces conditions, il eût

été vain d’espérer recruter dans ces milieux aucun

homme qui fût prêt à mettre sa vie au service d’un

nouvel idéal.

La couche sociale, où brillait la pensée

révolutionnaire et par laquelle la révolution avait été

faite, n’était ni capable de fournir des soldats pour

la défense de cette révolution, ni disposée à le faire.

Car cette couche sociale ne désirait, en aucune

manière, l’organisation d’un État républicain, mais

seulement la désorganisation de l’État précédent,

afin de mieux satisfaire ses instincts. Son mot

d’ordre n’était pas « Ordre et construction de la

République allemande », mais plutôt : « Pillage de la

République ».

Le cri d’alarme que poussèrent alors avec la pire

angoisse les représentants du peuple, ne trouva pas

d’écho dans cette couche sociale : il n’y déchaîna, au

contraire, que résistance et amertume.

On éprouvait en effet, en ces premiers jours, une

impression d’absence de confiance et de foi ; on

devinait, en voyant se constituer une autorité qui ne

reposait plus seulement sur la popularité, mais sur la

puissance, qu’allait commencer la lutte contre les

pratiques, qui étaient pour ces éléments le but essentiel

de la révolution : contre le droit au vol, contre la

tyrannie déchaînée d’une horde de voleurs et de

pillards, de toute la canaille évadée des prisons.

Les représentants du peuple pouvaient bien

multiplier leurs appels ! Nul ne sortait des rangs, seul le

cri hostile de « traîtres » leur marquait les sentiments de

ceux sur lesquels reposait leur popularité.

Il se trouva alors, pour la première fois, de jeunes

Allemands prêts à endosser, une fois de plus, leur

vareuse de soldats, à saisir mousqueton ou fusil, pour se

mettre, du moins ils le pensaient, au service du « calme

et de l’ordre », prêts à marcher, le casque d’acier sur la

tête, contre les destructeurs de leur pays natal.

Ils se groupèrent comme volontaires en corps

francs, et tout en haïssant furieusement la révolution,

entreprirent de la protéger, donc, en fait, de la

renforcer. Ils agissaient ainsi de la meilleure foi du

monde.

Le véritable organisateur de la révolution, celui qui

en tirait effectivement les ficelles, le Juif international,

avait alors bien apprécié la situation. Le peuple

allemand n’était pas encore mûr pour pouvoir être,

comme il advint en Russie, traîné dans la boue

sanglante du marécage bolcheviste. Cela tenait en

grande partie à l’unité de race qui rapprochait toujours

davantage les intellectuels allemands et les travailleurs

allemands.

Cela tenait aussi à la grande interpénétration des

couches populaires et des éléments cultivés, phénomène

social commun aux pays de l’ouest de l’Europe, mais

totalement inconnu en Russie. Dans ce pays, en effet,

les éléments intellectuels n’étaient pas, pour la plupart,

de nationalité russe, ou, tout au moins, n’avaient rien de

slave.

La même couche intellectuelle supérieure de la

Russie d’avant-guerre pouvait être à tout moment

détruite, par suite de l’absence totale d’un élément

intermédiaire qui l’eût reliée à la masse du peuple.

Tandis que le niveau intellectuel et moral de cette

masse était incroyablement bas.

Dès que l’on réussit, en Russie, à exciter la

multitude des ignorants et des illettrés de la grande

masse contre le petit nombre des intellectuels, le sort de

ce pays fut réglé, et la révolution réussie. L’analphabète

russe était devenu l’esclave sans défense de ses

dictateurs juifs qui, de leur côté, avaient été assez

habiles pour parer cette dictature de la rubrique :

« Dictature populaire ».

Voici ce qui se passa en Allemagne :

Autant il est vrai que la révolution n’a pu réussir en

Allemagne qu’en raison de la décomposition

progressive de l’armée, autant il est certain que le

véritable agent de la révolution et de la dissociation de

l’armée n’a pas été le soldat du front : ce fut cette

canaille plus ou moins ténébreuse qui traînait ses

guêtres dans sa garnison natale ou qui servait quelque

part, au titre économique, comme « indispensable ».

Cette armée-là fut renforcée par des dizaines de milliers

de déserteurs qui avaient pu, sans grand risque, tourner

le dos au front.

En tous temps, le véritable lâche ne redoute, bien

entendu, rien plus que la mort. La mort, elle, se

présentait à lui tous les jours, au front, sous des milliers

de formes différentes.

Si l’on veut maintenir quand même dans leur devoir

des garçons faibles, chancelants ou même poltrons, il

n’y a et il n’y a eu de tout temps qu’un seul moyen : il

faut que le déserteur sache que sa désertion lui

procurera, à coup sûr, ce qu’il veut éviter. Au front, on

peut mourir ; comme déserteur, on doit mourir.

Seule, cette menace draconienne, visant

rigoureusement tout acte de désertion, peut permettre

d’obtenir un effet de terreur à l’égard de l’individu,

comme de la collectivité.

C’étaient là tout le sens et tout le but de la loi

martiale.

Il était très beau de croire à la possibilité de mener

jusqu’au bout le grand combat pour l’existence d’un

peuple, en s’appuyant uniquement sur des dévouements

innés, accrus encore du sentiment de la nécessité.

L’accomplissement volontaire du devoir a toujours

déterminé la conduite des meilleurs citoyens ; mais cela

n’est plus vrai pour les hommes moyens.

C’est pourquoi il est nécessaire d’avoir de telles

lois : les lois contre le vol, par exemple, n’ont pas été

instituées contre les gens foncièrement honnêtes, mais

contre les éléments chancelants et faibles. Sans ces lois

qui imposent aux mauvaises gens une crainte salutaire,

on verrait fleurir l’opinion que l’homme d’honneur

n’est qu’un imbécile et qu’il est beaucoup plus

opportun de participer à un vol que de rester les mains

vides ou même d’être volé.

De même, il était absurde de penser que dans une

guerre qui, selon toutes les prévisions, devait faire rage

pendant plusieurs années, on pourrait se passer des

moyens qu’une expérience, vieille de plusieurs dizaines

de siècles, a enseignés comme seuls capables de

contraindre à l’exécution de leur devoir des hommes

faibles ou peu sûrs d’eux-mêmes dans les moments

critiques, et dans les instants où les nerfs sont le plus

durement mis à l’épreuve.

À l’égard des héros volontaires, la loi martiale est

naturellement inutile : elle ne vaut que pour le lâche et

l’égoïste qui, à l’heure où son peuple est dans la

détresse, estime sa propre existence plus précieuse que

celle de la collectivité.

Ce n’est que par la crainte du plus rigoureux

châtiment que l’on peut empêcher ces hommes faibles,

sans caractère, de céder à leur lâcheté. Lorsque des

hommes doivent sans répit lutter avec la mort, tenir

pendant des semaines, souvent mal nourris, l’appelé du

contingent, qui commence à flancher, ne sera pas

maintenu dans la bonne voie par la crainte de la prison

ou même des travaux forcés, mais uniquement par celle

de la peine de mort, appliquée sans merci, car

l’expérience lui montre qu’à de tels moments, la prison

est un séjour encore mille fois plus agréable que le

champ de bataille, puisque, au moins en prison, sa vie –

d’une valeur inappréciable – n’est pas menacée.

Les circonstances se sont cruellement vengées de ce

que l’on ait, au front, supprimé la peine de mort, et

rendu inopérante la loi martiale. Une armée de

déserteurs se répandit, surtout en 1918, dans la zone de

l’arrière ; elle aida à constituer cette grande

organisation criminelle que nous vîmes soudain

apparaître devant nous après le 7 novembre 1918 et qui

fit la révolution.

Quant au front lui-même, il n’avait, à vrai dire, rien

de commun avec elle. Ceux du front étaient

naturellement tous animés d’un fervent désir de paix.

Mais c’était justement ce fait, et ce fait seul, qui

constituait pour la révolution un danger des plus

sérieux.

Car lorsque, après l’armistice, les armées

allemandes commencèrent à se rapprocher du pays

natal, les révolutionnaires d’alors, pleins d’effroi,

étaient obsédés par cette unique question : « Que vont

faire les troupes du front ? Est-ce que les poilus1 vont

tolérer cela ? »

Pendant ces semaines-là, il fallait qu’extérieurement

tout au moins, la révolution parût très modérée, sinon

elle risquait d’être soudain taillée en pièces avec la

vitesse de la foudre par quelques divisions allemandes.

Car si, alors, un seul général avait décidé de faire

descendre à coups de fusil, par sa division

fidèlement dévouée, toutes les loques rouges, de faire

aligner au mur les « conseils de soldats », de briser

les résistances possibles à coups de minenwerfer ou

de grenades, en moins de quatre semaines cette

division se serait grossie d’assez d’hommes pour

pouvoir donner naissance à soixante divisions.

C’était cette pensée qui faisait le plus trembler les

Juifs, qui tiraient les ficelles. Et cette crainte les

détermina à maintenir à la révolution une allure assez

modérée : la révolution ne devait pas dégénérer en

bolchevisme, mais devait au contraire, étant donné les

circonstances, jouer hypocritement le régime du calme

et de l’ordre.

De là, ses nombreuses et importantes concessions,

son appel au vieux corps des fonctionnaires, aux vieux

chefs de l’armée. On avait besoin d’eux, au moins pour



1

Feldgraue est l’équivalent de Poilu.

un certain temps, et ce n’était qu’après que ces

hommes, véritables têtes de Turcs, auraient fait l’office

qu’on attendait d’eux, que l’on pouvait oser leur

décocher les coups de pieds qui leur étaient dus et

arracher la République des mains des anciens serviteurs

de l’État pour la livrer aux griffes des vautours de la

révolution.

C’était par ce moyen seul que l’on pouvait espérer

duper de vieux généraux et de vieux fonctionnaires de

l’État, afin de désarmer d’avance une résistance

éventuelle de leur part, en présentant ce nouvel état de

choses sous des apparences d’innocence et de douceur.

Cette manœuvre a très bien réussi, l’expérience l’a

démontré.

Seulement, la révolution n’avait pas été faite par des

éléments d’ordre et de calme, mais bien plutôt par des

éléments d’émeute, de vol et de pillage. Et si, pour ces

derniers, le développement de la révolution n’était pas

celui qu’ils avaient voulu, il n’était pas davantage

possible, pour des raisons de tactique politique, qu’elle

prît le cours qui aurait le plus favorisé leurs goûts.

Par son accroissement progressif, la Social-

Démocratie avait de plus en plus perdu son caractère de

parti révolutionnaire brutal. Ce n’était pas qu’elle eût

mentalement adopté un but autre que celui de la

révolution ou que ses chefs aient jamais eu d’autres

intentions que les siennes : pas du tout !

Mais il ne restait, en fin de compte, que ces

intentions et un corps de partisans qui n’était plus apte

à passer aux actes.

Avec un parti de dix millions de membres, on ne

peut plus faire une révolution.

Dans un mouvement de cette importance, on n’a

plus devant soi un parti extrême, mais la grande masse

centrale, donc une multitude paresseuse. À ce propos, il

faut encore mentionner la scission provoquée par les

Juifs dans la Social-Démocratie ; je m’explique :

pendant que le parti social-démocrate, en raison de

l’inertie paresseuse de sa masse, s’agrippait comme un

bloc de plomb à la défense nationale, on sut extraire de

ce parti ses éléments radicaux-activistes et on les

constitua en colonnes d’assaut qui constituaient des

troupes de choc particulièrement redoutables.

Le parti indépendant et l’association spartakiste

constituèrent les bataillons d’assaut du marxisme

révolutionnaire. Leur mission était de parfaire l’œuvre

que la masse du parti social-démocrate, préparée à ce

rôle depuis plusieurs dizaines d’années, pouvait dès lors

exploiter.

La bourgeoisie couarde fut, à cet égard, appréciée à

sa juste valeur par le marxisme et traitée tout

simplement « en canaille »1. On ne s’en occupa

d’ailleurs pas du tout, sachant que l’obséquiosité

rampante de cette formation politique, composée d’une

génération vieille et usée, ne serait jamais capable

d’opposer une résistance sérieuse.

Puisque la révolution avait réussi et que les appuis

principaux de l’ancien État pouvaient être considérés

comme réduits à néant, que l’armée du front

commençait à surgir comme un sphinx inquiétant, il

fallait freiner le développement naturel de la révolution.

Le gros de l’armée social-démocratique occupait la

position conquise et les bataillons d’assaut

indépendants et spartakistes furent mis de côté.

Cela ne se passa pourtant pas sans combat.

Ce n’est pas seulement parce que les formations

d’attaque les plus fébrilement actives se sentaient

trompées dans leurs espérances et voulaient continuer à

piller autour d’elles, que leur vacarme effréné était

redouté par ceux qui tiraient les ficelles de la

révolution.

Car à peine le bouleversement était-il accompli qu’il

donnait lieu lui-même aussitôt, semble-t-il, à la

formation de deux camps, à savoir : le parti du calme et



1

En français dans le texte.

de l’ordre et le groupe de la terreur sanglante. Alors

quoi de plus naturel que de voir notre bourgeoisie se

rendre avec armes et bagages dans le camp du calme et

de l’ordre ? Pour une fois, ces misérables organisations

politiques trouvaient une occasion de passer aux actes.

Sans éprouver le besoin de le dire et au contraire en

silence, il leur était permis de mettre leurs pieds sur un

sol résistant et de se solidariser, dans une certaine

mesure, avec la puissance qu’ils haïssaient le plus, mais

qu’ils redoutaient encore davantage, au fond d’eux-

mêmes. La bourgeoisie allemande acquerrait ainsi le

grand honneur de s’asseoir à la même table que les

chefs marxistes trois fois maudits, pour combattre les

bolcheviks !

En décembre 1918 et janvier 1919, la situation se

présentait donc déjà comme il suit :

C’est une minorité composée des pires éléments qui

a fait la révolution et derrière elle marchaient

immédiatement tous les partis marxistes. La révolution

elle-même conserve une physionomie modérée, ce qui

lui attire l’hostilité des extrémistes fanatiques. Ceux-ci

commencent à lancer des grenades à main et à faire

crépiter des mitrailleuses, à occuper des monuments

publics, bref à menacer la révolution modérée. Pour

bannir la crainte que ces menaces font concevoir, un

armistice est conclu entre les adeptes du nouvel état de

choses et les partisans de l’ancien, afin d’être en mesure

de mener désormais en commun le combat contre les

extrémistes. Le résultat est le suivant : les ennemis de la

république s’organisent pour combattre la République

en elle-même, et ils aident à vaincre ceux-là mêmes qui,

pour des raisons toutes différentes, sont également des

ennemis de cette république.

Un autre résultat, c’est que cette combinaison

semble écarter tout danger d’un combat entre les

partisans de l’ancien État et ceux du nouveau.

On ne pourra jamais considérer assez souvent, ni

avec assez d’attention, ce dernier fait : seul, celui qui l’a

saisi, peut comprendre comment il a été possible qu’un

peuple, dont les neuf dixièmes n’ont pas fait la

révolution, dont les sept dixièmes n’en veulent pas,

dont les six dixièmes en ont horreur, ait été, en fin de

compte, contraint à la révolution par un dixième de sa

population.

Peu à peu les combattants des barricades,

spartakistes, d’un côté et, de l’autre, les fanatiques et les

idéalistes nationalistes, perdirent tout leur sang ; et,

dans la mesure même où ces deux partis extrêmes

s’usaient l’un contre l’autre, la masse du centre, comme

toujours, restait victorieuse. La bourgeoisie et le

marxisme se rencontrèrent sur le terrain des faits acquis

et la République commença dès lors à se consolider. Ce

qui n’empêcha pas d’ailleurs les partis bourgeois,

surtout avant les élections, de revenir pendant quelque

temps encore à des idées monarchiques, associant, dans

une même conjuration, les esprits de ceux d’autrefois et

les faibles lumières de leurs adeptes.

Cela n’était pas honnête, car la bourgeoisie avait au

fond d’elle-même rompu depuis longtemps avec la

monarchie, et la malpropreté du nouvel état de choses

avait déjà commencé à déteindre sur elle et à la rendre

sensible à sa corruption. Dans l’ensemble, le politicien

bourgeois se sent aujourd’hui plus à son aise dans la

boue fétide du parti républicain que sur le roc demeuré

propre de la forme d’État passée dont il garde encore le

souvenir.





***





Comme je l’ai déjà dit, les révolutionnaires furent

forcés, après la destruction de l’ancienne armée, de se

créer un nouvel instrument de puissance pour

consolider leur autorité dans l’État. Vu la situation, ils

ne pouvaient le trouver que parmi les partisans d’une

conception de vie qui leur était diamétralement

opposée. Dans ce milieu seulement pouvait se former,

quoique lentement, le corps d’une armée nouvelle qui,

limitée extérieurement par les traités de paix, pouvait

être au cours du temps transformée moralement pour

devenir un instrument de la nouvelle conception de

l’État.

Si on pose la question de savoir pourquoi,

indépendamment de toutes les erreurs de l’ancien État

qui en furent la cause, la révolution put réussir en tant

qu’action, on arrive aux réponses suivantes :

1° Parce que nos conceptions du devoir et de

l’obéissance s’étaient ankylosées.

2° À cause de la lâche passivité de nos partis soi-

disant conservateurs.

Il faut ajouter encore ce qui suit :

L’ankylose de nos notions de devoir et d’obéissance

avait sa cause la plus profonde dans notre éducation

qui, orientée tout entière dans le sens de l’État,

manquait de sens national. Il en résulte une confusion

entre les moyens et les buts. La conscience du devoir,

l’observation du devoir et l’obéissance ne sont pas des

buts en soi, de même que l’État n’est pas un but en soi :

ils doivent être seulement des moyens de rendre

possible et d’assurer l’existence sur cette terre d’une

communauté d’êtres vivants, unis par des affinités

morales et physiques. À une heure où un peuple

succombe visiblement et est livré, de toute évidence, à

l’oppression la plus dure, grâce aux actes de quelques

vauriens, l’obéissance et l’observance du devoir envers

ces derniers sont preuves d’un formalisme doctrinaire,

et même de la folie pure, si, d’autre part, le refus

d’obéir et de faire son devoir eussent pu préserver le

peuple de la ruine. D’après notre conception bourgeoise

actuelle de l’État, le commandant de la division, qui

reçut l’ordre d’en haut de ne pas tirer, a agi selon son

devoir et, par conséquent, a eu raison de ne point tirer,

parce que l’obéissance formelle et aveugle est plus

précieuse aux yeux des bourgeois que la vie de leur

propre peuple. Mais, selon la conception national-

socialiste, ce n’est pas l’obéissance à de faibles

supérieurs, c’est l’obéissance envers la communauté qui

doit entrer en ligne de compte. À une heure pareille,

c’est la responsabilité personnelle devant la nation

entière qui devient le devoir.

Si la révolution a réussi, c’est qu’une telle

conception vivante de ces notions avait été perdue par

notre peuple ou plutôt par nos gouvernements.

En ce qui concerne le second point, on peut faire la

remarque suivante :

La cause profonde de la lâcheté des partis

« conservateurs » fut, en premier lieu, la disparition des

éléments, les meilleurs et les plus actifs de notre peuple,

qui tombèrent au front. À part cela, nos partis

bourgeois, que nous pouvons désigner comme les seuls

qui acceptaient pour base l’ancien État, étaient

convaincus qu’ils ne pouvaient défendre leurs opinions

que sur le plan de l’esprit et par les armes de l’esprit,

parce que l’État, seul, avait le droit d’appliquer la force.

Non seulement cette conviction porte le stigmate d’une

croissante dégénérescence, mais, en outre, elle est

inadmissible à une époque où l’un des adversaires

politiques a depuis longtemps abandonné ce point de

vue et déclare ouvertement qu’il luttera, autant que

possible, pour ces buts politiques, même par la

violence. Au moment où le marxisme surgit dans le

monde de la démocratie bourgeoise dont il fut la

conséquence, ses appels à mener la lutte « seulement

par les armes spirituelles » étaient un non-sens qui

devait être cruellement expié un jour. Car le marxisme

lui-même défendit toujours le point de vue que l’emploi

d’une arme était déterminé seulement par des

considérations d’opportunité, et que le droit d’y recourir

se justifiait par le succès.

Les journées du 7 au 11 novembre prouvèrent à quel

point cette conception était juste. À ce moment, le

marxisme n’eut aucun souci du parlementarisme, ni de

la démocratie ; il leur asséna à tous les deux le coup

mortel par des bandes de criminels qui hurlaient et

tiraient. Si les organisations de bourgeois bavards

restèrent à ce moment impuissantes, cela se conçoit.

Après la révolution, quand les partis bourgeois, quoique

sous de nouveaux pavillons, surgirent de nouveau, et

quand leurs braves chefs sortirent en rampant de la

protection des caves obscures et des greniers bien aérés,

ils n’avaient rien oublié et rien appris, comme c’est

toujours le cas avec les représentants de vieux

organismes. Leur programme politique, c’était le passé,

dans la mesure où ils ne s’étaient pas ralliés

intérieurement aux nouvelles circonstances, et leur but

fut de pouvoir participer autant que possible au nouvel

état de choses, et leurs seules armes étaient leur parole.

Les partis bourgeois ont capitulé dans la rue de la

façon la plus pitoyable, même après la révolution.

Quand il fut question de la loi sur la défense de la

République, elle ne trouva d’abord pas de majorité1.

Mais, à l’aspect de deux cent mille marxistes qui

manifestaient, une telle peur s’empara de nos « hommes

d’État » bourgeois, qu’ils acceptèrent cette loi contre

leur conviction, pris de peur à l’idée que, dans le cas

contraire, la masse furieuse pourrait leur casser les reins

à la sortie du Reichstag. Ce qui n’eut pas lieu,

malheureusement, parce que la loi fut adoptée.





1

L’adoption de cette loi (juillet 1922) nécessitait la majorité de deux

tiers. Les populistes ne la votèrent que sous la pression d’une grande

manifestation socialiste (les nationalistes votant contre).

Le nouvel État se développa donc comme s’il n’y

avait aucune opposition nationale. Les seules

organisations qui eurent à cette époque le courage et la

force de s’opposer au marxisme et aux masses

soulevées par lui, c’étaient d’abord les corps francs,

ensuite les organisations d’auto-protection, les gardes

civiques, et enfin les ligues pour les traditions1, formées

en majorité d’anciens combattants.

Mais leur existence ne provoqua non plus aucun

revirement tant soit peu perceptible dans le

développement de l’histoire allemande, et pour les

causes suivantes :

De même que les partis dénommés nationaux ne

pouvaient exercer aucune influence, parce qu’ils ne

possédaient aucune puissance effective dans la rue, les

prétendues ligues de protection ne purent exercer

aucune influence, parce que toute idée politique leur

faisait défaut et surtout tout véritable but politique.

Ce qui avait donné naguère la victoire au marxisme,

ce fut la parfaite cohésion entre leur volonté politique

et leur brutalité dans l’action. Ce qui priva entièrement

l’Allemagne nationale de toute influence sur le



1

Freicorps : groupements recrutés dans l’ancienne armée, surtout

parmi les officiers et les étudiants. Selbstschutz, Einwohnerwehr :

organisations se rapprochant des gardes nationaux de 1848. Traditions

verbande : unions de membres d’anciens régiments dissous, etc.

développement du sort de l’Allemagne, ce fut l’absence

d’une collaboration de la force brutale avec une

volonté nationale.

Quelle que fût la volonté des partis « nationaux », ils

n’avaient pas la moindre force pour la faire triompher,

du moins dans la rue.

Les ligues de défense avaient la force, elles

dominaient la rue et l’État, mais elles ne possédaient

aucune idée politique ni aucun but politique, pour

lesquels leur force aurait pu être engagée, dans l’intérêt

de l’Allemagne nationale. Dans les deux cas, c’est

l’astuce du Juif qui arriva par une persuasion habile (en

renforçant une tendance déjà existante), à faire en sorte

que la situation se perpétuât et que le mal s’approfondît.

Ce fut le Juif qui sut lancer par sa presse, avec une

habileté infinie, l’idée d’un caractère « non-politique »

des ligues de défense, de même qu’il louait dans la lutte

politique « les armes pures de l’esprit ». Des millions

d’imbéciles allemands discouraient ensuite en adoptant

cette ânerie, sans pressentir le moins du monde que, de

cette façon, ils se désarmaient en pratique et se livraient

sans défense au Juif.

Mais il y a une explication encore plus simple. Le

manque de toute grande idée réformatrice a toujours

impliqué une limitation de la force combative. La

conviction d’avoir le droit d’employer les armes les

plus brutales est toujours liée à l’existence d’une foi

fanatique en la nécessité de la victoire d’un nouvel

ordre de choses révolutionnaire.

Un mouvement qui ne combat pas pour ces buts et

ces idéals suprêmes, ne recourra donc jamais aux

moyens les plus extrêmes.

La proclamation d’une grande idée est le secret du

succès de la Révolution française ; c’est à l’idée que la

révolution russe doit sa victoire ; et le fascisme ne reçut

sa force que de l’idée de soumettre un peuple, d’une

manière bienfaisante, à une réforme des plus vastes.

Les partis bourgeois ne possèdent pas les capacités

pour cela.

Mais non seulement les partis bourgeois voyaient

leur but politique dans une restauration du passé : les

ligues de défense, dans la mesure où elles se

préoccupaient de buts politiques, le faisaient aussi. De

vieilles tendances d’unions militaires et

1

kyffhauseriennes prirent vie dans leur milieu et

contribuèrent à émousser, au point de vue politique,

l’arme la plus tranchante que l’Allemagne possédait à



1

Montagne où, selon la légende, Frédéric Barberousse dormait sous

le charme d’un enchantement, pour ne se réveiller que pour faire

triompher l’idéal pangermaniste.

Dans le Kyffhauserbund étaient réunies, déjà avant la guerre, toutes

les associations patriotiques d’anciens militaires, d’étudiants, etc.

ce moment, et à la laisser dépérir en servant de

lansquenet à la république. Qu’elles le fissent avec les

meilleures intentions, et surtout en parfaite bonne foi,

cela ne change rien à l’incohérence fatale de leur

évolution.

Le marxisme obtint peu à peu dans la Reichswehr

consolidée l’appui nécessaire pour son autorité, et il

commença alors, avec logique et esprit de suite, à

licencier les ligues nationales de défense qui lui

paraissaient dangereuses et qui étaient devenues

inutiles. Quelques-uns des chefs les plus audacieux,

dont on se méfiait, furent cités devant les tribunaux et

mis sous les verrous. Tous furent frappés du sort qu’ils

avaient mérité par leur erreur.





***





Quand le parti national-socialiste fut fondé, ce fut la

première fois que fit son apparition un mouvement dont

le but n’était pas, comme chez les partis bourgeois, la

restauration mécanique du passé, mais d’ériger à la

place du mécanisme absurde de l’État actuel un État

organique raciste.

Le jeune mouvement, dès son premier jour, adopta

le point de vue qu’il fallait propager ses idées par les

moyens spirituels, mais que cette propagande devait

être étayée, le cas échéant, sur la force brutale.

Fidèle à sa foi en l’énorme importance de la

nouvelle doctrine, il considérait comme évident

qu’aucun sacrifice ne peut être trop grand en vue du but

à atteindre.

J’ai déjà indiqué qu’il y a des moments où un

mouvement qui veut conquérir le cœur d’un peuple est

obligé de trouver, dans ses propres rangs, la défense

contre les tentatives de terreur ennemies. C’est aussi

une des leçons éternelles de l’histoire qu’une idée

philosophique appuyée par la terreur ne peut jamais être

vaincue par des méthodes administratives abstraites,

mais seulement par une nouvelle idée philosophique, se

traduisant en actions aussi audacieuses que décidées. Ce

fait sera toujours désagréable aux protecteurs officiels

de l’État, mais c’est un fait indéniable. Les dirigeants

peuvent garantir la tranquillité et l’ordre seulement dans

le cas où l’État correspond à l’idée philosophique

répandue dans le pays, de façon que les éléments de

violence puissent être taxés de criminels isolés, au lieu

d’être considérés comme les représentants d’une idée

diamétralement opposée aux opinions officielles. Si tel

est le cas, l’État peut employer pendant des siècles les

mesures de répression les plus violentes contre la

terreur qui le menace, à la fin il sera impuissant contre

elle, et il succombera.

L’État allemand est assailli bien rudement par le

marxisme. Dans une lutte qui dure depuis soixante-dix

ans, non seulement il n’a pu empêcher le triomphe de

cette idéologie, mais il a été forcé de capituler presque

sous tous les rapports, en dépit de milliers d’années de

bagne et de prison, et des répressions les plus

sanglantes dont il frappait les militants de cette

idéologie marxiste qui le menaçait. (Les dirigeants d’un

État bourgeois essayeront de nier tout cela, mais en

vain.)

L’État qui, le 9 novembre 1918, capitula sans

conditions devant le marxisme, ne pouvait, du jour au

lendemain, s’en rendre maître ; au contraire : les

bourgeois idiots, assis dans les fauteuils ministériels,

radotent déjà aujourd’hui de la nécessité de ne pas

gouverner contre les ouvriers, ce qui signifie pour eux

« contre les marxistes ». En identifiant l’ouvrier

allemand avec le marxisme, ils commettent non

seulement une falsification, aussi lâche que

mensongère, de l’histoire, mais ils s’efforcent de

dissimuler ainsi leur propre effondrement devant l’idée

et l’organisation marxistes.

En présence de la subordination complète de l’État

actuel au marxisme, le mouvement national-socialiste a

d’autant plus le devoir, non seulement de préparer par

les armes de l’esprit le triomphe de son idée, mais aussi

celui d’organiser, sous sa propre responsabilité, la

défense contre la terreur de l’Internationale ivre de sa

victoire.

J’ai déjà décrit comment, dans la pratique, un

service d’ordre fut créé pour nos réunions, et comment

il revêtit peu à peu le caractère d’un service de police

générale ayant des cadres organisés.

Quoique sa structure qui s’édifiait peu à peu

ressemblât beaucoup à ce qu’on nommait les « ligues

de défense » nationales, il n’y avait, en réalité, aucune

comparaison entre celles-ci et celle-là.

Comme je l’ai dit, les organisations allemandes de

défense n’avaient aucune idée politique précise. Elles

n’étaient réellement que des ligues de protection

particulières, avec une préparation et une organisation

appropriées, de sorte qu’elles ne constituaient qu’un

complément illégal aux moyens légaux de l’État. Leur

caractère de corps francs ne se motivait que par leur

constitution et par la situation de l’État à cette époque ;

mais leur titre ne leur convenait aucunement, parce

qu’elles n’étaient que des organisations privées, ne

luttant que pour des convictions particulières. Elles ne

remplissaient nullement leur but, en dépit de l’attitude

hostile de quelques chefs et même de ligues entières

envers la république. Car il ne suffit pas d’être

convaincu de l’infériorité d’un état de choses existant

pour établir une conviction dans le sens supérieur de ce

mot ; celle-ci ne prend racine que dans la prescience

intime d’un nouvel état de choses et dans le

pressentiment qu’il est nécessaire ; elle ne prend racine

que dans la lutte pour l’instauration de ce nouvel état

de choses, lutte considérée comme la tâche suprême de

la vie.

Ce qui distingue essentiellement le service d’ordre

du mouvement national-socialiste de cette période de

toutes les ligues de défense, c’est qu’il ne fut ni ne

voulut être, même dans la plus faible mesure, le

serviteur des conditions créées par la révolution, mais

qu’il combattit exclusivement pour une Allemagne

nouvelle.

Ce service d’ordre avait, il est vrai, au début le

caractère d’un service de protection des salles. Sa

première tâche était limitée : il devait assurer la

possibilité de tenir des réunions sans que l’adversaire

pût les saboter. Il avait d’ores et déjà été créé pour

attaquer à fond, non par adoration exclusive de la

matraque – comme on le prétendait dans les stupides

cénacles des racistes allemands1 – mais parce que l’idée



1

Les deutsch-völkische furent une organisation qui faisait

concurrence aux hitlériens pour la propagande des idées racistes ; elle

disparut peu à peu.

la plus élevée peut être étouffée si son protagoniste est

assommé d’un coup de matraque. C’est un fait que bien

souvent, dans l’histoire, les têtes les plus nobles

tombèrent sous les coups des derniers des ilotes. Notre

organisation ne considérait pas la violence comme but

en soi, mais voulait protéger contre la violence ceux qui

poursuivaient des buts idéaux. Et elle comprit en même

temps qu’elle n’avait pas à assumer la protection d’un

État qui n’accordait aucune protection à la nation, mais

qu’elle devait, au contraire, se charger de la défense de

la nation contre ceux qui voulaient détruire le peuple et

l’État.

Après la bataille de la réunion dans le Hofbrauhaus

de Munich, notre service d’ordre reçut, une fois pour

toutes, en commémoration constante des attaques

héroïques de la petite troupe de naguère, le nom de

section d’assaut. Comme ce nom l’indique, il ne

désigne qu’une section du mouvement. C’en est un

membre, tout comme la propagande, la presse, les

institutions scientifiques et les autres membres du

même parti.

Nous avons pu voir, non seulement au cours de cette

réunion mémorable, mais aussi dans nos tentatives de

faire rayonner notre mouvement dans le reste de

l’Allemagne, combien cette organisation était

nécessaire. Quand le marxisme commença à voir en

nous un danger, il ne laissa passer aucune occasion pour

étouffer dans l’œuf toute tentative de tenir une réunion

national-socialiste, ou, le cas échéant, il chercha à

l’empêcher par le sabotage. Il va de soi que, dans toutes

ces occasions, les organisations officielles des partis

marxistes de toutes nuances couvraient aveuglément

toutes ces intentions de sabotage, cela jusque parmi les

assemblées élues. Mais que doit-on dire des partis

bourgeois, qui, assommés eux-mêmes par le marxisme,

n’osaient pas, dans beaucoup de localités, laisser parler

en public leurs orateurs, et qui, suivant des yeux

cependant tous nos combats contre les marxistes,

assistaient à nos quelques échecs avec une satisfaction

béate tout à fait incompréhensible. Ils étaient heureux

de voir que celui qu’ils n’avaient pu vaincre, celui qui

les avait vaincus eux-mêmes, ne pût être brisé par nous

non plus. Que penser de ces fonctionnaires, de ces

préfets de police, de ces ministres même, qui, avec un

manque de caractère tout à fait scandaleux, prenaient

extérieurement des attitudes d’hommes « patriotes »,

mais qui, dans tous les conflits des nationaux-socialistes

avec le marxisme, rendaient les services les plus vils à

ce dernier ? Que penser d’hommes qui, pour de

misérables louanges dans les journaux juifs, tombèrent

si bas qu’ils poursuivirent sans crier gare ces mêmes

hommes à l’héroïsme desquels ils étaient en partie

redevables de ne pas avoir été pendus, quelques années

plus tôt, par la meute rouge, et de ne pas avoir été des

cadavres déchiquetés, accrochés à une lanterne.

Ce sont là des faits si tristes, qu’ils inspirèrent une

fois à feu le préfet Pohner – cet homme inoubliable,

qui, dans sa stricte droiture, détestait ces reptiles avec

toute la force d’un homme de cœur – cette dure parole :

« Toute ma vie, je n’ai voulu être qu’un Allemand, et

ensuite un fonctionnaire ; et je ne veux pas qu’on me

confonde jamais avec ces créatures, qui, fonctionnaires

catins, se prostituent à tout venant, susceptible de passer

pour le maître de l’heure. »

Ce qui est surtout triste, c’est que cette engeance

soumit non seulement peu à peu des dizaines de milliers

de serviteurs les plus honnêtes et les plus loyaux de

l’État allemand, mais leur inocula aussi peu à peu son

propre manque de principes ; elle poursuivit ensuite les

plus honnêtes avec une haine féroce, elle les délogea

enfin de leurs postes et fonctions, tout en continuant à

se présenter, avec une hypocrisie mensongère, sous

l’étiquette de « nationaux ».

Nous n’avions jamais à espérer aucun secours de

tels hommes, et nous ne l’avons obtenu en effet que très

rarement. Seul, le développement de nos propres

services de protection pouvait garantir la sécurité de

notre mouvement, et lui attirer en même temps

l’attention et l’estime générales qu’on octroie à celui

qui se défend lui-même quand on l’attaque.

Notre idée directrice pour l’organisation intérieure

de cette section d’assaut, fut toujours d’en faire, outre

une troupe de choc parfaite, une force morale

inébranlablement pénétrée de l’idéal national-socialiste,

et d’y faire régner la discipline la plus stricte. Elle ne

devait avoir rien de commun avec une organisation

bourgeoise de défense, ou avec une société secrète.

Les raisons pour lesquelles je m’opposai à cette

époque de la façon la plus ferme aux tentatives de

donner aux sections d’assaut la forme de ligues de

défense, sont fondées sur les considérations suivantes :

Au point de vue purement pratique, l’éducation

militaire d’un peuple ne peut être faite par des ligues

privées, si ce n’est avec d’énormes secours financiers

de la part de l’État. Penser autrement eût été surestimer

grandement ses propres possibilités. Il est impossible,

en appliquant ce qu’on nomme « la discipline

volontaire », de dépasser certaines limites dans la

formation d’organisations qui possèdent une valeur

militaire. L’instrument le plus essentiel du

commandement – la faculté de punir – fait ici défaut.

Au printemps 1919, il était encore possible de

constituer ce qu’on appelle des « corps francs », mais

cela pouvait se faire parce qu’ils étaient composés

d’anciens combattants, qui, pour la plupart, étaient déjà

passés par l’école de l’ancienne armée, mais aussi parce

que le genre d’obligations imposées aux hommes

impliquait une obéissance militaire inconditionnelle.

Ces prémisses font complètement défaut pour les

« ligues de défense » volontaires. Plus la ligue est vaste,

plus la discipline est relâchée ; moins on peut exiger de

chaque membre, plus l’ensemble prend l’aspect des

anciennes associations de militaires et de vétérans. Une

préparation volontaire au service militaire, sans pouvoir

de commandement inconditionnel, ne pourra jamais

être appliquée aux grandes masses. Ceux qui, de leur

propre gré, se soumettront à la contrainte de

l’obéissance, toute naturelle dans l’armée, seront

toujours une minorité. Ensuite, un véritable

entraînement ne peut être appliqué à cause de

l’insuffisance ridicule des moyens à la disposition des

ligues de défense. Le plus solide entraînement aurait dû

être la tâche essentielle de telles institutions. Huit ans

ont passé depuis la guerre, et, pendant ce temps, pas

une classe de notre jeunesse allemande n’a reçu un

entraînement régulier. La tâche d’une ligue de défense

ne peut être seulement celle d’englober les hommes

ayant déjà reçu l’entraînement dans le passé, parce que,

dans ce cas, on pourrait mathématiquement établir à

quel moment son dernier membre quitterait la ligue.

Même le plus jeune soldat de 1918 sera, dans vingt ans,

sans valeur militaire, et nous nous approchons de cet

état de choses avec une rapidité inquiétante. Tout ce

qu’on nomme les ligues de défense acquerra alors

inévitablement le caractère des anciennes associations

de vétérans. Or, tel ne doit pas être une institution qui

se nomme non pas association d’anciens combattants,

mais Ligue de défense, et qui s’efforce d’exprimer, par

son nom même, qu’elle voit sa mission non seulement

dans le maintien des traditions et des liens entre les

anciens soldats, mais aussi dans la propagation des

idées de défense nationale et dans l’application pratique

de ces idées, c’est-à-dire dans la formation d’un corps

apte à cette défense.

Mais cette tâche implique alors inévitablement

l’entraînement des éléments qui n’ont pas encore reçu

de préparation militaire, et cela, dans la pratique, est

réellement impossible. On ne peut vraiment créer un

soldat avec un entraînement d’une ou de deux heures

par semaine. Avec les exigences croissantes, vraiment

énormes, que le service militaire impose actuellement

au soldat, un service militaire de deux ans est tout juste

suffisant pour transformer un jeune homme en un

soldat.

Nous avons tous vu au front les conséquences

terribles que le manque de préparation au métier

militaire avait pour les jeunes recrues. Des formations

volontaires, qui avaient été soumises à un entraînement

de fer pendant quinze à vingt semaines, et animées de

l’esprit de sacrifice le plus élevé, ne représentaient

néanmoins au front que de la chair à canon. Seules, les

jeunes recrues ayant subi un entraînement de quatre à

six mois et encadrées dans les rangs de vieux soldats

expérimentés, pouvaient devenir des éléments utiles

dans leur régiment ; ils étaient, en cela, guidés par les

« anciens » et s’adaptaient peu à peu à leur tâche.

En face de ces faits, combien paraît désespérée la

tentative de créer une troupe sans pouvoir de

commandement défini, sans moyens suffisants, par un

soi-disant entraînement d’une à deux heures par

semaine ! On peut, de cette façon, maintenir en forme

peut-être d’anciens soldats, mais on ne transformera

jamais de la sorte des jeunes gens en soldats.

On peut encore prouver l’inefficacité de ce prétendu

entraînement par le fait suivant : lorsqu’une telle ligue

de défense volontaire, au prix des plus grands efforts, et

avec mille difficultés, essayait d’entraîner militairement

quelques milliers d’hommes dévoués (pour les autres,

elle n’existe même pas !), l’État brisait par ses

directives pacifistes et démocratiques l’élan de millions

et de millions de jeunes gens, empoisonnait leur âme

patriotique et les transformait peu à peu en un troupeau

de moutons supportant patiemment tout arbitraire.

À côté de cela, combien faibles et ridicules

paraissent tous les efforts des ligues de défense pour

transmettre leurs idées à la jeunesse allemande !

Mais presque plus essentiel encore est le point de

vue suivant, qui me fit toujours prendre position contre

toute tentative d’une soi-disant préparation militaire sur

la base des organisations volontaires :

Même en admettant que, malgré toutes les

difficultés indiquées plus haut, une ligue réussisse

quand même, au cours des années, à transformer une

certaine quantité d’Allemands en hommes entraînés

militairement, aussi bien moralement que physiquement

et techniquement, le résultat serait encore nul dans un

État qui, par toute sa politique, ne désire nullement une

telle préparation militaire, qui la déteste même, parce

qu’elle est en pleine contradiction avec les buts intimes

de ses dirigeants, les destructeurs de la nation.

Dans tous les cas, un tel résultat serait sans valeur

avec des gouvernements qui non seulement ont prouvé

que la force militaire de la nation n’a aucune valeur à

leurs yeux, et qui, surtout, n’ont pas le moindre désir de

se servir de cette force, si ce n’est pour la défense de

leur propre existence, si funeste. Actuellement, il en est

encore ainsi. N’est-il pas ridicule, vraiment, d’entraîner

militairement quelques dizaines de milliers d’hommes

au crépuscule, alors que l’État, il y a quelques années,

abandonna honteusement huit millions et demi de

soldats les mieux entraînés ? Alors que non seulement il

ne voulut pas s’en servir, mais les livra, en

reconnaissance de leurs sacrifices, aux insultes de la

populace. On voudrait donc former des soldats pour

défendre un régime qui a sali les plus glorieux soldats

de jadis, qui a craché sur eux, qui leur a laissé arracher

leurs croix et leurs insignes, qui leur a enlevé leurs

cocardes, a piétiné leurs drapeaux et dénigré leurs

exploits ? Est-ce que le régime actuel a fait un seul pas

pour restaurer l’honneur de l’ancienne armée, pour

traduire en justice ses destructeurs et ses détracteurs ?

Pas le moindre ! Au contraire : nous les voyons trôner

dans les plus hautes charges de l’État. N’a-t-on pas dit à

Leipzig : « Le droit suit la force à la remorque. » Mais

comme la force, aujourd’hui, dans notre république, est

entre les mains des mêmes hommes qui ont attisé la

révolution, comme cette révolution est la trahison la

plus lâche, l’ignominie la plus basse dans toute

l’histoire de l’Allemagne, on ne peut, vraiment, trouver

aucune raison d’augmenter précisément la puissance de

ces individus-là en créant une jeune armée nouvelle.

Tous les arguments de la raison s’y opposent.

Le cas que faisait cet État, après la révolution de

1918, d’un renforcement de sa position au point de vue

militaire, est clairement et ostensiblement démontré par

son attitude envers les grandes organisations d’auto-

protection existantes à cette époque. Aussi longtemps

qu’elles avaient à assumer la protection des créatures

révolutionnaires si lâches, elles n’étaient pas

indésirables. Mais dans la mesure où, grâce à

l’avachissement croissant de notre peuple, le danger

pour ces créatures paraissait s’évanouir, et l’existence

des ligues signifiait alors un renforcement au point de

vue national, on les considéra comme superflues, on fit

tout pour les désarmer, et même, autant que c’était

possible, pour les dissoudre.

L’histoire ne connaît que de rares exemples de la

gratitude des souverains. Mais, seul, un patriote

néobourgeois pouvait espérer compter sur la gratitude

d’incendiaires et d’assassins révolutionnaires, de ces

hommes qui se sont enrichis en spoliant le peuple, de

ces traîtres à la nation. En étudiant la question de savoir

s’il fallait créer des ligues de défense volontaires, je me

demandais : pour qui vais-je entraîner ces jeunes gens ?

À quels buts seront-ils employés et quand seront-ils

appelés ? La réponse à ces questions donnait en même

temps les meilleures directives pour notre propre

conduite.

Si l’État actuel doit jamais faire appel à ces

formations entraînées, il ne le fera pas pour défendre les

intérêts nationaux à l’extérieur, mais seulement pour la

défense des oppresseurs de la nation, malgré la fureur

générale du peuple trompé, trahi et vendu, qui éclatera

peut-être un jour.

Nos sections d’assaut ne devaient donc, pour cette

seule raison, avoir rien de commun avec une

organisation militaire. C’était un instrument de

protection et de propagande du mouvement national-

socialiste, et ses tâches étaient d’un tout autre ordre que

celui des organisations nommées ligues de défense.

Mais ce ne devait pas être non plus une association

secrète. Le but d’organisations secrètes ne peut être

qu’illégal. Cela limite le cadre d’une telle organisation.

Il n’est pas possible, surtout quand on connaît le

penchant au bavardage du peuple allemand, de créer

une organisation tant soit peu considérable et en même

temps de garder le secret ou même de voiler ses buts.

De telles intentions ont déjà été déjouées mille fois.

Non seulement nos institutions policières ont

aujourd’hui à leur disposition tout un état-major de

souteneurs et d’autres canailles, qui trahissent pour les

trente deniers de Judas et qui inventeraient plutôt des

trahisons imaginaires. Jamais on ne peut obtenir de ces

propres partisans le silence nécessaire en pareil cas.

Seuls, de tout petits groupements, après des années de

filtrage, pourraient acquérir le caractère de véritables

organisations secrètes. Mais l’exiguïté même de

pareilles formations leur enlèverait toute valeur pour le

mouvement national-socialiste. Ce dont nous avions

besoin, ce n’étaient pas de cent ou deux cents

conspirateurs audacieux, mais de centaines de milliers

de militants fanatiques épris de notre idéal. Il fallait

travailler non pas dans des conciliabules secrets, mais

par de puissantes démonstrations de masses, et ce

n’était point par le poignard ou le poison ou le revolver

que le mouvement pouvait vaincre, c’était seulement

par la conquête de la rue. Nous devions faire

comprendre au marxisme que le national-socialisme

était le maître futur de la rue, et qu’il serait un jour le

maître de l’État.

Le danger des organisations secrètes est encore

actuellement dans le fait que leurs membres perdent

souvent toute notion de la grandeur de leur tâche, et

qu’ils croient que le sort d’un peuple peut être décidé

par un meurtre. Une telle opinion peut avoir sa raison

d’être historique, dans le cas où le peuple pâtit sous la

tyrannie de quelque oppresseur de génie, dont on sait

que, seule, la personnalité extraordinaire garantit la

solidité intérieure et le caractère terrifiant de cette

oppression. Dans un tel cas, un homme prêt au sacrifice

peut surgir des rangs du peuple pour plonger le fer dans

le sein de l’homme détesté. Et seulement l’esprit

républicain de petits lâches peut voir dans cet acte un

motif de réprobation. N’oublions pas que Schiller, le

plus grand pionnier de la liberté de notre peuple, a osé,

dans son Guillaume Tell, glorifier un tel meurtre.

Dans les années 1919 et 1920 existait le danger que

les associations secrètes, entraînées par les grands

exemples de l’histoire et heurtées par les calamités sans

bornes de la patrie, essayassent de se venger sur les

fauteurs des malheurs de la patrie, pensant mettre fin de

cette façon à la détresse du peuple. Toute tentative

pareille eût été un non-sens, parce que le marxisme

avait triomphé non pas grâce au génie supérieur d’un

chef quelconque, mais à cause de la faiblesse pitoyable

et sans bornes, à cause du lâche renoncement du monde

bourgeois. Le reproche le plus cruel qu’on puisse faire à

notre bourgeoisie, c’est de constater que la révolution

n’a pas mis en vedette le moindre cerveau, mais qu’elle

l’a soumise quand même. On peut encore comprendre

qu’on puisse capituler devant un Robespierre, un

Danton, un Marat, mais il est scandaleux de s’être mis à

quatre pattes devant le grêle Scheidemann ou le gros

Erzberger, ou un Friedrich Ebert, et tous les autres

innombrables nains politiques. Il n’y eut vraiment pas

une tête dans laquelle on aurait pu voir l’homme de

génie de la révolution. Dans le malheur de la patrie, il

n’y avait que des punaises révolutionnaires, des

spartakistes de pacotille en gros et en détail. Cela

n’aurait eu aucune importance si on en avait supprimé

un ; le seul résultat aurait été qu’une poignée d’autres

sangsues, aussi nulles et aussi avides, auraient pris sa

place.

La protestation la plus énergique n’était pas de trop

pour combattre cette conception, qui avait eu sa raison

d’être dans de grands événements historiques, mais qui

ne convenait nullement à notre époque actuelle de

nains.

Les mêmes considérations sont valables pour le cas

de suppression de ceux qu’on appelle les traîtres au

pays. C’est un illogisme ridicule de fusiller un individu

qui a dénoncé à l’ennemi la présence d’un canon, tandis

que, dans les postes les plus élevés du gouvernement, se

trouvent des canailles qui ont vendu tout un empire, qui

ont sur leur conscience le vain sacrifice de deux

millions de morts, qui portent la responsabilité de

millions d’invalides, et qui font en pleine tranquillité

d’âme leurs « affaires » républicaines. C’est un non-

sens que de punir les petits traîtres dans un État où le

gouvernement innocente les grands traîtres. Car il

pourrait arriver un jour qu’un idéaliste honnête, ayant,

pour servir son peuple, supprimé un vaurien qui a trahi

aux armées, soit traîné en justice devant un jury de

grands traîtres. Alors, doit-on faire supprimer un traître

par un autre traître ? Ou par un idéaliste ? Dans le

premier cas, le succès est douteux, et la trahison, pour

l’avenir, est assurée ; dans l’autre cas, un petit vaurien

est éliminé, et la vie d’un idéaliste, peut-être

irremplaçable, est menacée.

Du reste, mon attitude dans cette question est la

suivante : on ne doit pas pendre les petits voleurs quand

les grands restent libres et impunis ; un jour, un tribunal

national allemand aura à juger et à faire exécuter

quelques dizaines de milliers d’organisateurs

responsables de la trahison de novembre et de tout ce

qui s’y rapporte. Un pareil exemple servira aussi au

petit traître d’armes1, une fois pour toutes, de leçon

salutaire.

Toutes ces considérations m’ont amené à interdire, à

plusieurs reprises, toute participation aux associations

secrètes, et à empêcher les sections d’assaut de prendre

le caractère de ces associations. J’ai tenu, dans ces

années, le mouvement national-socialiste à l’écart

d’expériences dont les exécuteurs ont été pour la

plupart d’admirables jeunes Allemands idéalistes ; mais

leurs actes n’ont abouti qu’à leur propre sacrifice, sans

qu’ils aient pu améliorer dans la moindre mesure le sort

de la patrie.





***









1

Ceux qui dénonçaient les dépôts d’armes clandestins aux autorités

interalliées après la guerre. – N. d. T.

Si la S. A. ne devait être ni une organisation de

défense militaire, ni une association secrète, il fallait

tirer de cela les conséquences suivantes.

1° Leur entraînement devait avoir lieu non pas sous

l’angle de leur utilité militaire, mais sous celui de leur

conformité aux intérêts du parti.

Dans la mesure où leurs membres devaient se

perfectionner au point de vue physique, le centre de

gravité ne devait pas être dans les exercices militaires,

mais plutôt dans la pratique des sports. La boxe et le

jiu-jitsu m’ont toujours paru plus essentiels qu’un

entraînement au tir, qui ne pouvait qu’être mauvais,

parce qu’incomplet. Qu’on donne à la nation allemande

six millions de corps parfaitement entraînés au point de

vue sportif, brûlants d’un amour fanatique pour la patrie

et élevés dans un esprit offensif le plus intense ; un État

national en saura faire, en cas de besoin, une armée en

moins de deux ans, si toutefois il y a des cadres. Ceux-

ci sont constitués dans les circonstances actuelles par la

Reichswehr, et non par une ligue de défense empêtrée

dans des demi-mesures. Le perfectionnement physique

doit inoculer à chacun la conviction de sa supériorité et

lui donner cette assurance qui réside toujours dans la

conscience de sa propre force ; elle doit aussi leur

donner les qualités sportives qui peuvent servir d’armes

pour la défense du mouvement.

2° Pour empêcher dès l’abord que la S. A. revête un

caractère secret, il faut que, indépendamment de son

uniforme auquel tous peuvent immédiatement la

reconnaître, ses effectifs, par leur nombre même, soient

utiles pour le mouvement et connus de tous. Elle ne doit

pas siéger en secret ; elle doit marcher à ciel découvert

et se consacrer à une activité qui dissipe définitivement

toutes les légendes sur son « organisation secrète ».

Pour préserver aussi son esprit de toutes les tentations

de nourrir son activité par de petites conspirations, on

devait, dès le début, l’initier complètement à la grande

idée du mouvement et l’entraîner si entièrement à la

tâche de la défense de cette idée, que son horizon

s’élargirait aussitôt et que chacun de ses membres ne

verrait plus sa mission dans l’élimination de tel filou

plus ou moins grand, mais le don total de soi en vue de

l’édification d’un nouvel État national-socialiste et

raciste. De cette façon, la lutte contre l’État actuel était

élevée au-dessus de l’atmosphère de petits actes de

vengeance et d’activités de conspirateurs ; elle

parvenait au niveau d’une guerre de destruction pour

une conception de vie idéale contre le marxisme et ses

formations.

3° Les formes de l’organisation de la S. A., ainsi que

son uniforme et son équipement, ne devaient pas suivre

les modèles de l’ancienne armée ; elles devaient se

conformer aux besoins de la tâche qui lui incombait.

Ces idées qui me servaient de directives déjà dans

les années 1920 et 1921, et que je m’efforçai d’inoculer

peu à peu à la jeune organisation, eurent pour résultat le

fait que, dès la fin de l’été 1922, nous possédions un

nombre appréciable de centuries, qui reçurent, en

automne 1922, l’habillement qui les distinguait. Trois

événements eurent une importance infinie pour le

développement ultérieur de la S. A.

1° La grande démonstration de toutes les

associations patriotiques contre la loi de défense de la

république sur le Königsplatz à Munich.

Les associations patriotiques de Munich avaient

alors lancé l’appel de se réunir pour une manifestation

gigantesque, à Munich, pour protester contre

l’introduction de la loi de défense de la république. Le

mouvement national-socialiste devait y participer aussi.

Le défilé du parti, en rangs serrés, s’ouvrit par les six

centuries de Munich, suivies par les sections politiques

du parti. Deux orchestres prirent part au défilé, et on

portait près de quinze drapeaux. L’arrivée des

nationaux-socialistes sur la vaste place, déjà remplie à

moitié, déchaîna un enthousiasme sans bornes. Moi-

même, j’eus l’honneur de prendre la parole devant une

foule comptant soixante mille hommes.

Le succès de cette manifestation fut foudroyant,

surtout parce qu’il fut prouvé pour la première fois, en

dépit de toutes les menaces des rouges, que le Munich

national pouvait aussi marcher dans la rue. Les

membres des associations de protection rouge

républicaine, qui essayèrent d’agir par la terreur contre

les colonnes en marche, furent dispersés, la tête

ensanglantée, en quelques minutes par les centuries des

S. A. Le mouvement national-socialiste a montré alors,

pour la première fois, qu’il était décidé à l’avenir à

prétendre défiler dans la rue et à arracher ainsi ce

monopole des mains des traîtres internationaux et des

ennemis de la patrie.

Le résultat de cette journée fut une preuve

incontestable de ce que nos conceptions sur la structure

de la S. A. étaient bonnes, tant au point de vue

psychologique qu’au point de vue de l’organisation.

Elle fut donc élargie énergiquement sur les bases qui

lui avaient apporté le succès, et, peu de semaines plus

tard, nous avions mis sur pied une quantité double de

centuries.

2° L’expédition à Cobourg en octobre 1922.

Les ligues « racistes » avaient l’intention

d’organiser, à Cobourg, ce qu’elles nommaient un

« Congrès allemand ». Je reçus aussi une invitation à ce

Congrès, avec la prière d’amener quelques hommes.

Cette invitation, que je reçus à 11 heures, m’arrivait

juste à point. Une heure après, les dispositions pour la

participation à ce Congrès allemand étaient déjà prises.

Pour m’accompagner, je désignai huit cents hommes de

la S. A., qui, divisés en quatorze centuries, devaient être

transportés de Munich, par un train spécial, à Cobourg,

devenue bavaroise1. Des ordres correspondants furent

donnés aux autres groupements de S. A. national-

socialistes, qui s’étaient formés entre temps dans

d’autres localités. C’était la première fois qu’un tel train

spécial traversait l’Allemagne. Dans toutes les localités

où de nouveaux membres de la S. A. montèrent, notre

voyage produisait une sensation énorme. Beaucoup de

gens n’avaient encore jamais vu nos drapeaux ;

l’impression qu’ils produisirent fut grande.

Quand nous arrivâmes en gare de Cobourg, nous

fûmes reçus par une délégation du comité des fêtes du

Congrès, qui nous transmit un ordre, intitulé

« compromis », des syndicats locaux, ainsi que du parti

socialiste indépendant et du parti communiste, qui

stipulait que nous ne devions pas entrer dans la ville ni

drapeaux déployés, ni musique en tête (nous avions

amené avec nous notre orchestre de quarante-deux

hommes), ni en colonne serrée.

Je rejetai séance tenante ces humiliantes conditions,



1

Cobourg, avec son canton, qui faisait partie de l’ex-duché de Saxe-

Cobourg-Gotha, venait de décider, par voie de plébiscite, son rattachement

avec la Bavière.

et je ne manquai pas de faire entendre à messieurs les

dirigeants de cette manifestation que le fait d’avoir

engagé des pourparlers et d’avoir conclu des

compromis avec la municipalité socialiste me paraissait

surprenant ; et je déclarai que les centuries de la S. A.

allaient aussitôt se mettre en rangs et marcher dans la

ville, avec leur fanfare et drapeaux déployés.

Et c’est ce qu’on fit.

Sur la place de la gare une foule hurlante et

ricanante de milliers d’hommes nous reçut.

« Assassins ! », « Bandits ! », « Criminels ! », tels

furent les jolis petits noms que nous jetaient

aimablement à la tête ces fondateurs exemplaires de la

république allemande. La jeune S. A. garda une tenue

exemplaire, les centuries se formèrent sur la place de la

gare, ne prêtant d’abord aucune attention aux injures de

la populace. Des organes policiers apeurés pilotèrent

d’abord notre marche par cette ville, inconnue de nous

tous, non pas, comme il était convenu, vers nos

quartiers mais vers la salle du Hofbrauhaus, située près

du centre de la ville. À gauche et à droite de notre

procession, le tumulte des masses populaires qui nous

suivaient augmentait toujours. À peine la dernière

centurie était-elle entrée dans la cour de la salle qu’une

foule compacte, avec des cris assourdissants, essaya d’y

pénétrer à notre suite. Pour les en empêcher, la police

fit fermer la salle. Comme cette situation était intenable,

je mis la S. A. de nouveau au garde-à-vous, je lui fis

une courte allocution et j’exigeai de la police

l’ouverture immédiate des portes. Après une longue

hésitation, ils consentirent à le faire.

Nous marchâmes donc de nouveau par le même

chemin, mais en sens contraire, pour arriver à nos

quartiers, et cette fois il fallut réellement faire front.

Comme les cris et les exclamations insultantes ne

pouvaient faire perdre leur sang-froid à nos centuries,

ces représentants du vrai socialisme, de l’égalité et de la

fraternité, eurent recours aux pierres. Alors notre

patience fut à bout et des coups tombèrent comme grêle

à droite et à gauche ; un quart d’heure plus tard, plus

rien de rouge n’osait montrer le bout du nez dans les

rues.

La nuit, il y eut encore de dures rencontres. Des

patrouilles de la S. A. avaient trouvé des nationaux-

socialistes, assaillis isolément, dans un état atroce.

Alors, on régla leur compte aux adversaires. Dès le

lendemain matin, la terreur rouge dont Cobourg avait

souffert pendant des années était brisée.

Avec l’hypocrisie typique des marxistes-juifs, on

essaya encore, par des proclamations, de lancer une fois

de plus les « camarades du prolétariat international »

dans la rue, en affirmant, en falsifiant les faits, que nos

« bandes d’assassins » avaient commencé à Cobourg

« une guerre exterminatrice contre les ouvriers

pacifiques ». À une heure et demie, une grande

« démonstration populaire » devait avoir lieu, et on y

avait convié des dizaines de milliers d’ouvriers de la

région. Fermement décidé à liquider définitivement la

terreur rouge, j’ordonnai, à midi, à la S. A., qui

comptait quinze cents hommes, de former une colonne,

et je me mis avec elle en marche vers la citadelle de

Cobourg, en passant par la grande place où la

démonstration hostile devait avoir lieu. Je voulais voir

s’ils oseraient encore nous molester. Quand nous

pénétrâmes sur la place, il n’y avait, au lieu des dix

mille hommes annoncés, que quelques centaines de

pauvres bougres qui se tinrent cois à notre approche ou

prirent la fuite.

En quelques endroits seulement, des détachements

rouges qui étaient venus du dehors et qui ne nous

connaissaient pas encore, essayèrent de nouveau de s’en

prendre à nous ; mais, en un tournemain, on leur fit

radicalement passer toute envie de le faire. Et alors on

put voir comme la population, intimidée jusqu’à ce

moment, se réveilla peu à peu, prit courage, osa nous

acclamer et, dans la soirée, à notre départ, éclata en

beaucoup d’endroits en acclamations joyeuses.

Tout à coup, le personnel du chemin de fer nous

déclara à la gare qu’il ne conduirait pas notre train. Je

fis alors savoir à plusieurs des meneurs rouges que,

dans ce cas, je comptais mettre la main sur autant de

bonzes rouges que j’en pourrais attraper, et que nous

conduirions notre train nous-mêmes, en prenant avec

nous sur la locomotive, le tender et dans chaque

voiture, quelques représentants de la solidarité

internationale. Je ne manquai pas d’attirer l’attention de

ces messieurs sur le fait qu’un voyage entrepris avec

nos propres moyens serait, certes, une aventure

infiniment risquée et que nous nous casserions tous

peut-être le cou. Mais nous pourrions alors, en tout cas,

nous réjouir de ce que nous n’irions pas faire ce

plongeon dans l’au-delà tout seuls, mais en pleine

égalité et fraternité avec les messieurs rouges.

Sur ce, le train partit exactement à l’heure, et nous

arrivâmes de nouveau sains et saufs à Munich le

lendemain matin.

À Cobourg, la première fois depuis l’année 1914,

fut ainsi rétablie l’égalité des citoyens devant la loi. Car

si, aujourd’hui, quelque fat de fonctionnaire supérieur

prétend affirmer que c’est l’État qui protège la vie de

ses citoyens, ce n’était alors vraiment pas le cas ; car les

citoyens devaient être protégés contre les représentants

mêmes de l’État.

L’importance de cette journée ne put être tout de

suite appréciée dans toutes ses conséquences. Mais les

hommes de la S. A. victorieuse sentirent croître leur foi

en eux-mêmes et en la sagacité de leurs chefs.

Le monde environnant commença à s’occuper de

nous, et nombreux furent ceux qui reconnurent, pour la

première fois, dans le mouvement national-socialiste,

l’institution qui devait, selon toute probabilité, préparer

au marxisme une fin digne de lui.

Seule, la démocratie gémit qu’on pût oser ne pas se

laisser paisiblement bourrer le crâne, et que nous ayons

assumé, dans une république démocratique, le droit de

repousser une attaque brutale par nos poings et nos

cannes, au lieu d’y répondre par des incantations

pacifistes.

La presse bourgeoise, en général, fut piteuse, ou

lâche comme toujours, et seuls quelques journaux

sincères se réjouirent qu’au moins à Cobourg, on eût su

donner enfin sur les doigts aux bandits marxistes.

À Cobourg même, du moins une partie des ouvriers

marxistes, celle que nous considérions comme égarée,

avait appris, par l’enseignement des poings des ouvriers

nationaux-socialistes, que ces ouvriers aussi luttaient

pour des idéaux, car on sait par l’expérience qu’on ne

se bat que pour ce qu’on croit et ce qu’on aime.

La S. A., elle-même, en retira le plus grand profit.

Elle crût si rapidement qu’au congrès du parti, le 27

janvier 1923, déjà près de 6000 hommes purent

participer à la consécration du drapeau ; à cette

occasion, les premières centuries parurent entièrement

habillées de leur uniforme nouveau.

L’expérience de Cobourg avait démontré à quel

point il était essentiel d’introduire une tenue uniforme

pour la S. A., non seulement pour fortifier l’esprit de

corps, mais aussi pour éviter des confusions et comme

signe de reconnaissance. Jusqu’à présent, ils ne

portaient que des brassards ; maintenant s’y ajoutèrent

la vareuse et la casquette bien connues.

L’expérience de Cobourg eut encore cette

importante conséquence : nous commençâmes à briser

méthodiquement la terreur rouge dans toutes les

localités où celle-ci avait, depuis des années, empêché

toute réunion d’autres partis, et à rétablir la liberté de

réunions. À partir de ce moment, nous avons concentré

nos bataillons nationaux-socialistes dans de telles

localités, et peu à peu les citadelles rouges de la Bavière

tombèrent l’une après l’autre devant la propagande

nationale-socialiste. La S. A. s’est toujours de plus en

plus adaptée à sa tâche, elle s’est éloignée de plus en

plus du type d’un mouvement de défense sans but et

sans importance vitale, et elle se haussa jusqu’au rôle

d’une organisation vivante de combat pour la création

d’un nouvel État allemand.

Le développement logique se poursuivit jusqu’au

mois de mars 1923. À ce moment se produisit un

événement qui me força de faire dévier le mouvement

de la voie établie, et de l’amener à une transformation.

3° L’occupation du territoire de la Ruhr par les

Français, dans les premiers mois de l’année 1923, eut

une grande importance pour le développement de la

S. A.

Il n’est pas encore possible aujourd’hui, et cela ne

correspond surtout pas à l’intérêt national, de parler ou

d’écrire là-dessus en pleine liberté. Je ne puis en parler

que dans la mesure où ce sujet a déjà été abordé dans

des discussions publiques, et où il a été ainsi porté à la

connaissance de tous.

L’occupation de la Ruhr, qui ne fut point une

surprise pour nous, fit naître l’espoir bien fondé que,

maintenant, on allait rompre avec la politique lâche des

reculades et qu’on devait assigner aux lignes de défense

une tâche parfaitement définie. La S. A. aussi, qui

comptait alors dans ses rangs plusieurs milliers

d’hommes jeunes et pleins de force, ne pouvait se

refuser à prendre part à ce service national. Au

printemps et au cours de l’été de l’année 1923,

s’accomplit sa transformation en une organisation

militaire de combat. C’est à cette réorganisation qu’il

faut attribuer, en grande partie, le développement

ultérieur des événements de l’année 1923 en ce qui

concerne notre mouvement.

Comme je traite autre part, dans leurs grandes

lignes, les événements de l’année 1923, je veux

seulement établir que la transformation de la S. A. de

cette époque devait être nuisible pour le mouvement, si

les conditions qui motivaient cette réorganisation, c’est-

à-dire la reprise d’une résistance active contre la

France, ne se trouvaient pas remplies.

La conclusion de l’année 1923, si terrible que cela

puisse paraître à première vue, fut presque nécessaire

en se plaçant à un point de vue supérieur, parce qu’elle

a empêché la transformation définitive de la S. A.,

rendue inutile par l’attitude du gouvernement allemand

et nuisible pour le mouvement lui-même ; aussi reprit-

on la marche dans la même voie dont on s’était écarté.

Le parti, réorganisé en 1925, doit reconstruire sa

S. A. suivant les principes indiqués au début. Il doit

retourner aux saintes conceptions initiales et il doit

considérer de nouveau, comme sa tâche la plus

essentielle, de créer dans sa S. A. un instrument pour la

représentation et le renforcement de la lutte pour l’idéal

du mouvement.

Il ne doit pas tolérer que la S. A. se rabaisse au rôle

d’une ligue de défense ou d’une association secrète ; il

doit, au contraire, s’efforcer de créer en elle une garde

de cent mille hommes pour l’idéal national-socialiste et

raciste.

Chapitre X



Le fédéralisme n’est qu’un masque.



Pendant l’hiver de 1919, et plus encore au printemps

et pendant l’été de 1920, le jeune parti fut forcé de

prendre position sur une question qui avait déjà eu,

pendant la guerre, une extraordinaire importance. Dans

la première partie de ce livre, lorsque je décrivais

brièvement les symptômes que j’avais personnellement

constatés et qui annonçaient l’effondrement dont

l’Allemagne était menacée, j’ai fait allusion au genre de

propagande usitée par les Anglais, et aussi par les

Français, pour agrandir l’ancien fossé qui séparait le

Nord du Sud de l’Allemagne. Au printemps de 1915

avaient paru les premiers pamphlets dirigés

systématiquement contre la Prusse qu’ils rendaient

seule responsable de la guerre. En 1916, cette

campagne avait reçu sa forme définitive, aussi adroite

que méprisable. Faisant appel aux plus bas instincts,

elle tendait à ameuter les Allemands du sud contre ceux

du nord et elle avait commencé à porter des fruits. On a

le droit de reprocher aux autorités supérieures d’alors,

aussi bien dans le gouvernement que dans la direction

de l’armée – ou, pour mieux dire, aux chefs de l’armée

bavaroise – et c’est une inculpation dont ils ne pourront

jamais se laver, de n’être pas intervenus avec la

résolution nécessaire pour faire cesser cette campagne ;

mais Dieu les aveuglait et leur faisait oublier leur

devoir. On ne fit rien ! Au contraire, il semblait qu’en

différents endroits, on la voyait d’un assez bon œil ; on

était peut-être assez borné pour se figurer que non

seulement une pareille propagande barrerait la route à

l’évolution qui conduisait le peuple allemand à l’unité,

mais aussi qu’elle renforcerait automatiquement les

tendances fédératives. Mais rarement, dans l’histoire,

une négligence aussi perfide a été plus cruellement

punie. L’insulte qu’on voulait faire à la Prusse a atteint

toute l’Allemagne. Elle eut pour conséquence de hâter

l’effondrement qui ne mit pas seulement l’Allemagne

en pièces, mais tout d’abord les États allemands eux-

mêmes.

Ce fut dans la ville de Munich où la haine

artificiellement attisée contre la Prusse s’était déchaînée

avec le plus de rage qu’éclata d’abord un soulèvement

contre la maison royale héréditaire.

Il serait d’ailleurs faux de croire que la propagande

ennemie pendant la guerre ait seule pu fabriquer de

toutes pièces ce mouvement d’opinion hostile à la

Prusse et qu’il n’y ait pas des excuses à la décharge du

peuple qui tomba dans son piège. La façon incroyable

dont fut organisée l’économie publique pendant la

guerre, la centralisation vraiment insensée qui mettait

en tutelle toute l’étendue du Reich et l’exploitait

comme un escroc fait de ses dupes, telles sont les

principales causes qui ont contribué à la naissance de

cette tournure d’esprit antiprussienne.

Car, pour l’homme du peuple du type courant, les

offices de guerre, qui avaient, notez-le bien, leur

direction à Berlin, étaient Berlin même ; et Berlin,

c’était la Prusse.

Que cette entreprise de rapines, connue sous le nom

d’offices de guerre, eût été organisée par des gens qui

n’étaient ni des Berlinois, ni des Prussiens, ni parfois

même des Allemands, l’homme du peuple s’en doutait

à peine alors. Il ne voyait que les fautes grossières et les

empiétements continuels de cette odieuse organisation

fonctionnant dans la capitale du Reich et faisait

naturellement retomber toute sa haine en même temps

sur la capitale et sur la Prusse ; cela d’autant plus que

d’un certain côté (le gouvernement bavarois), non

seulement on ne faisait rien pour réfuter cette

interprétation des faits, mais qu’on l’accueillait in petto

avec un sourire complaisant.

Le Juif était trop malin pour ne pas comprendre dès

alors que l’infâme campagne de pillages que, sous le

couvert des offices de guerre, il avait organisée aux

dépens du peuple allemand, finirait, et devait fatalement

finir, par provoquer des résistances. Tant qu’elles ne lui

sauteraient pas à la gorge, il n’avait pas à les craindre.

Mais, pour empêcher que l’explosion du désespoir et de

l’indignation des masses ne vienne à l’atteindre, il n’y

avait pas de meilleure recette que de diriger vers un

autre côté les éclats de leur fureur et de l’épuiser ainsi.

Que la Bavière se contente de se quereller avec la

Prusse et la Prusse avec la Bavière, à merveille ! Et plus

la querelle serait violente, mieux cela vaudrait pour lui !

Si les deux pays se combattaient avec acharnement, la

paix du Juif n’en serait que mieux assurée. L’attention

générale fut ainsi complètement détournée de ce

maquignonnage international ; on sembla l’avoir

absolument oublié. Lorsque le danger que présentaient

ces querelles commença à devenir évident et quand les

hommes réfléchis, qui étaient nombreux en Bavière

même, conseillèrent d’ouvrir les yeux, de rentrer en soi-

même et de montrer plus de modération, de sorte que

cette lutte acharnée menaçait de s’apaiser, le Juif n’eut

qu’à mettre en jeu une autre provocation et à en

attendre le succès. Immédiatement, tous ceux qui

tiraient profit de la lutte mettant aux prises le Nord et le

Sud se jetaient sur l’incident et soufflaient sur le feu

jusqu’à ce que l’indignation qui couvait encore eût

recommencé à jeter des flammes.

Ce fut une manœuvre habile et raffinée qu’employa

le Juif à ce moment pour occuper les différents peuples

allemands et détourner leur attention, afin de pouvoir

entre temps les dépouiller plus complètement.

Puis vint la révolution.

Si l’homme de la foule, et particulièrement le petit

bourgeois et l’ouvrier peu cultivés, avaient pu, jusqu’en

1918, ou plutôt jusqu’au mois de novembre de cette

année-là, ne pas se rendre exactement compte de ce qui

se passait réellement et des conséquences que devaient

fatalement avoir les querelles qui divisaient les

éléments ethniques allemands, surtout en Bavière, la

partie du peuple allemand qui se disait « nationale »

aurait au moins dû le comprendre le jour où éclata la

révolution. Car, à peine le mouvement eut-il réussi, que

le chef et l’organisateur de la révolution en Bavière se

fit le représentant des intérêts bavarois ! Le Juif

internationaliste Kurt Eisner commença à jouer contre

la Prusse l’atout de la Bavière. Il était pourtant évident

que, tout compte fait, cet Oriental, dont toute

l’existence s’était passée à vagabonder comme

barbouilleur de journaux à travers le reste de

l’Allemagne, était le dernier qui fût qualifié pour

défendre les intérêts de la Bavière, et qu’il lui était des

plus indifférent que précisément une Bavière continuât

à exister dans le vaste monde créé par Dieu.

En donnant au soulèvement révolutionnaire en

Bavière le caractère d’une offensive contre le reste du

Reich, Kurt Eisner ne se plaçait pas le moins du monde

au point de vue des intérêts ou des désirs de la

Bavière ; il agissait en mandataire de la juiverie. Il

tirait parti des tendances instinctives et des antipathies

du peuple bavarois pour mettre plus facilement

l’Allemagne en pièces avec leur aide. Le Reich

démantelé serait devenu tout uniment la proie du

bolchévisme.

Après sa mort, on continua d’abord à employer la

tactique dont il avait usé. Le marxisme, qui avait

couvert des insultes les plus sanglantes les États

allemands et leurs souverains, fit subitement, sous le

nom de « Parti indépendant »1, appel précisément aux

sentiments et aux instincts qui avaient leurs racines

dans l’existence des dynasties et des États allemands.

Le combat mené par la république des conseils (des

ouvriers et soldats) contre les troupes qui venaient d’en

délivrer la Bavière, fut représenté par la propagande



1

Die Unabhangige Sozialistische Partei était cette fraction du parti

social-démocrate qui s’était séparée de la majorité des députés socialistes,

dans les derniers mois des hostilités, en refusant de continuer à voter les

crédits pour la guerre. Depuis, les brebis égarées étaient rentrées au

bercail.

comme le « combat des ouvriers bavarois » contre le

« militarisme prussien ». C’est ce qui explique pourquoi

l’écrasement de la république des conseils n’eut pas à

Munich l’effet qu’il produisit dans les autres pays

allemands : au lieu de rappeler les masses à la raison, il

aigrit et irrita encore davantage les Bavarois contre la

Prusse.

L’art avec lequel les agitateurs bolchévistes firent de

la suppression de la république des conseils une victoire

du « militarisme prussien » sur le peuple bavarois

« antimilitariste » et « antiprussien », porta

abondamment ses fruits. Alors que Kurt Eisner avait, à

l’occasion des élections au Landtag constituant de

Bavière, récolté à Munich moins de dix mille partisans

et que le parti communiste était même resté au-dessous

de trois mille voix, les voix données aux deux partis

après la chute de la république s’élevèrent à près de

cent mille.

C’est dès cette époque que j’engageai

personnellement le combat contre ces excitations

insensées qui dressaient les éléments ethniques

allemands les uns contre les autres.

Je crois que, de toute ma vie, je n’ai pas entrepris de

campagne plus impopulaire que celle par laquelle je

protestais contre l’hostilité témoignée aux Prussiens.

Déjà, pendant le règne des conseils, de grandes

réunions populaires s’étaient tenues à Munich où la

haine du reste de l’Allemagne, mais particulièrement de

la Prusse, était prêchée avec tant de succès que non

seulement un Allemand du nord risquait sa vie à y

assister, mais que la clôture de ces manifestations était

accompagnée, la plupart du temps, de cris insensés

comme : « Séparons-nous de la Prusse ! », « À bas la

Prusse ! », « Guerre à la Prusse ! », disposition d’esprit

qu’un représentant particulièrement brillant des droits

de souveraineté de la Bavière résuma dans le cri de

guerre poussé en plein Reichstag : « Plutôt mourir

Bavarois que pourrir Prussien. »

Il faut avoir assisté aux réunions de cette époque

pour comprendre ce que cela signifiait pour moi quand,

pour la première fois, entouré d’une poignée d’amis, je

m’élevai contre cette folie dans une réunion tenue au

Löwenbräukeller à Münich. C’étaient des camarades de

guerre qui m’assistaient alors et l’on peut peut-être se

figurer ce que nous ressentions quand une foule

délirante braillait contre nous et menaçait de nous

assommer ; cette foule était composée pour la plus

grande partie de déserteurs et d’embusqués, qui avaient

passé leur temps dans les services de l’arrière ou au

pays, tandis que nous défendions la patrie. Ces scènes

avaient, il est vrai, un avantage pour moi : la petite

troupe de mes partisans se sentait plus étroitement unie

à moi et bientôt elle me prêta serment de fidélité à la vie

et à la mort.

Ces luttes, qui se répétèrent constamment pendant

toute l’année 1919, semblèrent devenir encore plus

âpres dès le début de 1920. Il y eut des réunions – je me

souviens particulièrement de celle qui eut lieu salle

Wagner dans la Sonnenstrasse à Munich – au cours

desquelles mon groupe, qui entre temps avait grossi, eut

à soutenir les plus violents assauts ; il arriva plus d’une

fois que mes partisans furent, par douzaines, maltraités,

jetés à terre, foulés aux pieds, pour être finalement, plus

morts que vifs, jetés à la porte de la salle.

La lutte que j’avais engagée en isolé, soutenu

seulement par mes compagnons du front, fut alors

poursuivie par le jeune mouvement qui la considérait, je

dirais presque, comme un devoir sacré.

C’est encore aujourd’hui ma fierté de pouvoir dire

que nous avons, alors que nous ne pouvions compter

presque exclusivement que sur nos partisans bavarois,

travaillé à mettre fin, lentement, mais sûrement, à cet

amalgame de sottise et de trahison. Je dis sottise et

trahison, parce que, si je suis convaincu que la masse de

ceux qui suivaient était composée de braves gens sans

intelligence, je ne puis trouver de telles excuses à la

décharge des organisateurs et des meneurs. Je les tenais

et les tiens encore aujourd’hui pour des traîtres à la

solde de la France. Dans un cas, le cas Dorten, l’histoire

a déjà rendu sa sentence1.

Ce qui rendait alors notre campagne

particulièrement difficile, c’était l’habileté avec laquelle

on savait dissimuler le but réellement poursuivi, en

mettant au premier plan la tendance fédéraliste

représentée comme l’unique cause de ces intrigues. Il

est d’ailleurs évident que le fait d’attiser la haine contre

la Prusse n’a rien à voir avec le fédéralisme. On

s’étonne aussi de constater qu’un « mouvement

fédéraliste » tente de dissoudre ou de découper en

plusieurs morceaux un État faisant partie de la

confédération. Car un fédéraliste sincère, pour lequel la

formule employée par Bismarck pour définir le Reich

n’est pas un mot d’ordre déclamatoire et hypocrite, ne

devrait pas, au moment même où il s’en réclame,

souhaiter qu’on arrache quelques-uns de ses territoires à

cet État prussien créé ou du moins définitivement

constitué par Bismarck, ou même soutenir ouvertement

des tendances séparatistes. Quels cris n’aurait-on pas

poussés à Munich si un parti conservateur prussien

avait favorisé, ou même réclamé et hâté publiquement,

la séparation de la Franconie d’avec la Bavière.

Néanmoins, on ne pouvait que plaindre ceux que

séduisait sincèrement le fédéralisme et qui n’avaient





1

Dorten fut un des chefs du séparatisme rhénan.

pas vu de quels infâmes saltimbanques ils étaient les

dupes ; c’étaient surtout des gens trompés. En chargeant

l’idée fédéraliste d’une telle tare, ses propres partisans

creusaient sa tombe. On ne peut pas faire de la

propagande pour une organisation fédéraliste du Reich

en dénigrant, insultant et couvrant de boue l’élément le

plus essentiel d’une telle constitution politique, c’est-à-

dire la Prusse, bref en rendant, autant que faire se peut,

impossible l’existence de cet État confédéré. Ce résultat

était d’autant plus invraisemblable que les prétendus

fédéralistes s’attaquaient précisément à cette Prusse que

l’on pouvait le moins identifier avec le régime

démocratique instauré par la révolution de novembre.

Car les injures et les critiques de ces prétendus

« fédéralistes » ne s’adressaient pas aux auteurs de la

constitution de Weimar, qui d’ailleurs étaient eux-

mêmes en majorité des Allemands du sud ou des Juifs,

mais aux représentants de la vieille Prusse

conservatrice, qui était aux antipodes de la constitution

de Weimar. Le fait que cette campagne se gardait

soigneusement de toucher aux Juifs, ne doit pas étonner

et donne peut-être la clef de toute l’énigme.

De même qu’avant la révolution, le Juif avait su

détourner l’attention du public de ses offices de guerre,

ou plutôt de lui-même, et soulever les masses, et

spécialement le peuple de Bavière, contre la Prusse, de

même il lui fallait, après la révolution, voiler d’une

façon quelconque sa nouvelle entreprise de pillage dix

fois plus active. Et il réussit encore à exciter les uns

contre les autres les « éléments nationaux » de

l’Allemagne : les conservateurs bavarois contre les

conservateurs prussiens. Il s’y prit à nouveau de la

façon la plus perfide, en provoquant, lui qui tenait seul

tous les fils et dont dépendait le sort du Reich, des abus

de pouvoir si brutaux et si maladroits qu’ils devaient

mettre en ébullition le sang de tous ceux qui en étaient

continuellement les victimes. Celles-ci n’étaient jamais

des Juifs, mais des compatriotes allemands. Ce n’était

pas le Berlin de quatre millions de travailleurs et de

producteurs, appliqués à leur tâche, que voyait le

Bavarois, mais le Berlin fainéant et corrompu des pires

quartiers de l’Ouest ! Mais sa haine ne se tournait pas

contre ces quartiers-là ; elle ne visait que la ville

« prussienne ».

Il y avait souvent de quoi perdre courage.

Cette habileté qu’apporte le Juif à détourner de lui

l’attention du public en l’occupant ailleurs, on peut

encore l’observer aujourd’hui.

En 1918, il ne pouvait être question d’un

antisémitisme systématique. Je me rappelle encore

combien il était difficile de prononcer alors seulement

le nom de Juif. Ou bien l’on vous regardait avec des

yeux stupides ou bien l’on se heurtait à l’opposition la

plus vive. Nos premières tentatives pour montrer à

l’opinion publique quel était notre véritable ennemi, ne

paraissaient avoir à cette époque presque aucune chance

de succès et ce ne fut que lentement que les choses

prirent une meilleure tournure. Si défectueuse qu’ait été

l’organisation de la Ligue défensive et offensive, elle

n’en eut pas moins le grand mérite de poser de nouveau

la question juive et de la traiter en soi. En tout cas, c’est

grâce à la ligue que l’antisémitisme commença, pendant

l’hiver de 1918-1919, à prendre lentement racine. Il est

vrai que le mouvement national-socialiste lui fit faire

plus tard bien d’autres progrès. Il est parvenu surtout à

élever ce problème au-dessus de la sphère étroite des

milieux de la grande et de la petite bourgeoisie et à en

faire le ressort et le mot d’ordre d’un grand mouvement

populaire. Mais, à peine avions-nous réussi à doter ainsi

le peuple allemand d’une grande idée qui devait faire en

lui l’union et le conduire au combat, que le Juif avait

déjà organisé sa défense. Il eut recours à son ancienne

tactique. Avec une fabuleuse rapidité, il jeta au milieu

des troupes racistes la torche de la discorde et sema la

désunion. Soulever la question des menées

ultramontaines et provoquer ainsi une lutte mettant aux

prises le catholicisme et le protestantisme, c’était, étant

données les circonstances, le seul procédé possible pour

détourner l’attention du public vers d’autres problèmes,

de façon à empêcher que la juiverie ne fût attaquée par

des forces coalisées. Le tort que les hommes, qui ont

posé cette question devant le public, ont fait au peuple

ne pourra jamais être réparé par eux. En tout cas, le Juif

a atteint son but : catholiques et protestants se

combattent à cœur joie et l’ennemi mortel de

l’humanité aryenne et de toute la chrétienté rit sous

cape.

On avait su autrefois occuper, pendant des années,

l’opinion publique avec le combat que se livraient le

fédéralisme et la centralisation et les user l’un par

l’autre, tandis que le Juif faisait métier et marchandise

de la liberté de la nation et trahissait notre patrie au

profit de la grande finance internationale ; aujourd’hui,

il réussit à lancer l’une contre l’autre les deux

confessions allemandes, pendant que les bases sur

lesquelles elles reposent toutes deux sont rongées et

minées par le poison que secrète le Juif cosmopolite et

internationaliste.

Qu’on se représente les ravages que la

contamination par le sang juif cause quotidiennement

dans notre race et que l’on réfléchisse que cet

empoisonnement du sang ne pourra être guéri que dans

des siècles, ou jamais, de façon à ce que notre peuple en

soit indemne ; qu’on réfléchisse, en outre, que cette

décomposition de la race diminue, souvent même

anéantit les qualités aryennes de notre peuple allemand,

si bien que l’on voit décroître de plus en plus la

puissance dont nous étions doués comme nation

dépositaire de la civilisation et que nous courons le

danger de tomber, au moins dans nos grandes villes, au

niveau où se trouve aujourd’hui l’Italie du sud. Cette

contamination pestilentielle de notre sang, que ne

savent pas voir des centaines de milliers de nos

concitoyens, est pratiquée aujourd’hui

systématiquement par les Juifs. Systématiquement, ces

parasites aux cheveux noirs, qui vivent aux dépens de

notre peuple, souillent nos jeunes filles inexpérimentées

et causent ainsi des ravages que rien en ce monde ne

pourra plus compenser. Les deux, mais oui ! les deux

confessions chrétiennes voient d’un œil indifférent cette

profanation, cette destruction de l’être noble et d’une

espèce particulière dont la grâce divine avait fait don à

la terre. Ce qui est important pour l’avenir de la terre,

ce n’est pas de savoir si les protestants l’emporteront

sur les catholiques ou les catholiques sur les protestants,

mais si l’homme de race aryenne survivra ou mourra.

Pourtant les deux confessions ne luttent pas aujourd’hui

contre celui qui veut anéantir l’aryen : elles cherchent

réciproquement à s’anéantir. Celui qui se tient sur le

plan raciste a le devoir sacré, quelle que soit sa propre

confession, de veiller à ce qu’on ne parle pas sans

cesse à la légère de la volonté divine, mais qu’on agisse

conformément à cette volonté et qu’on ne laisse pas

souiller l’œuvre de Dieu. Car c’est la volonté de Dieu

qui a jadis donné aux hommes leur forme, leur nature et

leurs facultés. Détruire son œuvre, c’est déclarer la

guerre à la création du Seigneur, à la volonté divine.

Aussi chacun doit agir – bien entendu, au sein de son

Église – et chacun doit considérer comme le premier et

le plus sacré de ses devoirs de prendre position contre

tout homme qui, par sa conduite, ses paroles ou ses

actes, quitte le terrain de sa propre confession pour aller

chercher querelle à l’autre confession. Car critiquer les

particularités d’une des confessions, c’est aggraver le

schisme religieux existant déjà chez nous et provoquer

une guerre d’extermination entre les deux confessions

qui se partagent l’Allemagne. Notre situation au point

de vue de la religion n’offre aucun point de

comparaison avec celle de la France, de l’Espagne et

surtout de l’Italie. On peut, par exemple, dans ces trois

pays, prêcher la lutte contre le cléricalisme ou

l’ultramontanisme sans courir le danger que cette

tentative divise le peuple français, espagnol ou italien

en tant que peuple. Mais on ne le peut pas en

Allemagne, parce que les protestants prendraient

certainement part à cette campagne. Ainsi les mesures

de défense, qui seraient prises dans les autres pays par

les seuls catholiques contre les abus de pouvoir que

commettrait leur pasteur suprême au point de vue

politique, auraient immédiatement chez nous le

caractère d’une attaque dirigée par le protestantisme

contre le catholicisme. Ce qui est supporté par les

fidèles d’une confession, même quand cela leur semble

injuste, est rejeté a priori et avec la plus grande

violence par tout tenant d’une autre confession. Cela va

si loin que ceux-là mêmes qui seraient tout prêts à

réformer les abus qu’ils constatent au sein de leur

propre Église, y renonceront immédiatement et

tourneront tous leurs efforts vers l’extérieur sitôt qu’une

pareille réforme sera conseillée ou surtout exigée par

une autorité appartenant à une autre confession. Ils

considèrent cette prétention comme une tentative aussi

injustifiée qu’inadmissible, et même inconvenante, de

se mêler de choses qui ne regardent pas l’autorité en

cause. De semblables tentatives ne paraissent pas

excusables même quand elles se fondent sur le droit

supérieur que possède la communauté nationale de

défendre ses intérêts, parce qu’aujourd’hui les

sentiments religieux ont toujours une influence

beaucoup plus profonde que les considérations

nationales et politiques. Et l’on ne changera rien à cet

état de choses en poussant les deux confessions à se

faire réciproquement une guerre acharnée ; il ne

deviendrait autre que si une tolérance réciproque

assurait à la nation le bienfait d’un avenir dont la

grandeur agirait aussi sur ce terrain dans le sens de la

réconciliation.

Je n’hésite pas à déclarer que je vois, dans les

hommes qui cherchent aujourd’hui à mêler le

mouvement raciste aux querelles religieuses, de pires

ennemis de mon peuple que ne le peut être n’importe

quel communiste internationaliste. Car, convertir ce

communiste-là, c’est à quoi est appelé le mouvement

national-socialiste. Mais celui qui veut faire sortir du

rang les racistes et les rendre infidèles à leur mission

commet l’acte le plus condamnable. Il est, que ce soit

consciemment ou inconsciemment ne fait rien à

l’affaire, le champion des intérêts juifs. Car l’intérêt des

Juifs est aujourd’hui de faire couler, jusqu’à

épuisement, le sang du mouvement raciste dans une

lutte religieuse au moment où il devient un danger pour

les Juifs. Et j’insiste sur l’expression : faire couler le

sang jusqu’à épuisement ; car seul un homme n’ayant

aucune connaissance de l’histoire peut s’imaginer que

ce mouvement est capable de résoudre actuellement une

question sur laquelle ont échoué des siècles et de grands

hommes d’État.

D’ailleurs, les faits parlent d’eux-mêmes. Les

messieurs qui découvrirent subitement, en 1924, que la

plus haute mission du mouvement raciste était de

combattre « l’ultramontanisme » n’ont pas anéanti ce

dernier, mais ils ont brisé le mouvement raciste. Je

proteste contre la supposition qu’il ait pu se trouver

dans les rangs des racistes un cerveau assez peu mûr

pour s’imaginer capable de faire ce qui avait été

impossible pour un Bismarck. Ce sera toujours le

premier devoir des chefs du mouvement national-

socialiste de s’opposer, de la façon la plus décidée, à

toute tentative faite pour engager le mouvement

national-socialiste dans de pareilles querelles, et

d’exclure immédiatement des rangs du parti ceux qui

font de la propagande pour de tels projets. En fait, ils y

sont définitivement parvenus à l’automne de 1923. Le

protestant le plus croyant pouvait marcher dans nos

rangs à côté du catholique le plus croyant, sans que sa

conscience dût le moins du monde entrer en conflit

avec ses convictions religieuses. L’âpre combat que

tous deux menaient en commun contre le destructeur de

l’humanité aryenne leur avait appris au contraire à

s’estimer et à s’apprécier mutuellement. Et, en même

temps, c’est pendant ces années-là que le parti a

combattu avec le plus d’acharnement le parti du Centre,

non pas, il est vrai, pour des raisons religieuses, mais

exclusivement au point de vue national, raciste et

économique. Le succès se déclara alors aussi clairement

en notre faveur qu’il prouve aujourd’hui l’erreur de

ceux qui se prétendaient mieux informés.

Les querelles confessionnelles ont parfois atteint

pendant ces dernières années une telle acuité que des

milieux racistes, en proie à un aveuglement qui frappe

ceux que Dieu abandonne, ne voyaient pas à quel point

leur conduite était insensée, tandis que des journaux

marxistes et athées se faisaient au besoin les avocats de

confessions religieuses et, en colportant d’un camp à

l’autre des déclarations dont la sottise dépassait parfois

toute mesure, et qui étaient mises à la charge de l’une

ou l’autre partie, s’efforçaient de jeter de l’huile sur le

feu.

Mais c’est précisément pour un peuple qui, comme

le peuple allemand, est capable, ainsi que son histoire

l’a si souvent prouvé, de faire la guerre jusqu’à la

dernière goutte de son sang pour des fantômes, que tout

appel aux armes de ce genre comporte un danger

mortel. Il a toujours détourné notre peuple de s’attacher

à résoudre les questions dont dépendait pratiquement

son existence. Pendant que nous nous consumions dans

nos querelles religieuses, les autres peuples se

partageaient le reste du monde. Et pendant que le

mouvement raciste se demande si le danger

ultramontain est plus à craindre que le péril juif, et

inversement, le Juif détruit ce qui constitue les bases de

notre existence en tant que race et, par là, détruit notre

peuple pour toujours. Je peux, en ce qui concerne ces

champions racistes-là, faire, en faveur du mouvement

national-socialiste et par suite du peuple allemand, d’un

cœur sincère, cette prière : « Seigneur, protège-le de

pareils amis ; quant à ses ennemis, il en viendra bien à

bout tout seul. »

***





La lutte entre le fédéralisme et l’unitarisme, que les

Juifs surent si astucieusement susciter en 1919, 1920,

1921 et au-delà, força le mouvement national-socialiste,

bien qu’il se refusât à y participer, à prendre position

sur les questions essentielles qu’elle soulevait.

L’Allemagne doit-elle être un État fédératif ou

centralisé et que signifient pratiquement ces deux

définitions ? À mon avis, la seconde question est la plus

importante, non seulement parce qu’on ne peut

comprendre toute la portée du problème sans y avoir

d’abord répondu, mais aussi parce qu’elle est de nature

à éclairer et à réconcilier les adversaires.

Qu’est-ce qu’un État fédératif ?

Par État fédératif, nous entendons une association

d’États souverains, qui s’unissent de leur propre volonté

et en vertu de leur souveraineté, et qui se désaisissent,

en faveur de la fédération, de ceux de leurs droits

souverains dont l’exercice lui est nécessaire pour

exister et subsister.

Cette formule théorique ne trouve, dans la pratique,

son application sans réserve chez aucune des

confédérations, existant actuellement sur la terre. C’est

à la constitution des États-Unis d’Amérique qu’elle

convient le moins, car on ne pourrait dire que le plus

grand nombre, et de beaucoup, des États particuliers qui

composent cette confédération aient jamais joui

primitivement d’une souveraineté quelconque, attendu

que beaucoup d’entre eux ont été, pour ainsi dire,

dessinés au cours des temps sur l’ensemble du territoire

que dominait la confédération. C’est pourquoi, lorsqu’il

est question des États particuliers composant les États-

Unis d’Amérique, il s’agit, dans la plupart des cas, de

territoires plus ou moins grands, délimités pour des

raisons techniques et administratives, dont souvent les

frontières ont été tracées avec une règle sur la carte,

mais qui ne possédaient et ne pouvaient posséder

auparavant aucun des droits de souveraineté propres à

un État. Car ce ne furent pas ces États qui fondèrent la

confédération, mais ce fut la confédération qui forma

d’abord une grande partie de ces soi-disant États. Les

droits indépendants, très étendus, qui furent laissés, ou,

pour mieux dire, reconnus, aux différents territoires

n’ont rien à voir avec le caractère spécifique de cette

association d’États ; ils correspondent à l’étendue de

son domaine, à ses dimensions dans l’espace qui sont

presque celles d’un continent. On ne peut donc parler

de la souveraineté politique des États composant

l’Union américaine, mais des droits qui leur ont été

constitutionnellement définis et garantis, ou, pour

mieux dire, de leurs privilèges.

La formule donnée ci-dessus ne s’applique pas non

plus exactement à l’Allemagne, bien que les États

particuliers aient, sans aucun doute, d’abord existé en

Allemagne en qualité d’États, et que le Reich soit sorti

d’eux. Seulement, le Reich n’a pas été formé par la

libre volonté et l’égale collaboration des États

particuliers, mais par les effets de l’hégémonie d’un

d’entre eux, la Prusse. Déjà la grande inégalité qui

règne entre les États allemands en ce qui concerne

l’étendue de leurs territoires ne permet pas de comparer

le mode de formation du Reich avec celui des États-

Unis. Il y avait un tel disparate, au point de vue de la

puissance, entre les plus petits des anciens États

confédérés allemands et les plus grands, surtout le plus

grand de tous, que les services qu’ils pouvaient rendre à

la confédération étaient de très inégale importance et

qu’ils n’ont pu prendre la même part à la fondation du

Reich, à la formation de la confédération. En fait, on ne

pouvait parler, au sujet de la plupart de ces États, d’une

véritable souveraineté et l’expression : souveraineté de

l’État, n’était pas autre chose qu’une formule

administrative et vide de sens. En réalité, le passé, et

aussi le présent, avaient mis au rancart beaucoup de ces

prétendus « États souverains » et avaient ainsi prouvé

de la façon la plus claire la fragilité de ces formations

politiques « souveraines ».

Ce n’est pas ici le lieu d’exposer dans le détail

comment ces États se sont constitués au cours de

l’histoire ; il suffit de signaler que, presque en aucun

cas, leurs frontières ne coïncident avec l’habitat d’une

race allemande déterminée. Ce sont des créations

purement politiques et dont la plupart remontent à la

plus triste époque du Reich : à celle de son impuissance

et du morcellement de notre patrie qui était à la fois la

conséquence et la cause de cette impuissance.

La constitution de l’ancien Reich tenait compte, du

moins en partie, de cet état de choses, en ne permettant

pas aux États particuliers d’être également représentés

au Bundesrat, mais en leur accordant une représentation

proportionnelle à l’étendue de leur territoire et au

chiffre de leur population, à leur importance effective,

ainsi qu’au rôle qu’ils avaient joué dans la formation du

Reich.

L’abandon que les États particuliers avaient fait de

leurs droits de souveraineté en faveur du Reich, pour lui

permettre de naître, n’avait été spontané que pour une

très petite part ; en pratique, ces droits n’avaient, pour

la plupart, jamais existé ou bien la Prusse s’en empara

simplement en usant de sa puissance prépondérante. Il

est vrai que Bismarck ne prit pas pour principe de

donner au Reich tout ce qu’il lui était possible d’enlever

par n’importe quel procédé aux États particuliers ; il ne

réclama d’eux que ce dont le Reich avait absolument

besoin. C’était un principe aussi modéré que sage :

d’une part il tenait le plus grand compte des coutumes

et de la tradition ; de l’autre, il assurait d’avance au

nouveau Reich, dans une grande mesure, l’affection et

la collaboration cordiale des États allemands. Mais il

serait absolument faux d’attribuer cette décision de

Bismarck à la conviction où il aurait été que le Reich

posséderait ainsi, pour tous les temps, une somme

suffisante de droits de souveraineté. Cette conviction,

Bismarck ne l’avait pas du tout ; au contraire, il voulait

laisser à l’avenir le soin d’accomplir ce qu’il aurait été

trop difficile d’exécuter au moment présent et ce que

les États n’auraient supporté qu’avec peine. Il comptait

sur l’effet niveleur du temps et sur la pression

qu’exercerait l’évolution dont l’action continue lui

paraissait plus efficace qu’une tentative faite pour briser

incontinent la résistance qu’auraient alors opposée à ses

projets les États particuliers. En agissant ainsi, il a

montré et prouvé de la façon la plus évidente à quel

point il était un homme d’État. Car, en fait, la

souveraineté du Reich n’a cessé de croître aux dépens

des États particuliers. Le temps a fait ce que Bismarck

attendait de lui.

L’effondrement de l’Allemagne et la disparition des

régimes monarchiques ont donné à cette évolution une

impulsion décisive. Car, les États allemands devant leur

existence moins à des causes ethniques qu’à des causes

purement politiques, leur importance tombait à zéro

sitôt que la forme qu’avait prise le développement de

ces États, c’est-à-dire la forme monarchique et leurs

dynasties, était supprimée. Un grand nombre de ces

« États fantômes » furent alors si bien privés de toute

base qu’ils renoncèrent d’eux-mêmes à survivre et, pour

des raisons de pure utilité, fusionnèrent avec des États

voisins ou s’agrégèrent spontanément à d’autres plus

puissants ; c’est là la preuve la plus frappante de

l’extraordinaire faiblesse de la souveraineté effective

dont jouissaient ces petits États et de la piètre opinion

qu’avaient d’eux leurs propres citoyens.

Si l’élimination du régime monarchique et de ses

représentants avait déjà porté un coup très dur au

caractère fédératif du Reich, il fut encore plus touché

par les obligations que nous avions contractées en

acceptant le traité de « paix ».

Il allait de soi que les droits souverains en matière

de finance, dont avaient joui jusqu’alors les « États »,

passaient au Reich, du moment que la perte de la guerre

lui imposait des obligations pécuniaires auxquelles

n’auraient jamais pu satisfaire les contributions

personnelles des Pays. Les autres mesures, comme la

prise en charge des postes et des chemins de fer par le

Reich, étaient aussi la conséquence inéluctable de

l’asservissement de notre peuple auquel conduisaient

peu à peu les traités de paix. Le Reich était contraint de

s’assurer la possession exclusive de ressources de plus

en plus nombreuses pour pouvoir satisfaire aux

obligations qu’on ne cessait de lui extorquer.

Les formes que prit souvent cette extension des

pouvoirs du Reich purent être insensées ; le processus

n’en était pas moins naturel et logique. La

responsabilité en revient aux partis et aux hommes qui

n’ont pas fait autrefois tout ce qu’il fallait pour finir

victorieusement la guerre. Les principaux responsables

étaient, particulièrement en Bavière, les partis auxquels

la poursuite de buts égoïstement intéressés avait fait

oublier pendant la guerre de rendre au Reich ce qu’ils

devaient au Reich, omissions qu’ils durent compenser

au décuple après la défaite. Histoire vengeresse ! On

peut dire seulement que le ciel a rarement puni aussi

promptement le péché. Ces mêmes partis qui, peu

d’années auparavant, avaient mis les intérêts de leurs

États particuliers – et surtout en Bavière – au-dessus de

ceux du Reich, durent voir alors, sous la pression des

événements, l’intérêt supérieur du Reich étrangler les

États particuliers. Et ils étaient victimes de leurs

propres fautes.

C’est une hypocrisie sans pareille que de se

lamenter, quand on s’adresse aux électeurs (car c’est

seulement à ceux-ci que s’adresse la campagne

d’agitation menée par les partis actuels), sur la perte

que les Pays ont faite de leurs droits souverains, tandis

que tous ces partis sans exception ont à l’envi pratiqué

une politique d’exécution dont les dernières

conséquences devaient naturellement amener les

modifications les plus profondes dans la vie intérieure

de l’Allemagne. Le Reich de Bismarck était, vis-à-vis

de l’extérieur, libre et sans entraves. Ce Reich n’avait

pas contracté les obligations financières si lourdes et en

même temps absolument improductives que

l’Allemagne doit supporter aujourd’hui sous le régime

du plan Dawes. Sa compétence était limitée à l’intérieur

à quelques droits absolument nécessaires. Il pouvait

donc très bien se passer, en ce qui touchait ses revenus,

de droits régaliens qui lui fussent propres et vivre des

contributions que lui fournissaient les Pays ; et, comme

ceux-ci s’étaient vu garantir la possession de leurs

droits de souveraineté et que, d’autre part, le montant

des contributions qu’ils payaient au Reich étaient

relativement peu élevé, ils étaient très bien disposés en

sa faveur. Mais c’est se livrer à une propagande

injustifiée et même mensongère que d’expliquer le peu

de popularité dont jouit aujourd’hui le Reich auprès des

Pays par la dépendance financière dans laquelle ils se

trouvent vis-à-vis de lui. Non, ce n’est pas là la

véritable raison. La défaveur dont souffre la conception

politique que représente le Reich ne doit pas être

attribuée à la perte de droits souverains imposés aux

Pays ; elle est bien plutôt l’effet de la façon lamentable

dont le peuple allemand se voit aujourd’hui représenté

par son État. Malgré toutes les fêtes de la Bannière du

Reich et de la Constitution, le Reich actuel est resté

étranger au cœur de toutes les classes de notre peuple et

les lois de défense de la république peuvent bien, par la

terreur qu’elles cherchent à inspirer, empêcher qu’on

touche aux institutions républicaines : elles ne

parviendront pas à les rendre chères à un seul

Allemand. Le souci poussé à l’extrême de protéger, par

des articles de loi et par la menace des travaux forcés,

la république contre ses propres citoyens constitue la

critique la plus écrasante et la plus avilissante de tout

le régime.

Mais c’est encore pour une autre raison que certains

partis mentent en prétendant que le Reich a cessé d’être

populaire, parce qu’il a empiété sur les droits de

souveraineté des pays. Supposons que le Reich n’ait pas

donné une aussi grande extension à son hégémonie, il

ne faudrait pas croire qu’il serait pour cela plus en

faveur auprès des pays particuliers, du moment que les

charges générales resteraient aussi lourdes qu’elles le

sont actuellement. Au contraire, si les pays devaient

acquitter des impôts aussi élevés que ceux dont le Reich

a besoin pour satisfaire au Diktat qui nous a réduits en

esclavage, l’hostilité qu’il rencontre serait encore

beaucoup plus vive. Il ne serait pas seulement très

difficile d’encaisser les contributions que les Pays

devraient au Reich ; on ne pourrait les obtenir que par

la voie de la contrainte. Car, puisque la république s’est

placée sur le terrain des traités de paix et n’a ni le

courage ni l’envie de les dénoncer, elle doit tenir

compte de ses obligations. La faute en est encore aux

partis qui parlent continuellement aux patientes masses

électorales de la nécessité de maintenir l’indépendance

des Pays, et qui, en même temps, réclament du Reich et

soutiennent une politique qui a fatalement pour

conséquence la suppression des derniers de ce qu’on

appelle « droits de souveraineté ».

Je dis « fatalement », parce que le Reich actuel n’a

pas d’autre moyen de pourvoir aux charges que lui a

imposées une politique intérieure et extérieure

absolument insensée. Ici encore un clou chasse l’autre ;

et toute nouvelle dette que le Reich contracte par la

façon criminelle dont il représente les intérêts de

l’Allemagne vis-à-vis des pays étrangers, nécessite un

tour de vis donné à l’intérieur : opération qui entraîne la

suppression progressive de tous les droits de

souveraineté des États particuliers, pour empêcher de

naître ou de se développer chez eux des germes de

résistance.

Voici quelle est, en général, la différence

caractéristique entre la politique du Reich actuel et celle

d’autrefois : l’ancien Reich faisait régner la paix à

l’intérieur et montrait sa force au dehors, tandis que la

République montre sa faiblesse vis-à-vis de l’étranger

et opprime les citoyens à l’intérieur. Dans les deux cas,

l’une des attitudes conditionne l’autre : un État national

plein de vigueur n’a pas besoin de beaucoup de lois à

l’intérieur, parce que les citoyens ont pour lui de

l’affection et de l’attachement ; un État d’esprit

international qui règne sur des esclaves, ne peut

imposer que par la contrainte la corvée à ses sujets.

Car le régime actuel commet un mensonge aussi éhonté

qu’impudent quand il parle de « libres citoyens ». Il n’y

en avait de tels que dans l’ancienne Allemagne. La

république étant une colonie d’esclaves au service de

l’étranger n’a pas de citoyens, mais tout au plus des

sujets. Aussi n’a-t-elle pas de drapeau national ; elle

n’a qu’une marque de fabrique, introduite par un décret

des autorités et protégée par des dispositions

législatives. Ce symbole qui, pour la démocratie

allemande, doit jouer le rôle du chapeau de Gessler, est

par suite toujours resté étranger au cœur de notre

peuple. La république, qui, étant au pouvoir, a traîné

dans la boue le symbole d’une tradition à laquelle elle

restait insensible et d’un passé dont la grandeur ne lui

inspirait pas le moindre respect, sera stupéfaite un jour

quand elle verra combien superficiel est l’attachement

que ses sujets éprouvent pour son symbole. Elle a pris

d’elle-même le caractère d’un intermède dans l’histoire

de l’Allemagne.

C’est ainsi que cet État est aujourd’hui forcé, pour

continuer à vivre, de rogner de plus en plus les droits de

souveraineté des Pays, non pas seulement pour des

raisons matérielles, mais aussi pour des raisons

psychologiques. Car, tout en saignant ses citoyens

jusqu’à la dernière goutte par sa politique d’exaction au

point de vue financier, il doit fatalement leur enlever

aussi leurs derniers droits, s’il ne veut pas que le

mécontentement général explose un jour sous la forme

d’une rébellion ouverte.

En renversant les termes de la formule citée plus

haut, nous trouverons, nous autres nationaux-

socialistes, la règle fondamentale suivante : Un Reich

national et vigoureux, qui sait reconnaître et protéger

dans toute leur étendue les intérêts de ses citoyens au-

delà des frontières, peut leur offrir la liberté à

l’intérieur, sans avoir à craindre pour la solidité de

l’État. Mais, d’autre part, un gouvernement national

énergique peut se permettre d’empiéter largement sur

la liberté des particuliers aussi bien que sur celle des

Pays, du moment que chaque citoyen se rend compte

que de pareilles mesures sont nécessaires à la grandeur

de la nation.

Il est sûr que tous les États du monde s’acheminent,

par l’évolution de leur organisation intérieure, vers une

certaine centralisation. L’Allemagne ne fera pas non

plus exception à cet égard. C’est déjà aujourd’hui une

sottise de parler de la « souveraineté d’État » des pays,

car elle ne convient pas, en réalité, à la taille ridicule de

ces formations politiques. L’importance des États

particuliers n’a fait que décroître au point de vue des

communications et de la technique administrative. Le

trafic moderne, la technique moderne diminuent

continuellement les distances et rétrécissent l’espace.

Un État d’autrefois ne représente plus aujourd’hui

qu’une province, et les États du temps présent auraient

passé autrefois pour des continents. La difficulté,

évaluée sous son aspect purement technique,

d’administrer un État comme l’Allemagne, n’est pas

plus grande qu’était il y a cent vingt ans celle de

gouverner une province comme le Brandebourg. Il est

plus facile aujourd’hui de franchir la distance qui sépare

Munich de Berlin qu’il ne l’était il y a cent ans d’aller

de Munich au Starnberg. Et tout le territoire du Reich

d’aujourd’hui est, en proportion des moyens de

transport actuels, moins étendu que celui de n’importe

lequel des États de taille moyenne qui formaient la

Confédération Germanique au temps des guerres

napoléoniennes. Celui dont l’esprit reste fermé aux

conséquences découlant de faits constatés est en retard

sur son temps. Il y a eu à toutes les époques de pareils

aveugles et il y en aura toujours. Mais ils peuvent tout

au plus ralentir le mouvement de la roue de l’histoire ;

ils ne l’arrêteront jamais.

Nous autres nationaux-socialistes ne devons pas

rester aveugles aux conséquences qu’il faut tirer de ces

axiomes. Ici non plus nous ne devons pas nous laisser

séduire par les grandes phrases des partis bourgeois qui

se disent nationaux. J’emploie l’expression de grandes

phrases, parce que ces partis ne croient pas sincèrement

eux-mêmes que la réalisation de leurs intentions soit

possible et parce que, secondement, ils sont les

principaux responsables du tour qu’ont pris les

événements. Surtout en Bavière, les cris que l’on

pousse pour demander qu’on diminue la centralisation

ne sont qu’une farce de parti politique et ne révèlent

aucune intention sincère. À tous les moments où ces

partis auraient dû faire de ces déclamations quelque

chose de réel et de sérieux, ils ont, sans exception,

lamentablement flanché. Chaque fois que le Reich a

commis ce qu’ils appelaient un « brigandage des droits

de souveraineté » de l’État bavarois, il ne lui a été

opposé pratiquement aucune résistance, à part quelques

clabauderies répugnantes. Oui ! quand quelqu’un osait

faire vraiment front contre ce régime insensé, il était,

sous prétexte « qu’il ne se plaçait pas sur le terrain de

l’État actuel », mis hors la loi et banni par ces mêmes

partis et on le persécutait jusqu’à ce qu’on l’eût réduit

au silence soit en le jetant en prison, soit en lui

interdisant illégalement de parler en public. Nos

partisans peuvent voir par là combien ces milieux soi-

disant fédéralistes sont foncièrement menteurs. La

théorie d’un État confédéré n’est pour eux, de même

que la religion, qu’un moyen de défendre leurs intérêts

de parti, souvent assez malpropres.





***





Autant une certaine centralisation, spécialement au

point de vue des voies de communication, paraît

naturelle, autant nous avons nous autres nationaux-

socialistes le devoir de prendre position de la façon la

plus ferme contre une pareille évolution de l’État

actuel, parce que ces mesures n’ont d’autre but que de

dissimuler et de rendre possible une politique

extérieure catastrophique. C’est précisément parce que

le Reich actuel n’a pas entrepris ce qu’on appelle

l’étatisation des chemins de fer, des Postes, des

finances, etc., pour des raisons supérieures de politique

nationale, mais simplement pour disposer de ressources

et de gages, afin de pouvoir pratiquer une politique

d’exécution sans frein, que nous devons, nous les

nationaux-socialistes, faire tout ce qui nous paraît

propre à gêner et, si c’est possible, à arrêter une pareille

politique. Pour cela il faut lutter contre la centralisation

imposée actuellement aux institutions d’une importance

vitale pour notre peuple, puisqu’elle n’est pratiquée que

pour monnayer les milliards de tributs et les gages

qu’exige, au profit de l’étranger, la politique suivie par

notre gouvernement depuis la guerre.

C’est pour cette raison que le mouvement national-

socialiste doit prendre position contre de pareilles

tentatives.

Le second motif qui nous détermine à nous opposer

à cette centralisation, c’est qu’elle pourrait fortifier à

l’intérieur la situation d’un régime qui, par tous ses

actes, a été une calamité pour la nation allemande. Le

Reich démocratique et enjuivé que nous avons

actuellement et qui est pour la nation allemande une

véritable malédiction, cherche à rendre vaines les

critiques que lui adressent des États particuliers, qui ne

sont pas encore tous remplis de l’esprit de notre

époque, en les réduisant à une complète insignifiance.

En présence de cette situation nous avons, nous autres

nationaux-socialistes, toute raison de chercher non

seulement à fournir à cette opposition des États

particuliers la base d’une puissance politique, qui

promette le succès, mais aussi de faire de leur lutte

contre la centralisation l’expression d’un intérêt général

supérieur, national et allemand. Aussi tant que le Parti

populaire bavarois défendra les « droits spéciaux » de

l’État bavarois pour des raisons bassement intéressées

et particularistes, nous aurons à tirer parti de cette

situation spéciale pour abattre le régime démocratique

actuel, issu de la révolution de novembre, et cela pour

servir l’intérêt supérieur de la nation.

Le troisième motif qui nous porte à lutter contre la

centralisation actuelle est la conviction où nous sommes

que ce qu’on appelle l’étatisation au profit du Reich

n’est réellement pas, pour une grande part, une

unification ; elle n’est pas, en tous cas, une

simplification ; il s’agit uniquement, le plus souvent, de

soustraire aux droits de souveraineté des Pays des

institutions dont les portes seront ainsi largement

ouvertes aux convoitises des partis révolutionnaires.

Jamais encore, au cours de l’histoire d’Allemagne, le

favoritisme n’a été pratiqué d’une façon plus éhontée

que par la république démocratique. La rage avec

laquelle se poursuit la centralisation est, pour une

bonne part, imputable aux partis qui promettaient

autrefois de frayer la voie aux fonctionnaires capables

et qui, pourtant, quand il s’agit aujourd’hui de pourvoir

les différents emplois et fonctions, s’inquiètent

exclusivement de savoir si les candidats appartiennent

à leur parti. Ce sont particulièrement les Juifs qui,

depuis que la république existe, se déversent en flots

d’une incroyable abondance dans tous les offices

économiques et organes administratifs, de sorte qu’ils

sont devenus aujourd’hui un domaine juif.

C’est surtout cette troisième considération qui nous

impose, pour des raisons de tactique, le devoir

d’examiner scrupuleusement toute nouvelle mesure

tendant à accentuer la centralisation et de prendre, au

besoin, position contre elle. Le point de vue où nous

nous placerons pour procéder à cet examen doit

toujours être celui d’une politique nationale et

d’inspiration élevée, et jamais celui d’un étroit

particularisme.

Cette dernière remarque est nécessaire pour que les

membres de notre parti ne croient pas que, nous autres

nationaux-socialistes, nous refusions par principe au

Reich d’incarner une souveraineté supérieure à celle

des États particuliers. Il ne doit pas y avoir parmi nous

le moindre doute sur ce droit. Comme, pour nous, l’État

n’est en soi qu’une forme, tandis que sa substance,

c’est-à-dire le contenu de cette forme, est la nation, le

peuple, il est clair que tous les intérêts doivent être

subordonnés aux intérêts souverains du peuple.

Notamment, nous ne pouvons reconnaître à aucun État

particulier, existant au sein de la nation et du Reich qui

la représente, une puissance politique indépendante et

les droits d’un État souverain. Il faut mettre un terme,

et ce sera fait un jour, aux abus que commettent des

États confédérés en entretenant des légations qui soi-

disant les représentent à l’étranger ou les uns chez les

autres. Tant que subsistera ce désordre, il ne faudra pas

nous étonner si l’étranger continue à mettre en doute la

solidité de l’armature du Reich et s’il agit en

conséquence. Ces abus sont d’autant plus criants qu’on

ne peut leur reconnaître aucune utilité qui compense

leurs inconvénients. Si les intérêts d’un Allemand

habitant l’étranger ne peuvent être protégés par

l’ambassadeur du Reich, ils le seront encore moins par

le ministre d’un petit État que son peu d’importance

rend ridicule dans le cadre du monde moderne. On ne

peut voir dans ces États confédérés que des défauts de

notre armure facilitant les tentatives faites au dedans et

au dehors du Reich pour amener sa dissolution,

tentatives qu’un État continue à voir d’un bon œil. Nous

ne pouvons pas non plus comprendre, nous autres

nationaux-socialistes, que quelque famille noble atteinte

de sénilité cherche, dans un poste de ministre

plénipotentiaire, un nouveau sol nourricier pour un de

ses rameaux déjà desséché. Notre représentation

diplomatique à l’étranger était déjà si lamentable aux

temps de l’ancien Reich qu’il est tout à fait superflu de

compléter les expériences faites alors.

Il faut absolument que, à l’avenir, l’importance

attribuée aux Pays se mesure aux efforts tentés par leurs

gouvernements pour faire progresser la civilisation. Le

monarque qui a le plus fait pour l’importance de la

Bavière n’était pas quelque particulariste entêté et

hostile au germanisme, mais bien plutôt Louis Ier qui

unissait à son goût pour les arts, l’amour sincère de la

grande Allemagne. En consacrant les ressources de

l’État à faire parvenir la Bavière à un rang élevé parmi

les peuples civilisés, plutôt qu’à augmenter sa puissance

politique, il a obtenu des résultats meilleurs et plus

durables qu’il ne lui aurait été possible de le faire par

d’autres moyens. Munich était une ville princière

provinciale sans grande importance, il en fit une grande

métropole artistique allemande et créa un centre

intellectuel dont l’attrait est assez puissant pour que les

Franconiens, dont le caractère national est si différent

de celui des Bavarois, restent encore aujourd’hui

attachés à la Bavière. Si Munich était resté ce qu’il était

autrefois, ce qui s’est passé en Saxe se serait répété en

Bavière, mais avec cette différence que le Leipzig

bavarois, c’est-à-dire Nuremberg, ne serait pas devenu

une ville bavaroise, mais franconienne. Ce ne sont pas

ceux qui crient : « À bas la Prusse ! » qui ont fait la

grandeur de Munich ; celui qui donna de l’importance à

cette ville fut le roi qui voulait faire cadeau à la nation

allemande d’un joyau d’art qu’on se sentirait obligé de

visiter et d’admirer, et qui le fut en effet. Et de ceci

nous devons tirer un enseignement pour l’avenir.

L’importance attribuée aux États particuliers ne saurait

plus se mesurer désormais à leur puissance politique ;

je la vois plutôt se manifester dans le rôle qu’ils

joueront comme rameaux de la race ou en

encourageant les progrès de la civilisation. Mais,

même à cet égard, le temps fera son œuvre de

nivellement. La commodité des communications

modernes brasse tellement les hommes que les

frontières qui séparent les rameaux d’une même race

s’effacent lentement, mais continuellement, de sorte

que les formes revêtues par la civilisation d’un peuple

présentent peu à peu le même aspect sur toute l’étendue

de son domaine.

L’armée doit être tout particulièrement et avec le

plus grand soin préservée des influences particularistes.

Le futur État national-socialiste ne doit plus retomber

dans les fautes du passé ni la charger de besognes qui

ne sont pas les siennes et auxquelles elle n’a pas le droit

de se livrer. L’armée n’a pas pour rôle d’être une école

où l’on maintient les particularités distinguant les uns

des autres les différents rameaux d’une race ; bien au

contraire, c’est une école où tous les Allemands doivent

apprendre à se comprendre réciproquement et à

s’accommoder les uns aux autres. Tout ce qui peut,

dans la vie d’une nation, tendre à diviser, l’armée doit

s’en servir pour unir. Elle doit élever la jeune recrue au-

dessus de l’horizon de son petit pays et lui faire

découvrir celui de la nation allemande. Le soldat doit

être exercé à apercevoir, non pas les frontières de son

pays natal, mais celles de sa patrie, car il aura un jour à

les défendre. Aussi est-il absurde de laisser le jeune

Allemand dans son pays natal ; il faut lui faire connaître

l’Allemagne pendant qu’il fait son service militaire.

Cela est d’autant plus nécessaire qu’aujourd’hui le

jeune compagnon allemand ne fait plus, comme

autrefois, le tour d’Allemagne qui élargissait son

horizon. N’est-il pas absurde, si l’on se rend compte de

cette nécessité, de laisser encore le jeune Bavarois

servir à Munich, le Franconien à Nuremberg, le Badois

à Karlsruhe, le Wurtembergeois à Stuttgart, etc., et ne

serait-il pas plus raisonnable de montrer au jeune

Bavarois tantôt le Rhin, tantôt la mer du Nord, au

Hambourgeois les Alpes, au Prussien de l’Est le Massif

Central allemand et ainsi de suite ? Le caractère propre

à chaque région doit rester dans la troupe, mais non

dans la garnison. Toute tentative de centralisation peut

encourir notre désapprobation, mais jamais celle qui a

l’armée pour objet. Au contraire, quand même nous

serions opposés à tous les autres modes de

centralisation, celui-ci ne pourrait que nous réjouir.

Abstraction faite de cette considération que, étant donné

l’effectif actuel de l’armée du Reich, il serait absurde de

conserver des corps de troupe se recrutant dans des

États particuliers, nous voyons dans la centralisation

opérée au sein de l’armée du Reich un progrès auquel

nous ne devrons pas renoncer dans l’avenir lorsqu’on

rétablira l’armée nationale.

Du reste, une conception neuve et victorieuse doit

rejeter tous les liens qui pourraient paralyser l’essor

intellectuel qui la pousse en avant. Le national-

socialisme doit revendiquer le droit d’imposer ses

principes à toute la nation allemande sans tenir compte

des frontières qui séparaient jusqu’à présent les États

confédérés, et de faire l’éducation de la nation

conformément à ses conceptions et à ses plans. Pas plus

que les Églises ne se sentent liées et limitées par les

frontières politiques, l’idée nationale-socialiste ne l’est

par les divisions territoriales des États particuliers.

La doctrine nationale-socialiste n’est pas la

servante des intérêts politiques des États confédérés ;

elle doit être un jour reine et maîtresse de la nation

allemande. Elle a à diriger et à réorganiser la vie d’un

peuple ; elle doit donc réclamer, d’un ton impératif, de

droit de passer par-dessus des frontières tracées par

une évolution que nous n’acceptons plus.

Plus le triomphe de ses idées sera complet, plus la

liberté individuelle dont elle gratifiera tout le pays sera

grande.

Chapitre XI



Propagande et organisation.



L’année 1921 eut, pour moi et pour le mouvement, à

plusieurs points de vue, une signification particulière.

Après mon entrée dans le parti ouvrier allemand,

j’entrepris aussitôt la direction de la propagande. Je

tenais alors cette branche pour de beaucoup la plus

importante. Il s’agissait d’abord beaucoup moins de se

casser la tête au sujet de questions d’organisation que

de propager l’idée même chez un plus grand nombre

d’hommes. La propagande devait précéder de beaucoup

l’organisation et gagner d’abord à celle-ci le matériel

humain à malaxer. Aussi suis-je l’ennemi d’une

organisation trop rapide et trop pédante. De cela, il ne

sort souvent qu’un mécanisme mort et rarement une

organisation vivante. Car une organisation est redevable

de son existence à une vie organique, à un

développement organique. Des idées qui ont atteint un

nombre déterminé d’hommes tendront toujours à un

certain ordre, et, de cet aspect intérieur, il résulte une

très grande valeur. Mais ici aussi il faut compter avec la

faiblesse des hommes, qui incite l’individu isolé à se

cabrer instinctivement au moins au début, contre une

autorité. De même, quand une organisation se

développe mécaniquement de haut en bas, le grand

danger consiste en ceci : une personnalité qui s’est un

jour fait connaître, pas encore exactement adaptée ni

même suffisamment capable, essaiera, à l’intérieur du

mouvement, d’empêcher par jalousie l’ascension

d’éléments plus capables. Le dommage qui résultera

d’une pareille éventualité peut, principalement dans le

cas d’un mouvement jeune, devenir désastreux.

C’est pour cette raison qu’il est préférable de

répandre par la propagande, pendant un certain temps,

une idée d’abord d’un point central, et ensuite de

rechercher soigneusement parmi le matériel humain qui

a grossi peu à peu des « têtes de Führer » et de les

éprouver. Il peut arriver, quelquefois, que des hommes,

insignifiants en eux-mêmes, soient néanmoins

considérés comme des Führer nés. Il serait d’ailleurs

tout à fait faux de vouloir voir dans la richesse des

connaissances théoriques des preuves caractéristiques

d’aptitude à être un Führer.

Le contraire se produit très fréquemment.

Les grands théoriciens sont très rarement aussi de

grands organisateurs, vu que la grandeur du théoricien

et du fabricant de programme réside en première ligne

dans la connaissance et l’établissement de lois justes au

point de vue abstrait, alors que l’organisateur doit être

en première ligne un psychologue, doit prendre

l’homme comme il est, et, pour cela, le connaître. Il doit

le surestimer aussi peu que le sous-estimer. Il doit, au

contraire, essayer de tenir compte de la faiblesse et de

la bestialité pour créer un organisme vivant, d’une

vigueur inébranlable, parfaitement approprié à propager

une idée et à lui ouvrir le chemin du succès.

Mais c’est encore plus rare qu’un grand théoricien

soit un grand Führer. Tel sera beaucoup plus souvent

l’agitateur, ce dont beaucoup de gens d’esprit

scientifique ne veulent pas volontiers convenir et,

cependant, c’est compréhensible. Un agitateur qui

prouve la capacité de répandre une idée dans les

masses, doit toujours être un psychologue, même s’il

n’est qu’un démagogue. Il sera toujours un meilleur

Führer que le théoricien méditant loin des hommes et

loin du monde. Car conduire signifie pouvoir remuer

les masses. Le don de former des idées n’a rien à voir

avec la capacité d’un Führer. Il est tout à fait inutile de

discuter pour savoir ce qui a une plus grande

signification : de concevoir des idéals et des buts

d’humanité, ou de les réaliser. Il en est de cela comme

si souvent dans la vie : l’un serait complètement stupide

sans l’autre. La plus belle conception théorique reste

sans but et sans valeur si le Führer ne peut mettre les

masses en mouvement vers elle. Et, inversement, que

serait toute « génialité » et tout élan de Führer, si un

théoricien intelligent ne déterminait ses buts pour la

lutte humaine ? Mais la réunion du théoricien, de

l’organisateur et du Führer en une seule personne est la

plus rare qu’on puisse trouver sur cette terre : cette

réunion produit le grand homme.

Comme je l’ai déjà fait remarquer, je me suis

consacré à la propagande durant les premiers temps de

mon activité dans le parti. Il lui fallait réussir à

imprégner peu à peu un petit noyau d’hommes de la

nouvelle doctrine, pour former le matériel qui, plus

tard, pourrait former les premiers éléments d’une

organisation. C’est ainsi que le but de la propagande

dépassa généralement celui de l’organisation.

Si un mouvement a l’intention de bouleverser un

monde et d’en construire un nouveau à sa place, une

clarté intégrale doit régner au sein même de la direction

d’après les principes suivants : chaque mouvement qui

aura gagné du matériel humain devra d’abord le

partager en deux groupes : les partisans et les membres.

Le devoir de la propagande est de recruter des

partisans ; celui de l’organisation est de gagner des

membres.

Le partisan d’un mouvement est celui qui se déclare

d’accord sur ses buts ; le membre, celui qui combat

pour lui.

Le partisan sera amené au mouvement par la

propagande. Le membre sera contraint par

l’organisation d’agir lui-même pour le recrutement de

nouveaux partisans, du nombre desquels de nouveaux

membres pourront ensuite se former. « Être partisan »

exige seulement la reconnaissance passive d’une idée ;

« être membre » exige qu’on la représente activement et

qu’on la défende ; sur dix partisans, on aura à peine

deux membres. Être partisan implique un simple effort

de connaissance ; pour être membre, il faut avoir le

courage de représenter l’idée reconnue vraie et de la

répandre largement.

En raison de sa forme passive, le simple effort de

connaissance convient à la majorité des hommes, qui

sont paresseux et lâches. Être membre exige une

activité de pensée qui ne convient qu’à une minorité.

La propagande doit, à cause de cela, porter ses soins

sans cesse sur cette vérité qu’une idée gagne des

partisans, et qu’ensuite l’organisation doit être très

soigneusement attentive à chercher des membres parmi

les plus capables d’entre les partisans. À cause de cela,

la propagande n’a pas besoin de se casser la tête au

sujet de l’importance, en particulier, de chacun de ceux

qu’elle a convertis, au sujet de leur capacité, de leur

savoir, de leur intelligence ou de leur caractère, tandis

que l’organisation doit extraire très soigneusement de

ces éléments ceux qui rendront réellement possible la

victoire du mouvement.





***





La propagande essaie de faire pénétrer une doctrine

dans le peuple entier, l’organisation n’englobe dans son

cadre que ceux qui, pour des raisons psychologiques, ne

pourront nuire à l’expansion de l’idée.





***





La propagande inculque une idée à la masse, pour

l’y préparer à l’heure de la victoire, tandis que

l’organisation combat pour la victoire grâce à un

faisceau permanent, organique et prêt au combat, de

ceux de ses partisans qui paraissent capables et décidés

à mener la bataille pour la victoire.





***





La victoire d’une idée sera d’autant plus facile que

la propagande aura travaillé l’ensemble des hommes sur

la plus grande échelle, et que l’organisation – qui doit

pratiquement conduire le combat – sera plus exclusive,

plus forte et plus solide.

Il s’ensuit que le nombre des partisans n’est jamais

assez grand, tandis que le nombre des membres est plus

facilement trop grand que trop petit.





***





Quand la propagande a rempli un peuple entier

d’une idée, l’organisation peut en tirer les conséquences

avec une simple poignée d’hommes. Propagande et

organisation, donc partisans et membres, se trouvent

d’après cela dans une position mutuelle définie. Mieux

la propagande aura travaillé, plus les membres effectifs

pourront être restreints ; plus le nombre des partisans

sera grand, plus le nombre des membres pourra être

petit, et, inversement : plus la propagande sera

défectueuse, plus doit être importante l’organisation ;

plus la troupe de partisans d’un mouvement reste faible,

plus le nombre des membres doit être grand, s’il veut

encore compter sur le succès.





***

Le premier devoir de la propagande est de gagner

des hommes pour l’organisation ultérieure : le premier

devoir de l’organisation est de gagner des hommes pour

la continuation de la propagande. Le second devoir de

la propagande est de désagréger l’état de choses actuel

et de le faire pénétrer par la nouvelle doctrine, tandis

que le devoir de l’organisation doit être le combat pour

la puissance, pour faire définitivement triompher la

doctrine.





***





Un succès décisif, dans une révolution, sera toujours

atteint, si une nouvelle conception du monde est

enseignée à tout le peuple, voire même imposée en cas

de nécessité, et que, d’autre part, l’organisation centrale

– donc le mouvement – englobe seulement le minimum

d’hommes absolument indispensables pour occuper le

centre nerveux de l’État.

Autrement dit :

Dans tout mouvement réellement grandiose, à allure

de bouleversement mondial, la propagande doit d’abord

répandre l’idée de ce mouvement. Infatigablement, elle

devra chercher à rendre claires les nouvelles idées, à les

inculquer à la foule, ou tout au moins à ébranler ses

anciennes convictions. Vu qu’une telle propagande doit

posséder une « colonne vertébrale », la doctrine devra

être étayée sur une solide organisation. L’organisation

choisit ses membres parmi ceux de ses partisans qui ont

été gagnés par la propagande. Cette organisation croîtra

d’autant plus vite que la propagande sera poussée plus

intensément, et cette propagande pourra d’autant mieux

travailler que l’organisation qui est derrière elle sera

plus forte et plus puissante.

Le suprême devoir de l’organisation consiste à

prendre soin que les désunions, en quelque sorte

intérieures, parmi les membres du mouvement, ne

conduisent pas à des ruptures, et, par suite, à

l’affaiblissement du travail dans le mouvement ; ensuite

que l’esprit d’attaque ne meure pas, mais se renouvelle

et se fortifie de plus en plus. Le nombre des membres

n’a pas besoin, d’après cela, de croître sans fin, au

contraire : seule une élite restreinte peut être énergique

et audacieuse ; un mouvement dont l’organisation

s’accroîtrait sans fin, s’affaiblirait un jour, forcément, à

cause de cela. Des organisations trop pléthoriques

perdent peu à peu leur combativité et ne sont plus

capables de soutenir avec résolution et esprit

d’offensive la propagation de l’idée.

Plus une idée est riche et fertile en ferments

révolutionnaires, plus ses propagateurs doivent être

actifs, vu que la force subversive d’une telle doctrine

risque d’en éloigner les petits bourgeois lâches. Ils

pourront, dans leur for intérieur, se sentir des partisans,

mais refuseront de le reconnaître ouvertement.

C’est pourquoi l’organisation d’une idée réellement

révolutionnaire ne prend comme membres que les plus

actifs partisans. C’est dans cette activité, cautionnée par

un choix naturel, que réside la condition d’une

propagande ultérieure du mouvement, aussi bien qu’un

combat victorieux pour la réalisation de l’idée.

Le plus grand danger qui puisse menacer un

mouvement est la croissance anormale du nombre de

membres par suite d’un trop rapide succès. Un

mouvement, tant qu’il a à combattre rudement, est évité

par tous les êtres lâches et foncièrement égoïstes, mais

ceux-ci cherchent vite à acquérir la qualité de membres,

si le parti, par son développement, affirme son succès.

C’est à cela qu’il faut attribuer que beaucoup de

mouvements victorieux restent soudain en arrière, avant

le succès définitif, avant l’ultime achèvement de ses

buts, et, pris d’une faiblesse interne, cessent le combat

et s’étiolent. À la suite de sa première victoire, il s’est

introduit dans son organisation tellement d’éléments

mauvais, indignes et particulièrement lâches, que ces

lâches-là ont finalement la majorité et étouffent les

combatifs. Ils détournent le mouvement au service de

leurs propres intérêts, l’abaissent au niveau de leur

propre héroïsme mesquin et ne font rien pour achever la

victoire de l’idée originelle. Le fanatisme s’amollit

alors, la force combative est paralysée, ou, comme le

monde bourgeois a coutume de dire très justement en

pareil cas : « Ce parti a mis de l’eau dans son vin ». Et

tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Aussi est-il indispensable qu’un mouvement, de par

la nécessité de sa propre conservation, se ferme à la

foule dès que le succès s’est rangé de son côté, et qu’à

l’avenir il procède à l’accroissement de son

organisation avec une précaution infinie et un examen

approfondi. C’est seulement ainsi que le mouvement

pourra conserver son noyau intact, frais et sain. Il faut

prendre soin que ce soit exclusivement ce noyau qui

conduise le mouvement, c’est-à-dire entreprenne, en

tant que détenteur de la puissance, les actes

indispensables pour la réalisation pratique de l’idée. Se

basant sur les idées fondamentales et originelles du

mouvement, l’organisation a le devoir, non seulement

de consolider toutes les positions importantes,

conquises dans le plan doctrinal, mais aussi de

constituer un organisme central de direction. Et ceci

jusqu’à ce que les principes actuels et les

enseignements du parti soient devenus le fondement et

l’essence même du nouvel État. C’est alors seulement

que la constitution propre de cet État, issue de l’esprit

du parti, pourra s’élaborer librement, au prix d’une lutte

intestine. En effet il s’agit moins de points de vue

purement humains que du libre jeu et de l’action de

forces, sans doute prévisibles, mais d’un effet

difficilement contrôlable pour l’avenir.

Tous les grands mouvements, qu’ils soient de nature

religieux ou politique, ne doivent leurs puissants succès

qu’à la connaissance et à l’emploi de ces principes.

Tout succès durable n’est pas concevable sans

l’observance de ces lois.





***





En tant que directeur de la propagande du parti, je

me suis efforcé, non seulement de préparer le terrain

pour le mouvement ultérieur, mais encore, avec une

rigueur absolue, j’ai agi pour que l’organisation ne

prenne que des éléments de valeur. Plus j’ai été dur et

plus j’ai manié le fouet, plus ma propagande effrayait,

écartait les faibles et les natures hésitantes, empêchait

leur entrée dans le premier noyau de notre organisation.

Ils sont peut-être restés des partisans et, dans ce cas,

n’élèvent pas la voix, restant, au contraire, dans un

silence anxieux. Combien de milliers ne m’ont-ils pas

assuré autrefois qu’ils étaient complètement d’accord

en tout, mais que, néanmoins, dans aucune

circonstance, ils ne pouvaient être membres. Le

mouvement était si violent, disaient-ils, qu’une

coopération comme membres les exposerait à des

conflits particuliers très aigus, même à des dangers,

mais qu’on ne pouvait faire grief à un bourgeois

honnête et paisible de se tenir pour le moment à l’écart,

puisqu’il appartenait complètement de cœur à la cause.

Et cela était bien ainsi.

Si ces hommes qui, intérieurement, n’étaient pas

partisans de moyens révolutionnaires extrêmes, étaient

venus alors dans notre parti, comme membres, nous

aurions pu nous considérer comme une pieuse

congrégation, mais certainement pas comme un

mouvement jeune et joyeux de combattre.

La forme vivante et combative que je donnai alors à

notre propagande a fortifié et garanti la tendance

extrémiste de notre mouvement, vu que, seuls, les

hommes réellement extrémistes – à quelques exceptions

près – étaient prêts à coopérer avec moi comme

membres.

Ainsi conçue, ma propagande a eu un effet tel qu’en

un court laps de temps, des centaines de milliers

d’hommes nous donnaient raison intérieurement et

souhaitaient notre victoire, s’ils étaient personnellement

trop lâches pour faire des sacrifices à la cause et y

participer.

Jusqu’au milieu de 1921, notre action, purement

dirigée vers le recrutement, pouvait encore suffire et

être utile au mouvement. Des événements particuliers à

la fin de l’été de cette année-là firent apparaître

opportun d’adapter l’organisation au succès patient de

la propagande.

La tentative d’un groupe de racistes visionnaires,

sous l’égide éminemment agissante du président du

parti, alors en exercice, de s’emparer de la direction du

mouvement, conduisit à l’effondrement de cette petite

intrigue et me donna, à l’unanimité, dans une assemblée

générale des membres, la direction d’ensemble du

mouvement.

En même temps, fut décidée l’acceptation d’un

nouveau statut qui délégua au premier président du

mouvement la pleine responsabilité, qui abrogea les

décisions du bureau et, à la place de celles-ci,

introduisit un système de division du travail qui s’est

montré, depuis, tout à fait efficace.

Depuis le 1er août 1921, j’ai entrepris cette

réorganisation intérieure du mouvement et j’ai trouvé le

concours d’une pléiade d’âmes d’élite ; j’estime

nécessaire de les mentionner dans un chapitre spécial.

Pour donner, au point de vue de l’organisation,

quelque valeur aux résultats de la propagande et les

établir solidement, je dus faire table rase d’une série

d’habitudes prises jusque-là et apporter, dès le début,

des principes que ne possédait aucun des partis

existants ou qu’aucun n’avait adoptés.

Dans les années 1919 et 1920, le mouvement avait

eu pour direction un Comité choisi par les assemblées

des membres. Le Comité comprenait un premier et un

second trésorier, un premier et un second secrétaire et,

comme têtes, un premier et un second président. À cela

s’ajoutèrent encore un comité de membres, le chef de la

propagande et différents assesseurs.

Ce Comité personnifiait proprement – si comique

que cela put être – ce que le mouvement même voulait

combattre de la façon la plus âpre, à savoir le

parlementarisme. Car il s’agissait là-dedans d’un

principe qui personnifiait tout à fait le système depuis le

plus petit hameau jusqu’aux futurs arrondissements,

provinces, États, jusqu’au gouvernement, système sous

lequel nous souffrions tous.

Il était absolument indispensable de procéder à un

changement, si on ne voulait pas que le mouvement, par

suite des mauvaises bases d’organisation intérieure, se

corrompît pour toujours et fût incapable d’accomplir un

jour sa haute mission.

Les séances du Comité, qui étaient régies par un

protocole, et dans lesquelles on votait à la majorité et

prenait des décisions, représentaient en réalité un petit

Parlement. La valeur personnelle et la responsabilité y

manquaient. Il y régnait le même contresens et la même

déraison que dans nos grands corps représentatifs de

l’État. On nommait pour ce Comité des secrétaires, des

hommes pour tenir la caisse, des hommes pour former

les membres de l’organisation, des hommes pour la

propagande et Dieu sait encore pour quoi, et ensuite

tous devaient prendre position en commun pour chaque

question particulière et décider par vote. Ainsi l’homme

qui était chargé de la propagande votait sur un sujet

concernant les finances ; le trésorier votait sur

l’organisation ; l’organisateur votait sur un sujet ne

concernant que les secrétaires, etc.

Pourquoi désignait-on un homme pour la

propagande, puisque les caissiers, les scribes, les

commissaires, etc., avaient à juger les questions la

concernant ? Cela paraît à un cerveau sain aussi

incompréhensible que si, dans une grande entreprise

industrielle, les gérants avaient à décider sur la

technique de la production, ou si, inversement, les

ingénieurs avaient à juger des questions

administratives.

Je ne me suis pas soumis à cette insanité, mais,

après fort peu de temps, je me suis éloigné des séances.

Je faisais ma propagande et cela suffisait. J’interdisais,

en général, que le premier incapable venu essaie

d’intervenir sur le terrain qui m’était propre. De même

que moi, réciproquement, je me gardais d’intervenir

dans les affaires des autres.

Lorsque l’acceptation des nouveaux statuts et mon

appel au poste de premier président m’eurent, entre

temps, donné l’autorité nécessaire et le droit

correspondant, cette insanité cessa immédiatement. À la

place des décisions du Comité, fut admis le principe de

ma responsabilité absolue.

Le premier président est responsable pour la

conduite d’ensemble du mouvement. Il répartit les

forces du Comité qui sont sous sa direction, aussi bien

que les collaborateurs indispensables pour le travail à

fournir. Chacun de ces messieurs est responsable,

irrévocablement, des tâches dont il a été chargé. Il n’est

subordonné qu’au premier président, qui doit prendre

soin de l’action commune de tous, relativement au

choix des personnes et à l’élaboration des directives

communes que le travail en commun nécessite.

Cette nécessité d’une responsabilité absolue est peu

à peu devenue l’évidence même au sein du mouvement,

du moins pour la conduite du parti. Dans les petits

hameaux et peut-être aussi encore dans les cantons et

les districts, il s’écoulera encore longtemps jusqu’à ce

que ces principes s’imposent, vu que, naturellement, les

« cœurs en peau de lapin » et les incapables s’en

défendront toujours : pour eux, la responsabilité unique

pour une entreprise sera toujours désagréable ; ils se

sentent toujours plus libres et plus à leur aise si, pour

chaque décision importante, ils sont couverts par la

majorité d’un soi-disant comité. Mais il me parut

indispensable de prendre position avec une violence

extraordinaire contre une telle habitude, de ne faire

aucune concession à la crainte des responsabilités, et de

viser à une conception du devoir et du savoir d’un

Führer, devant amener au poste de Führer

exclusivement l’homme digne de l’occuper.

Mais un mouvement qui veut combattre la stupidité

parlementaire doit d’abord être libéré de celle-ci. C’est

seulement sur une telle base qu’il peut devenir fort pour

lutter.

Un mouvement qui, à une époque de domination de

la majorité, repose fondamentalement sur le principe de

la pensée du Führer et de sa responsabilité, culbutera

un jour avec une certitude mathématique la situation

jusqu’alors existante et sera victorieux.

Cette idée amena à l’intérieur du mouvement une

complète réorganisation. Et dans son achèvement

logique, elle conduisit aussi à une séparation très nette

de l’action économique du mouvement et de la conduite

politique générale. La pensée de la responsabilité fut,

par principe, également étendue à l’ensemble des

actions du parti et les rendit efficaces en libérant de

toute influence politique les questions économiques et

inversement.

Lorsque, à l’automne 1919, j’entrai au parti alors

composé de six hommes, celui-ci ne possédait ni

permanence ni employé, ni formulaire, ni sceau, ni

papier imprimé. Le siège du Comité n’était alors qu’une

auberge dans la Herrengasse et, plus tard, un café Am

Gasteig. C’était une situation impossible. Je me mis

alors peu de temps après en campagne et explorai un

nombre important de restaurants et d’auberges dans

Munich, dans l’intention de louer une salle spéciale ou

un local quelconque pour le parti. Dans l’ancienne

brasserie Sternecker, im Tal1, se trouvait une petite salle

voûtée qui jadis avait servi de taverne aux conseillers

du Saint-Empire en Bavière. Elle était sombre et

obscure et, de ce fait, était aussi parfaitement adaptée à

son ancienne destination qu’elle l’était peu au nouvel

emploi qui lui était réservé. La petite ruelle, sur laquelle

ouvrait son unique fenêtre, était si étroite que, même

pendant les jours les plus lumineux de l’été, la chambre





1

Rue de Munich.

restait sombre et lugubre. Cela devint notre première

permanence. Comme la location mensuelle ne s’élevait

qu’à cinquante marks (c’était alors pour nous une

somme fabuleuse), nous ne pouvions avoir de grandes

exigences, nous ne pouvions même pas nous plaindre

de ce qu’avant notre arrivée on eût enlevé rapidement

les boiseries murales datant des conseillers, de sorte que

le local finissait par donner plutôt l’impression d’un

tombeau que d’un bureau.

Et cela était déjà cependant un immense progrès.

Peu à peu nous acquîmes la lumière électrique, plus tard

un téléphone : vint ensuite une table, avec quelques

chaises empruntées, enfin une étagère, un peu plus tard

encore, une armoire ; deux buffets, qui appartenaient à

notre hôtelier, devaient servir pour conserver des tracts,

des affiches, etc.

Le système pratiqué jusqu’alors, consistant à diriger

le mouvement par une seule séance du Comité par

semaine, ne pouvait durer. Il fallut un employé, payé

par le parti, pour assurer l’exécution des affaires

courantes.

Ce fut alors très difficile. Le mouvement avait

encore si peu de membres que ce fut tout un art de

découvrir parmi eux un homme approprié qui pût, avec

des exigences personnelles minimes, satisfaire les

exigences variées du mouvement.

Ce fut en un soldat, un de mes anciens camarades,

Schüssler, qu’on trouva, après de longues recherches, le

premier secrétaire du parti. Il vint d’abord chaque jour

de 6 à 8 heures dans notre nouveau bureau, plus tard de

5 à 8, enfin chaque après-midi ; et, peu de temps après,

il fut occupé à plein et accomplit alors son service

depuis le matin jusque tard dans la nuit. Il était aussi

appliqué que loyal et foncièrement honnête : il se

donnait toute la peine possible et était fidèlement

attaché au mouvement. Schüssler apportait avec lui une

petite machine à écrire Adler qui était sa propriété. Ce

fut le premier de ces instruments au service de notre

mouvement. Elle fut plus tard acquise par le parti grâce

aux cotisations. Un petit coffre-fort parut être

indispensable pour mettre à l’abri des voleurs les

dossiers et les livrets individuels des membres. Cette

acquisition n’avait pas pour but d’y déposer les grosses

sommes d’argent que nous aurions pu posséder. Au

contraire, nous étions infiniment pauvres et j’ai souvent

ajouté mes petites économies.

Un an et demi plus tard, la permanence devint trop

petite et il en résulta un déménagement dans un

nouveau local, Corneliusstrasse. C’était encore une

auberge ; ici, nous ne possédions plus seulement une

pièce, mais déjà trois, et une grande salle avec guichet.

Cela nous paraissait déjà bien beau. Nous y restâmes

jusqu’à novembre 1923.

En décembre 1920 se produisit l’acquisition du

Völkischer Beobachter. Ce journal, qui, comme

l’annonce déjà son nom, soutenait en général les

desiderata racistes, fut transformé en organe du

nouveau parti national-socialiste. Il parut d’abord deux

fois par semaine, devint quotidien au commencement

de 1923 et reçut, fin août 1923, son grand format.

Je dus alors, complètement novice dans le domaine

journalistique, payer maintes fois pour mon

apprentissage, ce qui me parut abominable.

En soi, un fait devait donner à réfléchir, c’est qu’il

n’y avait qu’un seul journal raciste réellement

important en face de l’immense presse juive. La cause

en est, comme j’ai pu le constater moi-même un

nombre incalculable de fois dans la pratique, que, pour

une très grande part, il n’y a que peu de débouchés

commerciaux pour les entreprises racistes. Elles étaient

conduites beaucoup trop d’après ce point de vue que le

sentiment devait avoir le pas sur l’action. Point de vue

tout à fait faux, en ce sens que le sentiment ne doit rien

avoir d’extérieur, mais, au contraire, doit trouver sa

meilleure expression dans l’action. Celui qui peut

accomplir des actions de valeur pour son peuple,

montre par là un sentiment réellement plein de valeur,

tandis que tel autre, qui se borne à simuler le sentiment,

sans rendre en réalité des services utiles à son peuple,

est un homme néfaste qui pervertit la communauté par

ses sentiments néfastes.

Ainsi le Völkische Beobachter, comme déjà

l’indique son nom, était un organe raciste, avec tous les

avantages, et encore plus avec les défauts et les

faiblesses inhérents aux institutions racistes. Autant son

contenu était honnête, autant l’administration de

l’entreprise était impossible commercialement. Sa

rédaction croyait dur comme fer que des journaux

racistes ne devaient recevoir que des oboles racistes,

alors que le journal aurait dû, au contraire, se frayer un

chemin par la concurrence avec les autres. C’est une

inconvenance de vouloir couvrir les négligences ou les

fautes de la conduite commerciale de l’entreprise par

les oboles des patriotes bien pensants. Je me suis

efforcé, en tous cas, de modifier cette situation dont

j’avais reconnu tout de suite la gravité, et la chance

m’aida en ce sens que je fis la connaissance de

l’homme qui a rendu infiniment de services au

mouvement depuis ce temps-là, non seulement comme

directeur commercial du journal, mais aussi comme

chef commercial du parti.

C’est en 1914, donc en campagne, que je connus – il

était alors mon supérieur – le chef commercial actuel du

parti, Max Amann. Dans les quatre années de guerre,

j’eus l’occasion, presque constamment, d’observer les

capacités extraordinaires, l’application et la conscience

scrupuleuse de mon futur collaborateur.

Dans l’arrière-saison de l’été 1921, alors que le

mouvement traversait une crise difficile et qu’un certain

nombre d’employés ne me donnaient plus satisfaction,

et que je faisais même avec l’un, en particulier,

l’expérience la plus amère, je me tournai vers mon

ancien camarade de régiment, que le hasard conduisit

un jour à moi, en le priant de devenir le chef

commercial du mouvement. Après de longues

hésitations – Amann se trouvait alors dans une situation

pleine d’avenir – il y consentit enfin, mais d’ailleurs

sous la condition formelle qu’il ne ferait jamais le

métier de gendarme vis-à-vis de comités quelconques et

impuissants, mais, au contraire, reconnaîtrait

exclusivement un maître unique. C’est le mérite

ineffaçable de ce premier chef commercial du

mouvement, homme de haute culture, d’avoir apporté

dans les affaires du parti l’ordre et la netteté. Elles sont

restées en exemple et leur qualité ne put jamais être

égalée par aucune des ramifications du mouvement.

Comme toujours dans la vie, une valeur supérieure

éveille très fréquemment la jalousie et la haine. On

devait aussi naturellement s’y attendre dans ce cas, et le

subir patiemment.

Dès 1922, de rigides directives étaient en vigueur,

aussi bien pour la constitution commerciale du

mouvement que pour son organisation pure. Il existait

déjà un répertoire central complet des dossiers

englobant l’ensemble de tous les membres appartenant

au mouvement. De même, on était parvenu à faire

financer le mouvement. Les dépenses courantes

devaient être couvertes par les recettes courantes, les

recettes extraordinaires devaient être consacrées

seulement aux dépenses extraordinaires. Malgré la

difficulté des temps et à l’exception des petits comptes

courants, le mouvement resta presque libre de dettes et

même il réussit à réaliser un accroissement durable de

son pécule. On travaillait comme dans une exploitation

privée : le personnel employé avait à se signaler par ses

actes et ne pouvait, en aucune façon, se targuer du titre

de partisan. La réputation de chaque national-socialiste

se prouvait d’abord par son empressement, par son

application et son savoir-faire dans l’accomplissement

de la tâche indiquée. Celui qui ne remplit pas son

devoir, ne doit pas se vanter d’une réputation surfaite.

Le nouveau chef commercial du parti affirma, malgré

toutes les influences possibles, avec la dernière énergie,

que les affaires du parti ne devaient pas être une

sinécure pour des partisans ou des membres peu zélés.

Un mouvement qui, sous une forme aussi aiguë, combat

la corruption propre aux partis dans notre système

administratif, doit être exempt de vices. Il se produisit

encore le cas que, dans l’administration du journal, des

employés qui appartenaient au « parti populaire

bavarois » et avaient été engagés pour leur valeur

professionnelle, se montrèrent exceptionnellement

qualifiés. Le résultat de cet essai fut en général

excellent. C’est précisément à cause de notre façon de

reconnaître honnêtement et franchement le travail réel

de chacun que le mouvement put gagner les cœurs de

ces employés vite et profondément. Ils devinrent plus

tard de bons nationaux-socialistes et le restèrent, non

seulement de façade, mais ils le prouvèrent par le

travail consciencieux, ordonné et loyal, qu’ils

accomplirent dans le service du nouveau mouvement.

Naturellement, un membre du parti bien qualifié était

préféré à un autre aussi bien noté, mais n’appartenant

pas au parti. Mais personne ne recevait un emploi par le

seul motif qu’il appartenait au parti. Le vigoureux esprit

de décision avec lequel le nouveau chef commercial

appliqua ces principes et les fit triompher peu à peu,

malgré toutes les résistances, fut plus tard pour le

mouvement de la plus grande utilité. C’est seulement à

cause de cela qu’il fut possible, dans les temps difficiles

de l’inflation, alors que des dizaines de milliers

d’entreprises s’effondraient et que des milliers de

journaux devaient cesser de paraître, que la conduite

commerciale du mouvement non seulement resta

debout et put satisfaire à ses obligations, mais encore

que le Völkische Beobachter se développa toujours

davantage. Il était alors au nombre des grands journaux.

L’année 1921 fut encore importante par le fait que,

grâce à ma situation de président du parti, je réussis à

empêcher des critiques de détail et des interventions de

tels ou tels membres du Comité au sujet de l’activité du

parti. Et cela était important, parce que l’on ne pouvait

pas garder pour faire du bon travail une tête réellement

capable, si les incapables intervenaient constamment

par leurs bavardages, prétendant tout mieux

comprendre, alors qu’en réalité ils laissaient derrière

eux un trouble immense. D’ailleurs, ces incapables se

retirèrent, la plupart tout à fait modestement, pour

porter sur un autre champ d’action leur agitation, leur

contrôle et leurs idées. Il y avait des hommes, possédés

d’une sorte de maladie de la critique et qui se trouvaient

dans une sorte d’état d’enfantement de plans, de

pensées, de projets et de méthodes prétendus

supérieurs. Leur but le plus idéal et le plus élevé était

surtout la formation d’un comité, qui aurait eu à flairer,

sous prétexte de contrôle, le travail ordonné des autres.

Combien il est blessant et peu national-socialiste de

voir des hommes incompétents se mêler constamment

aux gens du métier, beaucoup de ces « comitards » n’en

avaient pas conscience. J’ai, en tous cas, considéré

comme mon devoir de protéger contre de tels éléments

toutes les forces du mouvement ordonnées et

responsables, de leur procurer un soutien indispensable

et toute latitude pour le travail et la marche en avant.

Le meilleur moyen pour rendre inoffensifs ces

comités qui ne faisaient rien ou qui cuisinaient des

projets pratiquement irréalisables, était d’ailleurs de

leur procurer un travail réel quelconque. Ce fut risible

de voir comment l’assemblée s’évanouit alors sans bruit

et devint subitement introuvable. Cela me faisait penser

à notre plus grande institution analogue, le Reichstag.

Comme ils disparaîtraient sans bruit et vite, s’ils étaient

chargés d’un travail réel au lieu de fabriquer des

discours, d’un travail que chacun de ces hâbleurs aurait

à exécuter sous sa responsabilité personnelle !

J’ai toujours posé en axiome que – aussi bien dans

la vie privée que dans notre mouvement – on devait

chercher aussi longtemps qu’il le fallait jusqu’à ce que

l’on trouve des fonctionnaires, des gérants ou des

directeurs visiblement capables et honnêtes. Alors on

devait leur donner une liberté d’action totale et une

autorité sans condition sur les subordonnés, en leur

attribuant une responsabilité sans limite vis-à-vis de

leurs supérieurs ; ainsi, personne ne peut recevoir une

autorité sur les subordonnés sans être d’une compétence

indiscutable. En deux ans, j’ai percé, mon opinion a

triomphé et, aujourd’hui, elle paraît évidente à tous

dans le mouvement, du moins en de qui concerne la

direction suprême.

Le succès de cette attitude s’avéra le 9 novembre

1923. Lorsque j’étais entré dans le mouvement quatre

années auparavant, il n’existait même pas de sceau. Le

9 novembre 1923, eut lieu la dissolution du parti et la

confiscation de ses biens. Cela se chiffrait déjà à plus

de 170 000 R. M. or, y compris tous les objets de valeur

et le journal.

Chapitre XII



La question corporative.



La rapide croissance du mouvement nous obligea,

dans le courant de l’année 1922, à prendre position sur

une question qui n’est pas encore résolue

définitivement aujourd’hui.

Dans notre tentative d’étudier les méthodes qui

pourraient vite et facilement ouvrir au mouvement le

chemin du cœur des masses, nous nous heurtions

toujours à l’objection que le travailleur ne pourrait

jamais nous appartenir complètement, tant que la

représentation de ses intérêts, dans le domaine

purement professionnel et économique, serait entre les

mains d’hommes ayant d’autres idées politiques que

nous.

Cette objection était sérieuse. L’ouvrier qui exerçait

une profession, ne pouvait pas vivre sans être membre

d’un syndicat. Non seulement sa valeur professionnelle

était protégée dans ce cadre, mais son métier même

n’avait une garantie de durée que par le syndicat. La

majorité des ouvriers se trouvait dans des sociétés

coopératives. Celles-ci avaient, en général, combattu

pour les salaires et arrêté les barèmes de tarifs qui

assuraient à l’ouvrier un certain revenu. Sans doute les

résultats de ces combats profitèrent à tous les ouvriers

de la profession, et des conflits de conscience durent se

livrer particulièrement chez un homme honnête, quand

il empochait le salaire acquis de haute lutte par les

syndicats, quoiqu’il se fût tenu hors du combat.

Avec les entreprises bourgeoises normales, on

pouvait difficilement traiter ce problème. Elles

n’avaient aucune compréhension (ou ne voulaient en

avoir aucune) pour le côté soit moral soit matériel de la

question. Enfin, leurs intérêts économiques propres

s’opposent, de prime abord, à toute organisation

d’ensemble des forces ouvrières qui en dépendent, de

telle sorte que, déjà pour cette raison, la plupart des

bourgeois peuvent difficilement se former un jugement

indépendant. Ici, il est nécessaire de s’adresser à des

tiers, désintéressés dans la question et qui ne

succomberont pas à la tentation de ne pas voir la forêt

sous prétexte qu’ils ne voient que les arbres. Grâce à

leur bonne volonté, ils saisiront beaucoup plus

facilement une affaire qui concerne notre vie présente

ou future.

Je me suis déjà expliqué dans le premier volume sur

l’essence, le but et la nécessité des syndicats. Aussi

longtemps que, soit par des mesures de protection

d’État (qui cependant généralement sont infructueuses),

soit par une nouvelle éducation commune, il ne se sera

pas produit un changement dans la situation de l’ouvrier

vis-à-vis de l’entrepreneur, il ne restera rien d’autre à

l’ouvrier que de défendre ses intérêts en invoquant son

droit égal de membre de la communauté économique.

Cela cadre tout à fait avec l’esprit de solidarité et peut

redresser des injustices sociales susceptibles de mettre

en péril l’existence commune des citoyens. J’allais

même plus loin dans mes déclarations, à savoir que ce

droit de l’ouvrier doit être considéré comme naturel,

aussi longtemps qu’il y aura des êtres humains

assujettis à des patrons ne possédant aucun sentiment de

leurs devoirs sociaux, ni même simplement d’humanité,

et je conclus que, si une telle autoprotection est

nécessaire, sa forme doit être celle d’un groupement des

ouvriers sur la base corporative.

De cette conception générale, rien n’était changé en

moi en 1922. Mais une formule claire et précise était

encore à trouver. Il ne convenait pas de se déclarer

satisfait simplement sur les connaissances acquises,

mais il était nécessaire d’en extraire des conclusions

pratiques.

Il s’agissait de répondre aux questions suivantes :

1° Les syndicats sont-ils nécessaires ?

2° Le parti nazi doit-il se déclarer corporatif ou faire

entrer ses membres dans un cadre syndical

quelconque ?

3° Quel serait le caractère d’un syndicat purement

nazi ? Quels en seraient les devoirs et les buts ?

4° Comment le réaliserait-on ?

Je crois avoir répondu suffisamment à la première

question. Telles que les choses se présentent

aujourd’hui, on ne peut pas, selon ma conviction, se

passer des syndicats. Au contraire, ils comptent parmi

les institutions les plus importantes de la vie

économique de la nation. Leur importance n’est pas

seulement d’ordre social, mais national. Car un peuple

dont les masses reçoivent satisfaction de leurs besoins

vitaux, et en même temps aussi une sorte d’éducation

grâce à une organisation syndicale correcte, acquerra à

cause de cela, dans la lutte pour l’existence, un

accroissement extraordinaire de sa force générale de

résistance.

Les syndicats sont avant tout nécessaires comme

pierres angulaires du futur parlement économique des

chambres de commerce.

La seconde question est également facile à résoudre.

Si le mouvement corporatif est important, il est clair

que le nazisme doit prendre position à ce sujet d’une

façon non seulement théorique, mais encore pratique.

Mais « comment » ? Cela est plus difficile.

Le mouvement nazi, qui a pour but la création de

l’État raciste nazi, doit se pénétrer de cette idée que

toutes les institutions futures de cet État doivent croître

des racines du mouvement lui-même. Ce serait une

grande faute de croire que l’on peut entreprendre tout

d’un coup, en partant de rien, ou seulement du simple

pouvoir politique, une réorganisation définie ; il faut

posséder une certaine réserve d’hommes déjà formés.

Plus important que la forme extérieure mécaniquement

très rapide à créer, l’esprit doit toujours animer cette

forme. Par la force, on peut inculquer à un organisme

social les principes d’un Führer, d’un dictateur. Mais

ces principes ne seront réellement vivants que s’ils se

forment peu à peu dans leurs plus petits détails ; ils

doivent être étayés sur un matériel humain, sélectionné

pendant plusieurs années, trempé par les dures réalités

de la vie, et ainsi capable de réaliser la pensée du

Führer.

On ne doit pas donc s’imaginer pouvoir tirer tout

d’un coup à la lumière du jour, d’une serviette de

notaire, des projets pour une nouvelle constitution de

l’État, et les introduire par une parole impérative venue

d’en haut. L’essayer, on le peut, seulement le résultat ne

sera sûrement pas viable, ce sera la plupart du temps un

enfant mort-né. Cela me rappelle la Constitution de

Weimar et la tentative de faire cadeau au peuple

allemand, en même temps que d’une nouvelle

constitution, d’un nouveau drapeau, qui n’avait aucun

rapport intime avec ce qu’avait vécu notre peuple dans

le dernier demi-siècle.

Aussi l’État nazi doit-il se garder de telles

expériences. Il peut croître par sa seule organisation

interne depuis longtemps existante. Cette organisation

doit, dans son essence même, être animée du vivant

esprit du National-Socialisme, pour créer enfin un État

National-Socialiste vivant.

Comme je l’ai déjà souligné, les cellules

embryonnaires doivent reposer dans les Chambres

administratives des différentes représentations

professionnelles et donc, avant tout, dans la

corporation. Si cette représentation professionnelle

ultérieure et le parlement central économique doivent

nous être offerts par une institution nazi, il y a aussi

obligation que ces importantes cellules embryonnaires

soient les véhicules d’un sentiment et d’une conception

nazi. Les institutions du mouvement sont à transporter

dans l’État, mais l’État ne peut pas tout d’un coup faire

surgir de rien, comme par enchantement, les

organisations correspondantes, si l’on ne veut pas que

celles-ci restent des créations sans vie.

Déjà, à ce très haut point de vue, le mouvement nazi

doit admettre la nécessité d’une manifestation propre

corporative. Il le doit encore, parce qu’une éducation

réellement nazi, aussi bien des patrons que des ouvriers,

dans le sens d’une coopération réciproque dans le cadre

commun d’une communauté populaire, ne résulte pas

d’enseignements théoriques, d’appels ou

d’exhortations, mais du combat de la vie quotidienne.

C’est dans son sens et par lui que le mouvement doit

éduquer les grands groupements économiques

particuliers et à les rapprocher les uns des autres. Sans

un tel travail préliminaire, l’espérance en la résurrection

d’une future et véritable communauté populaire reste

une pure illusion. Seul, le grand idéal, pour lequel

combat le mouvement peut lentement former ce style

général qui fera apparaître plus tard le nouvel état de

choses comme reposant sur des bases solides et non pas

tout en façade.

Ainsi le mouvement ne doit pas seulement se

présenter à la pensée corporative en s’affirmant tel,

mais encore il doit, en vue du futur État nazi, donner à

un petit nombre de membres et de partisans l’éducation

exigible dans ses manifestations pratiques.

La réponse à la troisième question s’impose

maintenant.

La corporation nazi n’est pas un organe de lutte de

classe, mais un organe de représentation

professionnelle. L’État nazi ne connaît aucune

« classe », mais, au point de vue politique seulement,

des bourgeois avec des droits complètement égaux et,

en conséquence, avec les mêmes devoirs généraux, et, à

côté de cela, des ressortissants de l’État qui, au point de

vue politique, ne possèdent absolument aucun droit.

La corporation au sens nazi n’a pas la mission, grâce

au groupement de certains hommes, de les transformer

peu à peu en une classe, pour accepter ensuite le

combat contre d’autres formations, semblablement

organisées à l’intérieur de la communauté populaire.

Cette mission, nous ne pouvons pas l’attribuer

principalement à la corporation, mais on la lui a

accordée au moment où elle devint l’instrument de

combat du marxisme. La corporation n’est pas en elle-

même synonyme de « lutte des classes », mais c’est le

marxisme qui a fait d’elle un instrument pour sa lutte de

classes. Il créa l’arme économique que le monde juif

international emploie pour la destruction des bases

économiques des États nationaux libres et

indépendants, pour l’anéantissement de leur industrie

nationale et de leur commerce national, et grâce à cela,

pour l’esclavage des peuples libres au service de la

finance juive mondiale au-dessus des États.

La corporation nazi doit, à cause de cela, grâce à la

concentration organisée de groupes déterminés de

participants à la vie économique nationale, élever la

sécurité de l’économie nationale même, renforcer sa

force en écartant tout obstacle qui influerait d’une façon

destructive sur le corps populaire national, renforcer

aussi la force vive de la communauté populaire, afin

que des obstacles ne portent pas préjudice à l’État et ne

deviennent pas à la fin un malheur et une corruption

pour l’économie elle-même.

Pour la corporation nazi, la grève n’est pas un

moyen de destruction et d’ébranlement de la production

nationale, mais un moyen de l’accroître et de l’écouler

grâce à la lutte contre tous les obstacles qui, par suite de

son caractère antisocial, interdisait l’essor économique

des masses. Car le champ d’activité de chaque individu

se tient toujours, dans un rapport de cause à effet, avec

la situation générale sociale et juridique qu’il prend

dans le processus économique. De l’examen de cette

situation résulte son attitude en face de ce processus.

L’ouvrier nazi doit savoir que la prospérité de

l’économie nationale signifie son propre bonheur

matériel.

Le patron nazi doit savoir que le bonheur et la

satisfaction de ses ouvriers sont la condition

primordiale de l’existence et du développement de sa

propre prospérité économique.

Les ouvriers et les patrons nazis sont tous deux des

délégués et des mandataires de l’ensemble de la

communauté populaire. La grande proportion de liberté

personnelle qui leur est accordée dans leur action, doit

être expliquée par ce fait que la capacité d’action d’un

seul est beaucoup plus augmentée par une extension de

liberté que par la contrainte d’en haut ; la sélection

naturelle, qui doit pousser en avant le plus habile, le

plus capable et le plus laborieux, ne doit pas être

entravée.

Pour la corporation nazi, la grève est à cause de cela

un moyen que l’on a la permission et l’obligation

d’employer seulement lorsqu’il n’existe pas d’État

raciste nazi. Celui-ci, à la vérité, à la place du combat

colossal des deux grands groupements – patronat et

prolétariat – qui, dans ses conséquences d’un

amoindrissement de la production cause toujours des

dommages à la communauté populaire, doit se charger

de faire respecter le droit de tous. Aux chambres de

commerce mêmes, il incombe le devoir de maintenir

l’activité économique nationale et d’en écarter les

défectuosités et les défauts.

Ce qui aujourd’hui pousse au combat des millions

d’hommes doit, un jour, trouver sa solution dans les

chambres professionnelles et dans le Parlement

économique central. Avec eux, entrepreneurs et

ouvriers ne doivent plus lutter les uns contre les autres

dans la lutte des salaires et des tarifs – ce qui est très

dommageable à l’existence économique de tous deux –

mais ils doivent résoudre ce problème en commun pour

le bien de la communauté populaire et de l’État, dont

l’idée doit briller en lettres étincelantes au-dessus de

tout.

Là encore, comme partout, doit régner le principe

d’airain que la patrie vient d’abord, avant le parti.

Le devoir de la corporation nazi est l’éducation et la

préparation en vue de ce but, qui se définit ainsi : travail

en commun de tous en vue du maintien de la sécurité de

notre peuple et de l’État, conformément, pour chaque

individu, aux capacités et aux forces acquises à la

naissance et perfectionnées par la communauté

populaire.

À la quatrième question : Comment arriverons-nous

à de telles corporations ? il paraissait jadis

excessivement difficile de répondre.

Il est, en général, plus facile d’entreprendre des

fondations dans un terrain neuf que sur un vieux terrain

qui possède déjà des fondations. Dans un endroit où il

n’existe aucun magasin d’une certaine spécialité, on

peut facilement en édifier un. Cela est plus difficile s’il

se trouve déjà une entreprise similaire et c’est même

très difficile si, à côté de cela, les conditions sont telles

qu’une seule entreprise peut prospérer. Car ici les

fondateurs se trouvent devant le problème, non

seulement d’introduire leur propre magasin nouveau,

mais encore, pour pouvoir se maintenir, de devoir

anéantir ce qui existe jusqu’ici à cet endroit.

Une corporation nazi n’a pas de sens à côté d’autres

corporations. Car elles doivent aussi être intimement

pénétrées de leur devoir mondial et aussi du devoir

inné, issu du précédent, d’intolérance vis-à-vis des

autres formations semblables ou pas du tout ennemies ;

elles doivent affirmer leur personnalité. Il n’existe

aucun arrangement ni aucun compromis pour de telles

tendances, mais seulement le maintien du droit strict et

exclusif.

Il y avait donc deux moyens d’aboutir :

1° On pouvait fonder une propre corporation et

ensuite, peu à peu, entreprendre le combat contre les

corporations marxistes internationales ; ou bien on

pouvait :

2° Pénétrer dans les corporations marxistes et

s’efforcer de les remplir du nouvel esprit, en vue de les

transformer en instruments de notre nouvel idéal.

Le premier moyen était mauvais, car nos difficultés

financières étaient en ce temps-là toujours encore très

graves et nos ressources limitées. L’inflation, qui peu à

peu se répandait toujours davantage, aggravait encore

plus la situation : dans ces années-là, on pouvait à peine

parler d’une utilité matérielle palpable de la corporation

pour ses membres ; l’ouvrier n’avait aucune raison pour

payer des cotisations dans une corporation. Même ceux

qui étaient déjà d’opinion marxiste en étaient presque

réduits à l’effondrement jusqu’à ce que, grâce à la

géniale action de M. Cuno dans la Ruhr, les millions

tout à coup tombassent dans leurs poches. Ce chancelier

du Reich « national » doit être considéré comme le

sauveur des corporations marxistes.

Nous ne devions pas compter alors sur de telles

facilités financières ; et il ne pouvait être séduisant pour

personne d’entrer dans une nouvelle corporation qui,

par suite de sa faiblesse financière, ne pouvait pas lui

offrir le moindre avantage. D’un autre côté, je dois me

défendre absolument de n’avoir même pas créé, dans

une telle nouvelle organisation, le plus petit fromage

pour des embusqués plus ou moins intellectuels.

Surtout la question de personnes jouait là-dedans un

rôle de toute première importance. Je n’avais pas alors

un seul personnage à qui je puisse confier la solution de

cette puissante entreprise. Celui qui aurait réellement

détruit dans ce temps-là les corporations marxistes pour

aider au triomphe de l’idée corporative nazi, à la place

de cette institution de la lutte de classes, celui-là

appartiendrait aux tout premiers grands hommes de

notre peuple et son buste devrait être érigé à l’avenir

pour les générations futures dans le Walhalla de

Ratisbonne.

Mais je n’ai connu aucun cerveau qui eût été digne

d’un tel piédestal.

Il serait tout à fait faux de nous rétorquer que les

corporations internationales ne disposent seulement que

de cerveaux moyens. Cela, en vérité, ne veut rien dire ;

car lorsque celles-ci furent fondées, ce n’était pas

difficile. Aujourd’hui, le mouvement nazi doit

combattre contre une organisation monstre, déjà

existante depuis longtemps, sur une base gigantesque et

achevée dans ses plus petits détails. L’assaillant doit

toujours être plus génial que le défenseur, s’il veut le

vaincre. La forteresse marxiste corporative peut

aujourd’hui être gérée par de simples bonzes ; elle ne

sera emportée d’assaut que par l’énergie farouche et la

capacité géniale d’un homme supérieur. Si un tel

homme ne se trouve pas, il est vain de lutter avec le

destin et encore plus insensé de vouloir bouleverser un

état de choses sans être capable d’en reconstruire un

meilleur.

Ici, il est intéressant de mettre en valeur cette idée

que, dans la vie, il est souvent préférable de laisser de

côté un projet plutôt que de l’entreprendre seulement à

demi ou mal, faute de forces appropriées.

Une autre considération, qui n’est point

démagogique, vient encore s’ajouter à cela. J’avais

alors et je possède encore aujourd’hui la conviction

bien arrêtée qu’il est dangereux d’entremêler à des

choses économiques un grand combat politique. Cela

s’applique particulièrement à notre peuple allemand.

Car, dans ce cas, la lutte économique retirera

immédiatement de l’énergie au combat politique.

Aussitôt que les gens auront acquis la conviction que,

grâce à l’épargne, ils pourront acquérir une toute petite

maison, ils ne se consacreront plus qu’à ce but et il ne

leur restera aucun loisir pour la lutte politique contre

ceux qui, d’une façon ou de l’autre, songent à leur

reprendre un jour les « sous » épargnés. Au lieu de

lutter dans le combat politique pour leurs convictions et

leurs idées, ils s’enfonceront complètement dans leur

idée de « colonisation intérieure » et, la plupart du

temps, s’assiéront entre deux chaises.

Le mouvement nazi est aujourd’hui au début de sa

lutte. En grande partie, il doit d’abord former et achever

l’élaboration de son idéal. Il doit lutter avec toute son

énergie, pour la pénétration de son grand idéal. Le

succès n’est imaginable que si sa force totale est mise

sans hésitation au service de ce combat.

S’occuper de problèmes économiques, cela peut

paralyser la force combative active ; nous l’avons

précisément aujourd’hui sous les yeux dans un exemple

classique :

La révolution de novembre 1918 ne fut pas faite par

les corporations, et s’opéra malgré elles. Et la

bourgeoisie allemande ne mène aucun combat politique

pour l’avenir de l’Allemagne, parce qu’elle estime cet

avenir suffisamment assuré dans le travail constructif

économique.

Nous devrions être instruits par de telles

expériences, car aussi chez nous cela ne se passerait pas

autrement. Plus nous concentrerons la force totale de

notre mouvement au combat politique, plus nous

pourrons espérer le succès ; plus nous nous chargerons

prématurément de problèmes corporatifs, de

colonisation et autres similaires, moins le résultat utile

pour notre cause sera appréciable. Car, si importants

que soient ces problèmes, ils ne pourront être résolus

qu’après notre conquête du pouvoir politique.

Jusque-là ces problèmes paralyseraient le

mouvement et s’il s’en était occupé plus tôt, son idéal

politique aurait rencontré encore plus d’obstacles. Il

pourrait arriver facilement que les mouvements

corporatifs déterminent le mouvement politique au lieu

du contraire.

Un réel profit pour le mouvement, aussi bien que

pour notre peuple, peut seulement se développer

principalement d’un mouvement corporatif nazi, si

celui-ci est déjà si fortement rempli de nos idées nazi,

qu’il ne court plus le danger de tomber dans le sentier

marxiste. Car une corporation nazi qui voit seulement

sa mission en une concurrence de la corporation

marxiste, serait plus nuisible que s’il n’y en avait pas.

Elle doit proclamer la lutte contre la corporation

marxiste, non seulement comme organisation, mais

avant tout comme idée. Elle doit dénoncer en elle

l’annonciatrice de la lutte des classes et de l’idée de

classes et doit, à sa place, devenir la protectrice des

intérêts professionnels de la bourgeoisie allemande.

Que tous ces points de vue aient parlé autrefois et

parlent encore aujourd’hui contre la fondation de

corporations propres du parti, cela me semble évident, à

moins qu’une tête apparaisse soudain, qui soit appelée

visiblement par le destin pour résoudre précisément

cette question.

Il ne restait donc plus que deux autres moyens, ou

bien recommander aux propres compagnons du parti de

sortir des corporations, ou bien de rester dans celles

existant jusqu’à présent, pour y agir d’une façon autant

que possible destructive.

J’ai, en général, recommandé ce dernier moyen.

Particulièrement dans l’année 1922-1923, on

pouvait le faire sans inconvénient, car le bénéfice

financier que, au temps de l’inflation, la corporation

pouvait empocher dans ses propres rangs, était nul par

suite du nombre restreint de nos membres. J’ai déjà

refusé autrefois de faire des expériences qui

promettaient l’insuccès. J’aurais considéré comme un

crime de prendre à un ouvrier une partie de son salaire

réduit en faveur d’une institution que je ne jugeais pas

utile à ses membres.

Si un nouveau parti politique disparaît de nouveau

un jour, c’est à peine dommage, c’est presque toujours

un profit et personne n’a le droit de s’en plaindre. Car

ce que l’individu donne à un mouvement politique, il le

donne à fonds perdu. Mais qui paye une cotisation dans

une corporation a droit, en retour, à un salaire qu’on lui

a garanti. Si on ne lui en tient pas compte, les

fondateurs d’une telle corporation sont des menteurs, ou

du moins des hommes écervelés qu’on devrait rendre

responsables.

C’est d’après ce point de vue que nous avons agi

aussi en l’année 1922. D’autres le comprenaient

apparemment mieux et ils fondèrent des syndicats.

Ils nous faisaient grief de l’absence de ceux-ci, et

voulaient y voir le signe le plus évident que nos vues

étaient erronées autant qu’étroites. Mais ces créations

ne tardèrent pas à disparaître elles aussi, et le résultat

fut en dernière analyse le même que chez nous. Avec la

seule différence que nous n’avions trompé ni les autres

ni nous-mêmes.

Chapitre XIII



La politique allemande des alliances

après la guerre.



Un manque absolu de méthode avait caractérisé la

direction des affaires étrangères du Reich, parce qu’on

n’avait pas su dégager les principes directeurs sur

lesquels devait s’appuyer une politique d’alliances

répondant aux intérêts du pays ; la révolution, loin de

corriger cette erreur, la porta à son comble. Car, si la

confusion des idées en ce qui concernait la politique

générale avait été avant la guerre la principale cause des

fautes commises par le gouvernement dans la conduite

de sa politique étrangère, celle-ci souffrit, après la

guerre, de la duplicité de nos dirigeants. Il était naturel

que les milieux qui voyaient réalisés, grâce à la

révolution, leurs plans subversifs, n’eussent aucun

intérêt à pratiquer une politique d’alliances dont le

résultat eût été de remettre sur pied un État allemand

indépendant. Une semblable évolution aurait été en

contradiction avec les intentions secrètes des criminels

de novembre ; elle aurait mis fin passagèrement, ou

même définitivement, à l’internationalisation de

l’économie et des forces productrices de l’Allemagne ;

mais ce qui était surtout à craindre, c’était qu’un

combat victorieusement mené pour rendre le Reich

indépendant de l’étranger n’eût, sur la politique

intérieure, une influence qui pouvait devenir un jour

fatale à l’autorité des détenteurs actuels du pouvoir. Il

n’est pas concevable, en effet, qu’une nation puisse se

soulever contre l’oppression sans qu’on lui ait donné

auparavant conscience d’elle-même et, inversement,

tout grand succès remporté dans la politique étrangère

influe fatalement sur le réveil du sentiment national.

L’expérience prouve que tout combat mené pour la

libération d’un peuple développe en lui le patriotisme

et, par suite, le met mieux en garde contre les menées

des éléments antinationaux qu’il renferme. Des

situations et des personnages qu’on supporte en temps

de paix, auxquels souvent on n’accorde même pas

d’attention, se heurtent, dans les périodes où

l’enthousiasme national remue une nation jusque dans

ses profondeurs, à une opposition qui va jusqu’à la

résistance ouverte et qui leur est souvent fatale. Qu’on

se rappelle, par exemple, la peur qu’on a partout des

espions lorsqu’éclate une guerre, peur qui se manifeste

subitement à ce moment où les passions humaines sont

portées à leur plus haut degré et qui provoque les

persécutions les plus brutales, quoique souvent

injustifiées ; et pourtant chacun devrait se dire que l’on

court beaucoup plus le risque d’être espionné pendant

les longues années du temps de paix, bien que, pour des

raisons très naturelles, l’opinion publique n’y attache

pas alors autant d’attention.

L’instinct subtil des parasites de l’État que le

remous des événements de novembre avait fait monter à

la surface, sentit immédiatement qu’une adroite

politique d’alliances, qui soutiendrait un soulèvement

populaire contre l’oppression et rallumerait ainsi les

passions nationales, pourrait mettre un terme à leur

criminelle existence.

On comprend maintenant pourquoi ceux qui, depuis

1918, occupaient les postes les plus importants dans le

gouvernement, firent preuve d’une telle incapacité dans

la politique étrangère et pourquoi les affaires de l’État

furent presque toujours gérées d’une façon

systématiquement contraire aux intérêts de la nation

allemande. Car, ce qui pourrait paraître, au premier

regard, l’effet du hasard, se découvre, quand on

l’examine de plus près, n’être qu’une nouvelle et

logique avance sur la voie dans laquelle la révolution de

novembre 1918 s’était déjà ouvertement engagée.

Il est vrai qu’ici on doit faire une distinction entre

les administrateurs responsables (ou, pour mieux dire,

« qui devraient l’être ») des affaires de notre État, entre

la majeure partie de nos politicailleurs parlementaires,

et, enfin, la grande foule moutonnière et stupide de

notre peuple dont la patience égale la sottise.

Les premiers savent ce qu’ils veulent. Les autres

marchent avec les premiers, soit qu’ils soient initiés,

soit qu’ils soient trop lâches pour s’opposer résolument

à la réalisation du plan qu’ils ont deviné et dont ils

sentent le danger. Les derniers se soumettent par

incompréhension et bêtise.

Tant que le Parti national-socialiste des travailleurs

allemands n’a été qu’une petite association mal connue,

les problèmes de politique étrangère ne pouvaient avoir,

aux yeux de beaucoup de ses membres, qu’une

importance secondaire. Notamment, parce que notre

mouvement a toujours eu, et aura toujours, pour

principe fondamental de proclamer que la liberté dont

jouit un pays dans ses relations avec l’étranger n’est pas

un don gratuit du ciel ou de puissances de la terre, mais

ne peut jamais être que le fruit du développement de ses

forces propres. Supprimer les causes de notre

effondrement, anéantir ceux qui en tirent avantage,

voilà ce qui, seul, nous mettra à même d’engager

contre l’étranger la lutte pour notre indépendance.

On comprend maintenant pour quelles raisons notre

jeune mouvement a, dans les premiers temps, accordé à

son plan de réforme intérieure plus d’importance

qu’aux questions de politique étrangère.

Mais lorsque cette petite société insignifiante eut

agrandi et, finalement, fait éclater son premier cadre, et

que la jeune organisation prit l’importance d’une

grande association, elle se vit obligée de prendre

position à l’égard des problèmes que posait le

développement de la politique étrangère. Il lui fallait

tracer les lignes directrices qui, non seulement ne

seraient pas en contradiction avec les conceptions sur

lesquelles reposait notre système philosophique, mais,

au contraire, seraient comme une émanation de ces

conceptions mêmes.

Précisément, parce que notre peuple manque

d’éducation politique en ce qui touche nos relations

avec l’étranger, notre jeune mouvement avait le devoir

de fournir à tous les dirigeants, ainsi qu’aux masses

populaires, un plan, tracé dans ses grandes lignes, qui

leur servirait de guide pour étudier les questions de

politique étrangère ; c’était là une des premières tâches

à remplir pour rendre possible un jour la mise en

pratique des mesures préparatoires en politique

étrangère, qui permettraient à notre peuple de

reconquérir son indépendance et au Reich de recouvrer

une souveraineté effective.

Le principe fondamental et directeur que nous

devons toujours avoir devant les yeux quand nous

étudions cette question est celui-ci : la politique

étrangère elle-même n’est que le moyen de parvenir à

un but et ce but consiste exclusivement à travailler en

faveur de notre peuple. Toute question de politique

étrangère ne peut être considérée d’aucun autre point de

vue que de celui-ci : Telle solution sera-t-elle

avantageuse pour notre peuple, actuellement ou dans

l’avenir, ou lui causera-t-elle quelque dommage ?

Voilà la seule opinion préconçue qui puisse entrer

en ligne de compte lorsqu’on étudie une de ces

questions. On doit éliminer impitoyablement toutes

considérations de politique de partis, de religion,

d’humanité, bref toutes les autres considérations quelles

qu’elles soient.





***





Avant la guerre, la politique étrangère de

l’Allemagne avait pour tâche d’assurer l’alimentation

de notre peuple et de ses enfants en ce monde, en

préparant les voies qui permettraient d’atteindre ce but

et aussi de nous ménager des alliances apportant le

complément de puissance nécessaire ; la tâche est restée

la même, mais avec cette différence : avant la guerre il

s’agissait de veiller à la conservation du peuple

allemand en tenant compte de la puissance dont

disposait alors un État fort et indépendant ;

aujourd’hui, il s’agit d’abord de rendre à notre peuple

la puissance que possède un État fort et libre ; la

renaissance d’un tel État est la condition préalable et

nécessaire qu’il faut remplir pour pouvoir pratiquer

plus tard une politique étrangère efficace et capable de

conserver, développer et nourrir notre peuple.

En d’autres termes : Le but que doit poursuivre

actuellement la politique étrangère de l’Allemagne,

sera de préparer les voies où s’engagera le peuple

allemand pour reconquérir un jour son indépendance.

Pour ce faire, il ne faut jamais perdre de vue un

principe fondamental : Il n’est pas absolument

nécessaire, pour qu’on peuple puisse reconquérir son

indépendance, que le territoire de son État forme un

tout ; il suffit qu’il subsiste une dernière parcelle, si

petite soit-elle, de ce peuple et de cet État qui, jouissant

de la liberté nécessaire, puisse non seulement conserver

le dépôt de la communauté spirituelle du peuple tout

entier, mais encore préparer la lutte qui sera menée par

les armes pour reconquérir la liberté.

Quand un peuple de cent millions d’hommes

supporte en commun, pour conserver l’intégrité de son

État, le joug de l’esclavage, cela est pire que si ce

peuple et cet État avaient été démembrés, une de leurs

parties restant encore en pleine liberté. En supposant

naturellement que cette partie restât pénétrée de la

sainte mission qui lui incomberait : non seulement

proclamer, sans se lasser, que son peuple est

indissolublement uni par son esprit et sa culture, mais

aussi prendre les mesures nécessaires pour le préparer à

l’emploi des armes dont il aura à se servir pour

affranchir définitivement et réunir à nouveau les

malheureuses parties de la nation et de l’État encore

opprimées.

Il faut réfléchir en outre que, lorsqu’il est question

de reconquérir des territoires perdus par un peuple et

un État, il s’agit d’abord pour la mère-patrie de

reconquérir sa puissance politique et son

indépendance ; qu’en pareil cas, les intérêts des

territoires perdus doivent être impitoyablement

sacrifiés à la seule chose importante : reconquérir la

liberté du territoire principal. Car ce ne sont pas les

vœux des opprimés ou les protestations des nationaux

qui délivreront les fragments d’un peuple ou les

provinces d’un Reich, mais bien l’emploi de la force

par les restes, demeurés plus ou moins indépendants, de

ce qui fut autrefois la patrie commune.

Aussi, pour reconquérir les territoires perdus, la

condition préalable à remplir est de donner, par un

travail acharné, plus de force et de vigueur à ce qui

reste de l’État, ainsi qu’à l’inébranlable résolution,

sommeillant dans les cœurs, de consacrer, quand

l’heure viendra, au service de la délivrance et de l’union

de tout le peuple, la puissance récupérée par l’État.

Donc, sacrifice provisoire des intérêts des territoires

séparés de la patrie à ce qui a seul de l’importance :

conquérir, au profit de ce qui reste de l’État, une

puissance politique et une force telles qu’elles

permettent de forcer la volonté des ennemis vainqueurs

à venir à composition. Car les territoires opprimés ne

sont pas réincorporés à la patrie commune par des

protestations enflammées, mais par les coups victorieux

qu’assène le glaive.

Forger ce glaive, telle est la tâche de la politique

intérieure du gouvernement ; permettre au forgeron de

travailler en toute sécurité et de recruter des

compagnons d’armes, telle est celle de la politique

étrangère.





***





Je me suis, dans la première partie de cet ouvrage,

expliqué sur les insuffisances de la politique d’alliances

pratiquée avant la guerre. Il y avait quatre moyens

d’assurer pour l’avenir la conservation et l’alimentation

de notre peuple ; on avait choisi le quatrième et le

moins efficace. Au lieu de pratiquer une intelligente

politique territoriale en Europe, on eut recours à une

politique coloniale et commerciale. Cette politique était

d’autant plus maladroite qu’on se figurait à tort pouvoir

éviter ainsi l’obligation de s’expliquer les armes à la

main. Le résultat de cette tentative pour s’asseoir sur

toutes les chaises était facile à prévoir : on s’assit à côté

et la guerre mondiale fut la note des frais qu’eut à

acquitter finalement le Reich pour solder les dettes

contractées par sa maladroite politique étrangère.

Le meilleur moyen aurait été dès alors le troisième :

renforcer la puissance du Reich sur le continent en

s’annexant de nouveaux territoires en Europe ; par là

même, son extension par l’acquisition ultérieure de

territoires coloniaux entrait tout naturellement dans le

domaine des possibilités. Il est vrai que, pour pratiquer

une telle politique, il lui fallait contracter une alliance

avec l’Angleterre ou bien consacrer au développement

de sa puissance militaire des ressources tellement

démesurées qu’il aurait dû, pendant quarante ou

cinquante ans, complètement rejeter au second plan

toutes les dépenses de caractère culturel. Il aurait

parfaitement pu prendre cette responsabilité.

L’importance culturelle d’une nation est presque

toujours fonction de son indépendance politique, celle-

ci est donc la condition nécessaire pour que celle-là

puisse exister ou même pour qu’elle puisse naître.

Aussi n’y a-t-il pas de sacrifice qui soit trop lourd

quand il s’agit d’assurer la liberté politique d’une

nation. Ce que l’on déduit du budget des dépenses de

caractère culturel, au profit d’un développement

excessif des forces militaires de l’État, pourra être plus

tard récupéré avec usure. On peut même dire que, après

qu’un État a concentré tous ses efforts sur un seul

point : maintenir son indépendance, il se produit

d’ordinaire une certaine détente, une sorte de nouvel

équilibre en vertu duquel les dons culturels du peuple

jusque-là négligés s’épanouissent d’une façon

surprenante. La floraison du siècle de Périclès succéda

aux misères causées par les guerres contre les Perses, et

la république romaine se consacra à la culture d’une

civilisation supérieure quand elle fut libérée des

inquiétudes que lui avaient inspirées les guerres

puniques.

Il est vrai qu’on ne peut attendre d’une majorité de

crétins et de propres-à-rien parlementaires l’esprit de

décision nécessaire pour subordonner impitoyablement

tous les autres intérêts d’un peuple à une seule tâche :

préparer une future passe d’armes devant assurer plus

tard l’existence de l’État. Tout sacrifier à la préparation

de cette passe d’armes, le père d’un Frédéric le Grand

en était capable, mais les pères de notre absurde

parlementarisme démocratique de fabrication juive ne

le peuvent pas.

C’est déjà pourquoi la préparation militaire,

permettant la conquête en Europe de nouveaux

territoires, ne fut, dans la période précédant la guerre,

que très médiocre, de sorte qu’on ne pouvait que

difficilement se passer du concours d’alliés

judicieusement choisis.

Comme on ne voulait pas se donner la peine de

préparer systématiquement la guerre, on renonça à

acquérir des territoires en Europe et l’on sacrifia, en

pratiquant, en échange, une politique coloniale et

commerciale, l’alliance qu’on aurait, sans cela, pu

conclure avec l’Angleterre, mais sans s’appuyer,

comme il aurait été logique, sur la Russie ; de faux-pas

en faux-pas, on aboutit à la guerre mondiale où

l’Allemagne entra abandonnée de tous sauf des

Habsbourg, ce fléau héréditaire.





***





Il faut dire, pour caractériser notre politique

étrangère actuelle, qu’elle n’a pas de ligne de conduite

visible ou même compréhensible. Si on s’était, avant la

guerre, engagé à faux sur la quatrième voie, où l’on

n’avait d’ailleurs fait que peu de progrès, il est

impossible à l’œil le plus exercé de découvrir celle

qu’on suit depuis la révolution. Plus encore qu’avant la

guerre, tout système raisonné fait défaut, à moins qu’on

ne donne ce nom aux tentatives faites pour enlever à

notre peuple la dernière possibilité de relèvement.

Si l’on examine froidement la situation dans laquelle

se trouvent aujourd’hui les peuples de l’Europe en ce

qui concerne leur puissance respective, on arrive au

résultat suivant :

Depuis trois cents ans, l’histoire de notre continent a

été dominée par les visées politiques de l’Angleterre ;

par l’équilibre des forces qu’elle obtenait, en opposant

les unes aux autres les différentes puissances

européennes, elle assurait indirectement ses derrières et

pouvait, en toute sûreté, atteindre les buts poursuivis

par la politique mondiale de la diplomatie britannique.

La tendance traditionnelle de cette diplomatie, qui

n’a en Allemagne d’autre équivalent que les traditions

de l’armée prussienne, était, depuis le règne de la reine

Elisabeth, vouée à la poursuite systématique d’un seul

but : empêcher par tous les moyens une grande

puissance du continent de s’élever au-dessus du niveau

moyen des grandes puissances et, si elle y parvenait, la

briser par les armes. Les moyens de force que

l’Angleterre avait coutume d’employer en pareil cas

variaient suivant la situation donnée ou la tâche à

accomplir ; mais la résolution et la force de volonté

mises en œuvre étaient toujours les mêmes. Oui ! plus

la position de l’Angleterre devint difficile au cours des

temps, plus le gouvernement de l’empire britannique

jugea nécessaire de maintenir un état de choses où les

différents États européens, en rivalisant entre eux de

puissance, se paralysaient réciproquement. Quand les

colonies anglaises de l’Amérique du Nord se séparèrent

de la mère-patrie, celle-ci dut redoubler d’efforts pour

couvrir complètement ses derrières du côté de l’Europe.

C’est ainsi que, lorsque l’Espagne et la Hollande eurent

été anéanties comme grandes puissances maritimes,

l’État anglais concentra toutes ses forces contre les

visées dominatrices de la France, jusqu’à ce qu’enfin la

chute de Napoléon Ier eut fait disparaître le danger que

présentait pour l’Angleterre l’hégémonie d’une

puissance militaire qu’elle redoutait particulièrement.

L’évolution qu’accomplit la politique britannique à

l’égard de l’Allemagne fut très lente, non seulement

parce que cette dernière, par suite du défaut d’unité

nationale des peuples allemands, ne présentait pas de

danger pour l’Angleterre, mais encore parce que

l’opinion publique anglaise, tournée par une longue

propagande vers le but défini qu’avait jusqu’alors

poursuivi son État, ne pouvait être que peu à peu

orientée dans un autre sens. Le froid calcul de l’homme

d’État doit parfois, pour se réaliser, faire appel au

sentiment, moteur qui est plus puissant quand il faut

agir et qui résiste mieux à l’usure du temps. L’homme

d’État peut, après avoir réalisé un de ses plans, tourner

son activité d’esprit vers d’autres projets, mais il faut un

lent travail de propagande pour rendre la sensibilité des

masses accessible aux nouvelles vues du chef.

L’Angleterre avait arrêté sa nouvelle position dès

1870-1871. Malheureusement, l’Allemagne ne sut pas

tirer parti des oscillations qu’éprouva parfois la

politique anglaise, par suite de l’importance que prit

l’Amérique au point de vue économique et de l’activité

que déploya la Russie pour augmenter sa puissance, si

bien que les tendances qui prévalaient déjà dans la

politique de l’Angleterre s’en trouvèrent renforcées.

L’Angleterre voyait dans l’Allemagne une puissance

dont l’importance au point de vue commercial et, par

suite, dans la politique mondiale, fondée surtout sur sa

gigantesque industrialisation, prenait des proportions si

menaçantes que les forces des deux États se balançaient

déjà dans les mêmes domaines. La conquête

« économique et pacifique » du monde, qui était, aux

yeux de ceux qui nous dirigeaient alors, le summum de

la suprême sagesse, fut ce qui détermina la politique

anglaise à organiser la résistance. Cette résistance se

manifesta sous la forme d’une attaque de grande

envergure et minutieusement préparée, méthode

répondant parfaitement à l’esprit d’une politique qui ne

visait pas à maintenir une paix mondiale douteuse, mais

à consolider l’hégémonie britannique dans le monde.

L’Angleterre prit comme alliés tous les États qui

présentaient des garanties au point de vue militaire,

parce que sa prudence traditionnelle appréciait à leur

juste valeur les forces de son adversaire et qu’elle se

rendait compte de l’état de faiblesse où elle se trouvait

alors. On ne peut lui reprocher d’avoir agi « sans

scrupules », car une aussi vaste préparation d’une

guerre ne doit pas être jugée du point de vue héroïque,

mais du point de vue de l’utilité. La diplomatie doit être

pratiquée de telle sorte qu’un peuple ne soit pas

conduit par son héroïsme à sa perte ; elle doit veiller

efficacement à sa conservation. Pour parvenir à ce

résultat, tout moyen est légitime et ne pas y avoir

recours doit être considéré comme un criminel oubli du

devoir.

La révolution allemande délivra la politique anglaise

des inquiétudes que lui avait causées la menace d’une

hégémonie germanique s’étendant sur le monde entier.

L’Angleterre n’avait donc plus d’intérêt à voir

l’Allemagne complètement effacée de la carte

d’Europe. Au contraire, l’épouvantable effondrement

qui se produisit pendant les journées de novembre

1918, plaça la diplomatie anglaise en face d’une

situation nouvelle qu’elle n’avait pas d’abord cru

possible.

L’empire britannique avait lutté pendant quatre ans

et demi les armes à la main pour anéantir la prétendue

prépondérance d’une puissance continentale. Un

écroulement subit semblait faire disparaître cette

puissance de la surface du globe. L’Allemagne

manifestait une telle absence de l’instinct de

conservation le plus élémentaire que des événements

qui s’étaient déroulés en moins de vingt-quatre heures,

semblaient avoir bouleversé tout l’équilibre européen :

l’Allemagne était anéantie et la France devenait la

première puissance continentale de l’Europe.

La propagande intense qui avait, pendant la guerre,

donné au peuple anglais la force de tenir, qui lui avait

inspiré une haine démesurée à l’égard des Allemands,

qui avait soulevé tous ses instincts primitifs et toutes

ses passions, allait maintenant peser comme une masse

de plomb sur les décisions des hommes d’État

britanniques. Le but que l’Angleterre avait poursuivi en

faisant la guerre était atteint, puisque l’Allemagne ne

pouvait plus pratiquer de politique coloniale,

économique et commerciale ; tout ce qui dépassait ce

but lésait les intérêts anglais. La disparition de

l’Allemagne comme grande puissance de l’Europe

continentale ne pouvait que profiter aux ennemis de

l’Angleterre. Pourtant la diplomatie anglaise ne put pas

exécuter son changement de front pendant les journées

de novembre 1918 et jusqu’à la fin de l’été de 1919,

parce qu’elle avait, pendant cette longue guerre, fait

appel aux sentiments des masses avec une insistance

dont elle n’avait jamais encore donné d’exemple. Elle

ne le pouvait pas, étant données les dispositions de son

propre peuple, elle ne le pouvait pas non plus par suite

de la disproportion des forces militaires en présence. La

France s’était attribué la conduite des négociations et

pouvait imposer sa loi à ses alliés. La seule puissance

qui aurait pu, pendant ces mois de négociations et de

marchandages, modifier cet état de choses, l’Allemagne

elle-même, était en proie aux convulsions de la guerre

civile et ne cessait de proclamer, par la bouche de ses

prétendus hommes d’État, qu’elle était prête à accepter

tout ce qu’on lui imposerait.

Quand, dans les relations internationales, un peuple

cesse, par suite de son manque absolu d’instinct de

conservation, de pouvoir être un allié « actif », il tombe

au rang de peuple esclave et son pays éprouve le sort

réservé à une colonie.

Pour éviter que la puissance de la France ne

devienne trop prépondérante, l’Angleterre n’avait plus

à sa disposition qu’une seule façon d’agir : s’associer à

ses brigandages.

En fait, l’Angleterre n’a pas atteint le but qu’elle

avait en vue en faisant la guerre. Celle-ci n’a pas

écarté le danger que présentait pour l’équilibre des

forces sur le continent la prédominance acquise par un

État européen, elle ne l’a rendu que plus menaçant.

L’Allemagne, au point de vue militaire, était, en

1914, coincée entre deux pays dont l’un disposait de

forces équivalentes et l’autre de forces très supérieures.

À cela s’ajoutait la supériorité maritime de l’Angleterre.

La France et la Russie, seules, étaient des obstacles

suffisants pour empêcher tout accroissement excessif de

la grandeur allemande. La situation géographique du

Reich, extrêmement défavorable au point de vue

militaire, pouvait être, en outre, considérée comme un

coefficient de sécurité garantissant contre toute

augmentation importante de la puissance de ce pays. La

configuration des côtes était, au point de vue militaire,

défavorable en cas de lutte contre l’Angleterre ; si la

région maritime était peu étendue et resserrée, les

frontières terrestres étaient, par contre, beaucoup trop

vastes et ouvertes.

La situation de la France est aujourd’hui toute

différente : comme puissance militaire, elle est la

première et n’a pas sur le continent un seul rival

sérieux ; elle est en sûreté au sud derrière les frontières

qui la protègent contre l’Espagne et l’Italie ;

l’impuissance de notre patrie lui assure la sécurité du

côté de l’Allemagne ; sur une longue étendue de ses

côtes, elle est campée en face des centres vitaux de

l’empire britannique. Non seulement ceux-ci présentent

des buts faciles aux avions et aux canons à longue

portée, mais les voies de communication du commerce

anglais seraient exposées sans défense aux attaques des

sous-marins. Une guerre sous-marine, s’appuyant sur la

longue côte de l’Atlantique et sur les rivages étendus

que la France possède le long de la Méditerranée en

Europe et dans l’Afrique du nord, aurait des

conséquences désastreuses pour l’Angleterre.

Ainsi le fruit qu’elle a tiré politiquement de la lutte

menée contre l’accroissement de puissance de

l’Allemagne a été d’établir l’hégémonie de la France

sur le continent ; les résultats, au point de vue militaire,

ont été les suivants : l’Angleterre a fortement établi la

France comme première puissance sur terre et a dû

reconnaître l’Union américaine pour son égale sur

mer. Au point de vue économique, elle a cédé à ses

anciens alliés des territoires où elle avait des intérêts

de première importance.

De même que la politique traditionnelle de

l’Angleterre vise à balkaniser l’Europe dans une

certaine mesure, celle de la France en veut faire autant à

l’égard de l’Allemagne.

Ce que souhaitera toujours l’Angleterre, c’est

d’empêcher qu’une puissance continentale quelconque

accroisse ses forces au point de pouvoir jouer un rôle

important dans la politique mondiale ; elle veut donc

maintenir un certain équilibre entre les forces dont

disposent les États européens ; car c’est là une des

conditions primordiales mises à l’hégémonie de

l’Angleterre dans le monde entier.

Ce que souhaitera toujours la France, c’est

d’empêcher que l’Allemagne ne forme une puissance

homogène ; c’est le maintien d’une fédération de petits

États allemands dont les forces s’équilibrent et qui ne

soient pas soumis à une autorité centrale ; c’est enfin

d’occuper la rive gauche du Rhin : toutes conditions

nécessaires pour qu’elle puisse établir et assurer son

hégémonie en Europe.

Le but dernier de la diplomatie française sera

éternellement en opposition avec les tendances

fondamentales de la diplomatie anglaise.





***





Quand on examine, en tenant compte des

considérations que nous venons d’exposer, les

possibilités d’alliances que l’époque actuelle offre à

l’Allemagne, on est vite convaincu que tout ce que nous

pouvons faire pratiquement, en fait d’alliance, est de

nous rapprocher de l’Angleterre. Bien que les

conséquences de la politique de guerre suivie par elle

aient été, et soient restées, néfastes pour l’Allemagne,

on ne doit pas se refuser à constater que l’Angleterre

n’a plus aujourd’hui aucun intérêt pressant à ce que

l’Allemagne soit anéantie et que, au contraire, l’objectif

de la diplomatie anglaise doit être de plus en plus, à

mesure que les années s’écoulent, de mettre un frein à

l’instinct d’impérialisme démesuré dont est animée la

France. Seulement, on ne fait pas une politique

d’alliance en s’attardant aux froissements passés ; elle

n’est féconde que si l’on profite des leçons données par

l’histoire. L’expérience devrait nous avoir appris que

les alliances nouées pour la poursuite de buts négatifs

souffrent de faiblesse congénitale. Les destinées de

deux peuples ne sont solidement soudées que lorsqu’ils

ont en vue un succès commun, sous la forme

d’acquisitions, de conquêtes communes, bref, d’un

accroissement de puissance dont profitera chacun

d’eux.

L’inexpérience de notre peuple en fait de politique

étrangère transparaît de la façon la plus claire dans les

nouvelles de presse quotidiennes, qui parlent de la

sympathie plus ou moins grande que tel ou tel homme

d’État étranger a manifesté pour l’Allemagne, et qui

voient, dans les dispositions que l’on suppose à ces

personnages à l’égard de notre peuple, la garantie

particulière d’une politique favorable à nos intérêts.

Raisonner ainsi, c’est commettre une incroyable

absurdité, c’est spéculer sur la sottise sans pareille dont

fait preuve le petit bourgeois allemand du type courant

quand il parle politique. Il n’y a pas d’homme d’État

anglais, américain ou italien, qui ait jamais pris position

comme « germanophile ». Tout homme d’État anglais

est naturellement en premier lieu Anglais, tout

Américain est d’abord Américain et l’on ne trouvera

pas d’Italien qui soit prêt à faire une autre politique

qu’une politique italianophile. Celui donc qui prétend

édifier des alliances sur les dispositions germanophiles

des hommes d’État influents de telle ou telle nation

étrangère, est un âne ou un menteur. La condition

nécessaire pour que les destinées de deux peuples

s’enchaînent l’une à l’autre n’est pas une estime ou une

sympathie réciproque, mais bien la perspective des

avantages que tirera de l’association chacun des

contractants. C’est-à-dire qu’un homme d’État anglais,

par exemple, pourra pratiquer une politique

constamment anglophile et jamais germanophile, mais

que des intérêts déterminés de cette politique

anglophile pourront, pour les motifs les plus divers,

concorder avec les intérêts germanophiles. Ce ne pourra

naturellement être le cas que dans une certaine mesure

et la situation pourra un jour se trouver complètement

renversée ; mais l’art d’un homme d’État dirigeant

consiste précisément à trouver, quand il s’agit, à une

certaine époque, de réaliser une opération nécessaire,

les partenaires qui doivent user des mêmes moyens

pour défendre leurs propres intérêts.

L’application pratique de ce principe doit être

déduite, pour le temps présent, de la réponse qu’on

devra faire aux questions suivantes. Quels États n’ont

actuellement aucun intérêt vital à ce qu’une Europe

centrale allemande soit complètement mise hors de

cause pour permettre à la France d’exercer,

économiquement et militairement, une hégémonie

incontestée ? Et quels sont les États qui, étant données

leurs propres conditions d’existence et l’orientation

traditionnelle de leur politique, verraient, dans le

développement d’une telle situation, une menace pour

leur propre avenir ?

Car il faut qu’on se rende enfin clairement compte

de ce fait : l’ennemi mortel, l’ennemi impitoyable du

peuple Allemand est et reste la France. Peu importe qui

a gouverné ou gouvernera la France ; que ce soient les

Bourbons ou les Jacobins, les Napoléons ou les

démocrates bourgeois, les républicains cléricaux ou les

bolchévistes rouges : le but final de leur politique

étrangère sera toujours de s’emparer de la frontière du

Rhin et de consolider la position de la France sur ce

fleuve, en faisant tous leurs efforts pour que

l’Allemagne reste désunie et morcelée.

L’Angleterre désire que l’Allemagne ne soit pas une

puissance mondiale ; la France ne veut pas qu’il existe

une puissance qui s’appelle l’Allemagne ; la différence

est considérable ! Mais, aujourd’hui, nous ne luttons

pas pour reconquérir la situation de puissance

mondiale ; nous avons à combattre pour l’existence de

notre patrie, pour l’unité de notre nation et pour le pain

quotidien de nos enfants. Si, tirant la conclusion de ces

prémisses, nous passons en revue les alliés que peut

nous offrir l’Europe, il ne reste que deux États :

l’Angleterre et l’Italie.

L’Angleterre ne désire pas avoir en face d’elle une

France, dont le poing armé, que le reste de l’Europe

n’est pas capable de repousser, pourrait défendre une

politique de nature à contrarier un jour ou l’autre les

intérêts anglais. L’Angleterre ne peut jamais désirer

avoir affaire à une France que la possession des riches

mines de fer et de charbon de l’Europe occidentale

mettrait à même de jouer dans l’économie mondiale un

rôle dangereux pour elle. Et l’Angleterre ne peut pas

non plus souhaiter que la France jouisse dans la

politique du continent, grâce au morcellement du reste

de l’Europe, d’une situation si sûre qu’il lui soit

possible, ou même qu’elle se voie contrainte, de

reprendre avec plus d’activité et d’ambition la politique

mondiale qui est une des traditions de la diplomatie

française. Les bombes de Zeppelin d’autrefois

pourraient se multiplier chaque nuit ; la suprématie

militaire de la France pèse lourdement sur ce qui forme

le cœur de l’empire mondial gouverné par la Grande-

Bretagne.

L’Italie non plus ne peut pas désirer que la situation

prépondérante, occupée par la France en Europe, soit

encore renforcée. L’avenir de l’Italie dépend d’un

développement territorial dont les éléments sont

groupés autour du bassin méditerranéen. Ce qui a

poussé l’Italie à la guerre, ce n’était certainement pas

l’envie de travailler à la grandeur de la France, mais

l’intention de porter le coup mortel au rival exécré

qu’elle avait dans l’Adriatique. Toute augmentation

nouvelle de la puissance française sur le continent est,

pour l’avenir, un obstacle contre lequel l’Italie pourra

se heurter ; aussi ne faut-il jamais se figurer que la

parenté de race peut supprimer toute rivalité entre deux

peuples.

L’examen le plus réaliste et le plus froid de la

situation européenne montre que ces deux États :

l’Angleterre et l’Italie, sont, en première ligne, ceux

dont les intérêts particuliers les plus naturels ne sont

pas, ou sont en dernière analyse le moins lésés, par les

conditions nécessaires à l’existence d’une nation

allemande, et que ces intérêts concordent même jusqu’à

un certain point avec cette existence.





***





Nous devons, il est vrai, quand nous jugeons des

possibilités de ces alliances, ne pas perdre de vue trois

facteurs. Le premier nous concerne, les deux autres

concernent les États en question.

Peut-on, en principe, contracter alliance avec

l’Allemagne actuelle ? Une puissance qui cherche dans

une alliance une aide pour exécuter un plan offensif,

peut-elle s’allier à un État dont les gouvernements ont,

depuis des années, donné l’image de la plus lamentable

incapacité, de la lâcheté pacifiste et chez lequel la

grande majorité de la nation, aveuglée par les doctrines

démocratiques et marxistes, trahit son propre peuple et

son propre pays de la façon la plus révoltante ? Est-ce

qu’une puissance quelconque peut espérer actuellement

établir des rapports avantageux pour elle avec un État,

dans la conviction qu’elle pourra un jour combattre en

commun avec lui pour défendre des intérêts communs,

lorsque cet État n’a visiblement ni le courage ni l’envie

de lever même un doigt pour défendre sa propre vie, sa

simple existence ? Est-ce qu’une puissance quelconque,

pour laquelle un traité d’alliance est, et doit être,

quelque chose de plus qu’un contrat de garantie visant

au maintien d’un état de lent dépérissement, comme le

fut l’ancienne et désastreuse Triplice, contractera une

alliance, valable pour la bonne et la mauvaise fortune,

avec un État dont les manifestations les plus

caractéristiques sont une servilité rampante à l’égard de

l’étranger et, à l’intérieur, l’étouffement ignominieux

des vertus nationales ; avec un État qui n’a plus, par la

faute de toute sa conduite, rien de grand ; avec des

gouvernements qui ne peuvent se vanter de jouir de la

moindre estime auprès de leurs concitoyens, de sorte

qu’il est impossible aux étrangers d’avoir une grande

admiration pour eux ?

Non ! une puissance qui tient à sa réputation et qui

cherche dans une alliance quelque chose de plus que

des subsides pour des parlementaires affamés de butin,

ne s’alliera pas avec l’Allemagne d’aujourd’hui, et

même elle ne le peut pas. Notre incapacité actuelle à

conclure des alliances est la raison profonde et

dernière de la solidarité existant entre les brigands nos

ennemis. Comme l’Allemagne ne se défend jamais que

par quelques « protestations » enflammées de nos

parlementaires d’élite, comme le reste du monde n’a

pas de raison pour combattre pour notre défense,

comme le bon Dieu a pour principe de ne pas affranchir

les peuples sans courage, même les peuples qui n’ont

aucun intérêt direct à notre complet anéantissement

n’ont rien d’autre à faire que de prendre part aux raids

de brigandage des Français, quand ce ne serait que pour

empêcher, en s’associant et en participant au pillage,

que la France ne continue seule à accroître ses forces.

En second lieu, il ne faut pas méconnaître les

difficultés qu’on éprouverait dans les pays qui ont été

jusqu’à présent nos ennemis, si l’on entreprenait de

changer les dispositions dans lesquelles se trouvent à

notre égard les couches profondes de peuples, qui ont

subi l’influence d’une propagande atteignant les

masses. On ne peut pas présenter pendant des années un

peuple comme un ramassis de « Huns », de

« brigands », de « Vandales », etc., et puis, du jour au

lendemain, découvrir qu’il est tout le contraire et

recommander comme allié de demain l’ancien ennemi.

Il faut encore faire plus attention à un troisième fait

dont l’importance est encore plus grande pour la

tournure que prendront les futures alliances en Europe.

Si le maintien de l’Allemagne, dans son état actuel

d’impuissance, n’a que très peu d’intérêt pour la

politique anglaise, il en a un très grand pour la finance

juive internationale. La politique anglaise officielle ou,

pour mieux dire, traditionnelle et les puissances

boursières soumises complètement à l’influence juive

poursuivent des buts opposés ; c’est ce que prouvent,

avec une particulière évidence, les positions différentes

que prennent l’une et les autres sur les questions qui

touchent à la politique étrangère de l’Angleterre. La

finance juive désire, contrairement aux intérêts réels de

l’État anglais, non seulement que l’Allemagne soit

radicalement ruinée économiquement, mais encore

qu’elle soit, politiquement, réduite complètement en

esclavage. En effet, l’internationalisation de notre

économie allemande, c’est-à-dire la prise de possession

par la finance mondiale juive des forces productrices de

l’Allemagne, ne peut être effectuée complètement que

dans un État politiquement bolchévisé. Mais pour que

les troupes marxistes qui mènent le combat au profit du

capital juif international, puissent définitivement casser

les reins à l’État national allemand, elles ont besoin

d’un concours amical venu du dehors. Aussi les armées

de la France doivent donner des coups de boutoir à

l’État allemand jusqu’à ce que le Reich, ébranlé dans

ses fondations, succombe aux attaques des troupes

bolchévistes au service de la finance juive

internationale.

C’est ainsi que le juif est celui qui pousse le plus

ardemment aujourd’hui à la destruction radicale de

l’Allemagne. Tout ce qui, dans le monde entier,

s’imprime contre l’Allemagne est écrit par des Juifs, de

même que, en temps de paix et pendant la guerre, la

presse des boursiers juifs et des marxistes a attisé

systématiquement la haine contre l’Allemagne jusqu’à

ce que les États aient, les uns après les autres, renoncé

à la neutralité et, sacrifiant les vrais intérêts des

peuples, soient entrés dans la coalition mondiale qui

nous faisait la guerre.

Le raisonnement que tiennent les Juifs est évident.

La bolchévisation de l’Allemagne, c’est-à-dire la

destruction radicale de la conscience nationale

populaire allemande, rendant possible l’exploitation de

la force productrice allemande soumise au joug de la

finance juive internationale, n’est que le prélude de

l’extension toujours plus grande que prendra la

conquête du monde entier rêvée par les Juifs. Ainsi que

le cas s’est si souvent produit dans l’histoire,

l’Allemagne doit être le pivot sur lequel portera cette

lutte gigantesque. Si notre peuple et notre État sont les

victimes de ces tyrans des peuples que sont les Juifs

altérés de sang et avides d’argent, toute la terre sera

prise dans les tentacules de ces hydres ; mais si

l’Allemagne échappe à leur enlacement, on pourra

considérer que le plus grand danger qu’aient jamais

couru tous les peuples ne menace plus le monde entier.

S’il est sûr que la juiverie a mis en œuvre toutes ses

menées souterraines non seulement pour entretenir

l’hostilité que les nations témoignent à l’Allemagne,

mais aussi pour l’exacerber autant que possible, il est

non moins sûr que cette activité ne concorde que très

partiellement avec les vrais intérêts des peuples qu’elle

empoisonne. En général, la juiverie n’emploie auprès

de chacun des peuples visés par sa propagande que les

arguments propres à avoir le plus d’effet sur l’esprit de

la nation travaillée par ses émissaires et dont elle

connaît parfaitement les façons de voir, ceux dont elle

peut se promettre le plus de succès. Auprès de notre

peuple dont le sang est extraordinairement adultéré, la

juiverie se sert, pour mener le combat dont elle attend la

puissance, des idées plus ou moins « cosmopolites »,

inspirées par l’idéologie pacifiste et qui sont nées dans

son cerveau, bref elle se réclame des tendances

internationales ; en France, elle tire parti du

chauvinisme dont elle a reconnu l’existence et dont elle

sait apprécier très exactement la puissance ; en

Angleterre, elle met en jeu les intérêts économiques et

les considérations de politique mondiale ; bref, elle tire

toujours profit de ce qui caractérise essentiellement la

tournure d’esprit d’un peuple donné. C’est seulement

lorsqu’elle a, par ces divers moyens, conquis une

influence décisive sur l’économie et sur la politique

qu’elle se libère des liens qu’imposaient à sa

propagande ces arguments fictifs et qu’elle dévoile en

partie ses buts cachés, ce qu’elle veut et ce pourquoi

elle combat. Elle n’en procède qu’avec plus de rapidité

à son œuvre de destruction, jusqu’à ce qu’elle ait

transformé successivement tous les États en un champ

de ruines sur lequel doit régner l’autorité souveraine de

l’empire juif éternel.

En Angleterre comme en Italie, le désaccord

existant entre les conceptions d’une politique excellente

enracinée dans le sol et les projets des financiers juifs

internationaux est évident, et saute parfois brutalement

aux yeux.

C’est uniquement en France que l’on remarque

aujourd’hui un accord secret, plus parfait qu’il n’a

jamais été, entre les intentions des boursiers, intentions

dont les Juifs sont les représentants, et les vœux d’une

politique nationale inspirée par le chauvinisme. Et c’est

précisément cette identité de vues qui constitue un

immense danger pour l’Allemagne. C’est pour cette

raison que la France est, et reste, l’ennemi que nous

avons le plus à craindre. Ce peuple, qui tombe de plus

en plus au niveau des nègres, met sourdement en

danger, par l’appui qu’il prête aux Juifs pour atteindre

leur but de domination universelle, l’existence de la

race blanche en Europe. Car la contamination

provoquée par l’afflux de sang nègre sur le Rhin, au

cœur de l’Europe, répond aussi bien à la soif de

vengeance sadique et perverse de cet ennemi héréditaire

de notre peuple qu’au froid calcul du Juif, qui y voit le

moyen de commencer le métissage du continent

européen en son centre et, en infectant la race blanche

avec le sang d’une basse humanité, de poser les

fondations de sa propre domination.

Le rôle que la France, aiguillonnée par sa soif de

vengeance et systématiquement guidée par les Juifs,

joue aujourd’hui en Europe, est un péché contre

l’existence de l’humanité blanche et déchaînera un jour

contre ce peuple tous les esprits vengeurs d’une

génération qui aura reconnu dans la pollution des

races le péché héréditaire de l’humanité.

En ce qui concerne l’Allemagne, le danger que la

France constitue pour elle lui impose le devoir de

rejeter au second plan toutes les raisons de sentiment et

de tendre la main à celui qui, étant aussi menacé que

nous, ne veut ni souffrir ni supporter les visées

dominatrices de la France.

En Europe, il n’y a, pour tout l’avenir que nous

pouvons embrasser du regard, que deux alliés possibles

pour l’Allemagne : l’Angleterre et l’Italie.





***





Si l’on prend la peine de jeter aujourd’hui un regard

en arrière sur la façon dont a été conduite la politique

de l’Allemagne depuis la révolution, on ne peut faire

autrement, en présence de la maladresse continuelle et

incompréhensible de nos gouvernements, que de se

prendre la tête entre les mains et de s’abandonner

simplement au désespoir, ou bien, soulevé par une

ardente indignation, de partir en guerre contre un pareil

régime. Ses actes n’ont jamais rien eu d’inconscient,

car, ce qui pourrait paraître inimaginable à tout cerveau

capable de penser, nos borgnes intellectuels de

novembre sont arrivés à le faire : ils ont recherché

humblement la faveur de la France. Oui ! pendant

toutes ces dernières années, on a, avec l’attendrissante

niaiserie d’incorrigibles rêveurs, continuellement tenté

de devenir bons amis avec la France, on faisait sans

cesse des courbettes devant la « grande nation » et, dans

chaque truc perfide du bourreau français, on croyait

tout de suite voir les premiers symptômes d’un

changement de dispositions. Ceux qui dirigeaient notre

politique dans la coulisse n’ont naturellement jamais

partagé cette opinion erronée et insane. Pour eux, la

bonne entente avec la France était le moyen naturel de

saboter toute politique d’alliances efficace. Ils

n’avaient jamais eu de doute sur les buts poursuivis par

la France et par ceux qui étaient derrière elle. Ce qui les

forçait à agir comme s’ils avaient cru sincèrement que

le destin de l’Allemagne pouvait éprouver un

changement, c’est qu’ils se rendaient compte

froidement qu’au cas contraire, notre peuple se serait

vraisemblablement engagé sur une autre voie.

Il nous sera naturellement très difficile de faire

entrer l’Angleterre comme alliée future dans les rangs

de nos partisans. Notre presse juive a toujours su

concentrer la haine de notre peuple sur l’Angleterre et

plus d’un serin d’Allemand s’est pris, avec la meilleur

volonté, aux gluaux tendus par le Juif : on a parlé à tort

et à travers de la « renaissance » de la puissance

maritime allemande, protesté contre le vol de nos

colonies, demandé qu’elles soient reconquises ; tous ces

propos fournissaient les matériaux que la canaille juive

faisait parvenir à ses congénères anglais et dont

s’alimentait une propagande efficace. Nos bourgeois

niais qui se mêlent de politique commencent à

comprendre vaguement que nous n’avons pas

aujourd’hui à lutter pour que l’Allemagne devienne

« forte sur mer », etc. Diriger les forces de la nation

allemande vers cet objectif, avant d’avoir solidement

assuré notre situation en Europe, était déjà une folie

avant la guerre. Aujourd’hui, un pareil projet doit être

mis au nombre de ces sottises qui, en politique,

s’appellent des crimes.

Il y avait vraiment parfois de quoi désespérer quand

on voyait avec quel art les Juifs qui tiraient les ficelles

savaient amuser notre peuple de questions tout à fait

secondaires, provoquaient des manifestations et des

protestations, pendant qu’au même moment la France

prélevait de nouveaux morceaux de chair sur le corps

de notre peuple et minait systématiquement les bases de

notre indépendance.

Je dois, à ce propos, parler particulièrement d’un

dada que le Juif sut, pendant ces années-là, chevaucher

avec une extraordinaire maîtrise : le Tyrol du Sud.

Parfaitement, le Tyrol du Sud. Si je m’occupe ici de

cette question, je me réserve le droit d’y revenir encore,

car il faudra régler le compte de cette bande de

menteurs qui, spéculant sur le manque de mémoire et la

sottise des masses de chez nous, se permet de feindre

une indignation patriotique plus étrangère à ces

imposteurs parlementaires que ne l’est à une pie la

notion du respect dû à la propriété d’autrui.

J’insiste sur ce point que j’ai personnellement fait

partie des gens qui, lorsque le sort du Tyrol du Sud se

décidait – c’est-à-dire depuis août 1914 jusqu’à

novembre 1918 – se sont placés là où cette contrée

pouvait, elle aussi, être efficacement défendue : dans les

rangs de l’armée. J’ai, pendant ces années-là, combattu

dans la mesure de mes forces, non pas pour empêcher

que le Tyrol du Sud ne fût perdu, mais afin que la patrie

le conservât au même titre que n’importe quel autre

pays allemand.

Ceux qui n’ont pas pris alors part au combat, ce

furent les escarpes parlementaires, toute cette canaille

faisant une politique de parti. Au contraire, pendant que

nous combattions avec la conviction que, seule, une

issue victorieuse de la guerre permettrait au peuple

allemand de conserver aussi le Tyrol du Sud, ces

traîtres compromettaient la victoire par leurs

clabauderies et leurs appels à la révolte, si bien qu’enfin

Siegfried succomba, poignardé dans le dos pendant

qu’il combattait. Car ce n’étaient naturellement pas les

discours incendiaires et hypocrites prononcés par

d’élégants parlementaires sur la place de l’Hôtel-de-

Ville à Vienne ou devant la Feldherrnhalle à Munich,

qui pouvaient assurer à l’Allemagne la possession du

Tyrol du Sud, mais seulement les bataillons combattant

au front. Ceux qui ont provoqué sa rupture ont trahi le

Tyrol, aussi bien que tous les autres territoires

allemands.

Ceux qui se figurent que la question du Tyrol du

Sud pourra être résolue par des protestations, des

déclarations, des défilés pacifiques d’associations, etc.,

sont ou de parfaites canailles ou des petits bourgeois

allemands.

Il faut pourtant arriver à se rendre compte que nous

ne pourrons rentrer en possession des territoires

perdus ni par des invocations solennelles adressées au

Tout-Puissant, ni par les espoirs pieux qu’on fonde sur

une Société des Nations, mais seulement par la force

des armes.

Toute la question est donc de savoir quels sont ceux

qui sont prêts à récupérer les armes à la main les

territoires perdus.

En ce qui me concerne, je puis assurer en toute

sincérité que je me sentirais encore assez de courage

pour prendre part à la reprise du Tyrol du Sud, en me

mettant à la tête d’un bataillon de choc, composé de

bavards du Parlement et d’autres chefs de partis, ainsi

que de quelques conseillers auliques. Le diable sait si je

serais heureux de voir quelques shrapnells éclater

subitement au-dessus d’une manifestation protestataire

d’un genre aussi « enflammé ». Je crois qu’un renard

s’introduisant dans un poulailler ne provoquerait pas de

caquètements plus éperdus et que la fuite des volailles

pour se mettre en sûreté ne serait pas plus rapide que la

déroute d’une aussi superbe « réunion de protestation ».

Mais ce qu’il y a de plus méprisable dans cette

affaire, c’est que ces messieurs ne croient pas eux-

mêmes que les moyens qu’ils emploient puissent

donner de résultat. Ils savent très bien, personnellement,

combien leurs parades de foire sont inefficaces et

inoffensives. Mais ils agissent ainsi parce qu’il est

naturellement plus facile aujourd’hui de bavarder au

sujet de la récupération du Tyrol du Sud qu’il ne l’était

autrefois de combattre pour le conserver. Chacun fait ce

qu’il peut ; alors nous avons versé notre sang,

aujourd’hui ces messieurs aiguisent leurs becs.

Le plus délicieux, c’est de voir comme les milieux

légitimistes viennois se dressent sur leurs ergots en

réclamant aujourd’hui le Tyrol du Sud. Il y a sept ans,

leur auguste et illustre dynastie a, par un parjure et une

trahison dignes des pires coquins, aidé la coalition

mondiale à s’emparer du Tyrol du Sud comme prix de

sa victoire. À cette époque, ces milieux ont soutenu la

politique de leur dynastie traîtresse et ils se souciaient

comme un poisson d’une pomme du Tyrol du Sud ou de

toute autre chose. Naturellement, il est plus simple

aujourd’hui de recommencer à combattre pour ce

territoire, puisque ce combat n’est livré qu’avec des

armes « spirituelles », et il est, en tous cas, plus facile

de s’enrouer à discourir dans une « réunion de

protestation », en manifestant la noble indignation qui

remplit votre cœur, et d’attraper la crampe des écrivains

en barbouillant un article de journal que d’avoir,

pendant l’occupation de la Ruhr, fait, par exemple,

sauter des ponts.

La raison pour laquelle certains milieux ont fait, ces

dernières années, de la question du Tyrol du Sud, le

pivot des rapports germano-italiens, est évidente. Juifs

et partisans des Habsbourg ont le plus grand intérêt à

contrarier la politique d’alliances de l’Allemagne, car

elle pourrait amener un jour la résurrection d’une

patrie allemande indépendante. Ce n’est pas par amour

du Tyrol qu’on joue cette comédie, qui ne lui est

d’aucun secours et lui porte même préjudice, mais par

crainte de l’entente qui pourrait s’établir entre

l’Allemagne et l’Italie.

C’est simplement par un effet du goût pour le

mensonge et la calomnie qui règne dans ces milieux,

qu’ils ont l’impudence de présenter les choses de telle

façon qu’ils nous accusent d’avoir « trahi » le Tyrol.

Il faut le dire à ces messieurs avec toute la clarté

nécessaire : le Tyrol a été trahi, premièrement par tout

Allemand qui, ayant tous ses membres, n’a pas,

pendant les années 1914-1918, servi quelque part au

front et ne s’est pas rendu utile à sa patrie ;

Secondement, par tout homme qui, pendant ces

années-là, n’a pas contribué à fortifier dans notre

peuple une capacité de résistance lui permettant de

continuer la guerre et de soutenir la lutte jusqu’au

bout ;

Troisièmement, par tout homme qui a pris part à la

révolution de novembre, soit directement par ses actes,

soit indirectement par sa lâche complaisance, et qui a

ainsi brisé l’arme qui, seule, pouvait sauver le Tyrol du

Sud ;

Et quatrièmement, par tous les partis et les membres

de ces partis qui ont apposé leur signature au bas des

honteux traités de Versailles et de Saint-Germain.

Mais oui ! voilà comment sont les choses, courageux

seigneurs, qui ne protestez que par vos discours !

Aujourd’hui, je ne me laisse guider que par une

simple considération : on ne récupère pas des

territoires perdus avec la langue bien affilée de

parlementaires braillards, mais on doit les reconquérir

avec une épée bien affilée, c’est-à-dire au prix de

combats sanglants.

Or, je n’hésite pas à déclarer que, le sort ayant

prononcé, non seulement je ne crois pas possible de

reconquérir le Tyrol du Sud par une guerre, mais

encore déconseillerais personnellement de le tenter,

dans la conviction que cette question ne peut éveiller

chez tous les Allemands l’enthousiasme patriotique

enflammé qui est la condition de la victoire. Je crois, au

contraire, que, si notre sang doit un jour couler, ce

serait un crime de le répandre pour libérer deux cent

mille Allemands, tandis que, près de nous, plus de sept

millions d’autres Allemands languissent sous la

domination étrangère (occupation de la Rhénanie) et

qu’une artère vitale du peuple allemand (le Rhin)

traverse un pays où des hordes nègres prennent leurs

ébats.

Si la nation allemande veut mettre fin à un état de

choses qui menace de la faire disparaître du sol de

l’Europe, elle ne doit pas retomber dans l’erreur

commise avant la guerre et se faire un ennemi du

monde entier ; elle doit distinguer quel est son plus

dangereux ennemi pour lui porter des coups en

concentrant toutes ses forces sur lui. Et si cette victoire

a pour condition des sacrifices faits sur d’autres points,

les futures générations de notre peuple nous les

pardonneront. Elles sauront d’autant mieux apprécier

notre affreuse détresse, nos profonds soucis et la

pénible décision prise alors, que le résultat de nos

efforts sera plus éclatant.

Nous devons aujourd’hui nous laisser guider par

cette idée maîtresse qu’un État ne peut récupérer les

territoires qu’il a perdus que lorsqu’il a d’abord

reconquis son indépendance politique et la puissance de

la mère-patrie.

Rendre possibles et assurer cette indépendance et

cette puissance par une sage politique d’alliances, telle

est la première tâche que doit remplir, en ce qui

concerne la politique étrangère, un gouvernement

énergique.

Mais nous autres nationaux-socialistes devons

particulièrement nous garder de nous mettre à la

remorque de nos patriotes en paroles, qui sont conduits

par les Juifs. Quel malheur ce serait, si notre

mouvement, lui aussi, au lieu de préparer la lutte avec

l’épée, s’exerçait à faire des protestations.

L’idée fantasque d’une alliance chevaleresque avec

le cadavre qu’on appelait l’État des Habsbourg a

entraîné la ruine de l’Allemagne. Écouter l’imagination

et le sentiment, quand on étudie les possibilités qui

s’offrent actuellement à notre politique étrangère, c’est

là le meilleur moyen d’empêcher à jamais notre

relèvement.





***





Il est nécessaire de réfuter maintenant les objections

que pourraient soulever les trois questions déjà posées,

c’est-à-dire de savoir :

Primo, si l’on pourra s’allier à l’Allemagne actuelle

dont la faiblesse est visible à tous les yeux ;

Secondo, si les nations ennemies semblent capables

d’opérer une telle conversion ;

Tertio, si l’influence de la juiverie étant donnée,

cette influence ne serait pas plus forte que l’intérêt bien

entendu et la bonne volonté des autres peuples et ne

viendrait pas contrarier et rendre vains tous les projets

d’alliances.

Je crois avoir déjà traité suffisamment l’un des deux

aspects du premier point. Il va de soi que personne ne

voudra s’allier avec l’Allemagne actuelle. Il n’y a pas

une puissance au monde qui ose enchaîner son sort à

celui d’un État dont les gouvernements ne peuvent

inspirer la moindre confiance. Quant à la tentative faite

par beaucoup de nos concitoyens qui prétendent

trouver, dans le lamentable état moral dont souffre

actuellement notre peuple, l’explication de la conduite

du gouvernement, ou même son excuse, elle doit être

repoussée de la façon la plus décisive.

Il est sûr que le manque de caractère dont témoigne

notre peuple depuis six ans est profondément triste ; son

indifférence à l’égard des plus graves intérêts de la

nation est vraiment désespérante et sa lâcheté crie

parfois vengeance au ciel. Seulement, nous ne devons

jamais oublier que le peuple en question a, il y a

quelques années, donné au monde le plus admirable

exemple des plus hautes vertus humaines. Depuis les

journées d’août 1914 jusqu’à la fin de cette gigantesque

lutte des nations, pas un peuple de la terre n’a témoigné

plus de viril courage, de constance opiniâtre et

d’abnégation que notre peuple allemand devenu

aujourd’hui si pitoyable. Personne ne voudra prétendre

que le rôle honteux, joué actuellement par notre peuple,

est l’expression des caractères spécifiques de son être

intime. Ce que nous voyons autour de nous, ce que nous

éprouvons en nous, ce sont les épouvantables

conséquences du parjure commis le 9 novembre 1918 ;

elles ont porté un trouble profond dans notre

intelligence et notre raison. Il est plus vrai que jamais le

mot du poète suivant lequel le mal ne peut engendrer à

son tour que le mal. Pourtant, même en ce moment, les

bonnes qualités fondamentales de notre peuple n’ont

pas complètement disparu ; elles sommeillent encore

dans les profondeurs de la conscience et l’on a pu voir

parfois, comme des éclairs silencieux sillonnant un ciel

drapé de noir, rayonner des vertus dont la future

Allemagne se souviendra un jour comme des premiers

symptômes d’une convalescence à son début. Plus

d’une fois se sont trouvés des milliers et des milliers de

jeunes Allemands, qui étaient résolus à sacrifier

volontairement et joyeusement, comme en 1914, leurs

tendres années sur l’autel de leur chère patrie. Des

millions d’hommes ont recommencé à travailler avec la

même application et le même zèle que s’il n’y avait

jamais eu de ruines causées par la révolution. Le

forgeron se retrouve devant son enclume, le paysan

marche derrière sa charrue et le savant est assis dans

son cabinet : tous font leur devoir avec les mêmes

efforts et le même dévouement.

L’oppression dont nous font souffrir nos ennemis,

on ne la prend plus, comme autrefois, avec des éclats de

rire, mais on en ressent amertume et colère. Il n’est pas

douteux que les dispositions ont beaucoup changé.

Si cette évolution des esprits ne se manifeste pas

encore sous la forme d’une résurrection de l’idée de

puissance politique et d’instinct de conservation, la

faute en est à ceux qui, depuis 1918, gouvernent notre

peuple pour sa perte, moins par un décret du ciel que de

leur propre autorité.

Certes, quand on plaint aujourd’hui notre nation, on

devrait pourtant se demander : Qu’a-t-on fait pour la

corriger ? Est-ce que le peu d’appui que le peuple a

donné aux décisions de nos gouvernements – qui

d’ailleurs existaient à peine – est un signe de la faible

vitalité de notre nation, ou n’est-ce pas plutôt la preuve

que la méthode employée pour conserver ce bien

précieux a complètement échoué ? Qu’ont fait nos

gouvernements pour que renaisse dans ce peuple un

esprit de fierté nationale, de virilité hautaine et de

haine, fille de la colère ?

Lorsqu’en 1919, le traité de paix fut imposé au

peuple allemand, on aurait eu le droit d’espérer que cet

instrument d’une oppression sans limites aurait éveillé

chez notre peuple allemand un violent désir de liberté.

Les traités de paix dont les exigences frappent les

peuples comme des coups de fouet agissent souvent

comme les premiers roulements de tambour annonçant

le prochain soulèvement.

Quel parti n’aurait-on pas pu tirer du traité de paix

de Versailles !

Cet instrument d’exactions sans mesure et d’un

honteux avilissement aurait pu, dans les mains d’un

gouvernement voulant s’en servir, être le moyen de

porter les passions nationales à leur plus haut degré. Si

une propagande de grand style avait su se servir des

cruautés commises avec un plaisir sadique, elle aurait

transformé l’indifférence de tout un peuple en

indignation révoltée et cette indignation se serait élevée

jusqu’à la fureur !

Comme il était facile de graver ces faits en traits de

feu dans le cerveau et dans le cœur de notre peuple pour

qu’enfin la honte éprouvée en commun et la haine

commune deviennent, chez soixante millions d’hommes

et de femmes, un torrent de flammes, une fournaise où

se serait trempée une volonté d’acier et d’où serait sorti

le cri :

Nous voulons retrouver des armes !

Certes, voilà à quoi peut servir un pareil traité de

paix. L’oppression sans mesure qu’il faisait peser sur

nous, l’impudence de ses exigences fournissaient les

armes les plus efficaces à une propagande visant à faire

sortir de leur engourdissement les esprits vitaux de

notre nation.

Mais alors il faut que tout imprimé, depuis

l’alphabet dans lequel l’enfant apprend à lire jusqu’au

dernier journal, que tout théâtre et tout cinéma, toute

colonne d’affiches et toute palissade libre soient mis au

service de cette unique et grande mission, jusqu’à ce

que l’invocation pusillanime que nos associations de

patriotes adressent aujourd’hui au ciel : « Seigneur,

rends-nous libres », se transforme dans le cerveau du

plus petit enfant en cette ardente prière : « Dieu Tout-

Puissant, bénis un jour nos armes ; sois aussi juste que

tu le fus toujours ; décide maintenant si nous méritons

la liberté ! Seigneur, bénis notre combat ! »

On a laissé passer toutes les occasions favorables et

l’on n’a rien fait.

Qui s’étonnera donc si notre peuple n’est pas ce

qu’il devrait et pourrait être ? Si le reste du monde ne

voit en nous que le bas valet, le chien soumis qui lèche

avec reconnaissance la main qui vient de le battre ?

Il est sûr que notre capacité à conclure des alliances

est compromise actuellement par la faute de notre

peuple, mais elle l’est encore plus par celle de nos

gouvernements. Si, après huit ans de l’oppression la

plus effrénée, notre peuple manifeste si peu sa volonté

d’être libre, la faute en est à la perversité de nos

gouvernements.

Pour que notre peuple puisse pratiquer une active

politique d’alliances, il est nécessaire qu’il remonte

dans l’estime des autres peuples et cette réhabilitation

dépend de l’existence, en Allemagne, d’une autorité

gouvernementale qui ne soit pas la servante très humble

des États étrangers, le chef de corvée mettant à leur

service nos propres forces ; il faut un gouvernement qui

soit le héraut de la conscience nationale.

Quand notre peuple aura un gouvernement qui verra

là sa mission, il ne se passera pas six ans avant qu’une

direction hardie donnée à la politique étrangère du

Reich ne trouve à s’appuyer sur la volonté aussi hardie

d’un peuple altéré de liberté.





***





La seconde objection, celle qui fait remarquer

combien il est difficile de transformer des peuples

ennemis en alliés cordiaux, peut être ainsi réfutée :

La psychose germanophobe générale que la

propagande de guerre a développée artificiellement

dans les autres pays existera fatalement tant que le

Reich n’aura pas, par la renaissance chez le peuple

allemand de la conscience nationale, recouvré les traits

caractéristiques d’un État qui joue sa partie sur

l’échiquier européen et avec lequel il est possible de

jouer. C’est seulement lorsque notre gouvernement et

notre peuple auront donné l’impression qu’on peut, en

toute sécurité, conclure une alliance avec eux, que l’une

ou l’autre puissance sera, si ses intérêts sont parallèles

aux nôtres, amenée à modifier son opinion publique par

l’effet d’une propagande contraire. Mais un pareil

résultat exige naturellement des années d’un travail

persévérant et habile. C’est précisément parce qu’un

long temps est nécessaire pour changer l’orientation de

l’opinion chez un autre peuple, qu’il ne faut tenter

l’entreprise qu’après mûre réflexion, c’est-à-dire quand

on sera absolument convaincu que ce travail vaut la

peine de le poursuivre et qu’il portera des fruits dans

l’avenir. On ne devra pas, en se fiant aux vaines

hâbleries d’un Ministre des affaires étrangères, plus ou

moins intelligent, entreprendre de changer les

dispositions morales d’une nation, sans avoir la garantie

tangible que les dispositions nouvelles auront une réelle

valeur. Sinon on porterait la plus complète confusion

dans l’opinion publique. Ce qui garantit de la façon la

plus sûre qu’il sera possible plus tard de conclure une

alliance avec un autre État, ce ne sont pas les propos

ampoulés de quelques ministres isolés, mais la stabilité

manifeste de tendances gouvernementales bien définies

et qui semblent favorables, et aussi une opinion

publique orientée dans le même sens. La confiance

qu’on pourra avoir dans la réalisation de ces deux

postulats sera d’autant plus fondée que l’autorité

gouvernementale s’emploiera avec plus d’activité à

préparer et à développer par sa propagande le

revirement de l’opinion publique et que, inversement,

les tendances de cette dernière se reflèteront plus

manifestement dans celles du gouvernement.

Un peuple – qui est dans notre situation – ne sera

tenu pour capable de conclure des alliances que

lorsque le gouvernement et l’opinion publique

proclameront et manifesteront par leurs actes la

volonté fanatique de combattre pour reconquérir leur

liberté. Telle est la condition préalable à remplir avant

d’entreprendre de modifier l’opinion publique dans

d’autres États qui seraient disposés, pour défendre leurs

intérêts les plus personnels, à suivre la même route que

le partenaire dont le concours leur semblerait utile, bref

à conclure une alliance.

Mais il y a encore un point à considérer : Changer

les dispositions morales bien arrêtées d’un peuple étant

une pénible tâche dont beaucoup ne comprendront pas

d’abord le but, c’est à la fois un crime et une sottise

que de fournir, par les fautes qu’on peut commettre, des

armes dont se serviront les adversaires pour contre-

attaquer.

Il faut qu’on comprenne qu’il se passera

nécessairement un temps assez long avant qu’un peuple

ait complètement compris les intentions secrètes de son

gouvernement, parce que celui-ci ne peut donner

d’éclaircissements sur les buts finaux du travail de

préparation politique auquel il se livre et doit compter

ou bien sur la confiance aveugle des masses ou bien sur

l’intuition des classes dirigeantes intellectuellement

plus développées. Mais, comme cette clairvoyance, ce

tact politique et la faculté de divination n’existent pas

chez beaucoup de gens et que des raisons politiques ne

permettent pas de donner des explications, une partie

des guides intellectuels de la nation se tournera toujours

contre les nouvelles tendances dans lesquelles on verra

simplement des expériences, faute d’en pénétrer le sens.

C’est ainsi qu’elles soulèveront l’opposition des

éléments conservateurs de l’État auxquels elles

sembleront inquiétantes.

Aussi est-ce un devoir pressant d’enlever, aux mains

des gens qui gêneraient les travaux d’approche devant

amener deux peuples à se comprendre réciproquement,

le plus grand nombre possible des armes qui pourraient

leur servir, particulièrement quand il s’agit, comme

dans notre cas, des bavardages prétentieux et

fantaisistes des associations patriotiques et des petits

bourgeois qui font de la politique à une table de café.

Car il suffit de réfléchir un peu pour reconnaître que les

cris qu’on pousse pour réclamer une nouvelle flotte de

guerre, la récupération de nos colonies, etc., ne sont en

réalité que de sots bavardages, qui ne contiennent

aucune idée pratiquement réalisable. On ne peut pas

considérer comme avantageuse pour l’Allemagne la

façon dont la politique anglaise tire parti des

épanchements absurdes de ces champions de la

protestation dont les uns sont inoffensifs, les autres

détraqués, mais qui tous travaillent sourdement pour

nos ennemis mortels. On s’épuise en démonstrations

des plus nuisibles contre Dieu et le monde entier, et on

oublie le principe fondamental, qui est la condition de

tout succès : « Ce que tu fais, fais-le complètement. En

hurlant contre cinq ou dix États, on néglige de

concentrer toutes nos forces morales et physiques pour

frapper au cœur notre plus infâme ennemi et l’on

sacrifie la possibilité de nous renforcer par des

alliances avant d’entreprendre ce règlement de compte.

Ici encore, le mouvement national-socialiste a une

mission à remplir. Il doit enseigner à notre peuple à ne

pas arrêter son regard sur les petites choses et à ne

considérer que les plus importantes, à ne pas disperser

ses efforts sur des objets secondaires, et à ne pas

oublier que ce pour quoi nous avons aujourd’hui à

lutter, c’est l’existence même de notre peuple et que le

seul ennemi que doivent viser nos coups est et reste la

puissance qui nous ravit cette existence.

Il se peut que nous ayons à nous imposer de durs

sacrifices. Mais ce n’est pas une raison pour refuser

d’écouter la raison et pour nous disputer avec le monde

entier, en poussant des cris insensés, au lieu de

concentrer nos forces contre notre plus dangereux

ennemi.

D’ailleurs le peuple allemand n’a pas moralement

le droit d’accuser l’attitude qu’observe le reste du

monde à son égard, tant qu’il n’aura pas demandé des

comptes aux criminels qui ont vendu et trahi leur

propre pays. Ce n’est pas faire preuve d’une conviction

respectable que de lancer de loin des injures et des

protestations contre l’Angleterre, l’Italie, etc., et de

laisser se promener librement parmi nous les canailles

qui, en se mettant à la solde de la propagande de

guerre de nos ennemis, nous ont arraché nos armes,

brisé moralement les reins et ont vendu pour trente

deniers le Reich réduit à l’impuissance.

L’ennemi ne fait que ce qui était à prévoir. Son

attitude et ses actes devraient nous servir de leçon.

Si l’on n’est pas capable de s’élever à la hauteur de

ce point de vue on doit se rendre compte qu’il n’y a

plus qu’à désespérer, du moment qu’il faut renoncer à

pratiquer à l’avenir toute politique d’alliances. Car, si

nous ne voulons pas nous allier à l’Angleterre, parce

qu’elle nous a volé nos colonies, ni avec l’Italie, parce

qu’elle occupe le Tyrol du Sud, ni avec la Pologne et la

Tchécoslovaquie, parce qu’elles sont la Pologne et la

Tchécoslovaquie, il ne nous restera plus d’autre allié

possible en Europe que la France, qui, soit dit en

passant, nous a volé l’Alsace et la Lorraine.

Il est douteux que cette façon d’agir soit très

favorable aux intérêts du peuple allemand. En tous cas,

on peut toujours se demander si une pareille opinion est

défendue par un imbécile ou par un habile charlatan.

Quand il s’agit des chefs, je penche toujours pour la

seconde hypothèse.

Un changement des dispositions morales de

quelques peuples, qui ont été jusqu’à présent nos

ennemis et dont les vrais intérêts concorderont dans

l’avenir avec les nôtres, peut, autant que le jugement

humain est capable de décider, très bien se produire, si

la force intérieure de notre État et notre volonté

manifeste de défendre notre existence font de nous des

alliés dont le concours a quelque valeur et si, en outre,

nos propres maladresses ou même des actes criminels

ne fournissent plus des aliments à la propagande des

adversaires de ces projets d’alliances avec d’anciens

ennemis.

***





C’est à la troisième objection qu’il est le plus

difficile de répondre.

Peut-on penser que les représentants des véritables

intérêts des nations avec lesquelles une alliance est

possible, pourront en venir à leurs fins contre la volonté

du Juif, cet ennemi mortel des États populaires et

nationaux indépendants ?

Par exemple, la politique anglaise traditionnelle est-

elle ou non de force à vaincre l’influence funeste de la

juiverie ?

Il est, nous venons de le dire, très difficile de

répondre à cette question. Elle dépend de trop de

facteurs pour qu’on puisse porter sur elle un jugement

définitif. En tous cas, une chose est sûre : dans un seul

État, le pouvoir exécutif peut être considéré comme si

solidement établi et si absolument mis au service des

intérêts du pays, qu’on ne peut plus dire que les forces

de la juiverie internationale soient capables de

contrarier efficacement la politique jugée nécessaire

par le gouvernement.

Le combat que l’Italie fasciste mène, peut-être au

fond sans en avoir conscience (mais, pour ma part, je

ne le crois pas), contre les trois principales armes des

Juifs est la meilleure preuve qu’on peut, même par des

procédés indirects, briser les crochets venimeux de

cette puissance qui s’élève au-dessus des États.

L’interdiction des sociétés secrètes maçonniques, les

poursuites dirigées contre la presse internationale,

ainsi que la suppression définitive du marxisme

international et, inversement, la consolidation

progressive de la conception fasciste de l’État mettront,

à mesure que les années s’écouleront, le gouvernement

italien de plus en plus à même de défendre les intérêts

du peuple italien, sans s’inquiéter des sifflements de

l’hydre juive qui menace le monde entier.

Les choses se présentent moins bien en Angleterre.

Dans ce pays de la « plus libre démocratie », le Juif

exerce une dictature presque absolue par le détour de

l’opinion publique. Et, pourtant, il se livre aussi dans ce

pays un combat ininterrompu entre les représentants des

intérêts de l’État anglais et les champions de la

dictature mondiale exercée par les Juifs.

La violence avec laquelle se heurtant souvent ces

deux courants contraires s’est manifestée pour la

première fois de la façon la plus claire après la guerre,

dans les positions différentes qu’ont prises le

gouvernement anglais, d’une part, et la presse, de

l’autre, en face du problème japonais.

Sitôt la guerre finie, l’ancienne hostilité réciproque

qui sépare l’Amérique et le Japon a recommencé à se

manifester. Naturellement, les grandes puissances

européennes ne pouvaient pas se cantonner dans

l’indifférence en présence de ce nouveau danger de

guerre. Toute la parenté de race n’empêche pas

l’Angleterre d’éprouver un certain sentiment d’envie et

d’inquiétude au spectacle des progrès que font les États-

Unis dans toutes les branches de l’économie et de la

politique internationales. Cette ancienne colonie, cet

enfant de la métropole semble donner naissance à un

nouveau maître du monde. On comprend

qu’aujourd’hui l’Angleterre, inquiète et soucieuse,

passe en revue ses anciennes alliances et que la

politique anglaise voie arriver avec angoisse le moment

où l’on ne dira plus :

« L’Angleterre règne sur les mers », mais : « Les

mers des États-Unis ».

Le gigantesque État de l’Amérique du Nord, avec

les énormes richesses qu’il tire d’une terre vierge, est

moins vulnérable que le Reich encerclé d’ennemis. Si

les dés devaient être jetés pour la partie décisive,

l’Angleterre serait perdue au cas où elle serait réduite à

ses seules forces. C’est pourquoi elle saisit avidement le

poing jaune et se cramponne à une alliance qui est peut-

être impardonnable au point de vue de la race, mais qui,

au point de vue politique, est le seul moyen que

l’Angleterre ait à sa disposition pour renforcer sa

situation dans le monde en face des ambitions du

continent américain.

Tandis que le gouvernement anglais ne se décidait

pas à relâcher le lien qui l’unissait à son partenaire

asiatique, malgré la lutte qu’il menait en commun avec

le continent américain sur les champs de bataille de

l’Europe, toute la presse juive attaqua par derrière cette

alliance.

Comment est-il possible que les organes juifs aient

été jusqu’en 1918, les fidèles valets d’armes de

l’Angleterre en lutte contre le Reich allemand et que,

tout d’un coup, ils commettent la félonie de suivre leur

propre chemin ?

L’anéantissement de l’Allemagne était conforme

aux intérêts, non pas de l’Angleterre, mais surtout des

Juifs, de même qu’aujourd’hui l’anéantissement du

Japon servirait moins les intérêts de l’État anglais que

les vastes projets des chefs qui espèrent faire régner la

domination juive sur le monde entier. Pendant que

l’Angleterre fait tous ses efforts pour conserver sa

position dans ce monde, le Juif prépare l’attaque qui lui

permettra de conquérir ce même monde.

Il constate que les États européens sont déjà dans sa

main des instruments passifs, qu’il les domine par le

détour de ce qu’on appelle la démocratie occidentale ou

bien directement par le bolchévisme russe. Mais il ne

lui suffit pas de tenir l’Ancien Monde dans ses rets ; le

même sort menace le Nouveau Monde. Les Juifs sont

les maîtres des puissances financières des États-Unis.

Chaque année, les forces productrices d’un peuple de

cent vingt millions d’âmes passent un peu plus sous

leur contrôle ; ils sont très peu nombreux ceux qui, à la

grande colère des Juifs, restent encore absolument

indépendants.

Avec une perfide habileté, ils pétrissent l’opinion

publique et en font l’instrument de leur grandeur future.

Les meilleurs cerveaux de la juiverie croient déjà

voir approcher le moment où sera réalisé le mot d’ordre

donné par l’Ancien Testament et suivant lequel Israël

dévorera les autres peuples.

S’il restait encore, au milieu du grand troupeau des

pays dénationalisés et devenus colonies juives, un seul

État indépendant, toute l’entreprise pourrait échouer à

la dernière heure. Car un monde bolchévisé ne peut

subsister que s’il embrasse tout le globe.

S’il reste un seul État possédant encore son énergie

et sa grandeur nationales, l’empire mondial que veulent

édifier les satrapes juifs sera vaincu, comme toute

tyrannie ici-bas, par la force de l’idée nationale.

Or, le Juif sait trop bien que, s’il a pu, en s’adaptant

pendant mille ans aux circonstances extérieures, saper

par la base les peuples d’Europe et en faire des métis

qui n’appartiennent plus à aucune espèce définie, il

n’est pas à même de faire subir le même sort à un État

national asiatique tel que le Japon. Il peut aujourd’hui

singer l’Anglais, l’Américain et le Français, mais il ne

peut combler le gouffre qui le sépare d’un jaune d’Asie.

C’est pourquoi il tente de briser l’État national japonais

avec l’aide d’autres États de même sorte, pour se

débarrasser d’un adversaire dangereux, afin que ce qui

subsistera d’autorité gouvernementale devienne, dans

ses mains, un pouvoir régnant despotiquement sur des

êtres sans défense.

Il redoute la présence d’un État national japonais

dans son royaume juif de mille ans et désire que la

ruine de cet État précède l’établissement de sa propre

dictature.

Voilà pourquoi il ameute aujourd’hui les peuples

contre le Japon, comme il le faisait précédemment

contre l’Allemagne. Et il pourra arriver qu’au moment

où la diplomatie anglaise continuera à se reposer sur

l’alliance avec le Japon, la presse juive de langue

anglaise prêchera la lutte contre cet allié et préparera

contre lui une guerre d’extermination, au nom des

principes démocratiques et en poussant le cri de

ralliement : « À bas le militarisme et l’impérialisme

japonais ! »

Voilà d’où vient l’insubordination du Juif en

Angleterre.

C’est donc dans ce pays que commencera la lutte

contre le danger que les Juifs font courir au monde

entier.

Ici encore, le mouvement national-socialiste aura à

remplir une de ses tâches les plus importantes :

Il doit ouvrir les yeux de notre peuple sur ce que

sont les nations étrangères et de cesser de lui rappeler

quel est le véritable ennemi du monde actuel. Au lieu de

prêcher la haine des peuples aryens, dont presque tout

peut nous séparer, mais auxquels nous unissent la

communauté du sang et les grandes lignes d’une

civilisation identique, il dénoncera à la colère de tous

l’ennemi malfaisant de l’humanité, dans lequel il

montrera le véritable auteur de tous nos maux.

Mais il doit veiller à ce qu’au moins notre pays

sache quel est son plus mortel ennemi et faire en sorte

que le combat, mené par nous contre lui, soit comme

une étoile annonciatrice des temps nouveaux qui

montrera aux autres peuples la voie où ils doivent

s’engager pour le salut d’une humanité aryenne

militante.

Pour le reste, que la raison soit notre guide et la

volonté notre force ! Que le devoir sacré qui dicte nos

actes nous donne la persévérance et que notre foi reste

pour nous la protectrice et la maîtresse suprême !

Chapitre XIV



Orientation vers l’Est ou politique de l’Est.



Deux raisons m’incitent à examiner d’une façon

particulièrement attentive les relations entre

l’Allemagne et la Russie :

1° Il s’agit d’abord là des circonstances les plus

décisives peut-être de la politique étrangère allemande

en général.

2° Cette question est aussi la pierre de touche de la

clairvoyance et de la justesse de l’action du jeune parti

national-socialiste.

Je dois avouer que le deuxième point surtout

m’emplit souvent d’un amer souci. Notre jeune

mouvement tire moins ses effectifs du camp des

indifférents que de celui des doctrines souvent

extrémistes ; il n’est que trop naturel que pèsent sur ces

hommes, pour la compréhension de la politique

étrangère, les partis pris et le faible entendement des

cercles politiques ou doctrinaux auxquels ils

appartenaient précédemment. Et ceci ne s’applique pas

seulement aux hommes qui nous viennent de la gauche.

Au contraire. Quelque nuisible que puisse être

l’enseignement qu’ils ont reçu sur de tels problèmes, il

n’est pas rare qu’il ait été, tout au moins en partie,

contrebalancé par un reste de sain instinct naturel. Il

suffit alors de substituer une influence meilleure à celle

qui s’exerçait précédemment et l’on reconnaît souvent

comme les plus utiles alliés les tendances saines et le

vigoureux instinct de conservation qu’ils ont su garder.

Il est beaucoup plus difficile, par contre, d’amener à

des conceptions politiques nettes un homme dont

l’éducation correspondante n’a pas été moins folle et

moins illogique, mais qui, par-dessus le marché, a

sacrifié sur l’autel de l’objectivité le dernier vestige de

son instinct naturel. Ce sont précisément ceux qui

appartiennent à nos milieux dits éclairés qu’il est le plus

difficile d’amener à prendre fait et cause d’une façon

claire et logique pour leurs intérêts et les intérêts de leur

peuple, à l’extérieur. Non seulement pèse sur eux le

fardeau accablant des conceptions et des préventions les

plus extravagantes, mais ils ont, au-delà de toute limite,

perdu toute propension à suivre l’instinct de

conservation. Le mouvement national-socialiste doit

aussi soutenir de pénibles luttes avec ces hommes,

luttes pénibles parce que, malgré leur impuissance

malheureusement complète, ces gens sont souvent

possédés d’une extraordinaire présomption qui les

incite à regarder les autres de haut, contre toute justice,

et même s’ils ont affaire à meilleurs qu’eux.

Ces arrogants personnages, qui connaissent tout

mieux que les autres, sont absolument incapables de

rien examiner ou peser de sang-froid, condition

essentielle cependant en politique extérieure pour tenter

ou réaliser quoi que ce soit.

Comme ces milieux commencent justement à faire

dévier notre politique extérieure de la façon la plus

désastreuse, en la détournant de toute défense effective

des intérêts racistes de notre peuple pour la mettre au

service de leur fantasque idéologie, je me sens obligé de

traiter d’une façon toute particulière, devant mes

partisans, la question la plus importante de notre

politique extérieure, à savoir notre attitude à l’égard de

la Russie ; je le ferai aussi complètement que l’exige la

compréhension universelle, pour autant que le cadre de

cet ouvrage le permet. À ce propos, je ferai encore

l’observation générale préalable suivante :

Si nous devons entendre par politique extérieure la

réglementation des rapports d’un peuple avec le reste

du monde, cette réglementation sera conditionnée par

des faits tout à fait précis. Nationaux-socialistes, nous

pouvons encore énoncer, au sujet de la politique

extérieure d’un État raciste, le principe suivant :

La politique extérieure de l’État raciste doit assurer

les moyens d’existence sur cette planète de la race que

groupe l’État, en établissant un rapport sain, viable et

conforme aux lois naturelles entre le nombre et

l’accroissement de la population d’une part, l’étendue

et la valeur du territoire d’autre part.

De plus, on ne doit considérer comme rapport sain

que la situation dans laquelle l’alimentation d’un peuple

est assurée par les seules ressources de son propre

territoire. Tout autre régime, durerait-il des siècles et

des millénaires, n’en est pas moins malsain et, tôt ou

tard, arrive à causer un préjudice, sinon la ruine, du

peuple considéré.

Seul, un espace suffisant sur cette terre assure à un

peuple la liberté de l’existence.

De plus, on ne peut juger de l’étendue nécessaire

d’un territoire de peuplement d’après les seules

exigences du temps présent, ni même d’après

l’importance de la production agricole, rapportée au

chiffre de la population. Car, ainsi que je l’ai déjà

exposé dans le premier volume, dans le chapitre : « La

politique allemande d’alliances avant la guerre », à

l’importance de l’étendue territoriale d’un État comme

source directe de son alimentation s’ajoute

l’importance au point de vue militaire et politique.

Quand un peuple voit sa subsistance garantie par

l’étendue de son territoire actuel, il est néanmoins

nécessaire encore de penser assurer la sécurité de celui-

ci. Celle-ci résulte de la puissance politique d’ensemble

de l’État, puissance qui est directement fonction de la

valeur militaire de sa situation géographique.

Le peuple allemand ne saurait envisager son avenir

qu’en tant que puissance mondiale. Durant près de deux

mille ans, la gestion des intérêts de notre peuple,

comme nous devons appeler notre plus ou moins

heureuse activité politique extérieure, faisait partie

intégrante de l’histoire mondiale. Nous-mêmes en

avons été témoins : car la gigantesque lutte des peuples

de 1914 à 1918 n’était autre chose que la lutte du

peuple allemand pour son existence sur le globe

terrestre ; nous qualifions nous-mêmes cet événement

de guerre mondiale.

Le peuple allemand s’engagea dans ce combat

comme une soi-disant puissance mondiale. Je dis « soi-

disant », car, en réalité, il n’en était pas une. Si, en

1914, il y avait eu un rapport différent entre la

superficie de son territoire et le chiffre de sa population,

l’Allemagne aurait réellement été une puissance

mondiale et la guerre, abstraction faite des autres

facteurs, aurait pu avoir une issue favorable.

Ce n’est point ma tâche, ni même mon intention,

d’indiquer ce qui se serait produit si sans le mais qui

intervint.

Toutefois, je considère comme absolument

nécessaire d’exposer la situation sans fard et en toute

simplicité et d’insister sur les inquiétants points faibles

pour répandre, tout au moins dans le parti national-

socialiste, une vue plus claire des nécessités.

Aujourd’hui, l’Allemagne n’est pas une puissance

mondiale. Même si notre impuissance militaire

momentanée venait à cesser, nous ne pourrions plus

prétendre à ce titre. Quelle peut être sur notre planète

l’importance d’une création aussi lamentable, en ce qui

touche le rapport du chiffre de sa population à la

surface de son territoire, que l’actuel Reich allemand ?

À une époque où peu à peu chaque fraction de cette

terre est attribuée à quelque État – et quelques-uns

embrassent presque des continents – on ne saurait parler

de puissance mondiale, quand il s’agit d’une formation

politique dont la métropole est limitée à une ridicule

surface d’à peine cinq cent mille kilomètres carrés.

Si nous ne considérons que le point de vue purement

territorial, la superficie du territoire allemand disparaît

entièrement en regard de ce que l’on appelle les

puissances mondiales. Et l’on ne doit pas présenter

l’Angleterre comme preuve du contraire, car la

métropole anglaise n’est, à vrai dire, que la grande

capitale de l’empire mondial anglais, qui s’étend

presque sur le quart de la surface du globe.

Nous devons encore considérer en première ligne

comme États géants les États-Unis, puis la Russie et la

Chine. Il s’agit là de formations territoriales qui, pour

partie, ont une surface plus de dix fois supérieure à

celle de l’empire allemand actuel. La France même doit

être comptée au nombre de ces États. Non seulement du

fait qu’elle complète son armée, dans une proportion

toujours croissante, grâce aux ressources des

populations de couleur de son gigantesque empire, mais

aussi du fait que son envahissement par les nègres fait

des progrès si rapides que l’on peut vraiment parler de

la naissance d’un État africain sur le sol de l’Europe. La

politique coloniale de la France d’aujourd’hui n’est pas

à comparer avec celle de l’Allemagne de jadis. Si

l’évolution de la France se prolongeait encore trois

cents ans dans son style actuel, les derniers restes du

sang franc disparaîtraient dans l’État mulâtre africano-

européen qui est en train de se constituer : un immense

territoire de peuplement autonome s’étendant du Rhin

au Congo, rempli de la race inférieure qui se forme

lentement sous l’influence d’un métissage prolongé.

C’est là ce qui distingue la politique coloniale française

de l’ancienne politique coloniale allemande.

Cette dernière était toute en demi-mesures, comme

tout ce que nous faisions. Elle n’a ni agrandi les

territoires de peuplement de la race allemande, ni

entrepris la tentative – encore que criminelle – de

renforcer la puissance du Reich par un recours au sang

noir. Les Ascaris de l’Afrique orientale allemande

furent un timide essai dans cette voie. En réalité, ils

servirent seulement à la défense de la colonie même.

L’idée de transporter des troupes noires sur un théâtre

européen d’opérations, abstraction faite de son

impossibilité manifeste durant la guerre mondiale, n’a

jamais existé, même comme un projet appelé à se

réaliser en cas de circonstances favorables ; au

contraire, chez les Français, elle a de tous temps été

considérée comme une des raisons profondes de leur

activité coloniale.

Ainsi nous voyons aujourd’hui sur la terre un certain

nombre de puissances qui non seulement, pour

certaines, l’emportent de loin par le chiffre de leur

population sur notre peuple allemand, mais qui trouvent

surtout dans leur étendue territoriale la principale raison

de leur prépondérance.

Jamais encore la comparaison entre l’empire

allemand et les autres puissances mondiales, au point de

vue de la surface du territoire et du chiffre de la

population, ne nous a été aussi défavorable

qu’aujourd’hui, à moins de revenir de deux mille ans en

arrière, au commencement de notre histoire. Alors, tout

jeune peuple, nous faisions notre entrée impétueuse

dans un monde de grands États qui menaçaient ruine, et

nous contribuâmes à abattre le dernier de ces géants :

Rome. Aujourd’hui, nous nous trouvons dans un monde

de grands et puissants États en cours de formation, et,

au milieu d’eux, notre propre empire déchoit chaque

jour jusqu’à perdre toute importance.

Il faut que nous gardions devant les yeux, avec

calme et sang-froid, cette amère vérité. Il est nécessaire

que nous suivions et que nous comparions, sous le

rapport du chiffre de la population et de l’étendue

territoriale, l’empire allemand et les autres États à

travers les siècles. Je sais qu’alors chacun en arrivera

avec consternation au résultat que j’ai déjà exprimé au

début des présentes considérations : l’Allemagne n’est

plus une puissance mondiale, peu importe à cela que sa

situation militaire soit forte ou faible.

Nous ne pouvons plus être comparés à aucun autre

grand État du globe ; et ceci n’est dû qu’à une conduite

franchement néfaste de notre politique extérieure, grâce

à son manque complet d’un attachement – je pourrais

presque dire testamentaire – à un but déterminé ; grâce,

enfin, à la perte de tout instinct sain et de tout sentiment

de la conservation.

Si le mouvement national-socialiste veut réellement

obtenir devant l’histoire la consécration d’une grande

mission en faveur de notre peuple, il doit, pleinement et

douloureusement conscient de la véritable situation du

peuple allemand sur cette terre, entreprendre avec

courage et clairvoyance la lutte contre l’inconscience

et l’incapacité qui ont guidé jusqu’à présent la

politique extérieure du peuple allemand. Il doit alors,

sans égards pour « traditions » et « préjugés », trouver

le courage de rassembler notre peuple et sa puissance,

pour le lancer sur la voie qui le sortira de son étroit

habitat actuel et le mènera vers de nouveaux territoires,

le libérant ainsi à jamais du danger de disparaître de

cette terre ou de devenir l’esclave des autres.

Le mouvement national-socialiste doit s’efforcer de

faire disparaître le désaccord entre le chiffre de notre

population et la superficie de notre territoire – celle-ci

étant considérée tant comme source de la subsistance

que comme point d’appui de la puissance politique – de

supprimer aussi le désaccord existant entre notre passé

historique et notre impuissance actuelle à laquelle il

n’est point d’issue. Il doit avoir conscience de ce que,

gardiens de la plus haute humanité sur cette terre, nous

avons aussi les plus hautes obligations ; et il pourra

d’autant mieux y satisfaire qu’il aura davantage le souci

de faire prendre conscience de sa race au peuple

allemand, et que, outre l’élevage des chiens, des

chevaux et des chats, il prendra aussi pitié de son

propre sang.

***





Quand je qualifie d’incapable et d’aveugle la

politique extérieure allemande suivie jusqu’ici, la

preuve en est fournie par la carence effective de cette

politique. Si notre peuple s’était amoindri

intellectuellement ou était devenu lâche, les résultats de

sa lutte sur la terre n’auraient pas été pires que ceux que

nous avons aujourd’hui sous les yeux. Même

l’évolution des dernières dix années avant la guerre ne

doit pas nous abuser là-dessus ; car on ne peut pas

mesurer la force d’un empire en elle-même, mais

seulement par voie de comparaison avec d’autres États.

Or, une pareille comparaison fournit précisément la

preuve que l’accroissement de puissance des autres

États était plus régulier et aboutissait aussi à des

résultats plus considérables ; dans ces conditions,

l’Allemagne, malgré son ascension apparente,

s’éloignait en réalité de plus en plus des autres

puissances et restait loin en arrière ; bref, la différence

s’augmentait à notre désavantage. Et même en ce qui

concerne le chiffre de la population, nous perdions de

plus en plus. Notre peuple n’est assurément surpassé en

héroïsme par aucun autre ici-bas, et tout compte fait,

pour maintenir son existence, il a, plus qu’aucun peuple

de cette terre, payé de son sang : si ces sacrifices ont été

vains, c’est qu’ils furent mal utilisés. Lorsque, dans le

même ordre d’idées, nous examinons à fond l’histoire

de l’Allemagne depuis plus de mille ans, quand nous

faisons défiler sous nos yeux toutes ses guerres et ses

combats sans nombre et lorsque nous analysons les

résultats définitifs tels qu’ils apparaissent maintenant,

nous devons reconnaître que, de cette mer de sang, trois

faits seuls surgissent, que nous pouvons considérer

comme fruits durables d’une action clairvoyante en

politique extérieure et politique tout court :

1° La colonisation de la marche de l’Est effectuée

principalement par les Baïouvares.

2° La conquête et la pénétration du territoire à l’est

de l’Elbe, et

3° L’organisation réalisée par les Hohenzollern de

l’État brandebourgeois prussien, modèle et noyau de

cristallisation d’un nouvel empire.

Ces faits sont pleins de féconds enseignements pour

l’avenir !

Les deux premiers grands succès de notre politique

extérieure sont restés les plus durables. Sans eux, notre

peuple ne jouerait plus aucun rôle. Ils furent la première

tentative, mais malheureusement la seule réussie, de

mettre en harmonie le nombre croissant de la

population et le territoire. Et l’on doit considérer

comme véritablement désastreux que nos

historiographes allemands n’aient jamais su apprécier à

leur juste valeur ces deux puissantes réalisations, d’une

importance sans égale pour la postérité, alors qu’elles

glorifient tout ce qu’il est possible, et portent aux nues

un héroïsme fantasque, et d’innombrables guerres et

combats aventureux, demeurés pour la plupart sans

importance pour l’avenir de la Nation.

Le troisième grand succès de notre activité politique

réside dans la formation de l’État prussien et dans la

genèse subséquente d’une conception particulière de

l’État, ainsi que du sentiment de conservation et

d’autodéfense de l’armée allemande sous une forme

organisée et adaptée aux circonstances actuelles.

De cette forme et de cette conception de l’État

provient la transformation du sentiment de la défense

individuelle en celui de l’obligation de défendre la

nation. L’importance de ce fait ne saurait être

surestimée. Le peuple allemand, déchiré par l’excès

d’individualisme, fruit de la diversité des races qu’il

enferme, recouvra, grâce à la discipline de l’armée

prussienne, une partie au moins des facultés

d’organisation qui, depuis longtemps, lui étaient

devenues étrangères. Ce qui existe originellement chez

les autres peuples dans leur instinct de solidarité

grégaire, fut rendu, en partie au moins, à notre

communauté nationale par la voie artificielle de

l’instruction militaire. Aussi la suppression du service

militaire obligatoire – qui, pour des douzaines d’autres

peuples, n’aurait absolument aucune importance – est-

elle pour nous lourde de conséquences. Encore dix

générations d’Allemands sans le correctif d’une

instruction militaire, abandonnées à l’influence

défavorable de la diversité des races et, par suite, des

conceptions philosophiques, et notre peuple aurait

réellement perdu le dernier reste d’une existence

indépendante sur cette planète. L’esprit allemand ne

pourrait plus apporter son tribut à la civilisation que par

des individus isolés au sein de nations étrangères, sans

qu’on en reconnaisse seulement la provenance. Il ne

serait plus qu’un engrais de civilisation, jusqu’à ce

qu’enfin le dernier reste de sang aryen nordique

dépérisse et s’éteigne en nous.

Il est remarquable que l’importance de ces succès

politiques réels, que notre peuple remporta au cours de

plus de mille ans de combats, est beaucoup mieux

comprise et appréciée par nos adversaires que par nous-

mêmes. Nous bourdonnons aujourd’hui encore de cet

héroïsme qui a ravi à notre peuple des millions de ses

plus nobles fils et qui, en dernière analyse, demeura

cependant complètement stérile.

Il est de la plus haute importance pour notre

conduite présente et future de distinguer entre les

succès politiques véritables qu’a remportés notre peuple

et les circonstances où le sang national fut risqué sans

profit.

Nous autres nationaux-socialistes ne devons, en

aucun cas, nous associer au patriotisme déplacé et

bruyant de notre monde bourgeois d’aujourd’hui. Il y a,

en particulier, un danger mortel à considérer que la

dernière évolution avant la guerre ait tant soit peu

engagé notre propre avenir.

De toute l’histoire du dix-neuvième siècle, il ne peut

découler pour nous une seule obligation véritable. Nous

devons, contrairement à l’attitude des représentants de

l’époque actuelle, nous faire à nouveau les champions

de cette conception supérieure de la politique

extérieure, c’est-à-dire mettre en accord le territoire et

le nombre de la population. Oui ! tout ce que nous

pouvons apprendre dans le passé, c’est à fixer à notre

action politique un double objectif : le territoire, but de

notre politique extérieure, et une nouvelle doctrine

philosophique, but de notre politique intérieure.





***





Je prendrai encore brièvement position sur la

question de savoir dans quelle mesure la revendication

de territoires est légitimée moralement. Ceci est

indispensable ; malheureusement, en effet, même dans

les milieux soi-disant racistes, il apparaît toutes sortes

de bavards onctueux qui s’efforcent de désigner au

peuple allemand, comme but de son action politique

extérieure, la réparation de l’injustice de 1918, et

cependant, par là-dessus, ils se croient obligés d’assurer

le monde entier de la fraternité et de la sympathie

racistes.

Je dirais plutôt ceci : la prétention de rétablir les

frontières de 1914 est une insanité politique par ses

proportions et ses conséquences, qui la révèlent comme

un véritable crime. Soit dit sans compter que les

frontières du Reich, en 1914, étaient rien moins que

logiques. En réalité, elles ne groupaient pas tous les

hommes de nationalité allemande et elles n’étaient pas

non plus rationnelles au point de vue stratégique. Elles

n’étaient pas le résultat d’une action politique

réfléchie, mais bien des frontières provisoires, au cours

d’une lutte nullement close ; elles étaient même, en

partie, le résultat des jeux du hasard ! On aurait pu à

aussi bon droit, et bien souvent à meilleur droit, choisir

une autre année marquante de l’histoire allemande, pour

donner comme but à une action politique extérieure le

rétablissement de la situation existant alors. Les

revendications ci-dessus répondent d’ailleurs

entièrement à l’esprit de notre monde bourgeois qui, ici

encore, ne possède pas la moindre idée politique portant

sur l’avenir, mais qui se confine au contraire dans le

passé et le plus récent : les regards qu’il jette en arrière

ne s’étendent pas au-delà de son propre temps. Son

inertie le lie à une situation donnée et le fait résister à

toute modification de celle-ci, sans toutefois que cette

activité défensive s’élève jamais au-dessus de la simple

ténacité. Il est donc parfaitement compréhensible que

l’horizon politique de ces gens ne s’étende pas plus loin

que 1914. Mais, en proclamant que le rétablissement

des frontières d’alors est le but de leur activité

politique, ils resserrent à nouveau l’alliance prête à se

rompre de nos adversaires. C’est ainsi seulement qu’on

peut s’expliquer que, huit ans après une guerre

mondiale à laquelle participaient des États aux buts très

souvent hétérogènes, la coalition des vainqueurs du

moment garde encore quelque unité.

Tous ces États ont, en leur temps, profité de

l’effondrement de l’Allemagne. La crainte de notre

puissance fit reculer ensemble l’avidité et l’envie de

chacune de ces grandes puissances. Elles voyaient dans

le partage, aussi étendu que possible de notre Reich, la

meilleure protection contre un relèvement futur. Leur

conscience inquiète et la crainte qu’elles ont de la force

de notre peuple sont le ciment le plus durable qui,

aujourd’hui encore, tient unis les membres de cette

ligue.

Et nous ne leur donnons pas le change. Quand notre

monde bourgeois donne à l’Allemagne comme

programme politique le rétablissement des frontières de

1914, il fait reculer par crainte chacun des partenaires

qui voulait s’échapper de la ligue de nos ennemis ; tous

doivent, en effet, redouter d’être attaqués isolément et

de perdre la protection des autres alliés. Chaque État se

sent visé et menacé par ce mot d’ordre. Ce dernier est

donc doublement déraisonnable :

1° Parce que les moyens font défaut pour le faire

passer des fumées des soirées de réunion dans la réalité,

et

2° Parce que, même si on l’obtenait vraiment, ce

résultat serait encore tellement misérable que, vrai

Dieu ! il ne vaudrait pas la peine de mettre de nouveau

en jeu le sang de notre peuple.

Car il ne saurait faire question pour personne que

même le rétablissement des frontières de 1914 ne puisse

être atteint sans verser de sang. Seuls, des esprits

puérils et naïfs peuvent se bercer de l’idée d’amener

une révision du traité de Versailles par l’humilité et par

les supplications ; abstraction faite de ce qu’une pareille

tentative exigerait un tempérament à la Talleyrand, qui

n’existe pas chez nous. Une moitié de nos hommes

politiques se compose d’éléments très roués, mais qui,

par ailleurs, manquent entièrement de caractère et sont,

en somme, hostiles à notre peuple ; en ce qui concerne

l’autre moitié, elle est faite de débonnaires imbéciles,

inoffensifs et serviables. Et les temps sont changés

depuis le congrès de Vienne : ce ne sont plus les

princes et les maîtresses des princes qui marchandent

les frontières des États, mais c’est maintenant

l’inexorable Juif cosmopolite qui combat pour la

domination des autres peuples. Aucun d’eux ne peut

écarter cette main de sa gorge autrement que par le

glaive. Seule, la force rassemblée et concentrée d’une

passion nationale, peut, d’un sursaut, braver les menées

internationales qui tendent à réduire les peuples en

esclavage. Mais un tel geste ne saurait aller sans

effusion de sang.

Si, toutefois, l’on professe la conviction que, d’une

façon ou d’une autre, l’avenir de l’Allemagne exige

l’enjeu suprême en dehors de toute considération de

finasserie politique, l’enjeu même exige que l’on mène

le combat pour un but digne de lui.

Les frontières de l’année 1914 sont sans aucune

valeur pour l’avenir de la nation allemande. Elles ne

constituaient ni la sauvegarde du passé, ni une force

pour l’avenir. Par elles, le peuple allemand ne pourra ni

garder son unité intérieure, ni assurer sa subsistance ;

considérées du point de vue militaire, ces frontières

n’apparaissent ni bien choisies ni même seulement

rassurantes ; et enfin elles ne peuvent améliorer la

situation dans laquelle nous nous trouvons actuellement

par rapport aux autres puissances mondiales, ou pour

mieux dire par rapport aux vraies puissances mondiales.

La distance à l’Angleterre ne sera pas diminuée ; on

n’arrivera pas à la grandeur des États-Unis ; la France

même n’éprouverait pas une diminution substantielle de

son importance dans la politique mondiale.

Une seule chose serait sûre : même avec une issue

favorable à une pareille tentative de rétablir les

frontières de 1914, on aboutirait à une nouvelle saignée

du corps de notre peuple, telle que l’on ne pourrait plus

consentir aucun nouveau sacrifice de sang pour assurer

d’une façon effective la vie et l’avenir de notre nation.

Au contraire, dans l’ivresse d’un pareil succès, si dénué

de portée qu’il soit, on renoncerait d’autant plus

volontiers à s’imposer de nouveaux buts que

« l’honneur national » aurait reçu réparation et que

quelques nouvelles portes se seraient ouvertes, au

moins pour un certain temps, au développement

commercial.

Par contre, nous autres nationaux-socialistes nous

devons nous en tenir d’une façon inébranlable au but de

notre politique extérieure : assurer au peuple allemand

le territoire qui lui revient en ce monde. Et cette action

est la seule qui devant Dieu et notre postérité

allemande, justifie de faire couler le sang : devant Dieu,

pour autant que nous avons été mis sur cette terre pour

y gagner notre pain quotidien au prix d’un perpétuel

combat, en créatures à qui rien n’a été donné sans

contrepartie, et qui ne devront leur situation de maîtres

de la terre qu’à l’intelligence et au courage avec

lesquels ils sauront la conquérir et la conserver ; devant

notre postérité allemande, pour autant que l’on ne

versera pas le sang d’un seul citoyen allemand sans

donner à l’Allemagne future des milliers de nouveaux

citoyens. Le territoire sur lequel les vigoureux enfants

des générations de paysans allemands pourront un jour

se multiplier, justifiera le sacrifice de nos propres

enfants et absoudra les hommes d’État responsables,

même persécutés par leur génération, du sang versé et

du sacrifice imposé à notre peuple.

À ce propos, je dois m’élever avec la plus grande

énergie contre ceux des mauvais écrivains racistes qui

prétendent voir, dans une pareille conquête de territoire,

« une atteinte aux droits sacrés de l’humanité » et s’en

autorisent pour diriger contre elle leurs griffonnages.

On ne sait jamais qui peut se cacher derrière de pareils

individus. Mais il n’est que trop certain que le trouble

qu’ils peuvent susciter fait le jeu des ennemis de notre

peuple. Par une pareille attitude, ces criminels

contribuent à saper et à faire disparaître chez lui la

volonté de défendre ses exigences vitales par la seule

méthode qui réponde à ce but. Car aucun peuple ne

possède ici-bas un seul mètre carré de territoire en vertu

d’une volonté ou d’un droit supérieurs. Les frontières

de l’Allemagne sont des limites fortuites et

momentanées au cours de l’éternelle lutte politique ; il

en est de même des frontières délimitant l’habitat des

autres peuples. Et tout comme la configuration de notre

surface terrestre ne peut apparaître immuable comme le

granit qu’à un étourdi imbécile – alors qu’en réalité

chaque instant ne nous montre de sa constante évolution

qu’une apparente immobilité, fruit du travail incessant

des forces de la nature, détruite ou changée demain par

des forces plus puissantes – il en est de même dans la

vie des peuples, des frontières qui les séparent.

Les limites des États sont le fait des hommes et sont

changées par eux.

Le fait qu’un peuple a réussi à acquérir un territoire

excessif ne confère nullement l’obligation supérieure de

l’admettre pour toujours. Il démontre tout au plus la

force du conquérant et la faiblesse du patient. Et c’est

dans cette seule force que réside le droit. Si aujourd’hui

le peuple allemand, parqué sur un territoire impossible,

marche vers un avenir déplorable, ceci n’est pas un

arrêt du destin et le fait de s’insurger ne constitue pas

davantage une violation de ce destin. Pas plus que

quelque puissance supérieure n’aurait promis à un autre

peuple plus de territoire qu’au peuple allemand, ou pas

plus qu’elle se trouverait au contraire offensée par cette

injuste répartition du sol ; pas plus que nos ancêtres

n’ont reçu en don du ciel le sol où nous vivons

aujourd’hui : ils ont dû le conquérir en combattant au

péril de leur vie. De même, dans l’avenir, ce n’est pas la

grâce « raciste » qui donnera à notre peuple le sol, et

avec lui les moyens d’existence, mais seule la puissance

du glaive victorieux pourra l’obtenir.

Autant nous sommes tous aujourd’hui convaincus

de la nécessité d’un règlement de comptes avec la

France, autant demeurerait-il inefficace pour nous dans

son ensemble, si nos buts de politique extérieure se

bornaient à cela. On ne saurait l’interpréter que comme

une couverture de nos arrières pour l’extension en

Europe de notre habitat. Car nous ne saurions résoudre

cette question par l’acquisition de colonies, mais

exclusivement par l’acquisition d’un territoire de

peuplement qui accroisse la superficie même de notre

mère-patrie. En outre, non seulement on assurera par là

l’intime solidarité des nouveaux colons avec la

métropole, mais on procurera à l’ensemble du territoire

total les avantages qui résident dans sa grandeur

unifiée.

Le mouvement raciste n’a pas à se faire l’avocat des

autres peuples, mais à combattre pour le sien. Sinon il

serait superflu, et au surplus on n’y aurait aucun droit,

de dauber sur le passé. Car on agirait alors comme lui.

L’ancienne politique allemande a été, du point de vue

dynastique, tenue pour une injustice : la politique future

ne doit pas s’inspirer davantage d’une niaise

sentimentalité « raciste » cosmopolite. En particulier,

nous ne sommes pas les gendarmes des « pauvres petits

peuples » bien connus, mais les soldats de notre propre

peuple.

Cependant nous autres nationaux-socialistes nous ne

devons pas nous arrêter là : le droit au sol et à la terre

peut devenir un devoir, lorsqu’un grand peuple paraît

voué à la ruine, à défaut d’extension. Et tout

particulièrement quand il ne s’agit pas d’un quelconque

petit peuple nègre, mais de l’Allemagne, mère de toute

vie, mère de toute la civilisation actuelle. L’Allemagne

sera une puissance mondiale, ou bien elle ne sera pas.

Mais, pour devenir une puissance mondiale, elle a

besoin de cette grandeur territoriale qui lui donnera,

dans le présent, l’importance nécessaire et qui donnera

à ses citoyens les moyens d’exister.





***

Aussi, nous autres nationaux-socialistes, biffons-

nous délibérément l’orientation de la politique

extérieure d’avant-guerre. Nous commençons là où l’on

avait fini il y a six cents ans. Nous arrêtons l’éternelle

marche des Germains vers le sud et vers l’ouest de

l’Europe, et nous jetons nos regards sur l’Est.

Nous mettons terme à la politique coloniale et

commerciale d’avant-guerre et nous inaugurons la

politique territoriale de l’avenir.

Mais si nous parlons aujourd’hui de nouvelles terres

en Europe, nous ne saurions penser d’abord qu’à la

Russie et aux pays limitrophes qui en dépendent.

Le destin même semble vouloir nous le montrer du

doigt : en livrant la Russie au bolchévisme, il a ravi au

peuple russe cette couche d’intellectuels, qui fonda et

assuma jusqu’à ce jour son existence comme État. Car

l’organisation de l’État russe ne fut point le résultat des

aptitudes politiques du slavisme en Russie, mais bien

plutôt un exemple remarquable de l’action, créatrice

d’États, de l’élément germanique. au milieu d’une race

de moindre valeur. Bien des États puissants de cette

terre ont été ainsi créés. Des peuples inférieurs, ayant à

leur tête des organisateurs et des maîtres de race

germanique, se sont souvent enflés jusqu’à devenir, à

un moment donné, des États puissants, et ils le sont

restés aussi longtemps que se conserva inaltéré le noyau

de la race créatrice d’État. Ainsi, depuis des siècles, la

Russie vivait aux dépens du noyau germanique de ses

couches supérieures dirigeantes qu’on peut considérer

actuellement comme extirpé et anéanti. Le Juif a pris sa

place. Et tout comme le Russe est incapable de secouer

le joug des Juifs par ses propres moyens, de même le

Juif ne saurait, à la longue, maintenir le puissant État.

Lui-même n’est pas un élément organisateur, il n’est

qu’un ferment de décomposition. L’État gigantesque de

l’Est est mûr pour l’effondrement. Et la fin de la

domination juive en Russie sera aussi la fin de la Russie

en tant qu’État. Nous avons été élus par le destin pour

assister à une catastrophe, qui sera la preuve la plus

solide de la justesse des théories racistes au sujet des

races humaines.

Et notre tâche, la mission du mouvement national-

socialiste, consiste à amener notre propre peuple à ces

conceptions politiques, qui lui feront voir son avenir

non dans les enivrantes impressions d’une nouvelle

campagne d’Alexandre, mais dans le travail laborieux

de la charrue allemande à laquelle le glaive n’a qu’à

donner la terre.





***

Que les Juifs annoncent la résistance la plus active à

cette politique, cela va de soi. Ils sentent mieux que

quiconque la signification d’une telle conduite pour leur

propre avenir. Et ce fait même aurait dû démontrer à

tous les hommes de convictions vraiment nationales le

bien-fondé de cette nouvelle orientation. Hélas ! ce qui

arrive est juste le contraire. Non seulement dans les

milieux nationaux-allemands, mais aussi même dans

ceux des « racistes », on professe une hostilité acharnée

contre l’idée d’une telle politique de l’Est ; on se réfère,

comme presque toujours en pareil cas, à quelque

autorité établie. On évoque l’esprit de Bismarck, pour

couvrir une politique aussi insensée que suprêmement

nuisible au peuple allemand. Bismarck même aurait

jadis toujours attaché une grande importance, à de

bonnes relations avec la Russie. Dans une certaine

mesure, c’est juste. Mais, en même temps, on oublie

complètement qu’il attachait une aussi grande

importance aux bonnes relations avec l’Italie, et que ce

même M. de Bismarck s’allia jadis avec l’Italie pour

pouvoir d’autant mieux mater l’Autriche. Pourquoi ne

continue-t-on pas cette politique-là, elle aussi ? « Parce

que l’Italie d’aujourd’hui n’est pas l’Italie d’alors »,

dira-t-on. Bien. Mais alors, Messeigneurs, permettez-

moi d’objecter que la Russie d’aujourd’hui n’est pas

non plus la Russie d’alors. Il n’est jamais venu l’idée à

Bismarck de fixer une politique une fois pour toutes et

par principe. Il était bien trop le maître de l’heure, pour

s’embarrasser d’une entrave pareille. La question donc

ne doit pas être : que fit alors Bismarck ? mais plutôt :

qu’aurait-il fait aujourd’hui ? Et il est plus facile de

répondre à cette question. Jamais, dans sa sagesse

politique, il ne se serait allié à un État voué à la ruine.

Au reste, Bismarck n’envisagea de son temps

qu’avec des sentiments très mélangés la politique

coloniale et commerciale allemande, et encore parce

qu’il lui importait d’abord d’assurer les meilleures

chances à la consolidation et au raffermissement

intérieurs de l’État qu’il avait créé. Ce fut aussi la seule

raison pour laquelle il fut satisfait d’avoir le dos couvert

par la Russie, ce qui lui laissait les mains libres à

l’Ouest. Mais ce qui fut alors utile à l’Allemagne, lui

serait nuisible aujourd’hui.

Dès 1920-1921, quand le jeune mouvement

national-socialiste commença lentement à se profiler

sur l’horizon politique, et quand on commença à le

considérer, çà et là, comme le mouvement de libération

de la nation allemande, on approcha de différents côtés

notre parti pour essayer d’établir un certain lien entre

lui et les mouvements de libération d’autres pays.

C’était sous les auspices de la « ligue des nations

opprimées » aux innombrables protagonistes. Il

s’agissait là, en majeure partie, de représentants de

quelques États balkaniques, et de ceux de l’Égypte et de

l’Inde, qui me firent toujours l’impression de bavards

prétentieux, mais sans aucun fond véritable. Il se trouva

cependant beaucoup d’Allemands, surtout dans le camp

national, qui se laissèrent éblouir par ces orientaux

soufflés et qui crurent voir sans plus, dans un

quelconque étudiant hindou ou égyptien venu on ne sait

d’où, le « représentant » de l’Inde ou de l’Égypte. Les

gens ne se rendaient point compte qu’il s’agissait ici,

pour la plupart, d’hommes qui n’avaient rien derrière

eux et que surtout nul n’avait autorisés à conclure un

traité quelconque avec qui que ce soit, et que le résultat

pratique de toutes les relations avec ces éléments était

nul, s’il ne fallait pas encore porter au compte « pertes

et profits » le temps perdu ! Je me suis toujours défendu

contre ces tentatives, non seulement parce que j’avais

mieux à faire qu’à gaspiller des semaines en des

« pourparlers » aussi stériles, mais je considérais aussi

que, même s’il s’était agi de représentants autorisés de

ces nations, le tout eût été inutile et même nuisible.

Il était déjà assez fâcheux, dès le temps de paix, que

la politique allemande, faute d’envisager une activité

offensive personnelle, aboutît à l’alliance défensive

avec de vieux États pensionnés par l’histoire mondiale.

L’alliance avec l’Autriche, aussi bien que l’alliance

avec la Turquie, n’avait rien de réjouissant. Tandis que

les plus grandes puissances militaires et industrielles de

la terre s’unissaient en une active alliance offensive, on

assemblait quelques vieux organismes d’États

impuissants et on s’efforçait, avec ce bric-à-brac voué à

la ruine, de faire front contre une agissante coalition

mondiale. L’Allemagne expia amèrement l’erreur de

cette politique extérieure. Mais cette expiation ne paraît

pas avoir été encore assez amère pour préserver nos

éternels rêveurs d’une prompte rechute. Car la tentative

de désarmer les vainqueurs tout-puissants par une

« Ligue des nations opprimées » n’est pas seulement

ridicule, elle est funeste. Tentative funeste, parce que,

de nouveau et toujours, elle détourne notre peuple des

possibilités réelles et le fait s’abandonner à des

espérances et à des illusions aussi chimériques que

stériles. L’Allemand de nos jours ressemble vraiment à

l’homme en train de se noyer qui s’accroche à tout brin

de paille. Et il peut s’agir là de gens par ailleurs très

cultivés. Aussitôt que se laisse entrevoir le feu follet de

l’espérance la plus invraisemblable, ces gens de trotter

et de poursuivre ce fantôme. Que ce soit une Ligue des

nations opprimées ou une Société des nations, ou toute

autre imagination chimérique, elle trouvera néanmoins

des milliers de dévots.

Je me souviens encore des espérances puériles et

incompréhensibles qui prirent corps subitement dans les

milieux racistes, en 1920-1921, touchant une

catastrophe imminente pour l’Angleterre dans l’Inde.

De quelconques prestidigitateurs asiatiques – ou, peut-

être, je veux bien l’admettre, de véritables « champions

de la liberté » indiens – qui circulaient alors à travers

l’Europe, avaient réussi à suggérer à des gens tout à fait

raisonnables sous d’autres rapports, l’idée fixe que le

grand Empire britannique menaçait ruine justement

dans l’Inde qui en constitue la pierre angulaire. Que,

seul, leur propre désir, dans ce cas aussi1, fut le père de

toutes ces idées, naturellement ils n’en avaient pas

conscience, pas plus que de l’absurdité de leurs espoirs.

Car, escomptant que l’effondrement de la domination

anglaise dans l’Inde serait la fin de l’Empire

britannique et de la puissance anglaise, ils admettaient

par là-même que l’Inde avait pour l’Angleterre une

importance capitale.

Mais ce problème vital n’était probablement pas un

profond secret connu des seuls prophètes « racistes »

allemands ; on pouvait le croire connu aussi des guides

de l’histoire anglaise. Il est déjà vraiment par trop puéril

d’admettre que l’Angleterre ne sait pas apprécier à sa

juste valeur l’importance de l’Inde pour l’union

mondiale britannique. Et c’est un signe fâcheux qu’on

n’a rien appris de la guerre mondiale, et aussi qu’on

méconnaît et ignore complètement la résolution anglo-



1

Proverbe allemand : Der Wunsch ist Vater des Gedankens, le désir

est père de l’idée.

saxonne, quand on s’imagine que l’Angleterre pourrait

laisser partir l’Inde sans recourir aux moyens ultimes.

C’est aussi une preuve d’un manque complet de

connaissance chez l’Allemand touchant la manière

britannique de pénétrer et gérer cet empire.

L’Angleterre ne perdra l’Inde que si elle est elle-même

dévolue dans son mécanisme administratif à la

décomposition raciale (éventualité complètement

exclue de nos jours dans l’Inde) ou bien si elle y est

forcée par le glaive d’un ennemi puissant. Des rebelles

indiens n’y réussiront jamais. À quel point il est

difficile de dompter l’Angleterre, nous autres

Allemands, nous l’avons suffisamment appris ! Sans

compter que moi, Germain, je préfère encore, malgré

tout, voir l’Inde sous la domination anglaise que sous

n’importe quelle autre.

Les espérances suscitées par le mythe d’une

insurrection en Égypte sont aussi piteuses. La « guerre

sainte » peut donner un agréable frisson à ceux qui,

chez nous, jouent à l’idiot, se figurant que d’autres sont

prêts à verser leur sang pour nous – car cette lâche

spéculation, à parler franchement, fut toujours la source

inavouée de pareils espoirs – ; en réalité, cette guerre

trouverait une fin infernale sous le tir fauchant des

compagnies de mitrailleurs anglais, et la grêle des

bombes brisantes.

C’est qu’il est impossible de lancer une coalition

d’invalides à l’assaut d’un puissant État, résolu à verser

au besoin la dernière goutte de son sang pour défendre

son existence. En raciste qui se base sur la race pour

estimer la valeur du matériel humain, je n’ai pas le droit

de lier le sort de mon peuple à celui des soi-disant

« nations opprimées », connaissant déjà leur infériorité

raciale.

Nous devons aujourd’hui adopter exactement la

même attitude vis-à-vis de la Russie. La Russie

actuelle, dépouillée de sa classe dirigeante germanique

– indépendamment des intentions secrètes de ses

nouveaux maîtres – ne peut être un allié dans la lutte

pour la libération de la nation allemande. Au point de

vue purement militaire, les conditions seraient

directement catastrophiques au cas d’une guerre

Allemagne-Russie contre l’Europe occidentale et

probablement contre tout le reste du monde. La lutte se

déroulerait non pas sur le territoire russe, mais sur le

territoire allemand, sans que l’Allemagne puisse

recevoir de la Russie un secours tant soit peu efficace.

Les moyens militaires du Reich allemand actuel sont si

piteux et si insuffisants pour une guerre, que toute

protection des frontières contre l’Europe occidentale, y

compris l’Angleterre, serait impossible, et que la région

industrielle allemande serait justement livrée sans

défense aux attaques concentrées de nos ennemis. En

outre, entre l’Allemagne et la Russie, se trouve l’État

polonais qui est complètement aux mains de la France.

Dans le cas d’une guerre Allemagne-Russie contre

l’Ouest de l’Europe, la Russie devrait abattre la

Pologne avant de pouvoir faire parvenir son premier

soldat sur un front allemand. Et il s’agirait alors moins

de soldats que de moyens techniques. À ce point de

vue, on verrait se répéter, sous une forme plus affreuse

encore, la situation de la guerre mondiale. Notre

industrie fut alors saignée au profit de nos glorieux

alliés, et l’Allemagne dut mener presque seule la guerre

technique ; de même la Russie serait un facteur

technique presque négligeable dans la guerre que nous

envisageons. Nous ne pourrions opposer presque rien à

la motorisation générale du monde, qui doit se

manifester d’une manière écrasante et décisive dans la

prochaine guerre. Car l’Allemagne même n’est pas

seulement demeurée honteusement en retard dans ce

domaine essentiel, elle devrait encore, avec ses moyens

minimes, soutenir la Russie qui ne possède même pas

actuellement une seule fabrique capable de construire

une automobile qui marche. Dans ces conditions, une

telle lutte prendrait de nouveau le caractère d’une

tuerie. La jeunesse allemande verserait son sang plus

encore que naguère, parce que, comme toujours, tout le

poids de la guerre pèserait sur nous et le résultat en

serait l’inévitable défaite.

Mais, en admettant même le cas où un miracle aurait

lieu et où une telle lutte ne finirait pas par la destruction

totale de l’Allemagne : en dernière analyse, le peuple

allemand, vidé de son sang, resterait entouré comme

auparavant de grandes puissances militaires, et sa

véritable situation ne serait améliorée en aucune façon.

Que l’on n’objecte pas maintenant qu’il n’y a pas

lieu de penser tout de suite à une guerre, dans le cas

d’une alliance avec la Russie, ou que, le cas échéant,

l’on pourrait se préparer à fond pour cette éventualité.

Non. Une alliance dont les buts n’englobent pas aussi

la perspective d’une guerre, est dénuée de sens et de

valeur. On ne s’allie qu’en vue d’un combat. Et même

si le règlement de comptes se trouve encore dans le

lointain au moment où l’on conclut l’alliance, l’on n’en

agit pas moins au fond prévoyant que l’on sera entraîné

à une guerre.

Qu’on ne s’imagine pas d’ailleurs qu’une autre

puissance quelconque puisse se tromper sur une pareille

alliance. Ou bien une coalition germano-russe

demeurera sur le papier et alors elle n’a pour nous ni

but ni valeur, ou bien elle ne restera pas lettre morte, et,

dans ce cas, le reste du monde sera averti. Quelle

naïveté de penser qu’en pareilles circonstances,

l’Angleterre et la France attendraient quelque dix ans

jusqu’à ce que l’alliance germano-russe ait achevé sa

préparation technique à la guerre. Non, l’orage

éclaterait au-dessus de l’Allemagne avec une rapidité

foudroyante.

Le fait même de conclure une alliance avec la

Russie indique donc déjà l’imminence de la guerre. Et

le résultat en serait la fin de l’Allemagne.

Mais il faut ajouter encore ceci :

1° Ceux qui, actuellement, détiennent le pouvoir en

Russie, ne pensent pas du tout à conclure une alliance

honnête, ni surtout à l’observer.

Il ne faut jamais oublier que les gouvernants de la

Russie actuelle ne sont que de vulgaires criminels tout

souillés de sang ; il s’agit là d’une lie de l’humanité,

qui, à la faveur d’une heure tragique, assaillit un grand

État, abattit et extermina par millions, avec une

sauvagerie sanguinaire, les intellectuels de ses classes

dirigeantes et qui exerce depuis bientôt dix ans la plus

cruelle tyrannie de tous les temps. Il ne faut pas oublier

non plus que ces gouvernants appartiennent à un peuple

qui unit, à un rare degré, une cruauté bestiale avec un

art incroyable du mensonge et qui, maintenant plus que

jamais, se croit prédestiné pour imposer son oppression

sanglante au monde entier. Il ne faut pas oublier que le

Juif international, qui exerce actuellement une

domination absolue sur la Russie, voit dans

l’Allemagne non pas un allié, mais un État voué au

même sort. On ne traite pas avec un partenaire dont le

seul intérêt est la destruction de l’autre partie. On ne

traite surtout pas avec des individus pour qui aucun

accord ne serait sacré, car, dans ce monde, ils sont non

pas les représentants de l’honneur et de la vérité, mais

bien ceux du mensonge, de la duperie, du vol, du

brigandage, du pillage. L’homme qui croit pouvoir se

lier par traités à des parasites ressemble à l’arbre qui

essaierait de conclure à son profit un compromis avec le

gui.

2° Le danger auquel la Russie a succombé

menacera toujours l’Allemagne. Seul, un bourgeois naïf

peut s’imaginer que le bolchévisme est conjuré. Dans

son esprit superficiel, il ne soupçonne nullement qu’il

s’agit ici d’une manifestation instinctive : l’aspiration

du peuple juif à la domination universelle, tendance

aussi naturelle que celle qui pousse l’Anglo-Saxon à

s’assurer le pouvoir sur cette terre. Et le Juif agit tout

comme l’Anglo-Saxon, qui avance dans cette voie à sa

manière et mène la lutte avec les armes qui lui sont

propres. Le Juif aussi suit sa voie, cette voie qui le

conduit à se glisser dans les peuples et à les vider de

leur substance ; et il combat avec ses armes, qui sont le

mensonge et la calomnie, l’empoisonnement et la

décomposition, accentuant la lutte jusqu’à

l’extermination sanglante de l’adversaire détesté. Nous

devons voir dans le bolchévisme russe la tentative des

Juifs au vingtième siècle, pour conquérir la domination

mondiale ; à d’autres époques, ils ont pareillement

essayé d’atteindre le même but avec des moyens, autres

que les moyens actuels, qui leur étaient cependant

intérieurement apparentés. Cette tendance est trop

profondément ancrée dans tout leur être. Les autres

peuples ne renoncent pas d’eux-mêmes à suivre

l’instinct qui les fait développer leur genre et leur

puissance : ils y sont forcés par des circonstances

extérieures ou bien cela constitue chez eux un signe de

sénilité ; le Juif non plus n’interrompt pas sa marche

vers la dictature mondiale par un renoncement

volontaire ou bien en refoulant en lui-même son

éternelle aspiration. Lui aussi ne saurait être forcé à

rebrousser chemin que par des forces extérieures à lui-

même, car son instinct de domination mondiale ne

s’éteindra qu’avec lui. Mais l’impuissance des peuples,

leur mort de vieillesse ne surviennent que lorsqu’ils ont

renoncé à la pureté de leur sang. Et le Juif sait le

préserver mieux que tout autre peuple au monde. Il

poursuivra donc toujours son chemin fatal, jusqu’à ce

que s’oppose à lui une autre force qui, en une lutte

titanesque, renvoie à Lucifer celui qui monte à l’assaut

du ciel.

L’Allemagne est aujourd’hui le prochain objectif

important du bolchévisme. Il faut toute la force d’une

grande idée, toute la conscience d’une mission à

remplir, pour arracher encore une fois notre peuple à

l’étreinte de cette hydre, pour arrêter les progrès de la

contamination de notre sang, pour que les forces

libérées de la nation puissent entrer en jeu pour assurer

la sécurité de notre peuple et rendre impossible, jusque

dans le plus lointain avenir, le retour des récentes

catastrophes. Mais si on poursuit ce but, c’est folie que

de s’allier avec une puissance soumise à l’ennemi

mortel de notre race. Comment veut-on libérer le

peuple allemand de cette étreinte empoisonnée, si on

s’y engage aussi ? Comment expliquer à l’ouvrier

allemand que le bolchévisme est un crime damnable

contre l’humanité, quand on s’allie soi-même avec les

organisations de cette engeance infernale, et, somme

toute, qu’on les reconnaît ? De quel droit condamner

alors dans la masse un individu pour ses sympathies à

l’égard de certaines conceptions, quand les propres

chefs de l’État prennent comme alliés les champions de

ces mêmes idées.

La lutte contre la bolchévisation mondiale juive

exige une attitude nette vis-à-vis de la Russie

soviétique. On ne peut pas chasser le diable par

Belzébuth.

Les milieux racistes aujourd’hui, pleins

d’engouement pour une alliance avec la Russie, n’ont

qu’à jeter un coup d’œil en Allemagne et se rendre

compte de l’appui qu’ils ont trouvé à leurs débuts. Les

racistes pensent-ils maintenant qu’une action, qui est

prônée et appelée par la presse internationale marxiste,

peut être salutaire pour le peuple allemand ? Depuis

quand est-ce un écuyer juif qui tend son armure au

raciste ?

On pouvait faire à l’ancien Reich allemand un

reproche capital au sujet de sa politique d’alliances :

c’est qu’il compromettait ses rapports avec tous, par sa

perpétuelle politique de balance, ayant la faiblesse

maladive de vouloir sauvegarder à tout prix la paix

mondiale. La seule chose qu’on ne peut lui reprocher,

c’est de n’avoir pas su conserver de bonnes relations

avec la Russie.

J’accorde que, dès l’avant-guerre, j’aurais considéré

comme plus rationnel que l’Allemagne, renonçant à sa

politique coloniale insensée, ainsi qu’à sa marine

marchande et à sa flotte, se fût alliée avec l’Angleterre

contre la Russie ; elle eût remplacé une politique

mondiale vacillante par une politique européenne

résolue d’acquisitions territoriales sur le continent.

Je n’oublie pas les constantes et impudentes

menaces que la Russie panslaviste d’alors osait proférer

contre l’Allemagne ; je n’oublie pas les constantes

manœuvres de mobilisation dont le seul but était de

brusquer l’Allemagne ; je ne puis oublier l’état de

l’opinion publique en Russie, qui déjà, avant la guerre,

se surpassait en attaques haineuses contre notre peuple

et notre empire ; je ne puis oublier l’engouement de la

grande presse russe à l’égard de la France, et son

attitude si différente envers nous. Néanmoins, malgré

tout cela, avant-guerre il a existé encore une seconde

voie : on aurait pu s’appuyer sur la Russie et se tourner

contre l’Angleterre.

Aujourd’hui, les circonstances sont tout autres. Si,

avant-guerre, refoulant toutes sortes de sentiments, on

pouvait faire route avec la Russie, aujourd’hui cela

n’est plus possible. L’aiguille a avancé à l’horloge de

l’histoire et l’heure va sonner où notre destin doit se

décider. La consolidation, dont s’occupent actuellement

tous les grands États mondiaux, est pour nous un

dernier avertissement d’avoir à rentrer en nous-mêmes,

de ramener notre peuple du monde des rêves dans la

dure réalité, et de lui montrer la voie vers l’avenir qui

peut seule conduire le vieux Reich à une floraison

nouvelle.

Si le mouvement national-socialiste, devant cette

grande tâche capitale, se débarrasse de toute illusion et

ne se guide plus que sur la raison, la catastrophe de

1918 peut encore devenir un bienfait immense pour

l’avenir de notre peuple. Cet effondrement peut

l’amener, en effet, à une orientation toute nouvelle de

sa politique étrangère ; plus encore, raffermi à

l’intérieur par des théories morales nouvelles, il peut

arriver aussi, à l’extérieur, à fixer définitivement sa

politique. Il peut acquérir finalement ce que possède

l’Angleterre, ce que posséda la Russie elle-même, ce

qui enfin fait toujours prendre à la France les mêmes

décisions conformes, en dernière analyse, à ses intérêts,

à savoir : un testament politique.

Le testament politique de la nation allemande pour

son attitude à l’extérieur doit être à jamais le suivant :

Ne permettez jamais que se forment en Europe deux

puissances continentales. Dans toute tentative

d’organiser aux frontières de l’Allemagne une

deuxième puissance militaire – ne fût-ce que sous la

forme d’un État susceptible d’acquérir une telle

puissance – voyez une attaque contre l’Allemagne.

Considérez que c’est non seulement votre droit, mais

votre devoir d’empêcher, par tous les moyens et au

besoin par les armes, la constitution d’un tel État. S’il

existe déjà, détruisez-le. Veillez que la source de la

puissance de notre pays ne soit pas dans des colonies,

mais en Europe, dans le sol de la patrie. Ne tenez

jamais le Reich comme garanti tant qu’il n’aura pu

donner, pour des siècles, à chaque rejeton de notre

peuple, sa parcelle du sol. N’oubliez jamais que le droit

le plus sacré en ce monde est le droit à la terre que l’on

veut cultiver soi-même, et que le plus saint des

sacrifices est celui du sang versé pour elle.





***





Je ne voudrais pas en finir avec ces considérations,

sans indiquer encore une fois l’unique possibilité

d’alliance qui, en ce moment, existe pour nous en

Europe. Dans le chapitre précédent sur les alliances

allemandes, j’ai déjà désigné l’Angleterre et l’Italie

comme les deux seuls États dont nous aurions tout

intérêt à nous rapprocher étroitement, même au prix de

grands efforts. Je veux maintenant marquer encore ici

l’importance militaire d’une telle alliance.

La conclusion de cette alliance entraînerait au point

de vue militaire, dans l’ensemble et dans le détail, les

conséquences exactement opposées de celles qu’aurait

l’alliance avec la Russie. C’est d’abord le fait capital

que d’aucune façon un rapprochement de l’Angleterre

et de l’Italie ne comporte fatalement un danger de

guerre. La seule puissance dont il faut considérer

qu’elle prendrait position contre l’alliance, à savoir la

France, ne serait pas, dans le cas considéré, en mesure

de le faire. L’alliance donnerait par contre à

l’Allemagne la possibilité de prendre en toute

tranquillité les mesures préparatoires requises, dans le

cadre d’une telle coalition, en vue d’un règlement de

comptes avec la France. Car l’essentiel, dans une

semblable alliance, c’est que non seulement

l’Allemagne ne sera pas exposée subitement, dès sa

conclusion, à une invasion ennemie, mais encore que

s’écroulera d’elle-même la ligue de nos ennemis, cette

« Entente » qui nous fut si démesurément funeste ; ainsi

l’ennemi mortel de notre pays, la France, tombera dans

l’isolement. Et quand il ne s’agirait là tout d’abord que

d’un succès moral, cela suffirait à donner à l’Allemagne

une liberté d’allures dont nous n’avons aujourd’hui

aucune idée. Car c’est la nouvelle alliance européenne

anglo-germano-italienne qui aurait en mains l’initiative

politique, et non plus la France.

La portée de ce succès serait d’ailleurs plus grande

encore, l’Allemagne étant affranchie d’un seul coup de

sa situation stratégique défavorable. D’une part, le plus

puissant des flanquements, de l’autre l’assurance

complète de notre ravitaillement en vivres et en

matières premières : telle serait la bienfaisante action du

nouvel arrangement des puissances.

Mais plus important encore peut-être serait le fait

que la nouvelle ligue engloberait des États qui se

compléteraient mutuellement au point de vue technique.

Pour la première fois, les alliés de l’Allemagne ne

seraient pas des sangsues vivant sur notre propre

économie ; ils seraient, au contraire, capables

d’apporter leur part pour enrichir et compléter notre

équipement technique, et ils ne manqueraient pas non

plus de le faire.

Qu’on n’oublie pas que, dans l’un et l’autre cas, il

s’agirait d’alliés sans aucune comparaison avec la

Turquie ou la Russie actuelle. La plus grande puissance

mondiale et un jeune État national florissant offriraient

d’autres ressources, pour une guerre européenne, que

les cadavres d’État pourris avec lesquels l’Allemagne

s’était alliée dans la dernière guerre.

Certes – j’insistais là-dessus dans le chapitre

précédent – de grosses difficultés s’opposent à une

pareille alliance. Mais la constitution de l’Entente fut-

elle œuvre moins ardue ? Ce que put faire le roi

Edouard VII – et presque pour partie contre ses intérêts

naturels – nous devons y réussir et nous y réussirons, si

la conviction de la nécessité de cette évolution nous

inspire au point de déterminer notre conduite, après

nous avoir fait habilement triompher de nous-mêmes.

Et ceci sera possible dès le moment où, avertis par la

misère, au lieu de la politique sans but du siècle passé,

nous poursuivrons consciemment un objectif unique,

auquel nous nous attacherons. Ce n’est pas dans une

orientation à l’Ouest ou une orientation à l’Est, que se

trouve l’avenir de notre politique extérieure, mais bien

dans une politique de l’Est, au sens d’acquisition de la

glèbe nécessaire à notre peuple allemand. Mais comme

il faut en avoir la force, et que l’ennemi mortel de notre

peuple, la France, nous étrangle impitoyablement, et

nous épuise, il faut prendre sur nous de faire tous les

sacrifices susceptibles de contribuer à annihiler les

tendances de la France à l’hégémonie. Toute puissance

est aujourd’hui notre allié naturel, qui considère avec

nous, comme insupportable, la passion d’hégémonie de

la France sur le continent. Aucune démarche vis-à-vis

d’une de ces puissances ne doit nous paraître trop dure,

aucun renoncement ne doit nous paraître impossible, si

nous avons finalement la possibilité d’abattre l’ennemi

qui nous hait si rageusement. Et nous pourrons laisser

le temps guérir tranquillement nos blessures légères,

quand les plus graves seront cautérisées et fermées.

Naturellement, nous sommes aujourd’hui en butte, à

l’intérieur, aux aboiements haineux des ennemis de

notre peuple. Nous autres, nationaux-socialistes, ne

nous laissons pas égarer ! Ne cessons pas de proclamer

ce qui, d’après notre plus intime conviction, est

absolument nécessaire ! Il nous faut, aujourd’hui, nous

raidir contre le courant de l’opinion publique,

fourvoyée par la malignité juive qui s’est servi de

l’esprit chimérique de nos compatriotes ; les flots

briseront plus d’une fois avec rage et fureur autour de

nous, mais on remarque moins celui qui se laisse

emporter que celui qui veut nager contre le courant.

Aujourd’hui, nous sommes un simple épi, dans

quelques années le destin peut faire de nous une digue

sur laquelle se brisera tout le flot, qui devra refluer dans

un nouveau lit.

Il faut donc que soit établi et reconnu, aux yeux du

reste du monde, que le parti national-socialiste est

précisément le champion d’une conception politique

bien déterminée. Nous devons porter sur notre visière

le signe distinctif de ce que le ciel même attend de nous.

Nous savons nous-mêmes la nécessité inéluctable

qui détermine notre politique extérieure ; dans cette

connaissance, nous devons puiser la capacité de

résistance dont nous aurons plus d’une fois besoin,

lorsque, sous les lance-flammes de nos adversaires

acharnés, l’angoisse gagnera l’un ou l’autre et

lorsqu’une voix insinuante lui soufflera, pour ne pas

avoir tout et tous contre lui, de faire une concession

dans quelque domaine et de hurler avec les loups.

Chapitre XV



Le droit de légitime défense.



Autant que la sagesse humaine est capable de

prévoir l’avenir, la politique qui fut pratiquée après

l’armistice, en novembre 1918, devait nous réduire peu

à peu à un complet asservissement. L’histoire prouve

par maint exemple que les peuples qui ont mis bas les

armes, sans y être absolument contraints, aiment mieux,

par la suite, accepter les pires humiliations et les pires

exactions que tenter de changer leur sort par un nouvel

appel à la force.

Ce choix est très humain. Autant que possible, un

vainqueur avisé n’imposera ses exigences aux vaincus

que par étapes successives. Et il a le droit d’escompter,

avec un peuple ayant perdu toute force de caractère –

comme c’est toujours le cas de celui qui se soumet

volontairement – que le vaincu ne trouve plus dans

aucun des actes d’oppression, pris à part, une raison

suffisante de reprendre les armes. Plus nombreuses sont

les exactions ainsi acceptées passivement, et moins la

résistance paraît justifiée aux yeux des autres hommes,

quand le peuple vaincu finit par se révolter contre le

dernier acte d’oppression d’une longue série, surtout

quand ce peuple a déjà supporté patiemment et en

silence tant de maux beaucoup plus pénibles.

La ruine de Carthage est un effrayant exemple de

cette lente agonie d’un peuple consommée par sa propre

faute.

Clausewitz, dans ses Trois actes de foi, a mis cette

idée en évidence d’une façon incomparable, et il lui a

donné sa forme définitive en disant « que la tache faite

à l’honneur par une lâche soumission ne peut jamais

plus s’effacer ; que cette goutte de poison, entrée dans

le sang d’un peuple, se transmet à ses descendants pour

paralyser et miner les forces des générations futures » ;

que, par contre, « même la perte de la liberté à la suite

d’un sanglant et glorieux combat garantit la résurrection

du peuple un moment asservi, et qu’elle est le vivant

noyau dont, un jour, un nouvel arbre poussera de

solides racines ».

Naturellement, une nation qui a perdu tout sentiment

de l’honneur et toute force de caractère ne se souciera

pas de cette doctrine. Quiconque la prend à cœur ne

tombera jamais très bas ; mais, si on l’oublie ou n’y

veut plus penser, on perd toute force et tout courage.

Aussi n’y a-t-il pas lieu de s’attendre à ce que les

responsables d’une soumission pusillanime rentrent

subitement en eux-mêmes et, se laissant guider par la

raison et toute l’expérience humaine, modifient dès lors

leur conduite. Ce sont ceux-là, tout au contraire, qui

rejetteront bien loin une telle théorie et alors le peuple

finira par s’habituer à son joug d’esclave, si les

meilleurs éléments de la masse ne se font jour pour

arracher le pouvoir des mains d’un gouvernement

infâme et corrupteur. Dans le premier des cas, les

gouvernants n’ont guère l’habitude de se sentir si

mauvais que cela, parce que les vainqueurs sont

souvent assez rusés pour leur confier la surveillance des

esclaves ; et ces êtres sans caractère exercent la plupart

du temps cet office aux dépens de leur propre peuple,

avec une rigueur plus impitoyable que ne le ferait

n’importe quelle brute étrangère placée par l’ennemi

lui-même dans le pays vaincu.

Le cours qu’ont pris les événements depuis 1918

prouve que l’espoir d’obtenir, par une soumission

volontaire, la grâce des vainqueurs a exercé en

Allemagne la plus funeste influence sur les jugements

politiques et sur l’attitude des masses. J’insiste sur

l’importance de l’expression les masses, parce que je ne

puis me convaincre que toute la conduite des chefs de

notre peuple doive être attribuée à la même erreur

funeste. Comme la direction de nos affaires a été prise

par les Juifs depuis la fin de la guerre, et de la façon la

plus ostensible, on ne peut vraiment pas admettre que

notre malheur soit dû simplement à un défaut

d’intelligence de notre situation ; on doit être

convaincu, au contraire, que l’on mène sciemment notre

peuple à sa perte. Considérée de ce point de vue, la

conduite de notre politique étrangère n’est pas aussi

insensée qu’elle le paraît ; elle est dictée par une

logique subtile et d’une froideur glacée, mise au service

du plan juif de conquête du monde et du combat livré

pour réaliser cet idéal.

On comprend ainsi pourquoi, alors que, de 1806 à

1813, sept ans avaient suffi à la Prusse terrassée pour

recouvrer sa force vitale et la résolution de se battre, le

même laps de temps s’est écoulé de nos jours sans

qu’on en tire profit, et a même affaibli encore notre

État.

Le traité de Locarno a été signé sept ans après le

mois de novembre 1918.

Le début de ce chapitre explique ce qui s’est passé :

du moment qu’on avait signé le honteux armistice, on

ne pouvait plus trouver l’énergie et le courage

d’opposer subitement une résistance aux mesures que

notre adversaire prit ensuite pour accentuer notre

oppression. Il avait été trop avisé pour trop exiger d’un

seul coup. Il limita ses exactions de telle sorte qu’elles

fussent toujours à sa propre estime – et à celle du

gouvernement allemand – assez tolérables pour qu’on

n’eût pas à craindre une révolte du sentiment populaire.

Plus nous souscrivions à ces décisions arbitraires qui

achevaient de nous étrangler, et moins nous paraissions

fondés à faire à l’improviste, en présence d’une

nouvelle exaction ou d’une nouvelle humiliation, le

geste à quoi tant d’autres n’avaient pu nous décider,

c’est-à-dire résister. C’était là la « goutte de poison »

dont parle Clausewitz : le manque de caractère qui s’est

manifesté une fois s’aggravera fatalement toujours et

pèsera peu à peu, comme un funeste héritage, sur toutes

les décisions ultérieures. C’est un poids de plomb qu’à

la longue un peuple n’est presque plus capable de

secouer de ses épaules et qui finit par l’abaisser au

niveau d’une race d’esclaves.

C’est ainsi qu’alternaient en Allemagne les édits qui

achevaient de nous désarmer et de nous asservir, qui

nous rendaient politiquement sans défense et nous

exploitaient économiquement, jusqu’à créer cet état

d’esprit qui nous fit considérer le plan Dawes comme

un bonheur et le traité de Locarno comme un succès.

On peut dire, il est vrai, qu’à un point de vue plus élevé

nous eûmes, au milieu de ces afflictions, un bonheur :

c’est qu’on peut bien égarer les hommes, mais le ciel ne

se laisse pas suborner. Il nous refusa ses faveurs : la

détresse et l’inquiétude n’ont cessé depuis

d’accompagner notre peuple et la misère a été son

unique et fidèle alliée. Le sort n’a pas, même en cette

occurrence, fait d’exception en notre faveur ; il ne nous

a donné que ce que nous méritions. Nous ne savons

plus le prix à l’honneur, il nous fait apprécier la liberté

de pouvoir gagner son pain. Les hommes ont déjà

appris à réclamer leur pain ; un jour viendra où ils

prieront le ciel de leur rendre la liberté.

Si pénible et manifeste que fût l’effondrement de

notre peuple pendant les années qui ont suivi 1918, on

n’en a pas moins persécuté résolument et avec la plus

grande violence, à cette même époque, quiconque se

permettait de prédire ce qui est arrivé par la suite. Le

gouvernement que subissait notre peuple était aussi

infatué que lamentablement incapable ; il l’était surtout

quand il s’agissait pour lui de se débarrasser de

conseillers que leurs avertissements lui rendaient

odieux. Il pouvait arriver alors (et cela arrive du reste

encore aujourd’hui) que les plus épais cerveaux du

Parlement, de vulgaires selliers et gantiers – la

profession elle-même n’ayant du reste aucune

importance ici – se trouvaient subitement élevés au rang

d’hommes d’État et, du haut de ce piédestal, faisaient la

leçon aux humbles mortels. Il importait et il importe

encore peu qu’un pareil « homme d’État » se révèle le

plus souvent, après avoir exercé six mois ses talents,

comme un charlatan sans cervelle, que le monde entier

assaille de railleries et de sarcasmes, qui ne sait jamais

ce qu’il doit faire et donne les preuves les plus

évidentes de sa complète incapacité ! Non cela n’a

aucune importance, au contraire : moins la politique

pratiquée par les hommes d’État de la république

parlementaire a des résultats effectifs, plus

furieusement ils persécutent, en revanche, ceux qui

attendent d’eux de tels résultats, qui ont l’audace

d’établir que la politique suivie jusqu’à présent n’a

connu que des échecs, et de prédire qu’il en sera de

même à l’avenir. Si l’on arrive enfin à mettre au pied du

mur un de ces honorables parlementaires, et si cet

artiste en politique ne peut plus nier l’échec subi et la

nullité des résultats obtenus, il trouve à cette faillite des

milliers d’excuses, sans reconnaître, en aucune façon,

qu’il est lui-même la cause de tout le mal.





***





Tout le monde aurait dû comprendre, au moins à

partir de l’hiver de 1922-1923, que la France

poursuivait, avec une inflexible logique, même après la

conclusion de la paix, les objectifs qu’elle avait au

début de la guerre. Car personne ne croira que la

France, dans la lutte la plus décisive de son histoire, ait

mis en jeu pendant quatre ans et demi le sang de son

peuple dont elle n’était point riche, simplement pour

recevoir des réparations, contrepartie des dommages

subis. L’Alsace-Lorraine même ne suffirait pas à

expliquer l’énergie avec laquelle la France conduisit la

guerre, s’il ne s’était agi d’une partie d’un vaste

programme d’avenir de la politique étrangère

française : démembrer l’Allemagne en une macédoine

de petits États. C’est pour atteindre ce but que la France

chauvine a combattu, tout en faisant, il est vrai, de son

peuple un mercenaire au service du Juif international.

Ce but de guerre français aurait été atteint par la

guerre même, si, comme on l’espérait d’abord à Paris,

la lutte avait eu le sol allemand pour théâtre. On se

figurait que les sanglantes batailles de la guerre

mondiale seraient livrées non pas sur la Somme, en

Flandre, en Artois, ou devant Varsovie, Nijni-

Novgorod, Kowno, Riga et partout ailleurs, mais en

Allemagne, sur la Ruhr et sur le Rhin, sur l’Elbe,

devant Hanovre, Leipzig, Nuremberg, etc. ; et l’on

accordera que, dans ce cas, il eût été possible de

démembrer l’Allemagne. Il est très douteux que notre

jeune État fédératif ait pu supporter quatre ans et demi

durant une telle épreuve d’endurance, aussi bien que le

fit une France fortement centralisée depuis des siècles,

et où tous les yeux étaient tournés vers Paris, centre

incontesté. Tout le mérite que cette gigantesque lutte

des peuples se soit déroulée hors des frontières de notre

patrie revient à notre ancienne armée, et à elle seule ;

mais c’est aussi là un grand bonheur pour l’avenir de

l’Allemagne. J’ai la conviction inébranlable, et cela me

serre souvent le cœur, que dans le cas contraire il n’y

aurait plus aujourd’hui depuis longtemps de Reich

allemand, mais seulement des « États allemands ».

C’est aussi la seule raison qui permette de dire que le

sang de nos amis et de nos frères, tombés sur le champ

de bataille, n’a pas coulé complètement en vain.

Ainsi les choses prirent une tout autre tournure que

celle escomptée par la France. L’Allemagne s’effondra

bien en novembre 1918 avec la rapidité de l’éclair.

Mais, lorsque la catastrophe frappa notre pays, les

armées du généralissime occupaient encore une grande

partie des pays ennemis. Le premier souci des Français

ne fut pas alors de dissocier l’Allemagne, mais de faire

sortir nos armées le plus vite possible de France et de

Belgique. Le gouvernement de Paris, pour mettre fin à

la guerre mondiale, dut d’abord désarmer les armées

allemandes et les repousser, autant que faire se pouvait,

en Allemagne ; c’est seulement après qu’on put

s’occuper d’atteindre le but primitif, le but essentiel de

la guerre. Mais, à cet égard, la France se trouvait déjà

paralysée. Une fois l’Allemagne anéantie en tant que

puissance coloniale et commerciale, et réduite au rang

d’État de seconde classe, la guerre était véritablement

finie et gagnée pour l’Angleterre. Non seulement elle

n’avait aucun intérêt à ce que l’État allemand fût

radicalement éliminé du concert européen, mais elle

avait même beaucoup de raisons pour désirer que la

France trouvât pour l’avenir un rival en Europe. Aussi

la politique française fut-elle contrainte de ne plus

poursuivre que par une action pacifique résolue ce que

la guerre avait commencé, et le mot de Clemenceau

disant que, pour lui, la paix n’était que la continuation

de la guerre, en vit sa portée accrue.

Constamment, chaque fois que l’occasion s’en

présenta, on s’efforça de disloquer l’armature du Reich.

À Paris, on comptait avoir raison de sa cohésion en

formulant toujours de nouvelles exigences dans les

notes réclamant le désarmement de l’Allemagne, et par

les spoliations économiques que ce désarmement

rendait possibles. Plus les Allemands perdaient le

sentiment de l’honneur national, et plus l’oppression

économique et la détresse continuelle produisaient en

politique des effets meurtriers. Dix ou vingt ans d’un tel

système d’asservissement politique et d’exploitation

économique ne peuvent manquer de ruiner à la longue

l’État le plus solidement organisé et, si les

circonstances s’y prêtent, ils peuvent amener sa

complète dissolution. Et le but de guerre de la France

eût été alors définitivement atteint.

Quand arriva l’hiver 1922-1923, on devait s’être

rendu compte depuis longtemps des intentions de la

France. Il n’y avait donc que deux alternatives : ou bien

la volonté française s’émousserait peu à peu contre la

force de résistance du peuple allemand, ou bien

l’Allemagne finirait par faire ce qui arrivera

inévitablement un jour : un acte d’oppression

particulièrement brutal l’amènerait à donner un violent

coup de barre et à faire tête. Il est vrai qu’une telle

décision impliquait un combat où son existence même

serait en jeu ; et elle ne pouvait espérer en sortir vivante

que si elle parvenait auparavant à isoler si bien la

France que cette seconde guerre ne fût plus une lutte de

l’Allemagne contre le monde entier, mais une guerre

défensive, menée contre une France qui ne cessait de

troubler la paix mondiale.

J’insiste sur ce point et j’ai la conviction profonde

que cette seconde partie de l’alternative doit se réaliser

et se réalisera un jour. Je ne croirai jamais à une

modification des projets que la France nourrit à notre

égard ; car ils ne sont, au fond, que l’expression de

l’instinct de conservation de la nation française. Si

j’étais Français et si, par conséquent, la grandeur de la

France m’était aussi chère que m’est sacrée celle de

l’Allemagne, je ne pourrais et ne voudrais agir

autrement que ne le fait, en fin de compte, un

Clemenceau. La nation française, qui meurt lentement,

non pas tant par la dépopulation que par la disparition

progressive des meilleurs éléments de la race, ne peut

continuer à jouer un rôle important dans le monde

qu’en démolissant l’Allemagne. Quelques détours que

prenne la politique française, elle finit toujours par

tendre à ce dernier but qui satisferait ses désirs les plus

profonds et les plus ardents. Mais il est faux de croire

qu’une volonté purement passive de se maintenir

pourra, à la longue, opposer une résistance victorieuse à

une autre volonté, non moins résolue et passant

activement à l’attaque. Tant que l’éternel conflit mettant

aux prises l’Allemagne et la France consistera dans

une défensive allemande contre l’agression française, il

n’interviendra jamais de décision, mais l’Allemagne

perdra de siècle en siècle de nouvelles positions. On n’a

qu’à étudier les fluctuations de la frontière linguistique

allemande depuis le douzième siècle jusqu’à nos jours,

et l’on pourra difficilement compter ensuite sur

l’heureuse issue d’un processus qui nous a été jusqu’à

présent aussi funeste.

C’est seulement lorsque ceci sera bien compris en

Allemagne, quand on ne laissera plus la volonté de

vivre de la nation s’égarer dans une défense purement

passive, mais qu’on rassemblera toute notre énergie

pour une explication définitive avec la France, et pour

cette lutte décisive, qu’on jettera dans la balance les

objectifs essentiels de la nation allemande, c’est alors

seulement qu’on pourra mettre un terme à la lutte

interminable et essentiellement stérile qui nous oppose

à la France ; mais à condition que l’Allemagne ne voie

dans l’anéantissement de la France qu’un moyen de

donner enfin à notre peuple, sur un autre théâtre, toute

l’extension dont il est capable. Nous comptons

aujourd’hui quatre-vingt millions d’Allemands en

Europe ! On ne pourra considérer notre politique

étrangère comme bien conduite que si, en moins de cent

ans, deux cent cinquante millions d’Allemands peuvent

vivre sur ce continent, non pas entassés comme les serfs

qui travaillent dans les fabriques du Nouveau-Monde,

mais en paysans et ouvriers qui assurent

réciproquement leur existence par leur labeur.

En décembre 1922, la tension des rapports entre

l’Allemagne et la France parut atteindre un degré

menaçant. La France méditait de nouvelles et

monstrueuses mesures d’extorsion, et elle avait besoin

de gages lui garantissant le succès. L’exploitation

économique devait être précédée d’une pression

politique et un coup violent porté sur un des centres

nerveux de tout l’organisme allemand pouvait seul, à

l’avis des Français, imposer à notre peuple « rétif » un

joug plus lourd. En occupant le bassin de la Ruhr, la

France espérait non seulement parvenir enfin à nous

briser moralement les reins, mais encore nous réduire à

un tel asservissement économique que nous serions

obligés de souscrire, bon gré mal gré, à toutes les

obligations et jusqu’aux plus lourdes.

Il s’agissait de plier ou de rompre. L’Allemagne

commença tout de suite par plier et finit par se trouver

complètement rompue.

Par l’occupation de la Ruhr, le destin tendait encore

une fois la main au peuple allemand pour l’aider à se

relever. Car, ce qui, au premier aspect, semblait être un

malheur accablant, contenait, à y regarder de plus près,

un moyen de mettre un terme aux souffrances de

l’Allemagne. Au point de vue politique, en occupant la

Ruhr, pour la première fois la France s’aliénait

réellement et profondément l’Angleterre ; et il ne

s’agissait pas seulement des milieux diplomatiques

anglais – qui n’avaient conclu, apprécié et maintenu

l’alliance avec la France que du point de vue pratique

de froids calculateurs – mais aussi des couches les plus

profondes du peuple anglais. Ce nouvel incroyable

renforcement de la puissance française sur le continent

provoquait, en particulier dans les milieux économiques

d’outre-Manche, un malaise mal dissimulé. Car, la

France occupait maintenant en Europe, en tant que

puissance militaire et politique, une situation que

l’Allemagne elle-même n’avait jamais connue

auparavant, et en outre elle acquérait des ressources

économiques lui assurant une position privilégiée

unique pour concurrencer politiquement l’Angleterre.

Les plus importantes mines de fer et de charbon de

l’Europe se trouvaient réunies dans les mains d’une

nation qui, à la différence de l’Allemagne, avait

jusqu’alors défendu ses intérêts vitaux avec autant de

décision que d’activité, et qui venait de rappeler au

monde entier dans la Grande guerre la confiance qu’elle

pouvait avoir dans ses armes. En occupant la Ruhr, la

France enlevait aux mains de l’Angleterre tout le profit

de la guerre et la victoire ne revenait plus à l’active et

souple diplomatie britannique, mais au maréchal Foch

et à la France qu’il représentait.

En Italie également, les sentiments qu’inspirait la

France et qui, depuis la fin de la guerre, étaient déjà

rien moins qu’affectueux, prirent le caractère d’une

haine formelle. C’était le grand moment historique où

les alliés d’hier pouvaient devenir les ennemis de

demain. S’il en fut autrement et si les alliés n’en vinrent

pas subitement aux mains, comme il était arrivé

pendant la seconde guerre balkanique, ce fut

simplement parce que l’Allemagne n’avait pas d’Enver

Pacha, mais un chancelier du Reich qui s’appelait

Cuno.

Cependant, l’invasion de la Ruhr par les Français

n’ouvrait pas seulement à l’Allemagne de grandes

perspectives d’avenir en politique étrangère, mais aussi

en politique intérieure. Un grand nombre de nos

concitoyens auxquels la France avait persuadé, grâce à

l’influence mensongère continuelle de sa presse, qu’elle

était le champion du progrès et du libéralisme, furent

d’un seul coup guéris de cette illusion. L’année 1914

avait dissipé les rêves de solidarité internationale des

peuples, qui hantaient le cerveau de nos ouvriers

allemands et les avait ramenés dans un monde où règne

la lutte incessante et où l’existence du plus fort

nécessite la mort du plus faible ; le printemps 1923 joua

le même rôle.

Lorsque le Français mit ses menaces à exécution et

finit par avancer, d’abord avec beaucoup de prudence et

de timidité, dans la région minière de la Basse-

Allemagne, l’heure qui venait de sonner à l’horloge du

destin était décisive pour l’Allemagne. Si, à ce moment,

notre peuple avait adopté une attitude autre que celle

qu’il avait observée jusqu’alors, la région allemande de

la Ruhr aurait pu devenir pour la France ce que Moscou

avait été pour Napoléon. On ne pouvait agir que de

deux façons ; ou bien on supportait encore sans mot

dire cette humiliation et l’on restait les bras croisés, ou

bien l’on éveillait chez le peuple allemand, en attirant

ses regards sur cette contrée où rougeoient des forges

et fument les hauts fourneaux, l’ardente volonté de

mettre un terme à ces affronts incessants, et de

s’exposer à toutes les épouvantes de l’heure plutôt que

de continuer à subir une éternelle terreur.

La gloire immortelle de Cuno, alors chancelier du

Reich, fut de découvrir une troisième issue et nos partis

bourgeois allemands se sont acquis de nouveaux titres

de célébrité, en admirant et en suivant le chancelier.

Je voudrais maintenant examiner, aussi brièvement

que possible, le second des partis qui s’offraient à

nous :

En occupant la Ruhr, la France avait, de la façon la

plus éclatante, violé le traité de Versailles. Elle s’était

ainsi aliéné toute une série de puissances garantes du

traité, notamment l’Angleterre et l’Italie. La France ne

pouvait plus espérer que ces États lui donneraient un

appui quelconque pour exécuter son raid de pillage, qui

ne servait que ses propres intérêts et son égoïsme. Il ne

lui fallait donc compter que sur ses seules forces pour

mener à bien cette aventure, car ce ne fut d’abord pas

autre chose. Un gouvernement allemand national ne

pouvait prendre que le parti que prescrivait l’honneur. Il

était sûr qu’on ne pouvait pas tout de suite opposer à la

France une résistance armée ; mais il était aussi

indispensable de se rendre compte que toute

négociation, sans une force pour l’appuyer, serait

ridicule et stérile. S’il était insensé, toute résistance

effective étant impossible, de prendre position en

déclarant : « Nous refusons de négocier », il était

encore plus stupide d’engager finalement des

négociations sans avoir entre temps créé cette force.

Ce n’est pas à dire qu’on eût pu empêcher

l’occupation de la Ruhr par des mesures militaires. Il

aurait fallu être fou pour prôner une pareille décision.

Mais on pouvait et on devait mettre à profit et

l’impression causée par l’entreprise de la France, et le

temps qu’elle mettait à l’exécuter ; et, faisant bon

marché du traité de Versailles que la France venait de

déchirer, il fallait songer à s’assurer les ressources

militaires sur lesquelles les négociateurs représentant

l’Allemagne auraient pu ensuite s’appuyer. On devait se

rendre compte également que les meilleurs négociateurs

ne peuvent guère remporter de succès, lorsque le sol sur

lequel ils se tiennent et la chaise sur laquelle ils sont

assis ne sont pas sous la protection de leur peuple. Un

pauvre petit avorton de tailleur ne peut pas lutter contre

des athlètes, et un négociateur sans défense n’a qu’à se

résigner quand Brennus jette son glaive dans un des

plateaux de la balance, s’il ne peut pas jeter le sien dans

l’autre plateau pour rétablir l’équilibre. N’était-il pas

désespérant d’assister aux comédies de négociations qui

précédaient régulièrement, depuis 1918, les décisions

unilatérales et arbitraires de l’ennemi ? C’est pourtant

ce spectacle humiliant pour nous que l’on donnait au

monde entier en nous invitant d’abord comme par

dérision à une table de conférences, pour nous présenter

des décisions et des programmes arrêtés depuis

longtemps, et sur lesquels nous pouvions bien discourir,

mais que nous devions a priori considérer comme

immuables. À vrai dire, nos négociateurs n’ont que très

rarement dépassé la moyenne la plus modeste, et la

plupart d’entre eux ne justifiaient que trop l’insolent

propos de Lloyd George qui, en présence de l’ancien

chancelier du Reich Simon, remarquait d’un ton

sarcastique « que les Allemands ne savaient pas se

donner pour chefs ou représentants des hommes

intelligents ». Au reste, même des hommes de génie

n’auraient pu obtenir que de maigres résultats, en raison

de la volonté d’un ennemi décidé à user de sa force, et

de l’impuissance lamentable où se trouvait le peuple

sans défense qu’ils auraient représenté.

Cependant, celui qui aurait voulu, au printemps de

1923, profiter de l’occupation de la Ruhr par la France

pour reconstituer nos forces armées, aurait dû d’abord

rendre à la nation les armes morales, développer sa

force de volonté, et anéantir ceux qui avaient détruit en

lui cet élément primordial de la puissance d’une nation.

En 1918, nous avions payé de notre sang la faute,

commise en 1914 et 1915, quand on avait négligé

d’écraser, une fois pour toutes, la tête du serpent

marxiste ; nous devions être cruellement punis de la

faute commise au printemps de 1923, quand on ne saisit

pas l’occasion qui s’offrait de mettre définitivement

hors d’état de nuire les marxistes traîtres à leur pays et

assassins de leur peuple.

Toute idée d’opposer une résistance effective à

l’agression française était une pure folie, si l’on ne

déclarait pas la guerre aux influences qui, cinq ans

auparavant, avaient, de l’intérieur, brisé la résistance

allemande sur les champs de bataille. Seuls, des esprits

bourgeois pouvaient concevoir l’idée incroyable que le

marxisme avait peut-être évolué et que les immondes

créatures qu’étaient les chefs de 1918 – ceux qui à ce

moment-là avaient froidement foulé aux pieds deux

millions de morts pour se hisser plus commodément

aux postes de gouvernement – se trouveraient

subitement prêts à payer leur tribut à la conscience

nationale. C’était une idée aussi inconcevable que

vraiment absurde d’espérer que ceux qui avaient

autrefois trahi leur patrie deviendraient en un

tournemain les champions de la liberté allemande. Ils

étaient bien loin d’y penser ! Pas plus qu’une hyène ne

lâche une charogne, un marxiste ne renonce à trahir sa

patrie. Qu’on veuille bien ne pas me faire la plus sotte

des objections, à savoir que de nombreux ouvriers ont

aussi autrefois versé leur sang pour l’Allemagne. Des

ouvriers allemands, d’accord, mais c’est qu’alors ils

n’étaient plus des internationalistes marxistes. Si la

classe ouvrière allemande n’avait été composée, en

1914, que de partisans des doctrines marxistes, la

guerre aurait été finie en trois semaines. L’Allemagne

se serait effondrée avant même que le premier soldat

eût franchi la frontière. Non, pour qu’alors le peuple

allemand ait continué à combattre, il fallait que la folie

marxiste ne l’eût pas corrodé à cœur. Mais qu’un

ouvrier allemand et un soldat allemand fussent, au

cours de la guerre, repris en main par les chefs

marxistes, cet ouvrier et ce soldat étaient perdus pour la

patrie. Si l’on avait, au début et au cours de la guerre,

tenu une seule fois douze ou quinze mille de ces

Hébreux corrupteurs du peuple sous les gaz

empoisonnés que des centaines de milliers de nos

meilleurs travailleurs allemands de toute origine et de

toutes professions ont dû endurer sur le front, le

sacrifice de millions d’hommes n’eût pas été vain. Au

contraire, si l’on s’était débarrassé à temps de ces

quelques douze mille coquins, on aurait peut-être sauvé

l’existence d’un million de bons et braves Allemands

pleins d’avenir. Mais la « science politique » de la

bourgeoisie consistait justement à envoyer, sans

sourciller, des millions d’hommes se faire tuer sur le

champ de bataille, tandis qu’elle proclamait hautement

que dix ou douze mille traîtres à leur peuple –

mercantis, usuriers et escrocs – étaient le trésor le plus

précieux et le plus sacré de la nation et que l’on ne

devait pas y toucher. On ne sait vraiment pas ce qui

l’emporte dans ce monde bourgeois, du crétinisme, de

la faiblesse et de la lâcheté ou bien d’un moral

complètement délabré. Il représente une classe

condamnée à disparaître et qui, malheureusement,

entraîne avec elle tout un peuple à l’abîme.

Or, en 1923, on se trouvait devant la même situation

qu’en 1918. Quelque mode de résistance qu’on dût

adopter, la première mesure à prendre était de

débarrasser notre peuple du venin marxiste. Je suis

convaincu que le premier devoir d’un gouvernement

vraiment national était alors de chercher et de trouver

les hommes résolus à déclarer au marxisme une guerre

d’extermination, et de leur laisser ensuite le champ

libre ; il ne devait pas être le servile adorateur de la

formule inepte ; « La paix sociale et le bon ordre »,

alors que l’ennemi extérieur portait à la patrie le coup

fatal, et qu’à l’intérieur la trahison était aux aguets à

tous les coins de rue. Non ! un gouvernement vraiment

national devait voir d’un bon œil, à ce moment-là, se

manifester troubles et désordre, pourvu que cette

agitation permît effectivement un règlement de compte

complet avec les marxistes, ennemis mortels de notre

peuple. Si l’on négligeait cette précaution, c’était pure

folie que de penser à résister, de quelque façon que ce

fût.

Pour un règlement de compte d’une telle portée

historique, on ne pouvait pas se contenter de suivre le

plan tracé par quelque conseiller intime, quelque vieux

ministre à l’âme desséchée ; il fallait obéir aux lois

éternelles de la vie sur terre, qui font de l’existence un

combat, un incessant combat. Il ne fallait pas perdre de

vue que souvent les guerres civiles les plus sanglantes

ont donné naissance à un corps de peuple trempé

comme l’acier et foncièrement sain, tandis que plus

d’une fois une décomposition, dont la puanteur s’élevait

jusqu’au ciel, a été le fruit d’un état de paix

artificiellement entretenu. On devait donc, en 1923,

saisir d’une poigne brutale les vipères qui rongeaient le

corps de notre peuple. Que l’opération réussît, alors la

préparation d’une résistance active aurait eu un sens !

Combien de fois me suis-je alors enroué à essayer

de faire comprendre clairement, tout au moins aux

milieux soi-disant nationaux, quel était cette fois l’enjeu

de la partie et notamment que, si l’on commettait les

mêmes fautes qu’en 1914 et pendant les années

suivantes, l’issue serait fatalement la même qu’en 1918.

Je demandais, sans me lasser, qu’on laisse le destin

suivre librement son cours, et qu’on donne à notre

mouvement la possibilité de s’expliquer avec le

marxisme ; mais je prêchais des sourds. Tous, y

compris le chef de la force armée, prétendaient savoir

mieux que moi ce qu’ils avaient à faire, jusqu’au jour

où ils se trouvèrent acculés à la plus lamentable

capitulation qu’ait connue l’histoire.

J’acquis alors la conviction profonde que la

bourgeoisie allemande est arrivée au terme de sa

mission et qu’elle n’est plus appelée à rendre aucun

service. Je vis que tous ces partis bourgeois ne se

querellent plus avec le marxisme qu’en raison de la

jalousie que leur inspire sa concurrence et qu’ils ne

veulent pas sérieusement l’anéantir ; ils se sont tous

depuis longtemps résignés à voir leur patrie détruite et

n’ont plus qu’un seul souci : prendre part eux-mêmes

au festin des funérailles. C’est seulement pour cela

qu’ils « combattent » encore.

À cette époque – je l’avoue franchement – je fus

saisi de la plus profonde admiration pour le grand

homme qui, au sud des Alpes, inspiré par l’ardent

amour de son peuple, loin de pactiser avec les ennemis

intérieurs de l’Italie, s’efforçait de les anéantir par tous

les moyens. Ce qui placera Mussolini au rang des

grands hommes d’ici-bas, c’est sa résolution de ne pas

partager l’Italie avec le marxisme, mais au contraire, le

vouant à la destruction, de préserver sa patrie de

l’internationalisme.

Comme nos hommes d’État de pacotille font, en

comparaison, figure de pitoyables nains, et quel dégoût

vous saisit à la gorge quand ces zéros se permettent

l’inconvenance de critiquer un homme qui leur est mille

fois supérieur ! Et comme il est plaisant de penser

qu’on entend de tels propos dans un pays qui, il y a à

peine un demi-siècle, avait un Bismarck comme chef !

La position ainsi prise par la bourgeoisie en 1923, et

ses ménagements pour le marxisme, avaient fixé

d’avance le sort qui attendait toute résistance active

dans la Ruhr. Vouloir combattre la France, quand un

ennemi mortel se trouvait dans nos propres rangs,

c’était une évidente stupidité. Tout ce qu’on ajouta

n’était qu’un simulacre de combat, une mise en scène,

pour donner quelque satisfaction aux éléments

nationaux de l’Allemagne, pour calmer « les

bouillonnements de l’âme populaire », en fait, pour la

duper. Eût-on agi avec conviction, on aurait dû

reconnaître que la force d’un peuple ne réside pas en

premier lieu dans ses armes, mais dans sa puissance de

volonté, et qu’avant de vaincre les ennemis du dehors,

il faut avoir exterminé l’ennemi du dedans ; sinon,

malheur au peuple dont la victoire ne récompense pas,

dès le premier jour, les efforts. Il suffit que l’ombre

d’une défaite passe sur le peuple qui a gardé dans son

sein des éléments ennemis, pour que sa force de

résistance se trouve brisée, et que l’adversaire du

dehors l’emporte définitivement.

C’est ce qu’on pouvait prédire dès le printemps de

1923. Qu’on ne vienne surtout pas parler de

l’improbabilité d’un succès militaire contre la France.

Car même si la réaction provoquée par l’entrée des

Français dans la Ruhr n’avait eu pour effet que

l’anéantissement du marxisme en Allemagne, le succès

aurait été pour nous. Une Allemagne, délivrée de ces

ennemis mortels de sa vie et de son avenir, posséderait

des forces dont personne au monde ne serait plus

capable de triompher. Le jour où le marxisme sera brisé

en Allemagne, elle verra aussi en vérité ses chaînes

brisées pour toujours. Car jamais, au cours de notre

histoire, nous n’avons été vaincus par la force de nos

adversaires ; nous l’avons toujours été par nos propres

défauts et par les ennemis que nous avions dans notre

camp.

Comme le gouvernement allemand n’était pas

capable, à cette époque, d’un acte aussi héroïque, il

aurait dû avoir la sagesse d’opter pour le premier terme

de l’alternative (indiquée plus haut), c’est-à-dire de ne

rien faire pour le moment, de laisser les choses suivre

leur cours.

Mais, à cette heure grave de notre histoire, le ciel

gratifia le peuple allemand d’un grand homme, M.

Cuno. Ce n’était pas, à proprement parler, un homme

d’État ou un politicien de profession et, naturellement,

encore moins un homme d’État né ; il jouait le rôle

d’une sorte de manœuvre que l’on employait

simplement pour effectuer des tâches déterminées ; à

part cela, il avait surtout l’expérience des affaires. Et ce

fut une malédiction pour l’Allemagne, car ce

commerçant qui se mêlait de politique y vit une

entreprise commerciale et agit en conséquence.

« La France occupe le bassin de la Ruhr ; qu’y a-t-il

dans le bassin de la Ruhr ? Du charbon. Ainsi la France

occupe le bassin de la Ruhr pour son charbon. » Et tout

naturellement, M. Cuno eut l’idée de décréter la grève

pour que les Français n’aient pas le charbon, ce qui,

dans l’opinion de M. Cuno, les amènerait certainement

un jour à évacuer le bassin de la Ruhr, puisque

l’opération ne leur rapporterait pas de bénéfices. Tel fut

en gros le raisonnement que tint cet « homme d’État

important » et « d’esprit national », auquel on fit

prononcer à Stuttgart et ailleurs des discours dans

lesquels il s’adressait « à son peuple », tandis que son

peuple le regardait avec une admiration béate.

Mais, pour déclencher la grève, on avait

naturellement besoin des marxistes, puisque c’étaient

surtout les ouvriers qui devaient faire grève. Il était

donc nécessaire de faire entrer également les ouvriers

dans le front unique formé par tous les autres

Allemands (pour un homme d’État de la bourgeoisie,

ouvrier et marxiste sont des termes équivalents). Il faut

avoir vu briller alors les yeux des représentants de ces

partis politiques, sortis de la moisissure bourgeoise,

quand ils entendirent donner ce mot d’ordre de génie !

C’était à la fois national et génial. Enfin ! ils avaient

trouvé ce qu’ils cherchaient in petto depuis si

longtemps ! M. Cuno avait jeté un pont sur le fossé qui

nous séparait du marxisme, et le charlatan national put

alors, en se donnant pour un enfant de « la vieille

Allemagne », et en prononçant de grandes phrases

patriotiques, tendre sa main loyale aux

internationalistes, traîtres à leur pays. Et ceux-ci

s’empressèrent de toper là. Car, si Cuno avait besoin

des chefs marxistes pour constituer son « front

unique », ceux-ci avaient besoin de l’argent de Cuno.

Les deux parties trouvaient donc leur avantage à cette

alliance. Cuno eut son front unique formé de bavards

nationaux et d’escrocs antinationaux, et les imposteurs

internationaux purent, subventionnés par l’État, se

consacrer à leur noble mission, c’est-à-dire

désorganiser l’économie nationale, et, cette fois, aux

frais de l’État. C’était une idée digne de l’immortalité

que de sauver une nation en subventionnant une grève

générale ; c’était, en tous cas, un de ces mots d’ordre

auxquels le vaurien le plus indifférent répond avec le

plus grand enthousiasme !

On sait bien, en général, qu’on ne rend pas un

peuple libre uniquement par des prières. Mais qu’il fût

également impossible de le rendre libre en

l’encourageant à la paresse, c’est ce qu’une expérience

historique devait encore prouver. Si, à ce moment, M.

Cuno, au lieu de provoquer une grève générale

subventionnée, et de fonder sur cette grève le « front

unique », avait seulement exigé de tout Allemand deux

heures de travail supplémentaire, la fumisterie de ce

« front unique » aurait pris fin d’elle-même dès le

troisième jour. On ne délivre pas les peuples par la

fainéantise, mais par le sacrifice.

D’ailleurs, cette prétendue résistance passive ne

dura pas longtemps. Il fallait n’avoir aucune idée de la

guerre pour se figurer qu’avec des moyens aussi

ridicules, on pourrait intimider et faire reculer des

armées d’occupation. Il aurait fallu, pour obtenir ce

résultat, engager une action dont les frais se seraient

élevés à des milliards, et qui aurait ébranlé jusque dans

ses fondements la monnaie nationale.

Naturellement, les Français purent s’installer

comme chez eux dans le bassin de la Ruhr, dès qu’ils

virent de quels moyens on se servait pour organiser la

résistance. Ils avaient appris à notre école quels étaient

les procédés les plus efficaces pour mettre à la raison

une population civile récalcitrante, quand son attitude

constitue un danger sérieux pour les autorités procédant

à l’occupation. N’avions-nous pas, neuf ans auparavant,

dissipé en un tournemain les bandes de francs-tireurs

belges, et fait clairement comprendre à la population

civile le sérieux de la situation, lorsque leur activité

avait fait courir aux armées allemandes des dangers

réels. Si la résistance passive dans la Ruhr avait

véritablement présenté quelque danger pour les

Français, en moins de huit jours, et avec une facilité

dérisoire, les troupes d’occupation auraient mis fin

d’une façon sanglante à ces troubles puérils. Car il faut

toujours en revenir là : que fera-t-on si la résistance

passive finit par donner vraiment sur les nerfs de

l’adversaire et s’il entreprend alors de la combattre par

la force et en versant le sang ? Est-on décidé à

poursuivre, en ce cas, la résistance ? Si oui, on doit

s’attendre à supporter, bon gré mal gré, les persécutions

les plus pénibles et les plus sanglantes. Mais alors on en

est au même point qu’au cas d’une résistance active : il

faut combattre. Par suite, la résistance dite passive n’a

de sens qu’avec la résolution latente de la continuer, en

cas de besoin, par une lutte à ciel ouvert ou par une

guerre de guérillas. D’une façon générale, une pareille

lutte appelle la conviction que le succès est possible.

Sitôt qu’une place forte, assiégée et pressée par

l’ennemi, doit renoncer à tout espoir d’être dégagée,

elle se rend d’elle-même, surtout lorsque les défenseurs

sont séduits par la perspective d’avoir la vie sauve au

lieu de la mort quasi certaine. Qu’on enlève à la

garnison d’une forteresse complètement encerclée la

confiance qu’elle nourrit d’être délivrée, et, du coup,

toutes ses capacités de résistance s’évanouiront.

C’est pourquoi une résistance passive dans la Ruhr,

quand on considérait les dernières conséquences qu’elle

pouvait et devait comporter pour aboutir vraiment,

n’avait de sens que si l’on organisait derrière elle une

défense active. Et on aurait alors pu tirer de notre

peuple des ressources infinies. Si chacun des habitants

de la Westphalie avait su que l’Allemagne non-occupée

avait mis sur pied une armée forte de quatre-vingts ou

cent divisions, les Français se seraient trouvés sur des

épines. Les hommes courageux sont plus enclins au

sacrifice avec la perspective du succès que lorsque

l’entreprise est manifestement inutile.

Ce furent ces considérations qui nous conduisirent,

nous autres nationaux-socialistes, à prendre résolument

position contre un mot d’ordre qui se prétendait

patriotique. Et c’est ce que nous fîmes. Pendant les

mois qui suivirent, les attaques ne me manquèrent pas

de la part d’hommes dont tout le patriotisme n’était que

sottise et de fausses apparences, et qui hurlaient avec

les loups, parce que leur vanité était agréablement

chatouillée de pouvoir tout à coup jouer sans danger les

patriotes. J’ai tenu ce pitoyable front unique pour la

plus grotesque des manifestations et les événements

m’ont donné raison.

Dès que les syndicats eurent à peu près empli leurs

caisses avec les subsides versés par Cuno et que la

résistance passive en arriva au moment où il fallait

passer d’une défensive de paresse à une véritable

offensive, les hyènes rouges quittèrent brusquement le

troupeau des brebis patriotes et redevinrent ce qu’elles

avaient toujours été. M. Cuno retourna à ses vaisseaux

sans tambour ni trompette ; l’Allemagne s’était enrichie

d’une nouvelle expérience et appauvrie d’une grande

espérance.

Jusqu’à la fin de l’été, beaucoup d’officiers, et ce

n’étaient sûrement pas les moins bons, n’avaient pu

croire que les événements prendraient un tour aussi

humiliant. Ils avaient tous espéré qu’on prendrait, sinon

ouvertement, du moins en secret, les mesures

nécessaires pour que l’insolente incursion des troupes

françaises marque un tournant dans l’histoire de

l’Allemagne. Nous comptions aussi dans nos rangs

beaucoup d’Allemands qui faisaient au moins confiance

à l’armée du Reich. Et cette conviction était si profonde

qu’elle eut une influence déterminante sur les actes et

particulièrement sur l’éducation qu’on donna à

d’innombrables jeunes gens.

Mais lorsque le front unique s’effondra

honteusement, quand, après avoir sacrifié des milliards

en argent, et tant de milliers de jeunes Allemands – qui

avaient eu la simplicité de prendre au sérieux les

promesses des chefs du Reich – on signa une

capitulation honteuse et écrasante, alors l’indignation

provoquée par cette trahison de notre pauvre peuple

jaillit comme une flamme. Dans des millions de

cerveaux se forma subitement la conviction nette et

claire que, seule, une transformation radicale, faisant

table nette du système politique actuel, pourrait sauver

l’Allemagne.

Jamais le moment n’avait été plus propice pour une

telle solution, jamais même il ne l’avait plus

impérieusement réclamée qu’à cette heure : d’une part,

la trahison commise aux dépens de la patrie se montrait

à nu avec une franchise éhontée ; de l’autre, les

conditions économiques imposées à un peuple le

condamnaient à mourir lentement de faim. Puisque

l’État foulait lui-même aux pieds tous les préceptes de

loyauté et de foi, puisqu’il tournait en dérision les droits

des citoyens, escroquait à des millions de ses meilleurs

enfants le prix de leurs sacrifices et volait à des millions

d’autres leur dernier sou, il n’avait plus le droit

d’attendre de ses sujets autre chose que de la haine. Et

cette haine envers les mauvais génies du peuple et de la

patrie, voulait, de quelque façon que ce fût, trouver un

exutoire. J’ai le droit de rappeler ici la conclusion de la

dernière déclaration que je fis pendant le grand procès

du printemps de 1924 :

« Les juges de cet État peuvent en toute tranquillité

nous condamner pour ce que nous avons fait ;

l’Histoire, cette déesse qui personnifie une vérité

supérieure et un droit plus haut, n’en déchirera pas

moins un jour leur sentence en souriant, et nous

absoudra tous des fautes qu’on prétend nous faire

expier. »

Mais elle citera aussi devant son tribunal ceux qui,

possédant aujourd’hui le pouvoir, foulent aux pieds le

droit et la loi, condamnent notre peuple à une fin

misérable et qui, au milieu des malheurs de la patrie,

ont mis leurs intérêts égoïstes au-dessus de l’existence

de la communauté.

Je ne vais pas ici décrire les événements qui

précédèrent et déterminèrent le 8 novembre 1923. Je ne

le ferai pas, parce que je ne m’en promettrais rien

d’utile pour l’avenir et surtout parce qu’il n’y aurait

aucun intérêt à rouvrir des blessures qui semblent

aujourd’hui à peine cicatrisées ; il est, en outre, inutile

d’accuser des hommes qui ont peut-être au fond de leur

cœur autant d’amour pour leur peuple que j’en ai moi-

même, et dont la faute a été de ne pas suivre la même

voie que moi ou de ne pas savoir la suivre.

En présence des grands malheurs qui frappent notre

patrie et que nous supportons tous en commun, je ne

voudrais pas non plus blesser aujourd’hui et diviser

ceux qui auront un jour à former le grand front unique

des Allemands foncièrement fidèles à leur pays, contre

le front commun des ennemis de notre peuple. Car je

sais que le temps viendra où même ceux qui, autrefois,

nous étaient hostiles se souviendront avec respect des

hommes qui, par amour pour leur peuple allemand, se

sont engagés sur la route amère qui conduit à la mort.

Les dix-huit héros, auxquels j’ai dédié le premier

volume de cet ouvrage, je veux, en terminant le second,

les donner en exemple aux partisans et aux champions

de notre doctrine, comme des héros qui, en pleine

conscience, se sont sacrifiés pour nous tous. Il faut

qu’ils ne cessent de rappeler aux faibles et à ceux dont

le courage chancelle qu’ils doivent remplir leur devoir,

ce devoir dont ils se sont acquittés eux-mêmes avec une

foi entière et jusque dans ses dernières conséquences.

Et je veux ranger parmi eux, comme un des meilleurs,

l’homme qui a consacré sa vie à réveiller son peuple,

notre peuple, par la poésie et par la pensée, et

finalement par l’action : Dietrich Eckart.

Conclusion



Le 9 novembre 1923, dans sa quatrième année

d’existence, le Parti ouvrier allemand national-socialiste

fut dissous et frappé d’interdit dans tout le pays.

Aujourd’hui, en novembre 1926, nous le retrouvons

jouissant d’une pleine liberté dans le Reich entier, plus

puissant et plus solidement organisé que jamais.

Toutes les persécutions du parti et de ses chefs,

toutes les imputations calomnieuses dont il fut l’objet

n’ont rien pu contre lui. Grâce à la justesse de ses idées,

à la pureté de ses intentions, à l’esprit de sacrifice de

ses partisans, il est sorti plus fort que jamais de toutes

les épreuves.

Si, au milieu de la corruption du parlementarisme

actuel, ce parti se rend de mieux en mieux compte des

raisons profondes du combat qu’il mène, s’il sent qu’il

constitue la pure personnification de la valeur de la race

et de l’individu, et s’organise en conséquence, il doit,

avec une rigueur quasi mathématique, remporter un jour

la victoire. De même, l’Allemagne doit nécessairement

recouvrer la situation qui lui revient sur cette terre, si

elle est gouvernée et organisée d’après les mêmes

principes.

Un État qui, à une époque de contamination des

races, veille jalousement à la conservation des meilleurs

éléments de la sienne, doit devenir un jour le maître de

la terre.

Que nos partisans ne l’oublient jamais, si, en un jour

d’inquiétude, ils en viennent à mettre en regard les

chances de succès et la grandeur des sacrifices que le

parti exige d’eux.







FIN DU DEUXIÈME ET DERNIER TOME

Table



I. Opinion philosophique et parti. ........................... 5

II. L’État. ................................................................ 27

III. Sujets de l’État et citoyens............................... 120

IV. La personnalité et la conception raciste de

l’État. ............................................................... 126

V. Conception philosophique et organisation....... 142

VI. Lutte des premiers temps. – L’importance

de la parole....................................................... 161

VII. La lutte contre le front rouge. .......................... 190

VIII. Le fort est plus fort quand il reste seul............. 236

IX. Conséquences sur le sens et l’organisation

des sections d’assaut. ....................................... 253

X. Le fédéralisme n’est qu’un masque. ................ 316

XI. Propagande et organisation.............................. 359

XII. La question corporative. .................................. 388

XIII. La politique allemande des alliances après la

guerre. .............................................................. 407

XIV. Orientation vers l’Est ou politique de l’Est...... 471

XV. Le droit de légitime défense............................. 518

Cet ouvrage est le 3e publié

dans la collection Polémique et propagande

par la Bibliothèque électronique du Québec.







La Bibliothèque électronique du Québec

est la propriété exclusive de

Jean-Yves Dupuis.


Other docs by stevencampbell
Henriette Dessaulles[105]
Views: 3  |  Downloads: 0
Gustave Aimard J B d Auriac[618]
Views: 5  |  Downloads: 0
Jules Lermina[406]
Views: 3  |  Downloads: 0
Michel Zévaco[630]
Views: 7  |  Downloads: 0
Mundo Verne, July-Aug. 2008
Views: 17  |  Downloads: 0
SaturnInstrument Unit Fact Sheet
Views: 1  |  Downloads: 0
Stendhal
Views: 12  |  Downloads: 0
Raymond Radiguet Le bal du comte d Orgel[887]
Views: 35  |  Downloads: 1
By registering with docstoc.com you agree to our
privacy policy

You are almost ready to download!

You are almost ready to download!